Tag: Femmes

  • Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Toujours dans l’optique de favoriser l’éducation populaire, Coudes à coudes accueille à la Maison des associations*, Saadia Gacem, pour évoquer les mouvements féministes en Algérie. « Le but, c’est de discuter sur la base d’un savoir, d’une expertise, d’une problématique avec laquelle on peut ne pas être d’accord avec un apport qui vient souvent des sciences sociales, mais qui peut venir d’autres types d’experts » explique Michel Potoudis, un des membres fondateurs de l’association.

    Doctorante à l’université d’Aix-Marseille, Saadia Gacem, travaille sur le traitement judiciaire des affaires de violences conjugales dans les tribunaux à Alger nous précise cette féministe engagée. Elle présentera ce mardi son projet de création d’un fonds numérique de documents produits par les collectifs ou groupes féministes de la post-indépendance en Algérie, jusqu’à la fin des années 90.

    Des femmes toujours mobilisées

    Tracts, revues, « ce sont des documents assez rares, parce qu’ils sont devenus en quelque sorte privés gardés par les militantes car les associations ont disparu dans les années 90 », détaille-t-elle. Un pan méconnu de l’histoire algérienne, quand le Hirac a permis en quelque sorte aux féministes d’aujourd’hui de donner de nouveau de la voix.

    La quarantenaire est aussi à l’origine de la revue La Place, annuelle, bilingue arabe-français, aux Éditions Motifs, disponible dans une petite dizaine de librairies marseillaises**. « Il y a toujours des intellectuelles et des artistes femmes qui produisent, qui pensent, mais qui n’ont pas l’espace pour partager ça, parce qu’en Algérie, comme partout ailleurs dans le monde, la parole des femmes et l’espace pour les femmes est extrêmement restreint », ajoute-t-elle. Et quand on lui demande si on peut dresser un parallèle avec la situation actuelle en France, elle n’y va pas par quatre chemins : « On se dit peut-être que c’est le début d’un hirak français, on l’espère même si on voit qu’en France le pays des Lumières, on se retrouve avec une répression monstre. C’est ce qui s’est passé en Algérie. Quand un pouvoir se fragilise et se sent vraiment en danger, il y a un réflexe d’autoritarisme. On n’a jamais fini de lutter. »

    * À 18h30, au 93, La Canebière
    à Marseille (1
    er)
    ** Plus d’infos sur editionsmotifs.com

  • Les femmes élues encore sous-représentées aux postes clés

    Les femmes élues encore sous-représentées aux postes clés

    Si 47% des conseillers municipaux sont des femmes, elles ne représentent que 23% des maires dans les Alpes-de-Haute-Provence, souligne une étude du collectif féministe départemental 8 mars toute l’année. La loi parité, qui impose de présenter des listes composées alternativement d’un homme et d’une femme sous peine de rejet ou de sanctions, a été étendue cette année aux communes de moins de 1 000 habitants, mais « n’a absolument pas fait évoluer le nombre de femmes maires », regrette Jeanne Walter, membre du collectif. En effet, dans le département, il y a le même nombre de femmes maires qu’en 2020, soit 46, selon le collectif.

    64,4% des communes du département, soit près des deux tiers, ont par ailleurs deux hommes comme maire et comme premier adjoint. « Autrement dit, dans près de deux communes sur trois, les deux postes de pouvoir les plus élevés de la commune sont occupés par des hommes », relève le collectif. À l’inverse, « il y a un binôme entièrement féminin, donc une femme maire et une première adjointe, dans seulement 4,6% des communes », avance Jeanne Walter.

    Des conséquences nationales

    71% des femmes maires ont un homme comme premier adjoint, tandis que seulement 23% des hommes maires ont une première adjointe. « Ces chiffres révèlent que les femmes gouvernent dans un espace encore largement masculin, tandis que les hommes restent beaucoup plus souvent entre eux aux postes clés », avance le collectif féministe départemental.

    Selon Jeanne Walter, cette sous-représentativité des femmes dans les mairies est due « au sexisme ordinaire et au sexisme intériorisé ». « Les femmes ne se sentent pas capables, légitimes et disponibles, parce qu’elles s’occupent encore majoritairement des tâches domestiques. »

    Cette sous-représentativité « a des répercussions au-delà de la commune, puisque dans la foulée des élections municipales, il y a l’élection des présidents de communautés de communes, et les délégations. Si on a plus d’hommes dans les postes d’adjoints dans les communes, on aura plus d’hommes aussi dans les conseils communautaires », souligne Jeanne Walter.

    Dans le département, le président et les cinq premiers vice-présidents de la DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération), l’intercommunalité de Manosque, sont par exemple tous des hommes.

    De plus, « si les postes exécutifs dans les communes sont occupés par des hommes, ça va être aussi très souvent des hommes qui vont être désignés grands électeurs » pour les élections sénatoriales, ajoute Jeanne Walter, qui est également militante LFI.

  • [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    De son enfance de sixième enfant sur huit métis autochtones jusqu’à son jeune âge adulte, cette BD poignante permet de suivre Betty Carpenter, adorée par son père, dans sa famille aimante et dysfonctionnelle où le poids du passé alimente les drames du présent. Dans cette Amérique rurale de l’immédiate après-guerre, Betty va être confrontée aux difficultés d’être une femme pauvre à la peau sombre, confrontée à la misogynie et au racisme ordinaire. Largement inspirée de la vie de la mère de l’autrice Tiffany McDaniel tout en restant une fiction, cette histoire s’ancre dans les drames transmis de génération en génération, les décès qui se succèdent, la noirceur de l’âme de certains hommes mais offre aussi une rédemption par l’amour et l’écriture.

    Même si elle se situe dans un temps révolu et sur un autre continent, cette BD se confronte de front avec des thèmes malheureusement terriblement actuels : les abus faits à l’enfance, les dangers que rencontre toute femme du fait de sa seule naissance, les forces nocives des préjugés racistes, les ravages de la pauvreté… Mais elle ouvre aussi malgré tout une voie vers le salut et l’émancipation. De ce récit profondément humain, les deux auteurs ont tiré une adaptation graphique parfaitement maîtrisée, fidèle et respectueuse, dont l’émotion se dégage à chaque page. à découvrir absolument que l’on ait lu le roman ou non.

    ET AUSSI

    Décolonisations

    Sous-titrée « L’histoire au présent », cette BD de Stephen Desberg et Guillaume Blanc avec Mirranda Burton au dessin montre à travers le destin de plusieurs personnages l’impact qu’a encore aujourd’hui sur les vies concrètes la colonisation des XIXe et XXe siècles. Érythrée, Vietnam, Rwanda, Inde, Pakistan ou Algérie ont une histoire marquée au fer rouge par cette domination coloniale dont les conséquences sont encore fondamentales. À lire pour mieux comprendre et ne pas se fermer les yeux sur les débats contemporains car nul ne colonise impunément.

    Dargaud/Seuil, 24,50€

    Land

    Quel est le vrai prix de la colonisation de l’espace en cours qui devient de plus en plus une aventure privée, hochet de multimilliardaires à la Elon Musk ? Olivier Dubuquoy et Philippe Squarzoni apportent une réponse glaçante sur le prix écologique et humain payé pour cette folie qui pourrait même hypothéquer notre avenir commun. Heureusement, dans le monde entier, des juristes, des scientifiques et des astronomes tentent d’alerter le grand public sur ces dangers. Ce livre rappelle que plutôt qu’imaginer quitter la Terre, il faut avant tout la défendre !

    Delcourt, 25,50€

    L’incroyable histoire de l’humanité

    La fantastique série d’éducation populaire L’incroyable histoire de, s’enrichit avec cette « géohistoire des humains sur la Terre » signée Catherine Mory et Philippe Bercovici basée sur le travail de Christian Grataloup. Un livre fluide qui raconte une histoire longue et complexe sur les cinq continents, érudit et malin comme d’habitude alors que parait dans la même collection L’incroyable histoire des mathématiques de Quentin Lazzarotto, Avner Bar-Hen et Tristan Garnier. Le savoir à portée de ceux qui veulent savoir.

    Les Arènes BD, 25€

    Le roman de Jésus

    Dans la lignée de La vie de Jésus d’Ernest Renan, Jean-Charles Kraehn livre un magnifique roman graphique de 360 pages sur la vie de l’homme Jésus. Agnostique, il ignore les miracles, remplit les trous biographiques laissés par les textes sacrés et abandonne le mythe pour revisiter l’existence d’un homme qui marqua l’humanité, fondateur sans doute malgré lui de la religion comptant le plus de fidèles dans le monde aujourd’hui. La postface de l’archevêque de Rouen montre également que l’ouvrage n’est pas iconoclaste.

    Glénat, 35€

    La curieuse histoire des mots

    L’étymocurieux Sébastien Grimaud avec Joseph Falzon au dessin plonge le lecteur dans une joyeuse et jamais barbante exploration de l’étymologie avec cette série de textes illustrés et de pages de bande dessinée. Mêlant culture et pédagogie, l’auteur révélé sur Instagram propose une découverte ludique et marrante de l’origine des mots que l’on utilise tous les jours comme des évidences sans jamais chercher à trop savoir d’où ils viennent. Ce livre accessible et captivant est donc l’occasion de le faire.

    Casterman, 19€

    Le démon de la colline aux loups

    Dimitri Rouchon-Borie adapte avec Gaët’s et le dessinateur italien Vincenzo Baldano son terrible roman sur le mal et sa transmission. En prison, aux portes de la mort, Duke décide d’écrire ses confessions d’enfant martyr devenu assassin et sa dernière bataille contre le démon de la colline aux loups qui a précipité sa chute. Une BD à la fois magnifique et très dure tant par le scénario que par le dessin, où la noirceur est sauvée par la poésie et quelques rencontres lumineuses. À lire toutefois le cœur bien accroché comme le rappelle l’incipit.

    Aire Libre Dupuis, 27€

  • La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    Chaque année, les Rencontres de la cinémathèque de montagne attirent plusieurs milliers de spectateurs à Gap. Mais cette 18e édition du festival, prévue du 25 au 28 novembre prochain, a déjà un goût amer pour Sandrine Mendes. « À la lecture de la programmation, j’ai ressenti de l’incompréhension et de la colère », explique l’enseignante. Et pour cause, sur quatorze films programmés, seulement deux sont réalisés ou coréalisés par une femme. Elle est à l’initiative d’une lettre envoyée au nom de l’association de solidarité avec les femmes « Toutes pour une » à la cinémathèque et aux partenaires financiers, publics ou privés, du festival. « Nous pratiquons, travaillons, créons, filmons, racontons, vivons en montagne. Et pourtant, lorsque vient le temps de raconter la montagne sur grand écran, nous disparaissons », déplore le texte. Même devant la caméra, « aucun film étant explicitement consacré au parcours de femme » n’apparaît dans le programme. « Lorsqu’un festival de référence raconte majoritairement la montagne à travers des regards masculins et des figures masculines, il contribue nécessairement à construire un imaginaire particulier de la montagne, où les hommes sont ceux qui font et où les femmes regardent », poursuit la lettre, dont l’objectif est « d’ouvrir une discussion et d’initier un changement ».

    « Cette année, la représentation des femmes est insuffisante, et nous le regrettons, a répondu l’équipe du cinéma, tout en assurant qu’il s’agit d’une de leurs priorités. Le seul frein que nous constatons à nos efforts réside dans la production audiovisuelle annuelle, encore largement dominée par les hommes. » Une réponse qui ne satisfait pas Sandrine Mendes, étonnée de voir qu’une ou deux personnes seulement sont en charge de la sélection : « C’est important de s’entourer pour avoir des idées différentes, de la diversité ».

  • Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Le CIDFF 04 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) compte se doter, pour la première fois, d’un lieu d’hébergement pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, à Digne. « L’idée, c’est d’avoir un refuge où elles peuvent se poser, travailler leur situation, sécuriser le volet social, mettre en place l’accès aux droits, travailler la situation des enfants, et se projeter, en fonction de leur situation professionnelle, vers l’après, avec un hébergement plus pérenne », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    L’idée est de réaménager un bâtiment appartenant au bailleur social H2P, situé près du centre-ville de Digne, « de le réhabiliter, parce qu’il est un peu vieillissant, et d’en faire des locaux plus accueillants et plus confortables. La Cepac a la volonté d’apporter un standing plus élevé pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, pour qu’elles aient un environnement agréable dans lequel vivre », avance la directrice. Un ascenseur doit notamment être installé. « Actuellement, le logement est occupé par une autre association qui va déménager. H2P attend un engagement définitif de l’État sur le projet, puisqu’on ne peut pas se lancer dans les travaux et réhabiliter complètement le logement si derrière, on n’a pas l’assurance que l’État financera des places d’hébergement pour le CIDFF », précise Wided Halaoua.

    Éloigner du danger

    « L’idée, c’est qu’il y ait des salariés dédiés pour le bâtiment, un temps d’accompagnement social et un temps de psychologue, et possiblement un veilleur de nuit », explique la directrice du CIDFF 04. Un psychologue et un travailleur social devront notamment être recrutés par l’association pour ce projet.

    La Caisse d’Épargne financera le bâti, et Solidarité Femmes 13 aidera le CIDFF « dans tout ce qui sera aménagement des locaux. Ils vont nous accompagner sur la recherche de financement liée spécifiquement à ça », indique Wided Halaoua. Une fois le bâtiment livré, la gestion courante sera financée par le CIDFF.

    L’association Solidarité Femmes 13 « porte toute l’ingénierie du projet, et nous fait bénéficier de leur expertise, puisqu’ils gèrent actuellement de l’hébergement pour les femmes victimes de violences, contrairement à nous », avance la directrice. Le projet prévoit 19 places d’hébergement et 11 logements, du studio au T2, selon elle.

    Des femmes d’autres départements pourront être orientées vers ce lieu d’hébergement à Digne « pour éloigner de manière plus efficace la personne ». De la même manière, des femmes du département des Alpes-de-Haute-Provence « à plus fort risque de représailles pourraient être orientées hors département » pour mieux les protéger et les éloigner du danger.

    Le besoin d’hébergement est d’autant plus important dans le département rural, « où les gens sont excentrés » et ont plus de mal à accéder aux services publics, avance Wided Halaoua.

  • Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Plusieurs spécialistes, historienne du genre ou encore gynécologue obstétricien, ont tenté, jeudi, de sensibiliser aux inégalités de santé liées au genre et à la prise en compte des spécificités de la santé des femmes, à l’occasion d’un colloque sur le sujet organisé au palais des congrès de Digne-les-Bains.

    « Mieux soigner les femmes, c’est mieux soigner tout le monde et prendre soin de la société », a estimé Muriel Salle, historienne du genre lyonnaise qui a notamment dirigé un numéro de revue sur la santé des femmes dans les quartiers politiques de la ville. Première intervenante de la journée, elle a appelé à « traiter la santé comme une responsabilité commune, comme un bien commun ».

    L’historienne a notamment conseillé aux soignants, présents en nombre dans l’assemblée, de « systématiquement poser la question des violences, comme le recommande la haute autorité de santé ». « On doit la poser sans attendre d’avoir des signes », a-t-elle expliqué. La question peut être posée de manière indirecte, en demandant par exemple : « Est-ce qu’il vous arrive d’avoir peur chez vous ? Comment vous vous sentez à la maison ? Est-ce que vous avez peur pour vos enfants ? », a cité Muriel Salle. « On découvre aujourd’hui qu’énormément de femmes attendaient qu’on leur pose la question », a-t-elle regretté.

    « La société a du mal à faire face aux abus sexuels »

    Questionnée par le public, l’intervenante a également évoqué la formation aux spécificités de la santé de la femme. « J’ai des étudiants en médecine qui ne me croient pas quand je leur dis que les signaux sont différents chez les femmes et chez les hommes », a-t-elle relaté, appelant à « prendre en compte le genre et le sexe dans la santé ».

    Dr Eric Bautrant, gynécologue obstétricien à Aix-en-Provence et à Paris, qui anime un centre de la douleur pelvienne, est ensuite intervenu. « La société a un rôle important dans les grandes étapes biologiques chez la femme, qui sont les premières règles, les rapports sexuels et l’accouchement. Elle en transforme fortement certaines caractéristiques en imposant des obligations sociales », a-t-il constaté en introduction. « Toutes les organisations de loi, de travail, ont été faites par des hommes », a regretté le chirurgien. « La société va créer des raisonnements biaisés », comme la normalisation et la non prise en compte des règles douloureuses, a-t-il cité en exemple.

    « Une femme sur cinq a été victime d’un abus sexuel avant 18 ans », a-t-il par ailleurs relaté. Pourtant, « la société a du mal à bouger, à réagir, à faire face au fléau ahurissant des abus sexuels dont sont victimes les jeunes filles ».

    Le colloque était organisé par le Comité départemental d’éducation pour la santé 04, avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé Paca, du groupement hospitalier et de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.

  • Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Des dossiers chauds sur le bureau du préfet

    Mouvement lycéen, avenir de Fibre Excellence à Tarascon, ligne THT… Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a fait le point, ce mercredi 14 octobre, sur les grands sujets en cours et à venir sur le territoire.

    La doctrine inchangée sur le mouvement lycéen

    Fixée au niveau national, rappelle le préfet, la doctrine reste inchangée sur le déploiement des forces de police pour « accompagner le mouvement ». Et de s’adresser plus officiellement aux lycéens qui manifestent : « Faites attention, une manifestation peut susciter des tensions, de l’enthousiasme et des effets de foule, cela peut entraîner parfois des gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire. Ce qui met en danger beaucoup de monde. » Revenant sur la manifestation de la veille, mardi, qui s’est « bien passée », Jacques Witkowski alerte sur un contexte qui peut dégénérer : « Tout le monde arrive à un point de fatigue, on est sur le fil du rasoir des deux côtés. » Il se félicite également que des mobilisations aient été encadrées par des syndicats, « ce qui facilite » les choses avec « un parcours notamment ».

    Le préfet revient sur les derniers faits de violence, comme ce policier à Saint-Charles, mardi, qui s’est pris un coup de marteau sur la tête. Soit « 58 policiers ayant été blessés depuis le début du mouvement ». On compte aussi 900 interpellations sur la zone Sud, 336 dans le département « essentiellement des mineurs ». « Un jeune a été arrêté cette nuit à Martigues en possession de quatre bouteilles incendiaires », annonce-t-il. Quant à la journée du 17 octobre, « nous n’avons aucun renseignement et aucune déclaration de manifestation déposée », assure-t-il.

    Bientôt du neuf

    sur la ligne THT ?

    Le projet de ligne à très haute tension, 65 km à 400 000 volts, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité) pour alimenter les bassins Ouest du Grand port maritime et qui suscite de nombreuses contestations sur son trajet, suit son cours. La logique voudrait qu’une enquête publique ne tarde pas à être déclarée pour que chacun donne son avis et que la question soit tranchée avec la présidentielle en 2027.

    Le risque « géré » à Fibre excellence Tarascon

    Sur la situation du site de Fibre excellence à Tarascon, la liquidation « se poursuit avec hélas un comportement incompréhensible du liquidateur », déplore Jacques Witkowski, « ce qui nous a amenés à faire des choses inédites ». Pour mémoire, le syndicat CGT a dénoncé la contamination des eaux du Rhône après l’arrêt de l’usine de pâte à papier et de sa station d’épuration. Faute d’avoir « réussi à convaincre », les services de l’État ont dû contraindre puis faire deux articles 40 avant de se substituer, rappelle le préfet. L’Ademe a pris la main pour piloter les opérations de sécurisation, et après un appel d’offres d’urgent, elles ont été sous-traitées à Suez. Le tout à la charge du liquidateur. « Le risque, on le gère, mais je n’en resterai pas là », prévient le préfet.

    Quant à la vente puis à la reprise du site, elles ne seront possibles que lorsque la pollution aura été clairement évaluée et validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « On a des repreneurs avec des candidatures sérieuses », révèle-t-il en partie pour « des activités industrielles », mais visiblement pas de papetier.

    Un centre d’accueil

    pour les consommateurs de crack

    Sur la consommation de crack exponentielle dans certains quartiers, « un véritable problème sanitaire et social, on n’a pas mal progressé », estime le préfet. Un troisième Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) temporaire de 17 places va ouvrir ses portes, la semaine prochaine et jusqu’en janvier, sur un terrain de la SNCF, aux alentours de la gare Saint-Charles. De quoi compenser aussi la fermeture de l’autre Caruud, le Sleep In, le 26 mai, pour insalubrité, et dont les « travaux sont en bonne voie », en attendant de « trouver une solution plus pérenne ».

    Le procureur de la République a aussi mis en place un Groupe local de traitement de la délinquance, précise le préfet. Une première opération, le 29 septembre, a permis de mettre de jeunes femmes à l’abri avec injonctions thérapeutiques, « elles restent dans les structures qu’on a et s’engagent dans un accompagnement ». Tous les hommes étant eux repartis. « Je souhaiterais agrandir le périmètre de l’hébergement temporaire pour les plus fragiles, destiné aux consommateurs de stup’, sans impacter financièrement la mise à l’abri classique », ajoute Jacques Witkowski, espérant obtenir gain de cause auprès du gouvernement. Quant à la halte soins addiction pour laquelle plaident la Ville de Marseille et des associations, le préfet se met à disposition de qui lui trouvera un local, « et on essaiera de faire quelque chose ». Une position invariée depuis dix mois, assène-t-il.

    Un budget métropolitain compliqué

    Alors que la décision modificative du budget de la Métropole va être soumise au vote ce jeudi 15 octobre, le préfet ayant dû saisir la Chambre régionale des comptes en avril dernier, les élus de la collectivité refusant d’entériner la baisse des dotations de l’État, Jacques Witkowski se félicite qu’elle ait repris « sa ligne budgétaire ». Pour faire face à un « déséquilibre » de 144 millions d’euros, ce dernier avait proposé de tailler 53 millions dans les attributions de compensation faites aux communes, au grand dam des maires. La Métropole a depuis trouvé une « solution comptable » avec cette décision modificative, assure-t-elle dans un communiqué mardi. « J’espère que le budget 2026 trouvera un point final d’exécution, il est temps », souhaite-t-il, augurant d’un budget 2027 tout aussi compliqué, sur fond d’austérité.

  • Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Face aux hébergements d’urgence saturés, quelle solution durable proposer pour accueillir et accompagner les femmes victimes de violences et leurs enfants ? « Les Maisonelles », répondent collectivement la CEPAC et l’association de lutte contre les violences Solidarité Femmes 13, qui portent aujourd’hui ce projet inédit en France.

    « Ce dispositif couple la situation d’urgence et le besoin d’une solution d’hébergement pérenne », introduit Christine Fabresse, présidente du directoire de la CEPAC, en présence de divers acteurs, dont des élus et un représentant de l’état.

    Un parcours court et fluide

    Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou de son ex-compagnon, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la présidente veut « réunir puissance publique, privée, associative et médiatique pour répondre à ce drame sociétal ».

    L’association Solidarité Femmes 13, qui fête ses 50 ans cette année, épaule le projet. L’organisme accompagne psychologiquement et administrativement les victimes de violences conjugales ou sexuelles, et propose formations et solutions d’hébergement. « Sortir des violences, c’est tout un parcours », observe sa directrice Sophie Pioro, qui déplore « l’incapacité à répondre à chaque sollicitation, malgré les dispositifs d’aides existants ».

    Sophie Pioro appelle à coordonner les réponses pour permettre un accompagnement intégral similaire à celui que l’association propose, amplifié par le soutien financier de la Cepac et sa connaissance en qualité de bailleur social. « Il faut que le parcours de ces femmes soit le plus rapide et le plus fluide possible », soutient-elle. Quatre futures Maisonelles, à mi-chemin entre logements individuels et espaces collectifs, devraient voir le jour dans la région, entre 2028 et 2030, pour accueillir 211 femmes et enfants.

    Soutien des élus

    Deux Maisonelles s’implanteront à Marseille, une à Aix-en-Provence et une dernière à Digne-les-Bains. Une variété de territoire répondant à la diversité des profils des victimes, avec l’approbation des élus des villes concernées. « Je suis très heureuse d’aider la cause », se félicite la maire (UDI) d’Aix, Sophie Joissains. L’édile marseillais (DVG) Benoît Payan, évoque « la difficulté à parler du sujet en tant qu’homme ». « Je suis très inquiet que le privé doive s’emparer de la cause, c’est que quelque part, il y a un vide » a regretté l’élu phocéen. Le maire (SE) de Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto, a appelé à « rendre leur dignité aux victimes » avec « ce projet porteur d’espoir ».

  • La Marseillaise des Femmes soutient la cause

    La Marseillaise des Femmes soutient la cause

    Débordante d’énergie et de passion, Christine Rollais, présidente de La Marseillaise des Femmes, courait dans tous les sens, samedi après-midi à la Villa M, pour peaufiner les derniers détails de la deuxième édition de La Marseillaise des femmes en rose, organisée en partenariat avec la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM).

    Dans le cadre d’« Octobre Rose », campagne annuelle de sensibilisation au dépistage et de soutien à la lutte contre le cancer du sein, son association proposait un entraînement musical dans l’une des grandes salles de l’hôtel, suivi de rencontres avec quinze associations spécialisées et expertes du sujet, comme T’Hâtez-vous, Au Sein d’Elle ou Collectif Triplettes Roses. Plus d’une centaine de personnes, très majoritairement des femmes, ont suivi la chorégraphie de la coach sportive Charline.

    Petite nouveauté cette année : grâce à la course connectée, les participants étaient challengés en amont, avec 5,4 km à réaliser en marchant ou en courant, entre le 19 septembre et le 2 octobre, via leur smartphone et la plateforme Sports’N’Connect. « Il y a toujours de l’engouement, ça fait plaisir à voir », sourit Christine Rollais, tout en constatant une baisse de la participation par rapport à la première édition.

    Cette diminution s’explique notamment par la multiplication récente des événements autour d’Octobre Rose. « Bien sûr qu’en tant qu’organisatrice, j’aimerais remplir la salle, mais le plus important, c’est que la campagne, la prévention, la cause et la parole des femmes aient du succès », insiste-t-elle. Devenue incontournable depuis quelques années, La Marseillaise des Femmes – course éponyme qui reviendra en mai prochain pour sa 17e édition – se distingue par son engouement, son message inclusif et surtout sa patte marseillaise.

    Des éléments que l’on a retrouvés samedi lors de cette Marseillaise des Femmes en rose. « Prévention, dépistez-vous, c’est le béaba », lance la présidente Rollais. « La prévention peut permettre d’éviter 20 000 cancers du sein par an », complète Marie Batoux, adjointe (DVG) au maire de Marseille, chargée de la lutte contre les discriminations, de l’égalité de genre et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. « Un tel événement permet aussi de lever quelques tabous. Quasiment 75% des hommes qui apprennent le cancer de leur femme partent et les laissent seules face à la maladie. Il faut les accompagner », martèle l’élue marseillaise.

  • 25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    Cette édition, qui se déroulera du 4 au 20 novembre, se concentre autour du thème de la passion, avec 35 films (dont 8 avant-premières) diffusés dans 8 salles et 5 villes. La moitié des œuvres sont françaises, les autres étrangères. Réalisatrices, artistes et invitées participeront à des rencontres et débats de manière à prolonger les films. Quatre soirées spéciales et une clôture festive, autour du cinéma d’art et d’essai exigeant, sont également proposés, ainsi qu’une exposition artistique, intitulée « Indociles ! », présentée par 8 créatrices, et visible au Casino Joa de la Seyne du 6 au 30 novembre.