Tag: gens du voyage

  • À Marseille, les gens du voyage ont quitté le stade Mouton

    À Marseille, les gens du voyage ont quitté le stade Mouton

    « On a laissé le terrain plus propre qu’on ne l’a trouvé. » Devant le stade Mouton, des représentants de la communauté des gens du voyage et membres de l’association Action grand passage (AGP) font constater par un huissier l’état dans lequel ils rendent le terrain de rugby. Installée depuis le 26 juillet, la communauté des gens du voyage a quitté le stade ce dimanche, un jour avant la date d’évacuation exigée par le tribunal administratif de Marseille, saisi par la Ville de Marseille.

    Manque d’infrastructures

    « Si on vient là, c’est parce qu’on n’a pas d’aire de grand passage », se désole un autre membre de l’association AGP. Pourtant la loi Besson 2 de 2000 exige ce type d’aménagement, dédiée à l’accueil temporaire d’un grand nombre de gens du voyage, dans la ville de Marseille.

    Un manque d’infrastructures dénoncé par les membres de l’association et par le président du club Marseille Rugby Méditerranée, Augustin Marie qui témoignait dans nos colonnes. « Ça ne date pas d’hier [l’installation sur le stade], depuis 15 ans c’est la même chose. (…) C’est la faute de toutes les institutions qui n’ont pas fait leur travail, la Métropole qui n’a pas les aires d’accueil suffisantes. » Compétence depuis 2014 de la Métropole, seul Istres possède une aire de grand passage alors que la loi Besson 2 en impose une également à Marseille.

    « On a respecté notre engagement en partant, explique un membre de la communauté. Et on essaye de respecter au maximum la loi, insiste-t-il. Mais on est stigmatisés. On veut juste avoir nos droits pour continuer de voyager, car c’est notre culture », rappelle-t-il.

    Contactée, la Métropole Aix Marseille Provence affirme être « pleinement mobilisée pour structurer l’accueil des gens du voyage sur son territoire ». Et d’affirmer que « sur Marseille, le travail de recherches de terrains pour une aire de grand passage est pleinement engagé ».

  • La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    Le texte « fourre-tout » adopté le 21 juillet est censé apporter des réponses immédiates aux troubles à l’ordre public. Sont ciblés, rodéos urbains, free party, protoxyde d’azote et… Gens du voyage.

    « Français, nous avons des droits et des devoirs. Ce texte fait des amalgames intolérables, nous considère comme une sous-catégorie de citoyens et condamne le mode de vie itinérant », réagit le varois Sacha Zanko, de l’Association nationale des gens du voyage citoyens. « On nous reproche d’occuper des terrains de façon illicite. C’est criminaliser la conséquence du défaut d’accueil ». Depuis 26 ans, sur 95 concernés par la loi Besson seuls 12 départements respectent l’obligation de création de lieux adaptés.

    Un texte scélérat

    « Où devons-nous nous arrêter lorsque les lieux autorisés n’existent pas ? », interroge la tribune. On laisse ainsi se répéter des tensions avec les communes et les expulsions. Victimes de l’incurie de l’État, ils sont désignés comme « problème à l’ordre public ». Cette loi qui punit, amende, contrôle et traque, marque une nouvelle étape dans le harcèlement institutionnel des voyageurs. Avec en fond, le risque de voir ravivées de sombres pages de l’Histoire, rappellent les associatifs : « éradiquer un mode d’habiter trouve ses racines dans les lois racistes de la seconde Guerre Mondiale ».

    Par ailleurs ce texte ne propose aucune solution. « Il fallait un texte qui renforce la loi Besson. Si les schémas étaient respectés, ces déplacements ne poseraient plus de problème », estime Yohan Salles, président du Comité des Tziganes de Paca. Mais c’est jusque dans l’hémicycle que les représentants associatifs ont été bannis du débat. Les signataires demandent l’abrogation des articles 19 à 22 de la loi.

  • À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    Après la Vendée, les Yvelines, la Savoie, le Morbihan où le Finistère, avec cette douteuse sortie médiatique sur les aires d’accueil des gens du voyage, la tournée estivale de campagne de Gabriel Attal, passait jeudi par les Bouches-du-Rhône et le Marché d’intérêt national (MIN) de Chateaurenard.

    à l’aube, entre deux cagettes de fruits et légumes, face aux agriculteurs, grossistes et acheteurs, le macroniste à la chemise blanche, aurait pu parler de la baisse annoncée de la production sous l’effet du dérèglement climatique. Il a choisi cette fois encore de gratter à sa droite en rappelant sa volonté de mettre fin à la « démence normative française », donnant l’exemple d’un agriculteur verbalisé car un salarié ne portait pas de chaussures de sécurité « en plein été ».

    « Ne pas avoir réussi à libérer toutes les énergies, tous ceux qui ont envie de faire et de travailler, c’est peut-être l’un des échecs de ces dernières années », note celui qui entend aller plus loin dans la destruction du modèle social français en promettant de « rapprocher le salaire net du salaire brut ». Caressant les agriculteurs en leur promettant de lutter contre la concurrence déloyale, il assure que leur revenu, et plus largement les salaires et les rémunérations français, sont une des quatre grandes priorités de son projet.

  • Des caravanes occupent à nouveau des terrains de rugby à Marseille

    Des caravanes occupent à nouveau des terrains de rugby à Marseille

    Je suis président d’un club, pas gestionnaire de la mairie », vitupère Augustin Marie, président du club Marseille Rugby Méditerranée. Depuis dimanche dernier, les terrains du stade Mouton (11e) sont occupés illégalement par une centaine de caravanes de gens du voyage. « Ça ne date pas d’hier, depuis 15 ans c’est la même chose… L’année dernière, on a mis neuf mois à récupérer nos vestiaires », poursuit-il. Alors que les entraînements doivent reprendre le 3 août, le président exprime son inquiétude : « Nous sommes bénévoles et c’est nous qui en payons le prix. Je ne sais pas comment on va faire. »

    Responsabilités

    Alors que sur les réseaux sociaux, le maire de secteur (RN), Olivier Rioult, multiplie les messages et se sert de la polémique pour enfoncer la Ville de Marseille et se mettre en avant, Augustin Marie est clair : « Ce n’est pas une histoire de politique. C’est la faute de toutes les institutions qui n’ont pas fait leur travail, la Métropole qui n’a pas les aires d’accueil suffisantes, la Ville qui nous doit des installations sportives… »

    Contactée, la Ville de Marseille « rappelle que la Métropole est compétente en matière d’aménagement des aires d’accueil et des aires de grand passage des gens du voyage ». La mairie ajoute avoir « saisi le juge des référés du tribunal administratif ». Pour la municipalité, il est indispensable de « garantir un accueil digne des gens du voyage, dans le respect de leurs droits », sans quoi la mairie « ne peut pas légalement solliciter du préfet l’évacuation directe d’un terrain communal ».

    Contactée, la Métropole n’a pas répondu à notre sollicitation.

  • 170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    Une ville en état de siège » : tels étaient les mots du maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Renaissance), pour décrire la situation tendue, dimanche soir : 170 caravanes de gens du voyage ont bloqué la commune et la sortie d’autoroute pendant plusieurs heures, tentant de rejoindre l’hippodrome, alors qu’une aire de grand passage est prévue pour les accueillir.

    « On a agi de manière respectueuse envers cette communauté en mettant à disposition ce terrain, en investissant, en faisant en sorte de les accueillir dans de bonnes conditions. Quand vous vous retrouvez dans une ville en état de siège, toutes les rues du village étaient bloquées, le rond-point d’entrée était bloqué, l’accès autoroute était bloqué, je trouve que le respect en face n’a pas été là », a-t-il regretté, lundi, lors d’une conférence de presse aux côtés de la préfète Isabelle Tomatis et du président de Durance Luberon Verdon Agglomération, Camille Galtier (DVD).

    « Quelle image on donne quand on demande à des maires de s’engager, de faire des aires permanentes et quand on envahit de cette manière-là un village qui a fait l’effort de le faire ? , s’est-il interrogé. « Hier, ils ont rasé quatre ans de travail d’acceptation par la population. »

    La préfète a elle aussi « regretté » et « dénoncé un comportement à la fois irresponsable et intransigeant de cette communauté », qui a refusé de s’installer sur l’aire de grand passage prévue à cet effet. « L’argument qui est avancé est de dire que l’aire ne correspond pas à la loi qui demande 4 hectares. Or, la loi dit aussi qu’il peut y avoir des dérogations de la part du préfet et c’est précisément dans le cadre de cette dérogation, parce qu’il était très difficile de trouver un terrain de 4 hectares à l’époque, que le schéma départemental avait validé le principe de deux aires d’accueil, explique la préfète. Nous sommes à la moitié de la mise en œuvre de ce schéma départemental, mais toujours étant, sur Oraison, il y avait une aire de grand passage prête à accueillir une communauté des gens du voyage, quand bien même elle n’avait pas annoncé son arrivée. »

  • L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    Nichée au creux du vallon sur la route de La Ciotat, l’aire affiche complet en toute saison. Comme toutes celles de la métropole. Mais jeudi, ce sont les invités qui étaient en nombre. Partenaires sociaux, salariés de la Varappe et LVD Environnement, ouvriers du chantier d’insertion Evolio qui entretiennent les collines et résidents se sont retrouvés autour d’un repas partagé, d’une exposition sur l’histoire de l’aire et d’un concert.

    « Un succès. Mais pas autant que celui du jour de son inauguration, en 1990 quand 150 caravanes venues de Campagne Rousse ont débarqué », rappelle Kheira Miloud, responsable du site, qui le dynamise avec des jardins. La demande était forte. Et elle le reste tout autant aujourd’hui. « C’est le même problème qu’avec le logement social, on manque de places, de foncier », regrette Benjamin Vives, directeur de la Varappe, qui note une augmentation et une diversité des besoins. « Au-delà des gens du voyage, il y a des travailleurs pauvres, des gens temporairement sans solution de logement, des personnes en très grande précarité qu’on aide et accompagne pour leur accès aux soins, aux droits. »

    L’aire est une des rares qui accueille également un petit centre social avec des activités régulières, une permanence d’assistantes sociales, de la CAF, un service de domiciliation et d’aide à l’insertion par l’emploi. « 80% des résidents qui séjournent ici sont en emploi, chez Salad2fruits, la Fermière, la Maison Corsiglia ou la Ressourcerie, on en a même un qui travaille à Berre… », précise Kheira. Par ailleurs, ni en zone Seveso, ni à proximité d’une décharge, ni entre une autoroute et une voie ferrée, ni même sous des pylônes haute tension, ou tout à la fois, l’aire est très prisée. « Sa contrainte est d’être en zone inondable, à côté du Merlançon, on ne peut pas agrandir, relève la gestionnaire, mais les aires de petite taille sont plus gérables. » Plus qu’une série d’emplacements pour caravanes, c’est « un lieu de vie qui a ses hauts et ses bas, comme dans toutes les familles », résume Benjamin Vives « heureux » des travaux de rénovation des locaux associatifs et des sanitaires réalisés il y a deux ans.

    Nécessité et choix de vie

    Quarante personnes y vivent actuellement, dont un bébé de deux ans et un nouveau-né à venir. Si les places sont attribuées pour trois mois, des dérogations « pour scolarisation, raison de santé » sont accordées. Patriarche de 64 ans, Jean-Marie Demestre, rémouleur, assure y vivre « depuis toujours, comme mon père. Parfois on bouge un peu, à Saint-Menet, mais comme je suis handicapé, j’ai une dérogation ». Il se dit satisfait du changement : « Des fleurs et des douches neuves. On a besoin de peu pour vivre. »

    Jacques et Pauline Dubois ont pour leur part « retrouvé la vie en caravane qu’on a connue avec nos parents, après avoir quitté la cité la Marie à Marseille à cause du deal, de soucis de voisinage ». Ils sont sur l’aire depuis quatre ans avec leurs deux filles et souhaiteraient « rester, par choix de vie ». Comme Ian Hunt, Canadien, chanteur du groupe B4Gman qui joue pour les invités et résident de l’aire depuis 7 mois « arrivé par nécessité ». Il a adopté le nomadisme, « par goût de la liberté ». il avoue : « C’est ma plus belle expérience en 10 ans. »

    La ville de La Ciotat n’a toujours pas d’aire d’accueil malgré ses obligations

    La course de lenteur dans laquelle s’est lancée la ville de La Ciotat se poursuit encore. Un « terrain » très ex-entré, situé aux abords de la route de Marseille avait bien été sélectionné dans les années 2000 pour répondre aux exigences légales, mais d’études en expertises, celui-ci s’est avéré « impossible » à aménager plus d’une décennie plus tard. Ce qui n’a jamais empêché à la commune de faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les caravanes garées sur les parkings, aires de stationnement et autres terrains non équipés. Le préfet des Bouches-du-Rhône vient de remettre un coup de pression aux élus en leur demandant de choisir cette année, un terrain pour une future implantation. Tout reste à faire. S.F.

  • À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    Sept bus de la communauté d’agglomération DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) ont été complètement incendiés mardi soir, juste à côté du lieu de l’expulsion de gens du voyage quelques heures plus tôt. Cette même agglomération exigeait, aux côtés de la ville de Manosque, cette expulsion depuis plusieurs mois. Pour le maire de la commune, Camille Galtier (DVD), cela ne fait aucun doute : ce sont ces mêmes personnes expulsées, qu’il désigne comme des « voyous », qui ont commis cet acte « criminel ». « Des propos de représailles ont été tenus toute la journée. Il ne faut pas être dupe », a-t-il lancé. Il affirme avoir été menacé de vengeance à plusieurs reprises pendant l’expulsion. « Ce qu’il s’est passé hier [mardi] montre qu’il y a d’un côté les pouvoirs publics, et de l’autre les voyous », a-t-il affirmé.

    Des renforts policiers

    Interrogée sur le lien entre l’expulsion et l’incendie, Isabelle Tomatis a répondu : « La préfète est payée pour se poser ce genre de questions. Je m’interroge sur la concomitance entre l’évacuation du matin et les faits du soir. » La clôture séparant les bus et la parcelle évacuée a été dégradée pour pénétrer sur le site. Des bus ont été amenés dès mardi soir en renfort de Forcalquier pour pouvoir assurer la continuité du transport scolaire. La préfète a déploré une « déstabilisation » et a assuré que des renforts policiers avaient été sollicités pour la semaine prochaine.

    « On verra s’ils s’attaquent à autre chose », a conclu le maire de Manosque. Selon lui, la construction de l’aire permanente a coûté plus d’un million d’euros, et le coût des dégradations s’élève à 1,6 ou 1,7 million.

  • Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Un important dispositif policier a été déployé mardi matin pour expulser les gens du voyage résidant dans des caravanes sur une parcelle du quartier de la Loubière à Manosque, occupé depuis plusieurs mois. Le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD), demandait son évacuation sans relâche. Il avait fait fermer la déchetterie mitoyenne depuis le 23 janvier en vue de l’expulsion. Le campement avait été au cœur du débat pendant les élections municipales, le candidat UDR-RN proposant d’aller à la rencontre des habitants du terrain communal.

    La Ville de Manosque et DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération) avaient saisi le tribunal administratif et le tribunal judiciaire pour
    « faire cesser l’occupation illicite de plusieurs parcelles situées à la Loubière », le 12 janvier. C’est une de ces parcelles qui a été évacuée mardi matin par des policiers et des CRS.

    « À la demande du maire de Manosque, l’État a prêté son concours à l’exécution de la décision du président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains rendue le 29 janvier 2026 ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre du terrain appartenant à la commune », a expliqué la préfecture dans un communiqué diffusé mardi. « Cette occupation illicite s’était progressivement développée dans des conditions précaires, insalubres et dangereuses, notamment en raison de branchements électriques sauvages », précise-t-elle.

    Une aire d’accueil

    pour 90 jours seulement

    « En amont de l’intervention, les effectifs de la circonscription de police nationale de Manosque s’étaient présentés à plusieurs reprises sur le site afin d’avertir les occupants de l’imminence de leur expulsion et de les inviter à quitter les lieux », ajoute la préfecture. Les habitants n’étaient ainsi pas sur place au moment de l’expulsion.

    « Cette situation d’occupation illicite était inacceptable pour l’ensemble des citoyens qui respectent les lois de la République », a lancé en réaction le maire de Manosque, Camille Galtier. « La ville de Manosque tient à rappeler qu’elle reste en attente de la décision du Conseil d’État concernant la parcelle CB 37 suite aux décisions contradictoires du tribunal judiciaire et tribunal administratif. Une fois l’expulsion actée par le Conseil d’État, le même processus sera engagé par la Ville de Manosque », a-t-il ajouté. Les gens du voyage sont autorisés à rester seulement 90 jours maximum sur ce type d’aires d’accueil permanentes. « Une aire permanente est dite permanente dans sa fonction d’accueil, mais elle est destinée aux gens du voyage de passage. Elle n’a ni pour vocation ni pour finalité d’offrir des terrains publics viabilisés à des populations sédentarisées. Accepter une telle interprétation reviendrait à détourner l’esprit même du schéma départemental d’accueil et à créer une distorsion manifeste d’équité au détriment des contribuables manosquins », affirment la DLVA et la Ville de Manosque.

    La Ligue des droits de l’Homme 04 appelait, elle, à créer une nouvelle aire permanente pour régulariser la situation.

  • Un sale pas vers une loi plus dure pour les gens du voyage

    Un sale pas vers une loi plus dure pour les gens du voyage

    Chaque année, la France recense plus de 1 300 passages de gens du voyage, dans 78 départements, et plus de 500 installations illégales », plante le texte déposé par de nombreux sénateurs issus de l’ancien « socle commun », centristes, macronistes et LR. Ils mettent en avant le désarroi des élus locaux et des propriétaires de terrain face à « l’impunité qui s’installe ». Pour rappel, Le 4 novembre 2025 la Cour administrative de Marseille a condamné la Métropole à une amende de 295 000 euros pour son inaction en aires d’accueil depuis 2012. C’était une première.

    Les 13 articles dont le premier signataire est le sénateur LR de l’Isère, Damien Michallet, proposent une réforme en profondeur de la loi « Besson II », stupéfiante. Une réglementation devenue « totalement inadaptée », pour la sénatrice (LR) Sylviane Noël qui prône une démarche répressive face à « certaines communautés » qui « ne comprennent que le rapport de force ». L’Association nationale des gens du voyages citoyens (ANGVC) rappelle qu’il existe « 300 000 voyageurs en France et seulement 26 000 places en aires d’accueil. Ces installations sont donc le résultat d’un manque qui perdure depuis 2000 ».

    Alors que la loi du 5 juillet 2000 impose aux communes de plus de 5 000 habitants de mettre une aire d’accueil à disposition, le texte assouplit les obligations des collectivités vis-à-vis du « schéma départemental ». Le délai passant de deux à cinq ans. La proposition de loi prévoit aussi de renforcer la compétence du maire en matière d’expulsion. En produisant un arrêté, il pourra demander la mise en œuvre de la procédure d’évacuation forcée qui pourrait être déclenchée même si le stationnement irrégulier n’implique pas une « atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques », critères actuellement en place. « 50% des aires sont à coté d’une Seveso ou de décharges », oppose l’ANGVC.

    Expéditive et sournoise

    Elle tape encore au portefeuille avec un relèvement du montant de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour l’installation illicite sur le terrain d’autrui de 500 euros actuellement à 1 000 euros. Autre disposition importante de ce texte : les aires d’accueil seraient désormais prises en compte pour le calcul du quota « loi SRU » de logements sociaux. « Il faudrait donc considérer qu’un morceau de parking en bitume est un logement ? », s’étrangle la Toulonnais Sacha Zanko, membre de l’ANGVC.

    Au Sénat la gauche s’est montrée hostile à ces mesures, voyant dans ce texte « un catalogue d’astuces, d’artifices et de manœuvres visant à se soustraire à la loi Besson », s’est inquiété le socialiste Hussein Bourgi. Son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale n’est pas assurée, compte tenu d’un calendrier contraint. Mais l’alerte est lancée.

  • L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    Des monticules de déchets et détritus divers à perte de vue avec en toile de fond la légendaire silhouette de la montagne de Sainte-Victoire qui se détache dans l’azur. Cézanne pris de nausée n’y mettrait pas son chevalet. L’ordure supplante la garrigue et la pinède sur le plateau de l’Arbois aux confins du territoire communal d’Aix-en-Provence. À deux cents mètres de la gare TGV, cette immense décharge sauvage attire, d’année en année, toujours plus dépôts, principalement des gravats de construction du bâtiment qui s’entassent avec des pièces de carrosserie automobile, des apports des particuliers comme une épave de bateau, un jet-ski, des matelas.

    Devant l’inertie des pouvoirs publics, un collectif citoyen « Déchargeons le plateau d’Aix-TGV » s’est créé en 2019, né de la pétition de Valentin qui cumule aujourd’hui plus de 60 000 signatures pour alerter sur ce scandale environnemental. Autorités, propriétaires fonciers privés et publics se renvoient la balle.

    15 hectares de détritus

    et déchets

    La décharge s’étend désormais sur 15 hectares. « On a atteint en dix ans des records en volumes. On estime la superficie à l’équivalent de 20 terrains de foot ici et autant de l’autre côté là-bas », pointe Frédéric, un membre du collectif qui arpente cette zone de désolation sous une pluie fine. On est au voisinage du grand site Natura 2000 du plateau de l’Arbois, si précieux pour le pastoralisme.

    Un premier site de déchets correspond à l’ancienne aire d’accueil provisoire de gens du voyage, une parcelle de 8,7 ha que la communauté d’agglomération du pays d’Aix-en-Provence louait depuis novembre 2013 à Drekra Foncier, propriétaire et ancien exploitant d’un contrôle technique de poids lourds. La commune lui a rendu le site en mars 2017 sans aucun état des lieux mais avec des monticules de déchets évalués à 41 000 m³, précise un jugement de la cour administrative d’appel validé par le Conseil d’État en juillet 2025 et qui considère que Dekra ne peut être regardée comme responsable de ces déchets et qui annule la mise en demeure par la commune d’Aix en avril 2020 de les éliminer. Le jugement rappelle que « les contrats conclus prévoyaient notamment une prise des lieux “dans l’état actuel”, à charge pour le preneur d’aménager le terrain et de le restituer en bon état d’entretien, étant précisé que le preneur s’engageait particulièrement à se conformer aux obligations relatives à l’élimination des déchets ». En octobre 2020, une parcelle de 5 000 m² du conseil départemental a été dépolluée de 1 320 m³ de déchets. On estimait alors à environ 250 000 m³ le volume de déchets abandonnés sur l’Arbois, considéré comme la 3e plus grande décharge sauvage de France.

    « Ils se moquent de nous »

    « On était à 6 millions d’euros de budget d’enlèvement des déchets mais depuis deux, trois ans, le même schéma se reproduit sur ce site limitrophe et là un nouveau cycle démarre. Il y en aura pour 10 à 12 millions d’euros. Le déchet appelle le déchet. Les gens voient que c’est un dépotoir alors ils jettent. Je parie que dans 10 ans, ils seront encore là », assure Frédéric. « La Ville d’Aix ne s’en occupe pas du tout. Ils se moquent de nous. Ils essayent de renvoyer la faute sur les autres. On demande un rendez-vous à Mme Joissains depuis septembre », déplore Béatrice.

    Les gens d’ailleurs pensent qu’on est sur le territoire de Vitrolles et ne se doutent pas qu’on est au point le plus reculé de la commune d’Aix. « En réalité, c’est tout le département qui vient jeter ici. S’il y avait un feu l’été, avec les pneus, les huiles, les pots de peinture, les produits chimiques, ça serait assez catastrophique avec le mistral. C’est urgent de s’en occuper. » Pour le collectif, c’est un environnement et une réflexion complète autour du déchet qu’il faut repenser : « Comment on les produit, qui les paye, quels sont les accès aux déchetteries et les filières de retraitement. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile d’accéder à une déchetterie. On a des quotas pour rentrer. Quand on arrive, les bennes sont pleines. Il faut un vrai raisonnement mais pas seulement sur l’Arbois. »