Tag: féminisme

  • Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    « Nous sommes des millions. Montrons-leur. » La Coalition pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, collectif d’organisations féministes et de défense des enfants, appelle depuis cet été à une mobilisation nationale par le nombre. À Marseille, un rassemblement s’est tenu sous l’ombrière du Vieux port, lundi. « Il y a des lignes rouges qu’on surveille », prévient Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires. Elle s’inquiète notamment de la « sécurité des victimes étrangères » face à la montée « de la droite et de l’extrême droite », desquels elle redoute qu’ils « détricotent certaines mesures ».

    Plus de moyens

    Le mouvement réclame un budget pluriannuel de 3 milliards d’euros jusqu’en 2032. « La loi peut être reprise dans son intégralité, sans les moyens, elle ne sera pas appliquée », craint Alexandra Brochus, présidente de Collectif 13 Droits de Femmes. Elle assure qu’il s’agit du « montant minimal pour permettre la formation de magistrats et d’agents de police spécialisés pour prévenir les violences et protéger les victimes ».

    Les mobilisations se tiennent chaque lundi depuis l’assassinat de la jeune Lyhanna, mais les militantes et militants disent regretter l’essoufflement des rassemblements à Marseille. Des manifestations sont organisées partout en France, comme c’était le cas à Arles ce lundi, et ce jusqu’au vote du texte par l’Assemblée nationale, le 13 octobre.

  • Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    L’herboriste oraisonnaise Kelly Colongues a remporté le concours Femmes Entrepreneures 2026, qui vise à débloquer les freins rencontrés par les femmes entrepreneures, que la docteure en biologie végétale a connus. « J’ai complètement ressenti que l’entrepreneuriat était plus difficile en tant que femme. On a un certain scepticisme. Il y a des raccourcis vers la sorcière du village, qui sont péjoratifs », relate l’herboriste depuis la boutique de son collectif de cueilleuses de Forcalquier. « Au niveau des financements, on est beaucoup moins prise au sérieux en tant que femme. Souvent, on nous demande où est l’homme qui fait les calculs derrière », regrette-t-elle. « Si je ne me présente pas directement en tant que docteure en biologie des plantes, je sens une réelle différence sur la façon dont les personnes s’adressent à moi. »

    Le concours distingue 101 gagnantes pour les 101 départements français, et Kelly Colonges est la lauréate pour les Alpes-de-Haute-Provence. Elle a elle-même réussi à soigner un problème médical personnel à l’aide de plantes, après son doctorat en biologie végétale et un cursus de trois ans dans une école d’herboristerie de Montpellier. « Je me suis dit que je n’étais sûrement pas la seule pour qui les plantes pouvaient être une aide. Et donc, j’ai décidé de créer mon entreprise », explique-t-elle.

    Au quotidien, Kelly Colonges cueille des plantes, comme du tilleul ou de la sarriette, sur la montagne de Lure ou encore à Dauphin. Elle les transforme, les fait macérer, les filtre, les met en bouteille et les vend à des personnes qui ont des problèmes de sommeil, de stress, d’articulations, de digestion ou encore des carences.

  • Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Dans son exposition visible au Cairn jusqu’au 1er novembre, l’artiste parisien Sammy Stein rend accessibles des archives d’Alexandra David-Néel, mais aussi de Jean Perdrizet, inventeur de soucoupes volantes et de machines à communiquer avec les morts, qui a lui aussi passé beaucoup de temps à Digne. « Je suis sceptique, je ne crois pas aux soucoupes volantes, mais je suis intéressé par l’imaginaire que cela peut faire surgir », explique l’artiste.

    Dans la salle d’exposition du Cairn, on retrouve notamment des écrits anarchistes d’Alexandra David-Néel. « C’est une partie qui m’intéressait beaucoup chez elle, ces écrits de jeunesse anarchistes, féministes », confie Sammy Stein. « Très jeune, elle sent qu’elle ne veut pas se laisser porter par la place des femmes dans cette société. »

    « Cela permet de rendre accessibles des titres de la bibliothèque réservée aux chercheurs, et le fonds exceptionnel conservé par la maison Alexandra David-Néel », avance Laurie Honoré, responsable du développement des publics et de la programmation culturelle. « Cela m’intéresse de rendre visibles des choses qui sont cachées et qui nous emmènent vers différents imaginaires », abonde Sammy Stein. « On essaye de maintenir cette convergence entre patrimoine et création », explique Sandra Cattini, directrice du Cairn. Au milieu de la salle d’exposition, des scans des livres de la bibliothèque d’Alexandra David-Néel rassemblent dans des fanzines sa collection d’ouvrages anarchistes, communistes et féministes. Pour réaliser cette exposition, Sammy Stein est venu à maintes reprises en résidence à Digne. « C’est une résidence unique, un travail sur le long cours. C’est un accès privilégié où on peut se couper de tout et travailler intensément sur un projet », se réjouit l’artiste, qui confie rêver de vivre entre Digne et Paris.

  • [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    Un grand espace relie le stand national des communistes et celui de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
    Lieu de débat le jour, il devient piste de danse la nuit avec DJ Naemars aux platines qui a démarré son set dès jeudi soir sous l’égide de La Marseillaise. Ce vendredi à 18h se tiendra une soirée de solidarité internationale avec le peuple cubain. Samedi à 11h30, l’espace accueillera un débat « Santé : De la lutte contre le cancer du sein à l’accès aux soins pour toutes et tous » puis à 14h30 « Industrie : Prenons le pouvoir sur la production du pays ! » et à 16h « Égalité : Pour une loi intégrale féministe et enfantiste ». Suite du programme dans l’édition de ce week-end .

  • [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    Ses débuts dans l’animation sociale, il y a vingt ans, ont eu lieu au centre social Eugénie Cotton. Carole Orillard inscrit sa première rentrée comme directrice dans l’éducation populaire.

    La Marseillaise : À quoi sert un centre social en plein centre-ville ?

    Carole Orillard : C’est un lieu indispensable aux primo-arrivants, les « étrangers » qui viennent d’ailleurs que Martigues ou la France, et qui arrivent souvent dans le centre-ville. C’est une population plutôt en situation précaire, avec un fort besoin d’aide administrative, comme apprendre à connaître le territoire, ce qu’on structure depuis longtemps avec les centres sociaux. Il y a beaucoup d’habitats privés et une grande rotation dans les logements. On reçoit aussi les habitants de l’Île et du Grès, et globalement tous les Martégaux qui viennent trouver leur bonheur aussi. Car même si notre projet est fortement ancré dans notre micro-territoire, on échange de plus en plus entre quartiers, c’est une volonté que nous avons de favoriser la mixité et la mobilité des gens.

    Quelle a été votre première initiative comme directrice ?

    C.O. : Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai tout de suite reçu des mamans du quartier du Grès, qui m’ont demandé un accompagnement scolaire pour les collégiens, sachant qu’on en faisait déjà pour l’école élémentaire. C’est aussi notre rôle d’accompagner les enfants à la réussite éducative. Je préfère ce terme car on ne se substitue pas aux profs, mais on a notre rôle à jouer dans l’acquisition des savoir-être, de la culture générale, en somme leur donner les outils qui font passerelle entre l’école et la vie quotidienne.

    Comme par exemple ?

    C.O. : Comme les séjours jeunes, qu’on fait camper. Il y a une grande part d’autofinancement réalisée par les jeunes, cela les responsabilise pour faire leurs courses et gagner en autonomie. Cette année, le groupe était âgé de 11 à 16 ans. On a vu une grande solidarité des grands avec les petits, pour le montage des tentes. En plus le thème de cette année est le voyage, dans l’imaginaire comme dans les parcours migratoires et tout ce qui s’y rapporte. Les enfants vont travailler sur le thème au musée Ziem. Penser nos activités au global contribue au sentiment d’appartenance et permet à chacun de partager ses connaissances, comme à l’atelier cuisine. On souhaite trouver un lieu qui puisse accueillir nos groupes pour l’année prochaine, d’une manière intergénérationnelle : mélanger jeunes et seniors par des temps communs. C’est tout ça l’esprit et les valeurs de l’éducation populaire.

    Ce centre porte le nom d’Eugénie Cotton, cela vous inspire-t-il ?

    C.O. : Le bâtiment du centre social appartenait autrefois à l’Union des femmes françaises [UFF, aujourd’hui Femmes solidaires, ndlr]. La première crèche de Martigues y a été créée par l’UFF par Marie-Louise Maître-Robert pour que les femmes puissent travailler, c’était déjà un pas vers l’émancipation. Ici, le droit des femmes, leur accompagnement, fait partie du centre social. Nous avons une forte histoire féministe dans laquelle je m’inscris.

  • Vite une loi contre les violences sexuelles

    Vite une loi contre les violences sexuelles

    Exigée depuis des années par les mouvements féministes et enfantistes, ce n’est que quand le pire arrive que le sujet d’une loi-cadre contre les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales est mis sur la table. Le 4 juin dernier, la France découvre l’histoire terrible de Lyhanna, violée et tuée par un homme qui avait déjà été signalé plusieurs fois pour agression sexuelle ou comportement inapproprié à l’encontre de mineures.

    Les défaillances au niveau de la police et de la justice ne manquent pas d’attiser l’indignation d’une grande partie de l’opinion publique. L’importance d’une loi intégrale pour tenter de faire face à ces violences et aux dysfonctionnements institutionnels revient alors au cœur des débats. Ce lundi, la proposition de loi a débuté son parcours parlementaire, déposée officiellement le 11 août 2026 par la députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez.

    L’objectif est d’apporter une réponse globale contre ces violences, que ce soit au niveau de la police, du pouvoir judiciaire, de la santé et de l’éducation. Elle prévoit notamment la formation des personnels de police, judiciaire et éducatif pour mieux recevoir la parole des victimes et la création d’une juridiction spéciale. Elle statue aussi sur un budget annuel de 3 milliards d’euros de 2027 à 2032 consacré à la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.

    Mais le temps est compté. La demande de session extraordinaire a été abandonnée, repoussant l’examen du texte début octobre. Entre les débats sur la loi de finances et la présidentielle qui approchent, les partisans de la loi craignent qu’elle ne soit pas votée à temps.

  • La lutte féministe investit Terres de résistance

    La lutte féministe investit Terres de résistance

    « Nous avons choisi de débattre de la place des femmes dans ce milieu très masculin de la BD », explique la militante communiste Marianne Bocca à quelques jours de l’ouverture du festival Terres de résistance. Pour la première fois, le collectif féministe de la section de Martigues du PCF tiendra son propre stand au sein du village des assos, dès l’ouverture, vendredi à 18h, au jardin du Prieuré de Martigues.

    Le débat organisé par le collectif samedi à 18h30 rassemblera la libraire Laure Quentien, spécialisée en bandes dessinées, manga et jeux et gérante de l’Argonaute, Simona Gabrieli des Éditions Alifbata, ainsi que l’auteur de BD Yann Madé et l’autrice Lili Sohn. Ce n’est pas le fruit du hasard : « Le collectif féministe du PCF a eu l’opportunité de travailler avec l’Argonaute autour de la BD “La Belle de Mai” », détaille Marianne Bocca. « Cette BD retrace l’histoire des cigarettières de la Manufacture de tabac et nous l’avons montré au gré de nos actions. On a décidé de poursuivre notre combat pour l’émancipation des femmes en montrant aussi celui des autrices de BD », précise la militante, considérant que les femmes « doivent jouer des coudes pour percer » et sont « toujours moins connues que les auteurs », comme dans le reste du milieu culturel.

    « Ensemble contre

    le patriarcat »

    Outre ce débat, le collectif féministe rappellera son action pour la féminisation de l’espace public, proposition reprise par la Ville à de multiples occasions, ainsi que sa lutte pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles visant femmes et enfants.

    Les communistes se rendront, jeudi et vendredi matin, devant les lycées Langevin et Lurçat pour y distribuer le programme du festival. « C’est une manière de sensibiliser au combat féministe que nous menons », souligne Alain Graneli, également membre du collectif. « C’est une lutte des femmes et des hommes, ensemble », estime le militant, considérant que « lutter contre le patriarcat libérera aussi les hommes d’un poids et de la violence du masculinisme qui nous empêche d’exister ensemble ». Rendez-vous au Prieuré samedi, à 18h30.

  • [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    « Livre, intimité, poème, silence/Voilà pour moi l’ivresse de la vie/Qu’importe de n’avoir pas voie à l’Éden/Si en mon cœur est un éternel paradis », ainsi parlait Forough Farrokhzâd. Féministe, progressiste, et iconoclaste, la figure incontournable de la poésie iranienne est née à Téhéran en 1934, et morte dans un accident de voiture en 1967. À la faveur de la traduction et de l’avant-propos de Leili Anvar, elle revient à la vie pour entonner son hymne à la beauté, écouter le chant du chagrin, s’envoler au pays rose des fées de l’oubli.

    Gallimard, 10,40 euros.

  • À Gap, un collectif pour la loi intégrale s’organise

    À Gap, un collectif pour la loi intégrale s’organise

    « Collectif pour une loi intégrale » : tel sera le nom de ce groupe citoyen, né de la mobilisation hebdomadaire organisée devant le palais de justice de Gap, en hommage à la jeune Lyhanna, assassinée fin mai, ainsi qu’à toutes les femmes et tous les enfants victimes de violences sexuelles.

    « Lundi dernier, nous avons pris la décision de nous constituer en collectif. Pour faire passer notre message dans les médias et poursuivre notre action de plaidoyer, il fallait que nous soyons plusieurs et que chacun puisse prendre sa part dans cette mobilisation », explique Madeleine, l’une des initiatrices du mouvement. Constituer un collectif permet aussi de déposer des demandes de manifestation auprès des autorités.

    Lors des rassemblements, les participants ne défendent pas forcément les mêmes réponses politiques au problème. Afin de définir ce qui les rassemble malgré leurs divergences, les membres du collectif prévoient la rédaction d’une charte. « S’il y a des divergences politiques, on est tous d’accord pour le soutien à la loi intégrale », affirme Lisa. « Pas plus, pas moins », complète Xavier.

    Pour le groupe, l’essentiel est de maintenir la mobilisation en faveur de l’adoption de cette loi. « Comme la loi a été inscrite pour être votée en septembre, des gens vont peut-être se dire “ça y est c’est gagné”, il faut donc rester mobilisé, être en surveillance », affirme Madeleine.

    Xavier ajoute : « Sébastien Lecornu, Premier ministre, a dit qu’ils allaient la présenter, mais hachurée, avec seulement 78 des 140 mesures initialement proposées. Et là-dedans, huit dépendraient de l’équilibre budgétaire. Cela montre bien que la mobilisation doit rester constante. Quand on voit la façon dont les arbitrages budgétaires sont parfois rendus par le gouvernement, cela suscite de grosses inquiétudes. Le texte ferait passer le budget en la matière de 12 millions actuellement à 3 milliards, on se demande comment ils vont arbitrer. »

    Une charte est en cours d’élaboration

    Pour le moment, Madeleine affirme n’avoir eu « aucune réponse » des associations locales concernées par les questions de violences faites aux femmes et aux enfants. Selon les membres du collectif, leur objectif est donc aussi de combler un manque de mobilisation locale sur ces sujets.

  • L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    « Ni invisibles, ni silencieuses. » Tel est le nom de la journée d’études organisée au Musée d’Histoire de Marseille, ce mercredi. Ce rendez-vous a rassemblé chercheurs, sociologues, géographes et militantes associatives. Organisé par le Comité d’histoire de la politique de la ville, en partenariat avec la Ville de Marseille, l’événement a permis d’apporter une analyse des trajectoires des femmes issues des quartiers populaires.

    « La jeunesse féminine, notamment les femmes des quartiers populaires de Marseille, est généralement réduite à des figures imposées du patriarcat, celles des mères », introduit Philippe Mejean, représentant de la coordination marseillaise du Comité d’histoire de la politique de la Ville.

    Souvent considérées comme apolitiques et invisibilisées dans la société, l’histoire et de nombreux travaux de recherche démontrent pourtant que ces femmes se sont engagées, ont porté de nombreuses mobilisations et ont créé des associations. « Quand on commence un mouvement où la classe traditionnelle et celle des travailleurs sont en crise, les femmes sont le public cible d’un certain nombre d’associations, appelées à les rejoindre et à en être actrices », raconte Michel Peraldi, sociologue.

    « Féminisme marxisme avenir (FMA), en 1967 [association devenue aujourd’hui Mouvement de libération des femmes, Ndlr.], a joué un rôle important dans le mouvement féministe maghrébin », souligne Louise Barbier, à l’origine de cette journée et doctorante travaillant sur l’état des connaissances et les controverses autour des figures féminines en milieu populaire urbain.

    Ces mouvements politiques féministes de l’histoire maghrébine ont permis aux femmes de poursuivre le combat et de construire leur place dans la société française. « Les femmes devaient être de bonnes épouses, faire six enfants… Le statut de mère, il n’est pas inné, il s’est construit », explique Yamina Benchenni, militante associative.

    Le passé impacte le présent

    La mémoire coloniale de la ville et son histoire politique sont étroitement liées. Pour Lela Bencharif, géographe et militante associative, il est essentiel de travailler sur la question coloniale, en l’articulant aux flux migratoires. « Aujourd’hui, il faut lutter contre la fabrique de stéréotypes, comme pendant le temps de la colonisation, pour éviter de créer des paniques identitaires », tranche-t-elle. C’est dans ce contexte que les démarches mémorielles prennent tout leur sens politique.

    Si les femmes sont invisibilisées, c’est parce qu’elles se trouvent à l’intersection de plusieurs dominations : elles subissent à la fois des rapports de domination masculine, du racisme et des stéréotypes sexistes. « On a soit la beurette émancipée, soit la voilée à sauver », déplore Louise Barbier, qui dénonce une vision culturaliste, voire islamophobe.

    Pour lutter contre ces stéréotypes, la Ville de Marseille souhaite développer des politiques publiques et renforcer le travail associatif auprès des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires. « Elles ont des trajectoires complexes et il faut faire tomber ces barrières en mettant en place des dispositifs qui leur ouvrent des portes », affirme Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville.

    L’enjeu est ainsi de complexifier la vision des quartiers populaires et de sortir d’un certain nombre de clichés.