Chaque année, les Rencontres de la cinémathèque de montagne attirent plusieurs milliers de spectateurs à Gap. Mais cette 18e édition du festival, prévue du 25 au 28 novembre prochain, a déjà un goût amer pour Sandrine Mendes. « À la lecture de la programmation, j’ai ressenti de l’incompréhension et de la colère », explique l’enseignante. Et pour cause, sur quatorze films programmés, seulement deux sont réalisés ou coréalisés par une femme. Elle est à l’initiative d’une lettre envoyée au nom de l’association de solidarité avec les femmes « Toutes pour une » à la cinémathèque et aux partenaires financiers, publics ou privés, du festival. « Nous pratiquons, travaillons, créons, filmons, racontons, vivons en montagne. Et pourtant, lorsque vient le temps de raconter la montagne sur grand écran, nous disparaissons », déplore le texte. Même devant la caméra, « aucun film étant explicitement consacré au parcours de femme » n’apparaît dans le programme. « Lorsqu’un festival de référence raconte majoritairement la montagne à travers des regards masculins et des figures masculines, il contribue nécessairement à construire un imaginaire particulier de la montagne, où les hommes sont ceux qui font et où les femmes regardent », poursuit la lettre, dont l’objectif est « d’ouvrir une discussion et d’initier un changement ».
« Cette année, la représentation des femmes est insuffisante, et nous le regrettons, a répondu l’équipe du cinéma, tout en assurant qu’il s’agit d’une de leurs priorités. Le seul frein que nous constatons à nos efforts réside dans la production audiovisuelle annuelle, encore largement dominée par les hommes. » Une réponse qui ne satisfait pas Sandrine Mendes, étonnée de voir qu’une ou deux personnes seulement sont en charge de la sélection : « C’est important de s’entourer pour avoir des idées différentes, de la diversité ».

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