Tag: Mal Logement

  • Marseille s’attaque au logement vacant

    Marseille s’attaque au logement vacant

    Un outil de plus dans l’arsenal municipal pour le logement. Ce vendredi matin, la majorité marseillaise profite de la présentation de son plan de lutte contre la vacance pour soumettre au vote de l’hémicycle municipal le doublement de la taxe sur les logements vacants. Une évolution rendue possible dans le dernier projet de loi de finances, et qui s’inscrit dans les dix actions listées par la municipalité pour remettre sur le marché ces habitations.

    « Nous menons des actions en soutien de la production et de la réhabilitation de logements sociaux, mais quand plus de 100 000 personnes sont en attente d’une attribution, il y a une nécessité de maintenir un parc privé abordable », insiste l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino. Si elle met en avant l’action de la municipalité face aux meublés touristiques et réclame toujours au gouvernement un encadrement des loyers, les plus de 14 137 logements vacants depuis plus de deux ans à Marseille – soit environ 3,5% des logements – représentent un gisement non négligeable. Aujourd’hui à 17% pour la première année, et à 34% à partir de la deuxième année d’inoccupation, les taux passeront respectivement à 30 et 60%. De quoi amener jusqu’à 9 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires. « Le bâton ne suffit pas, il faut aussi mobiliser l’ensemble des dispositifs », précise cependant l’adjointe communiste.

    Au mois de juin déjà, une convention avec la Fondation pour le logement des défavorisés avait ainsi été votée pour avoir une meilleure connaissance des motifs de la vacance. La municipalité rappelle aussi les travaux d’office, les aides mobilisées pour remettre en location des logements vacants, son soutien à l’intermédiation locative, la mobilisation du patrimoine public libre (un tiers de la vacance) pour de l’hébergement. Une campagne Zéro logement vacant a été lancée dans les quartiers de Lodi et Notre-Dame-du-Mont, et le conseil municipal doit aussi se prononcer sur la mise en œuvre d’un diagnostic structurel décennal, une autre évolution législative récente, dans les opérations programmées d’amélioration de l’habitat. La municipalité travaille également à l’acquisition de bâtiments « en état d’abandon manifeste », afin de les réhabiliter.

    Copropriétés à rénover

    Après le bureau de la Métropole ce jeudi, le conseil municipal doit aussi passer un cap dans les opérations d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées à Marseille, avec la signature des conventions qui définissent les périmètres d’intervention des pouvoirs publics au Mail, les Rosiers et Super Belvédère, la Maurelette et Consolat. « C’est la déclinaison opérationnelle des arrêtés publiés par le Conseil d’État en décembre 2025, pour que l’on puisse rentrer dans une phase opérationnelle au début de l’année prochaine », décrit Audrey Garino. Ne restera qu’à boucler le tour de table pour réunir les 536 millions d’euros nécessaires (dont environ 66 millions de la municipalité), avec l’approbation du projet de loi de finances et la réunion du conseil d’administration de l’établissement public foncier, qui porte ces opérations.

  • Rue d’Aubagne à Marseille, l’émotion ouvre le lieu ressources

    Rue d’Aubagne à Marseille, l’émotion ouvre le lieu ressources

    Pour les familles des victimes, les larmes coulent, les mains se serrent lorsque s’élève la chanson de Rino Gaettano, Ma Il Cielo è Sempre Più Blu – Mais le ciel est toujours plus bleu. « Qui vit dans un taudis, qui transpire son salaire. Qui aime l’amour et les rêves de gloire », entame en italien la chanteuse Giulia David. « Cette chanson, c’était l’hymne de la vie de Simona, souffle sa mère, Maria Carpignano. Elle a toujours lutté dans sa vie pour la dignité humaine et cette chanson représente exactement son essence, son être. »

    Les familles des huit victimes des effondrements de la rue d’Aubagne – Julien Lalonde, Taher Hedfi, Chérif Zemar, Fabien Lavieille, Simona Carpignano, Pape Magatte Niassé, Ouloume Saïd Hassani et Marie-Emmanuelle Blanc – étaient toutes présentes ce vendredi matin pour inaugurer le lieu ressources construit sur les lieux du drame. « Faisons de ces lieux une occasion de construire autrement, avec davantage d’écoute, de respect, de solidarité et de responsabilité, appelait la mère de Julien, Liliana Lalonde. Ainsi la mémoire de ceux que nous avons perdus ne sera pas seulement douloureuse, elle pourra aussi contribuer à faire grandir le bien commun. » Face à elle, la nouvelle cour aménagée dans la dent creuse est noire de monde, derrière cette façade ouverte qui reprend les numéros des 63, 65 et 67, rue d’Aubagne. Des anciens immeubles ne restent, pour la mémoire, que les traces des pans de mur. « Ce que nous voulons, c’est que ça n’arrive plus jamais », partage le frère de Pape, Djidack Gueye, promettant de rester mobilisé avec les autres familles, « pour lutter contre les inégalités qui peuvent exister partout ailleurs ».

    Besoin de justice

    « C’est un soulagement psychologique d’avoir ce renouveau face à nous », témoigne aussi la tante de Cherif, Saida Larbi, la voix coupée par l’émotion. C’est sa fille, Linda Larbi, qui doit continuer pour elle et remercier les militants, les collectifs, la municipalité pour le soutien qu’elle leur a apporté.

    Ce sont les collectifs et associations de Noailles qui ont ouvert la cérémonie, par une prise de parole commune. « La violence de ces morts et ce qu’elles ont révélé ont provoqué un immense soulèvement à Noailles et bien au-delà, dans tout Marseille. Depuis leur mémoire nous accompagne et nous oblige », rappelle le militant Kevin Vacher. Ils évoquent l’émotion après l’effondrement d’un immeuble rénové par la société publique locale d’intérêt national (Spla-IN), rue Halle-Delacroix, le 18 juin dernier, et le décès de Mohamed El Khalfioui, le 9 août, qui avait respiré les poussières du sinistre. « Ce lieu devra donc être aussi celui dans lequel les habitants et les personnes délogées pourront s’organiser par elles-mêmes, selon leur choix », insiste Kevin Vacher.

    « Ce n’est pas un lieu de pouvoir, c’est un lieu de mémoire, de partage et de douceur », rappelle de son côté la maire (GRS) de secteur Sophie Camard, qui souhaite mettre en place un comité des usages associant les familles pour superviser cet espace. Les salles qui côtoient la cour doivent accueillir leurs premières activités dès la semaine prochaine, tandis que la municipalité de secteur souhaite y installer des permanences toutes les deux semaines, et des « cafés causés » pour y créer de la convivialité. « Ce que nous ont demandé les familles, c’est de faire vivre la mémoire de ceux qui ne sont plus pour penser à ceux qui viendront », résume le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. à moins d’un mois du début du procès en appel des effondrements, le 2 novembre prochain, il attend de la justice « qu’elle condamne avec la fermeté la plus grande celles et ceux dont elle aura établi les responsabilités ». « Il y a des gens qui sont morts dans cette histoire, on ne peut pas faire comme si les responsabilités se diluaient », explose-t-il. « Nous gardons espoir, parce que c’est la dernière chose qui se perd. Nous espérons, à la fin, pouvoir être enfin en paix et avoir la satisfaction que la justice fasse son travail », partage pour sa part Liliana Lalonde.

    « Faisons
    de ces lieux une occasion de construire autrement. »

  • À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    « Toutes les économies que j’avais faites en 43 ans de travail fondent à vitesse grand V, si je ne veux pas finir à la rue, je prendrai la décision qui s’impose ». Ces mots proviennent d’Arlette, retraitée de la fonction publique. Par décision qui s’impose, il faut comprendre suicide. Ce témoignage jette un froid, ce mardi midi, dans le réfectoire de l’école Saint-Michel d’Apt. Il est relaté par Ouarda Belaïd, secrétaire générale d’une association de défense de ce quartier de la capitale de Luberon, tristement mis en lumière depuis 4 ans au gré des vagues de gros désordres structurels relevés dans de nombreux bâtiments. Un autre propriétaire, Paul, est lui hospitalisé face à cette situation, « j’ai 1 800 euros de découvert, je vais dans le mur à 200 km/h sans airbag ».

    Des « témoignages poignants », ne peut qu’attester Vincent Jeanbrun. Après avoir visité le quartier, constatant notamment des fissures où il pouvait passer sa main, le ministre du Logement promet « de sortir l’artillerie lourde ». « Tout ce qu’on a vu montre qu’on a ici l’exemple type qu’on a envie d’accompagner avec le projet Anru 3 [rénovation urbaine] davantage tourné vers les sous-préfectures [Apt en est une] », annonce le ministre, convié par le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc. Bâtie à la fin des années 60 sur les hauteurs d’Apt pour loger les militaires du plateau d’Albion, la résidence Saint-Michel abritait alors 874 logements, tous réalisés à la hâte sur un sol argileux. Des logements vendus ensuite en partie à des propriétaires privés, dont beaucoup se retrouvent aujourd’hui pris au piège, avec un crédit à assumer tout en ne pouvant plus y vivre.

    Une crise immobilière pour 15% d’Aptésiens

    De logements de fonction pour militaires, Saint-Michel vire ainsi à la copropriété dégradée. Vincent Jeanbrun, sans annonce précise, confie « regarder collectivement comment on accompagne ceux qui ne peuvent plus habiter sur place », suggérant des dérogations pour qu’un « propriétaire puisse candidater à un logement social » et être accompagné pour suspendre au-delà de six mois son crédit immobilier et les taxes foncières. Côté mairie, « la Ville a déjà engagé 1,8 million d’euros, elle ne peut plus supporter seule cette crise immobilière qui touche 15% de sa population », implore le maire Jean Aillaud (DVD). L’édile sort rassuré de cette visite, souhaitant également que l’Anru englobe le centre ancien d’Apt.

  • Une petite lueur d’espoir pour les habitants du quartier Saint-Michel à Apt

    Une petite lueur d’espoir pour les habitants du quartier Saint-Michel à Apt

    « Jamais un ministre ne s’était déplacé à Saint-Michel depuis sa construction. 60 ans plus tard, un autre revient, cela veut dire beaucoup. S’il y a eu un ministre pour construire, il y en aura un pour réparer ». Après avoir pu échanger avec Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, Ourada Belaïd voit un signal positif. Secrétaire générale de l’association de défense des habitants de Saint-Michel (Adhasami), elle-même évacuée en octobre dernier, elle espère que cette visite soit le déclencheur d’un plan de rénovation indispensable pour reconstruire ce quartier.

    « Il nous a donné de l’espoir pour obtenir les fonds nécessaires », embraye Viviane McCreery, la présidente de l’Addhasmi. Car si une grande partie de Saint-Michel est une copropriété privée, c’est parce que l’État a progressivement vendu ces logements construits à la hâte sur un terrain argileux et destinés aux militaires. « Les propriétaires ont été victimes d’un système dévastateur et injuste », estime-t-elle. Mais avant une rénovation, de très longues années s’annoncent. Et face à l’urgence (crédits et charges en cours, chauffage cet hiver, possibles nouvelles évacuations), « nous avons rarement quelque chose de concret à annoncer aux habitants », déplore Viviane McCreery, pas vraiment rassurée sur ces points par la visite. « Il faut désigner une seule personne responsable qui gère tous les aspects car l’administration est trop découpée », revendique la présidente.

  • L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    « On commence à taper, à monter sur des astreintes financières », annonçait en avril le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, chef d’orchestre des dispositifs de lutte contre l’habitat indigne. La création à titre expérimental d’une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire, a en effet mis en synergie toute la chaîne de coproduction des arrêtés de traitement de l’insalubrité qui associait l’ARS, les inspecteurs de salubrité de la Ville, le DDTM et le CODERST, sous la houlette de la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard sur le départ.

    Le nombre de signalements de situation de mal-logement dans les Bouches-du-Rhône enregistrés sur la plateforme Signal Logement et traités par les services de la DDTM continue de croître : 2 612 en 2023, 3 536 en 2024, 3 473 en 2025 et déjà 2 267 depuis le début de l’année, même si une grande partie relève plus de l’indécence, que de l’insalubrité. « La réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements potentiellement indignes dans les Bouches-du-Rhône [dont environ 40 000 à Marseille] » avait prévenu le préfet d’un département où la moitié de l’habitat exige d’être rénové.

    Une pièce noire, humide

    et sans ouvrant

    Depuis le début de l’année, 93 arrêtés préfectoraux d’insalubrité initiaux ont été publiés sur les Bouches-du-Rhône dont 51 à Marseille et déjà 9 arrêtés fixant une astreinte à des propriétaires récalcitrants dont des bailleurs sociaux (13 Habitat et Provence Métropole Logement). Pour l’année 2025, on comptait 70 arrêtés d’insalubrité engageant une procédure dont 39 à Marseille et 5 astreintes. Pour rappel, en 2016, aucun arrêté d’insalubrité n’avait été pris à Marseille, capitale de l’habitat indigne. C’est dire le coup d’accélérateur donné depuis. 11 arrêtés ont prononcé la main levée après constat de travaux dûment exécutés. Un arrêté du 30 juin 2026 a clôturé une procédure ouverte en février 2017. Il s’agissait d’un logement 15 rue des tours à Martigues et interdit temporairement du fait que sa pièce principale était une pièce noire, humide et sans ouvrant.

    En juillet, le préfet a signé un arrêté ordonnant au propriétaire du local situé 33 rue du refuge au Panier de cesser de le mettre à disposition et de procéder au relogement de l’occupant. Là encore, le taudis est sans eau chaude, sans fenêtre, sans éclairage naturel. Son accès se fait d’ailleurs « depuis la façade arrière entre le 4 et 6, rue du Bouleau » avec une porte d’entrée laissant passer l’air et de hauteur insuffisante…

    À la Capelette, le 20 juin, le préfet a interdit définitivement de mettre à disposition un local « impropre à l’habitation » en fond de cour du 24-26 rue des Forges, et qui constitue un « danger pour la santé et la sécurité physique des personnes ». Aucune pièce de vie n’a de surface ou de volume suffisant. La situation d’insalubrité est aggravée par la ventilation insuffisante et l’absence de stabilité de l’échelle de meunier. L’obligation de reloger le locataire est signifiée.

    À Fuveau, le préfet a fait fermer un logement non seulement insalubre au 21 chemin d’Arles à Fuveau mais « sans existence légale faute d’autorisation d’urbanisme ». Il est relevé que le logement présente en particulier une « absence partielle ou totale de la toiture, avec un réseau fuyard des eaux usées à proximité du logement ». Une curiosité est notée : l’occupante serait titulaire d’un bail depuis six ans dans le parc social.

    Parfois, l’insalubrité et le péril structurel se conjuguent. Ainsi au 1er étage du 9 boulevard Féraud à Saint-Mauront sous arrêté de mise en sécurité depuis novembre 2024 : la pièce principale est inférieure à 7 m2 là où le seuil légal minimal est de 9 m2. Il est noté aussi qu’une pièce louée comme pièce principale ne dispose pas de fenêtres sur l’extérieur. L’arrêté ordonne de « remédier aux causes de moisissure qui prolifère sur les murs de façade de la chambre et du bureau », dans un délai de trois mois.

    Au 6 rue d’Anvers, le préfet a ordonné de traiter en procédure d’urgence un risque d’intoxication aux peintures au plomb. Un diagnostic a détecté sur des revêtements dégradés la présence de plomb à une concentration supérieure à 1 mg/cm².

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Pour pallier la baisse de subventions, l’échéance de la convention d’occupation de ses locaux et refaire sa trésorerie, l’organisation de lutte contre la précarisation Luttopia s’est vue obligée de fermer provisoirement ses portes. Un coup de massue pour l’action sociale à Montpellier. L’association s’est empressée de rencontrer l’adjointe aux solidarités Muriel Ressiguier. Fin mai, l’élue a accordé un sursis de trois mois supplémentaires, lui permettant de conserver ses locaux dans l’avenue de Toulouse jusqu’à la fin de l’année 2026. « Ce n’est pas pour autant que ça nous permet de reprendre nos activités, ça ne règle pas tout » explique la directrice de l’organisation Gwen Lasne qui s’active à préparer la suite.

    Luttopia appelle aux dons depuis le début des difficultés et a rebaptisé sa cagnotte « écrivons une nouvelle page ensemble » : il n’est plus question de rouvrir dans l’urgence mais bien de rebondir pour faire perdurer le projet. L’organisme recherche désormais un nouveau site avec l’ambition d’accéder à la propriété des lieux pour assurer une sécurité et une pérennité à ses bénéficiaires. « Le public est au rendez-vous » se félicite la directrice de l’association qui a réuni un peu plus de 16 000 euros via Hello Asso et affiche un objectif de 100 000 euros pour « créer un Luttopia 0.0.5. » Si l’équipe espère déménager d’ici décembre, elle reste prudente : « On est à l’état embryonnaire du projet et les activités sociales ne pourront pas reprendre immédiatement. » Gwen Lasne dénonce un problème structurel : les restrictions budgétaires touchent toutes les structures associatives. Luttopia s’inscrit donc dans une dynamique de long terme et projette de créer une activité économique lui garantissant une certaine indépendance des subventions publiques. « La société civile ne peut pas porter le poids des carences étatiques, ces modèles vont s’essouffler » alerte-t-elle, « il faut trouver des solutions. »

    Luttopia compte toujours sur la solidarité des Montpelliérains et organise plusieurs événements caritatifs cet été. Rendez-vous ce samedi 11 juillet pour un vide-maison et le 1er août pour une soirée musicale et artistique.

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    À Marseille, selon l’Adil, 27 770 logements sont aujourd’hui qualifiés de potentiellement indignes dans le parc privé : moisissures, risque d’effondrement, concentration de plomb… Le sujet n’est pas nouveau. L’Hôtel du Département a accueilli, ce mercredi, une conférence-débat dédiée à ce sujet, organisée par l’Adil des Bouches-du-Rhône. « Un habitat est considéré comme indigne lorsqu’un logement possède des conditions qui ne répondent pas à des exigences minimales, portant atteinte à la santé ou à la sécurité des personnes », explique Thierry Moallic, directeur de l’Adil 13.

    Les acteurs locaux de l’habitat tentent de répondre « collectivement » à ce fléau. La plateforme « Signal Logement », lancée par le gouvernement, permet aux habitants de signaler en ligne leur situation. 3 475 signalements ont été réalisés dans le département en 2025, selon l’Adil.

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’Égalité des chances, rappelle l’importance du relogement : « Il faut proposer un logement pendant les travaux du bâtiment, et pas seulement dans les hôtels. Il est nécessaire d’anticiper ces besoins avec la Métropole. » Autre volonté : étendre le « permis de louer » actuellement appliqué dans le quartier de Noailles, à Marseille : « Dès le préavis de départ, les professionnels de l’immobilier ont l’obligation de prendre connaissance des problématiques. On ne peut pas louer un logement insalubre », déclare Laurence Pont, présidente de la Fédération nationale de l’immobilier des Bouches-du-Rhône.

    Des variables sociales

    Plusieurs conditions favorisent l’habitat indigne. « Les offres dignes et abordables sont insuffisantes. Les ménages sont de plus en plus précaires et la résolution des désordres est complexe et très longue, témoigne Cyrille Guiraudou, membre de l’Association de défense des locataires HLM (ADLH). Il y a un sentiment de redevabilité envers le bailleur qui a été le seul à fournir un toit, mais aussi un sentiment de honte et une peur de se retrouver à la rue. »

    Selon Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement et présidente de l’Office Provence Métropole Logement, une vingtaine de propriétaires ont été condamnés, cette année.