Tag: féminisme

  • Et si la géopolitique devenait féministe ?

    Et si la géopolitique devenait féministe ?

    L’envahissement de l’Ukraine par Vladimir Poutine en février 2022 m’a poussée à écrire parce qu’à l’époque, j’ai été très choquée par tous les commentaires de spécialistes en géopolitique sur les plateaux, que je confrontais, qui voulaient m’expliquer la rationalité derrière l’invasion de Poutine alors que j’étais convaincue que cet acte n’était pas rationnel et s’expliquait par une idéologie », lance la députée européenne gardoise.

    Cette idéologie, c’est le patriarcat, dont découle la « culture géopolitique du viol » théorisée pour la première fois par Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de France auprès de l’Otan. « C’est une objectivation d’un peuple, comme si c’était une proie. L’Ukraine serait la possession de Poutine et de la Russie, et elle ne peut pas librement faire des choix pour son avenir. Deux semaines avant d’envahir l’Ukraine, Poutine avait dit en parlant de l’Ukraine : “que tu le veuilles ou non, ma jolie, il faudra supporter” », rappelle Chloé Ridel. D’ailleurs, elle tisse un lien saisissant entre la définition de la guerre – qui vise à contraindre un adversaire par la force – et celle du viol.

    Géopolitique,

    par et pour les hommes

    Dans son livre, la conseillère municipale de Nîmes détaille l’agression russe, l’idéologie de Poutine et les conséquences pour son pays qui a fait de la puissance une marque de fabrique, au détriment d’une véritable politique sociale, n’épargnant pas les hommes. « L’espérance de vie des hommes russes à 15 ans est d’environ 54 ans », illustre-t-elle. Dans cet essai, Chloé Ridel détaille ainsi les conséquences des investissements dans l’armée au détriment du bien-être des populations.

    Dans cet ouvrage qui aborde également le viol comme arme de guerre, Chloé Ridel tente surtout d’illustrer « un angle mort des relations internationales » : « Ce que doit la violence des relations internationales à l’idéologie viriliste, masculiniste, qui s’incarne non seulement dans de nombreux dirigeants autoritaires à travers le monde mais aussi dans la théorie même des relations internationales et dans la façon dont on pense la puissance et la compétition. » Que ce soit chez les analystes sur les plateaux de télévision ou chez les dirigeants internationaux, les femmes restent en effet sous-représentées. « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État à travers le monde », rappelle-t-elle.

    Chloé Ridel s’emploie à défaire les arguments de l’école « réaliste » des relations internationales, qui affirme que la morale n’a pas sa place dans les relations entre États qui agissent en fonction de leurs intérêts définis en termes de puissance. Une école qui s’appuie sur la maxime : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Chloé Ridel défend de son côté une vision solidariste des relations internationales où la paix serait synonyme de sécurité et de développement. Elle s’appuie pour cela sur des contre-modèles comme l’ancienne première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern ou la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui défendent la paix, le dialogue, la solidarité, le soin, la coopération. Des valeurs que les dirigeants masculinistes attribuent aux femmes et donc à la faiblesse.

    « Face à la mouvance masculiniste qui progresse, on est obligé d’engager une contre-révolution que j’appelle “géoféministe”. Je considère que l’émancipation des femmes et des filles est une politique de sécurité, est une priorité de notre défense pour construire la paix demain et qu’il faut qu’on y alloue des moyens et de l’importance politique », résume l’autrice.

    * Géoféminisme, Si tu veux la paix, prépare l’égalité. 192 pages. Éditions Stock. 19 euros.

    « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État
    à travers
    le monde. »

  • La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    Chaque année, les Rencontres de la cinémathèque de montagne attirent plusieurs milliers de spectateurs à Gap. Mais cette 18e édition du festival, prévue du 25 au 28 novembre prochain, a déjà un goût amer pour Sandrine Mendes. « À la lecture de la programmation, j’ai ressenti de l’incompréhension et de la colère », explique l’enseignante. Et pour cause, sur quatorze films programmés, seulement deux sont réalisés ou coréalisés par une femme. Elle est à l’initiative d’une lettre envoyée au nom de l’association de solidarité avec les femmes « Toutes pour une » à la cinémathèque et aux partenaires financiers, publics ou privés, du festival. « Nous pratiquons, travaillons, créons, filmons, racontons, vivons en montagne. Et pourtant, lorsque vient le temps de raconter la montagne sur grand écran, nous disparaissons », déplore le texte. Même devant la caméra, « aucun film étant explicitement consacré au parcours de femme » n’apparaît dans le programme. « Lorsqu’un festival de référence raconte majoritairement la montagne à travers des regards masculins et des figures masculines, il contribue nécessairement à construire un imaginaire particulier de la montagne, où les hommes sont ceux qui font et où les femmes regardent », poursuit la lettre, dont l’objectif est « d’ouvrir une discussion et d’initier un changement ».

    « Cette année, la représentation des femmes est insuffisante, et nous le regrettons, a répondu l’équipe du cinéma, tout en assurant qu’il s’agit d’une de leurs priorités. Le seul frein que nous constatons à nos efforts réside dans la production audiovisuelle annuelle, encore largement dominée par les hommes. » Une réponse qui ne satisfait pas Sandrine Mendes, étonnée de voir qu’une ou deux personnes seulement sont en charge de la sélection : « C’est important de s’entourer pour avoir des idées différentes, de la diversité ».

  • Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Un colloque sur les inégalités de genre dans la santé

    Plusieurs spécialistes, historienne du genre ou encore gynécologue obstétricien, ont tenté, jeudi, de sensibiliser aux inégalités de santé liées au genre et à la prise en compte des spécificités de la santé des femmes, à l’occasion d’un colloque sur le sujet organisé au palais des congrès de Digne-les-Bains.

    « Mieux soigner les femmes, c’est mieux soigner tout le monde et prendre soin de la société », a estimé Muriel Salle, historienne du genre lyonnaise qui a notamment dirigé un numéro de revue sur la santé des femmes dans les quartiers politiques de la ville. Première intervenante de la journée, elle a appelé à « traiter la santé comme une responsabilité commune, comme un bien commun ».

    L’historienne a notamment conseillé aux soignants, présents en nombre dans l’assemblée, de « systématiquement poser la question des violences, comme le recommande la haute autorité de santé ». « On doit la poser sans attendre d’avoir des signes », a-t-elle expliqué. La question peut être posée de manière indirecte, en demandant par exemple : « Est-ce qu’il vous arrive d’avoir peur chez vous ? Comment vous vous sentez à la maison ? Est-ce que vous avez peur pour vos enfants ? », a cité Muriel Salle. « On découvre aujourd’hui qu’énormément de femmes attendaient qu’on leur pose la question », a-t-elle regretté.

    « La société a du mal à faire face aux abus sexuels »

    Questionnée par le public, l’intervenante a également évoqué la formation aux spécificités de la santé de la femme. « J’ai des étudiants en médecine qui ne me croient pas quand je leur dis que les signaux sont différents chez les femmes et chez les hommes », a-t-elle relaté, appelant à « prendre en compte le genre et le sexe dans la santé ».

    Dr Eric Bautrant, gynécologue obstétricien à Aix-en-Provence et à Paris, qui anime un centre de la douleur pelvienne, est ensuite intervenu. « La société a un rôle important dans les grandes étapes biologiques chez la femme, qui sont les premières règles, les rapports sexuels et l’accouchement. Elle en transforme fortement certaines caractéristiques en imposant des obligations sociales », a-t-il constaté en introduction. « Toutes les organisations de loi, de travail, ont été faites par des hommes », a regretté le chirurgien. « La société va créer des raisonnements biaisés », comme la normalisation et la non prise en compte des règles douloureuses, a-t-il cité en exemple.

    « Une femme sur cinq a été victime d’un abus sexuel avant 18 ans », a-t-il par ailleurs relaté. Pourtant, « la société a du mal à bouger, à réagir, à faire face au fléau ahurissant des abus sexuels dont sont victimes les jeunes filles ».

    Le colloque était organisé par le Comité départemental d’éducation pour la santé 04, avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé Paca, du groupement hospitalier et de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.

  • Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    Ils restent mobilisés pour la loi contre violences sexuelles

    « Nous sommes des millions. Montrons-leur. » La Coalition pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, collectif d’organisations féministes et de défense des enfants, appelle depuis cet été à une mobilisation nationale par le nombre. À Marseille, un rassemblement s’est tenu sous l’ombrière du Vieux port, lundi. « Il y a des lignes rouges qu’on surveille », prévient Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires. Elle s’inquiète notamment de la « sécurité des victimes étrangères » face à la montée « de la droite et de l’extrême droite », desquels elle redoute qu’ils « détricotent certaines mesures ».

    Plus de moyens

    Le mouvement réclame un budget pluriannuel de 3 milliards d’euros jusqu’en 2032. « La loi peut être reprise dans son intégralité, sans les moyens, elle ne sera pas appliquée », craint Alexandra Brochus, présidente de Collectif 13 Droits de Femmes. Elle assure qu’il s’agit du « montant minimal pour permettre la formation de magistrats et d’agents de police spécialisés pour prévenir les violences et protéger les victimes ».

    Les mobilisations se tiennent chaque lundi depuis l’assassinat de la jeune Lyhanna, mais les militantes et militants disent regretter l’essoufflement des rassemblements à Marseille. Des manifestations sont organisées partout en France, comme c’était le cas à Arles ce lundi, et ce jusqu’au vote du texte par l’Assemblée nationale, le 13 octobre.

  • Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    Une herboriste sud-alpine remporte un concours

    L’herboriste oraisonnaise Kelly Colongues a remporté le concours Femmes Entrepreneures 2026, qui vise à débloquer les freins rencontrés par les femmes entrepreneures, que la docteure en biologie végétale a connus. « J’ai complètement ressenti que l’entrepreneuriat était plus difficile en tant que femme. On a un certain scepticisme. Il y a des raccourcis vers la sorcière du village, qui sont péjoratifs », relate l’herboriste depuis la boutique de son collectif de cueilleuses de Forcalquier. « Au niveau des financements, on est beaucoup moins prise au sérieux en tant que femme. Souvent, on nous demande où est l’homme qui fait les calculs derrière », regrette-t-elle. « Si je ne me présente pas directement en tant que docteure en biologie des plantes, je sens une réelle différence sur la façon dont les personnes s’adressent à moi. »

    Le concours distingue 101 gagnantes pour les 101 départements français, et Kelly Colonges est la lauréate pour les Alpes-de-Haute-Provence. Elle a elle-même réussi à soigner un problème médical personnel à l’aide de plantes, après son doctorat en biologie végétale et un cursus de trois ans dans une école d’herboristerie de Montpellier. « Je me suis dit que je n’étais sûrement pas la seule pour qui les plantes pouvaient être une aide. Et donc, j’ai décidé de créer mon entreprise », explique-t-elle.

    Au quotidien, Kelly Colonges cueille des plantes, comme du tilleul ou de la sarriette, sur la montagne de Lure ou encore à Dauphin. Elle les transforme, les fait macérer, les filtre, les met en bouteille et les vend à des personnes qui ont des problèmes de sommeil, de stress, d’articulations, de digestion ou encore des carences.

  • Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Sammy Stein exhume des archives iconoclastes à Digne

    Dans son exposition visible au Cairn jusqu’au 1er novembre, l’artiste parisien Sammy Stein rend accessibles des archives d’Alexandra David-Néel, mais aussi de Jean Perdrizet, inventeur de soucoupes volantes et de machines à communiquer avec les morts, qui a lui aussi passé beaucoup de temps à Digne. « Je suis sceptique, je ne crois pas aux soucoupes volantes, mais je suis intéressé par l’imaginaire que cela peut faire surgir », explique l’artiste.

    Dans la salle d’exposition du Cairn, on retrouve notamment des écrits anarchistes d’Alexandra David-Néel. « C’est une partie qui m’intéressait beaucoup chez elle, ces écrits de jeunesse anarchistes, féministes », confie Sammy Stein. « Très jeune, elle sent qu’elle ne veut pas se laisser porter par la place des femmes dans cette société. »

    « Cela permet de rendre accessibles des titres de la bibliothèque réservée aux chercheurs, et le fonds exceptionnel conservé par la maison Alexandra David-Néel », avance Laurie Honoré, responsable du développement des publics et de la programmation culturelle. « Cela m’intéresse de rendre visibles des choses qui sont cachées et qui nous emmènent vers différents imaginaires », abonde Sammy Stein. « On essaye de maintenir cette convergence entre patrimoine et création », explique Sandra Cattini, directrice du Cairn. Au milieu de la salle d’exposition, des scans des livres de la bibliothèque d’Alexandra David-Néel rassemblent dans des fanzines sa collection d’ouvrages anarchistes, communistes et féministes. Pour réaliser cette exposition, Sammy Stein est venu à maintes reprises en résidence à Digne. « C’est une résidence unique, un travail sur le long cours. C’est un accès privilégié où on peut se couper de tout et travailler intensément sur un projet », se réjouit l’artiste, qui confie rêver de vivre entre Digne et Paris.

  • [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    Un grand espace relie le stand national des communistes et celui de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
    Lieu de débat le jour, il devient piste de danse la nuit avec DJ Naemars aux platines qui a démarré son set dès jeudi soir sous l’égide de La Marseillaise. Ce vendredi à 18h se tiendra une soirée de solidarité internationale avec le peuple cubain. Samedi à 11h30, l’espace accueillera un débat « Santé : De la lutte contre le cancer du sein à l’accès aux soins pour toutes et tous » puis à 14h30 « Industrie : Prenons le pouvoir sur la production du pays ! » et à 16h « Égalité : Pour une loi intégrale féministe et enfantiste ». Suite du programme dans l’édition de ce week-end .

  • [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    Ses débuts dans l’animation sociale, il y a vingt ans, ont eu lieu au centre social Eugénie Cotton. Carole Orillard inscrit sa première rentrée comme directrice dans l’éducation populaire.

    La Marseillaise : À quoi sert un centre social en plein centre-ville ?

    Carole Orillard : C’est un lieu indispensable aux primo-arrivants, les « étrangers » qui viennent d’ailleurs que Martigues ou la France, et qui arrivent souvent dans le centre-ville. C’est une population plutôt en situation précaire, avec un fort besoin d’aide administrative, comme apprendre à connaître le territoire, ce qu’on structure depuis longtemps avec les centres sociaux. Il y a beaucoup d’habitats privés et une grande rotation dans les logements. On reçoit aussi les habitants de l’Île et du Grès, et globalement tous les Martégaux qui viennent trouver leur bonheur aussi. Car même si notre projet est fortement ancré dans notre micro-territoire, on échange de plus en plus entre quartiers, c’est une volonté que nous avons de favoriser la mixité et la mobilité des gens.

    Quelle a été votre première initiative comme directrice ?

    C.O. : Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai tout de suite reçu des mamans du quartier du Grès, qui m’ont demandé un accompagnement scolaire pour les collégiens, sachant qu’on en faisait déjà pour l’école élémentaire. C’est aussi notre rôle d’accompagner les enfants à la réussite éducative. Je préfère ce terme car on ne se substitue pas aux profs, mais on a notre rôle à jouer dans l’acquisition des savoir-être, de la culture générale, en somme leur donner les outils qui font passerelle entre l’école et la vie quotidienne.

    Comme par exemple ?

    C.O. : Comme les séjours jeunes, qu’on fait camper. Il y a une grande part d’autofinancement réalisée par les jeunes, cela les responsabilise pour faire leurs courses et gagner en autonomie. Cette année, le groupe était âgé de 11 à 16 ans. On a vu une grande solidarité des grands avec les petits, pour le montage des tentes. En plus le thème de cette année est le voyage, dans l’imaginaire comme dans les parcours migratoires et tout ce qui s’y rapporte. Les enfants vont travailler sur le thème au musée Ziem. Penser nos activités au global contribue au sentiment d’appartenance et permet à chacun de partager ses connaissances, comme à l’atelier cuisine. On souhaite trouver un lieu qui puisse accueillir nos groupes pour l’année prochaine, d’une manière intergénérationnelle : mélanger jeunes et seniors par des temps communs. C’est tout ça l’esprit et les valeurs de l’éducation populaire.

    Ce centre porte le nom d’Eugénie Cotton, cela vous inspire-t-il ?

    C.O. : Le bâtiment du centre social appartenait autrefois à l’Union des femmes françaises [UFF, aujourd’hui Femmes solidaires, ndlr]. La première crèche de Martigues y a été créée par l’UFF par Marie-Louise Maître-Robert pour que les femmes puissent travailler, c’était déjà un pas vers l’émancipation. Ici, le droit des femmes, leur accompagnement, fait partie du centre social. Nous avons une forte histoire féministe dans laquelle je m’inscris.

  • Vite une loi contre les violences sexuelles

    Vite une loi contre les violences sexuelles

    Exigée depuis des années par les mouvements féministes et enfantistes, ce n’est que quand le pire arrive que le sujet d’une loi-cadre contre les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales est mis sur la table. Le 4 juin dernier, la France découvre l’histoire terrible de Lyhanna, violée et tuée par un homme qui avait déjà été signalé plusieurs fois pour agression sexuelle ou comportement inapproprié à l’encontre de mineures.

    Les défaillances au niveau de la police et de la justice ne manquent pas d’attiser l’indignation d’une grande partie de l’opinion publique. L’importance d’une loi intégrale pour tenter de faire face à ces violences et aux dysfonctionnements institutionnels revient alors au cœur des débats. Ce lundi, la proposition de loi a débuté son parcours parlementaire, déposée officiellement le 11 août 2026 par la députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez.

    L’objectif est d’apporter une réponse globale contre ces violences, que ce soit au niveau de la police, du pouvoir judiciaire, de la santé et de l’éducation. Elle prévoit notamment la formation des personnels de police, judiciaire et éducatif pour mieux recevoir la parole des victimes et la création d’une juridiction spéciale. Elle statue aussi sur un budget annuel de 3 milliards d’euros de 2027 à 2032 consacré à la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.

    Mais le temps est compté. La demande de session extraordinaire a été abandonnée, repoussant l’examen du texte début octobre. Entre les débats sur la loi de finances et la présidentielle qui approchent, les partisans de la loi craignent qu’elle ne soit pas votée à temps.

  • La lutte féministe investit Terres de résistance

    La lutte féministe investit Terres de résistance

    « Nous avons choisi de débattre de la place des femmes dans ce milieu très masculin de la BD », explique la militante communiste Marianne Bocca à quelques jours de l’ouverture du festival Terres de résistance. Pour la première fois, le collectif féministe de la section de Martigues du PCF tiendra son propre stand au sein du village des assos, dès l’ouverture, vendredi à 18h, au jardin du Prieuré de Martigues.

    Le débat organisé par le collectif samedi à 18h30 rassemblera la libraire Laure Quentien, spécialisée en bandes dessinées, manga et jeux et gérante de l’Argonaute, Simona Gabrieli des Éditions Alifbata, ainsi que l’auteur de BD Yann Madé et l’autrice Lili Sohn. Ce n’est pas le fruit du hasard : « Le collectif féministe du PCF a eu l’opportunité de travailler avec l’Argonaute autour de la BD “La Belle de Mai” », détaille Marianne Bocca. « Cette BD retrace l’histoire des cigarettières de la Manufacture de tabac et nous l’avons montré au gré de nos actions. On a décidé de poursuivre notre combat pour l’émancipation des femmes en montrant aussi celui des autrices de BD », précise la militante, considérant que les femmes « doivent jouer des coudes pour percer » et sont « toujours moins connues que les auteurs », comme dans le reste du milieu culturel.

    « Ensemble contre

    le patriarcat »

    Outre ce débat, le collectif féministe rappellera son action pour la féminisation de l’espace public, proposition reprise par la Ville à de multiples occasions, ainsi que sa lutte pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles visant femmes et enfants.

    Les communistes se rendront, jeudi et vendredi matin, devant les lycées Langevin et Lurçat pour y distribuer le programme du festival. « C’est une manière de sensibiliser au combat féministe que nous menons », souligne Alain Graneli, également membre du collectif. « C’est une lutte des femmes et des hommes, ensemble », estime le militant, considérant que « lutter contre le patriarcat libérera aussi les hommes d’un poids et de la violence du masculinisme qui nous empêche d’exister ensemble ». Rendez-vous au Prieuré samedi, à 18h30.