Tag: montagne

  • Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Les chercheurs prévoient la récurrence de feux extrêmes

    Des feux « extrêmes » qui vont nous obliger à changer de doctrine dans les décennies à venir… Chercheurs à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Paca, Julien Ruffault, spécialiste des dynamiques de feux de forêt au sein de l’unité Écologie des forêts méditerranéennes, basé à Avignon, et Bernard Prevosto, spécialiste en écologie forestière méditerranéenne au sein de l’unité Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience, basé à Aix-en-Provence, font le point sur ce qui nous attend en matière d’incendie.

    Des phénomènes qui dépendent de trois facteurs, rappelle en préambule Julien Ruffault. La météo où les « températures élevées, l’humidité faible et le vent fort vont favoriser les incendies », la végétation, « toutes les forêts ne brûlent pas de la même manière » et enfin les activités humaines. L’homme étant « à l’origine à 95% des départs de feu en France ».

    Paradoxalement si le changement climatique a « fortement contribué à l’augmentation de ces conditions », poursuit-il, on note « une tendance à la diminution des surfaces brûlées », qui « s’explique par les investissements et progrès réalisés dans la prévention et la lutte contre les incendies ». Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « On observe partout dans le monde l’apparition de feux de plus en plus extrêmes », alerte Julien Ruffault.

    En clair, des incendies de taille exceptionnelle ou qui ont « des impacts majeurs sur les populations, l’économie ou les écosystèmes », précise-t-il. Comme les feux de 2003 et 2022 où respectivement 73 000 ha et 59 000 ha de forêt et de terres boisées étaient partis en fumée.

    Vers une extension géographique du risque

    Ces feux étant incontrôlables, « il va falloir changer de paradigme », indique le scientifique. Ce que les pompiers ont déjà commencé à faire assure-t-il, en essayant de « protéger les populations, diriger le feu et l’attaquer quand on peut ».

    Si, pour l’été qui s’annonce, les prévisions restent difficiles à faire concède-t-il, au cours des prochaines décennies il faut s’attendre à une « extension géographique du risque vers le nord de la France et vers les zones de moyenne montagne », un rallongement de la saison principalement en zone méditerranéenne et dans le Sud Ouest et des feux plus fréquents. En conséquence, l’Inrae se pose en conseil pour anticiper. En proposant par exemple avec l’ONF et en partenariat avec Météo France et l’IGN, une carte nationale d’aléas incendies de forêt « qui servira de référence pour les politiques de gestion de risques », illustre Julien Ruffault.

    L’Inrae s’est aussi penché sur les capacités des plantes, en mode résistance ou résilience. Car « bonne nouvelle, nos végétations méditerranéennes ont développé des stratégies face à l’incendie », indique Bernard Prevosto. Avec son écorce mince, le pin d’Alep, qui occupe plus de 30 000 ha dans le Sud de la France, va par exemple mourir raconte-t-il. Mais les « cônes sérotineux » qu’il produit vont s’ouvrir sous l’effet de la chaleur, libérant des graines sur un sol brûlé, sans la concurrence d’autres espèces. Notre pin mettant « 20 à 30 ans pour reconstituer sa banque de graines », c’est la succession des incendies qui peut poser problème, conduisant même à « une dynamique régressive », nuance le chercheur.

    Néanmoins, après des tentatives de reboisement dans les années 70, 80, « beaucoup d’échecs », il s’agit de laisser aujourd’hui la nature « opérer » dans notre région et d’agir plutôt sur l’érosion post-incendie précise-t-il. « Les sols sont fragilisés, parce que la matière organique a été perdue, on peut faire des fascines pour aider à la reconstitution ou laisser des branches au sol qui vont constituer des abris pour les futures plantes », ajoute Bernard Prevosto.

    Côté prévention, un gros travail reste aussi à faire sur la « perte de la culture du feu dans notre région » estime Julien Ruffault, notamment sur la protection individuelle avec le respect des obligations légales de débroussaillement et les comportements, avant d’exporter ce savoir vers le Nord…

    « Nos végétations de Méditerranée ont développé des stratégies »

  • La saison d’été démarre au refuge du Clôt des vaches

    La saison d’été démarre au refuge du Clôt des vaches

    « Nous, c’est ça, notre bureau », lance Cédric Bertano, accompagnateur de montagne, en désignant les pics du Massif des Cerces baignant dans un soleil quasi estival. à ses côtés, des guides de montagne, des secouristes, des membres d’associations de randonneurs, du Club alpin, ainsi que des agents du Parc national des Écrins…

    Comme lui, une quarantaine de professionnels de la montagne sont venus, ce vendredi matin à 8h, pour une randonnée de deux heures, du Pont des Alpes jusqu’au refuge du Clôt des Vaches, à 2 250 m d’altitude, sur la commune du Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). « C’est un événement que l’on fait à cette période depuis une dizaine d’années, pour rester en lien, se rencontrer et lancer la saison d’été », explique Cédric Bertano.

    Cette année, les organisateurs de l’événement ont choisi de mettre à l’honneur le récent refuge du Clôt des vaches, inauguré en janvier 2025. Un chalet de bois d’une capacité de 30 personnes, dont la construction, financée par l’État, la Région, le Département et la municipalité, a coûté 2 millions d’euros. Construit avec du bois local, de la forêt communale du Monêtier, et autosuffisant en énergie grâce à des panneaux solaires, le refuge a été pensé pour être respectueux de son environnement. « C’est le dernier né de nos refuges, savoure Jean-Marie Rey, maire du Monêtier-les-Bains, lorsque la délégation arrive au chalet. L’ouvrir en pleine saison hivernale, dans un espace protégé, ça a été un sacré challenge, mais la fréquentation est là. On est vraiment satisfaits du résultat. »

    La délégation est accueillie et servie par les deux gardiens du refuge, Estelle et Dimitri. « Nous, ça fait un an et demi qu’on a l’exploitation des refuges, on a fait deux hivers et on va faire un deuxième été. La fréquentation est en augmentation, le démarrage d’un refuge passe par sa notoriété, le bouche à oreille. L’aventure ne fait que commencer », se réjouit Estelle.

    Si l’hiver 2026 a vu les stations de neige des Hautes-Alpes enregistrer un recul de 3,5 points de fréquentation par rapport à l’année précédente, Yvan Chaix, directeur de l’agence de développement des Hautes-Alpes, met en avant les atouts du tourisme pour le département. « En 10 ans, le PIB des Hautes-Alpes a augmenté de 50%, et le tourisme représente 25% du PIB. C’est un moteur, le principal, mais pas le seul », analyse-t-il. Il rappelle également que l’offre touristique évolue, les stations étant de plus en plus dans la nécessité d’amorcer une transition vers les activités en dehors des sports de neige, en raison du dérèglement climatique.

    Conserver un refuge

    de montagne authentique

    Ce dynamisme des activités de montagne s’appuie notamment sur le réseau de 45 refuges du département, mis à l’honneur lors de cette journée de lancement de la saison d’été. Toutefois, si la fréquentation est un motif de satisfaction, l’objectif n’est pas de privilégier la quantité au détriment d’une certaine authenticité du lieu. « Notre volonté n’est pas d’en faire un outil promotionnel, mais de remettre le refuge dans son usage d’origine, avec de la sobriété. On ne propose pas de douche pour les randonneurs par exemple, on ne veut pas en faire un restaurant d’altitude ni un outil promotionnel », explique Elsa Loury, représentante de la Fédération française des Clubs alpins dans les Hautes-Alpes. Elle ajoute : « Et ça permet aussi de mélanger les publics. Dans une soirée en refuge, contrairement à un restaurant, on n’a pas de réseau de téléphone, on est obligés de s’ouvrir, de parler à son voisin. Et ça, on veut le conserver. »

  • Un ancien champ de tir attend une dépollution

    Un ancien champ de tir attend une dépollution

    Fermé au public depuis plusieurs décennies, l’ancien champ de tir de Roques-Hautes, à Beaurecueil, pourrait faire l’objet d’opérations d’une dépollution pyrotechnique dans le cadre d’un projet d’extension de la Réserve naturelle nationale Sainte-Victoire. À cet effet, le Département vient de lancer une étude destinée à évaluer l’ampleur des risques et les interventions nécessaires sur ce site de 75 hectares. Utilisé par l’armée jusqu’à la fin des années 1980, le terrain conserve les traces de son passé militaire. Une analyse quantitative de risque, rédigée par le Service d’infrastructure de la Défense SID Sud-Est (ministère des Armées), évoque notamment la présence historique d’installations militaires sur le secteur.

    Différents taux de risque

    Après l’incendie de 1989, le site a cessé d’être utilisé, son accès, interdit. S’il « n’a pas été possible de définir la localisation précise des réceptacles, à partir des anciens régimes de champs de tir (…). Il apparaît clairement que le site recèle une pollution par engins de guerre », indique ce même document. Le marché lancé par le Département ne prévoit donc pas encore de travaux, mais doit permettre d’identifier les secteurs concernés par une éventuelle pollution pyrotechnique, d’évaluer les techniques de traitement envisageables et d’en estimer les coûts. Selon l’analyse de risque, « le projet concerne un aménagement afin de permettre un accès du site au public ». Cependant, et toujours selon les éléments associés à la publication du marché, l’ouverture du site ne concerne pas l’ensemble de l’ancien champ de tir. Il est notamment question d’y faire un sentier pédagogique qui « sera déjà sur la partie accessible du site afin de mieux protéger les vestiges paléontologiques », répond le Département. En effet, étude devra aussi tenir compte de l’histoire naturelle du secteur. L’analyse quantitative de risque souligne la présence de « plus de 1 500 espèces recensées » ainsi qu’un « patrimoine paléontologique remarquable ». Mais « l’extension de la réserve que nous allons acquérir n’a pas par définition vocation à être accessible, afin de protéger et préserver le site », précise le Département. Sur ces zones propices à une dépollution, les documents distinguent plusieurs niveaux de risque : certaines zones, où la présence de reliquats militaires est suspectée ou avérée, nécessiteront des mesures de sécurisation préalables.

  • [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    Hausse de la température de l’eau, diminution des débits, augmentation de la pollution… Il y a urgence à agir. Ces véritables châteaux d’eau naturels jouent un rôle vital : ils alimentent les rivières, soutiennent les débits en été, filtrent naturellement l’eau et maintiennent la biodiversité. Lorsque ces zones sources sont touchées, ce sont tout le bassin et l’ensemble des usages qui en subissent les conséquences. Parmi les leviers à actionner : la protection des zones humides en évitant qu’elles soient piétinées par les troupeaux, l’arrachage des espèces invasives, le traitement biologique du lactosérum lors de la fabrication du fromage, etc.

    Par Etienne Czernecka Sud Ouest

  • [EQDD] Alpages sentinelles : plus de 20 ans d’études du changement climatique sur les alpages

    [EQDD] Alpages sentinelles : plus de 20 ans d’études du changement climatique sur les alpages

    Né après la sécheresse des années 2000 dans le Parc national des Écrins, il s’est étendu à plusieurs massifs alpins, dont le Parc naturel régional du Mont-Ventoux. Les chercheurs observent l’évolution de la végétation, du climat et des troupeaux afin d’aider les éleveurs à adapter leurs pratiques face à la hausse des températures et aux sécheresses. Sur le Ventoux, des parcelles protégées permettent de comparer les effets du pâturage sur l’herbe et la biodiversité. Les études montrent des changements dans les espèces végétales, certaines progressant, d’autres régressant malgré des pratiques plus prudentes. Ces résultats interrogent les modes de pâturage actuels et soulignent la nécessité de trouver un équilibre entre activité pastorale, biodiversité et adaptation au changement climatique.

    Par Laure Néron Vaucluse Matin

  • [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    L’objectif est de recenser faune et flore, du village aux sommets, afin de mieux connaître et protéger les milieux naturels, tout en aidant les décisions d’aménagement. L’initiative met en lumière la richesse écologique locale, à la croisée d’influences méditerranéennes et montagnardes, mais aussi la fragilité de certains milieux (zones humides, cours d’eau) face aux activités touristiques et au changement climatique. En mobilisant habitants, élus, chasseurs et acteurs du tourisme autour d’actions concrètes, l’ABC a vocation à préparer un territoire en pleine mutation mais aussi, renouer le dialogue. Au-delà de l’inventaire scientifique, le projet vise à recréer du dialogue et à concilier développement de la station de ski et préservation de la biodiversité. Un plan d’action et une cartographie finale seront remis à la commune.

    Par Flora Zanichelli Nice Matin

  • [EQDD] Artouste mise sur son train pour sauver la station

    [EQDD] Artouste mise sur son train pour sauver la station

    Miser sur une station sans neige artificielle en 2020, le pari était osé. Pourtant, la petite station du Haut-Béarn l’a fait. Un revirement à 180° plus écologique et moins coûteux, et qui fonctionne. « Pourquoi vouloir s’entêter à continuer de skier à une altitude où l’on sait qu’on n’y arrivera pas ? questionne Jean-Christophe Lalanne, directeur d’Artouste depuis 2019. Notre panorama en revanche, personne ne nous le prendra ! Il est notre force, et c’est lui qu’on met en avant ».

    Artouste et son relief à faire pâlir les amateurs de pentes raides. Son spot de « free ride » et son prix attractif : c’est la station la moins chère des Pyrénées ! Et pourtant. Située entre 1 400 et 2 000 mètres d’altitude, elle peinait ces dernières années à faire le plein. En 2005, elle fait même les gros titres des journaux : « Faillite d’une station de sport d’hiver ». « Artouste met la clé sous la porte ». En 2018, elle n’ouvre plus qu’aux vacances scolaires.

    « Le modèle d’Artouste, tel qu’il a été conçu, est celui qui a été décliné sur tous les massifs depuis les années soixante, explique Jean-Christophe Lalanne. C’était un modèle industriel très performant à l’époque, que l’on exploitait cent jours par an pour vivre dessus toute l’année. Mais confronté au réchauffement climatique, ce modèle, basé sur de la neige naturelle, est devenu de moins en moins rentable. Les domaines skiables ont compensé avec de la production de neige artificielle et des investissements toujours plus lourds. Artouste, elle, a fini par dire stop ! »

    Une offre diversifiée dans un environnement respecté

    En 2019, la collectivité de Laruns crée un établissement public industriel et commercial (Epic) à autonomie financière avec l’objectif de revoir le fonctionnement du site et de trouver un équilibre économique. « Le petit train représentait 60% du chiffre d’affaires l’été contre 40% l’hiver avec le ski. On a donc fait tourner nos trains toute l’année sur des tronçons plus courts l’hiver, transformant le manque de neige en opportunité. » Fin 2025, 1 500 personnes ont profité de l’activité pendant les vacances de Noël.

    Artouste continue de se diversifier pour proposer une offre de destination plutôt que d’incursion, et permettre aux visiteurs de se fixer dans la vallée plutôt que de venir à la journée. Au programme des nouvelles activités : le « mountain kart », un kart de descente, sans pédale ni moteur destiné à la piste sous la télécabine. Une tyrolienne, un espace spa à 2 000 mètres d’altitude face au pic du Midi d’Ossau. Et bientôt, une luge d’été sera installée à proximité du village de Fabrèges.

    Le projet de piste de ski synthétique imaginé en 2024, dont le coût – en plus de son aberration écologique – s’élevait à 372 000 euros, a été abandonné. Et pour réduire son bilan carbone, la station d’Artouste s’est délestée d’une dameuse et d’un télésiège, et a ralenti la vitesse de ses remontées mécaniques. « C’est 20% d’économie d’énergie, se réjouit Jean-Christophe Lalanne. On ne descend plus au Soussouéou parce qu’à 1 300 m la neige est rare et le sera de plus en plus. Doit-on faire des investissements sur un secteur qu’on utilisera dix fois dans l’année ? »

    L’originalité du train d’Artouste, lié à l’histoire de l’hydroélectricité dans la vallée, son itinéraire imprenable au cœur de la haute montagne et au milieu des troupeaux l’été, ravit les visiteurs. Et si sa locomotive tourne toujours au gasoil, l’économie d’une seule dameuse permet de financer les 20 000 litres nécessaires pour le faire tourner tout l’été. Et le directeur de la station de conclure : « En 2024, nous étions à l’équilibre avec un léger excédent. En 2025, l’excédent est encore plus important avec 155 000 personnes qui ont pris le train contre 132 000 l’année précédente. Ce qui nous permet d’acheter de nouveaux wagons pour augmenter la capacité de voyageurs. »

    Le petit train rouge et jaune a sauvé la station d’Artouste qui a fait du manque de neige son principal atout. Il représente aujourd’hui 80% de son chiffre d’affaires annuel, contre 6 à 8% pour le ski et 12 à 13% pour les nouvelles activités. « Reste à le faire savoir et à inciter les Français à embarquer chez nous pour les vacances ! » À Artouste, moins on glisse, plus ça roule.

    Par Laurence Fleury Sud Ouest

  • En milieu périlleux, mieux vaut prévenir que guérir

    En milieu périlleux, mieux vaut prévenir que guérir

    Entre son histoire liée aux contrebandiers de la Révolution française et les paysages de la Côte Bleue qu’il offre à voir, le sentier des Douaniers ne manque pas de succès. Dans la calanque du Grand Méjean, à Ensuès-la-Redonne, il slalome de l’ombre au soleil entre les pins, à proximité de l’eau translucide. L’île de Planier découpe l’horizon. « C’est paradisiaque, mais ça peut vite se transformer en environnement hostile pour une victime », prévient le commandant de l’équipe de secours en milieu périlleux et montagne (SMPM), Gilles Agapian.

    La preuve en image : un homme, qui a chuté sur les pierres, est coincé à flanc de falaise. Son bras semble blessé. C’est en tout cas le scénario de la manœuvre des pompiers, qui s’entraînent en conditions réelles. Après avoir déployé une tyrolienne au-dessus de l’accidenté, ils descendent lui procurer les premiers soins avant de l’installer dans une civière qui s’élèvera ensuite dans les airs pour rejoindre un lieu sécurisé.

    Chaque année, cette équipe départementale SMPM, composée de 90 hommes et femmes, réalise 260 opérations de sauvetage. « Dans les Bouches-du-Rhône, on a tous les risques sauf le risque avalanche », souligne Richard Mallié, président du Sdis 13.

    « Souvent, ce qui pèche, c’est le niveau de préparation, explique Gilles Agapian. Il ne faut pas se surestimer, regarder la météo, dire à ses proches où on se trouve et toujours avoir le nécessaire avec soi : de l’eau, un téléphone chargé et un sifflet. »

    À Ensuès-la-Redonne, le maire (DVG) Michel Illac voit souvent partir des personnes « mal équipées, en tongs », ce qui a le don de le mettre en colère. Mais il estime tout de même avoir une responsabilité : « On aménage des sentiers qui attirent du monde, notre rôle d’élu c’est de prévenir. Il faut qu’on soit vigilants dans notre communication. Ce n’est pas que beau, c’est aussi dangereux. »

  • [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    [Entretien] Jeannie Longo : « Un Tour de France ne s’invente pas, il se prépare »

    La Marseillaise : Que représente cette étape pour vous et que pensez-vous de ce parcours ?

    Jeannie Longo : C’est une étape assez prestigieuse. J’ai grimpé plusieurs fois le Mont Ventoux depuis Bédoin et c’est compliqué. Cela va dépendre des conditions climatiques parce qu’il peut faire très chaud en été ou il peut y avoir un orage. Donc il faut s’adapter. Et le résultat dépendra bien sûr de l’ordre d’arrivée au pied parce que la course va sûrement se faire avant. Ensuite, on monte d’abord tout droit dans la forêt et la chaleur. Et puis il y a le sommet depuis le chalet Reynard. Il y a beaucoup de mistral, donc on peut presque monter en bordure et faire une course en équipe.

    Qui voyez-vous comme favorite ?

    J.L. : Je pense que si Pauline Ferrand-Prévot se prépare aussi bien que l’an passé, elle a des chances de garder son maillot. L’année dernière, dès la première étape, j’ai vu qu’elle était en forme et après, je savais qu’elle avait fait du spécifique montagne. Un Tour de France ne s’invente pas. C’est-à-dire qu’il faut le préparer, il faut reconnaître les étapes les plus difficiles, là où il y a des pavés, là où il y a des cols. Mais c’est vrai qu’une Demi Vollering est aussi extrêmement forte. Aussi la Polonaise Katarzyna Niewiadoma-Phinney, qui est d’ailleurs la belle-fille de ma copine Connie Carpenter [première femme à remporter l’or en cyclisme féminin sur route aux JO de 1984, Ndlr.], car elle est très tonique et grimpe bien les cols. Disons que Pauline est moins juteuse. Et cette année, elle va être marquée tactiquement donc ce sera peut-être plus dur.

    Quels changements majeurs avez-vous constatés dans le cyclisme féminin ?

    J.L. : Des choses pas forcément positives. Aujourd’hui, cela court beaucoup, comment dire… de manière très professionnelle. C’est-à-dire que beaucoup d’équipières font le travail, quoi, et sont un peu sacrifiées. Cela m’ennuie un peu, ces techniques, car ce sont parfois des filles qui pourraient être devant. Ça a bien avancé bien sûr. Les gros groupes et équipes professionnelles masculines ont créé des sections féminines car ça faisait un peu désordre de ne pas en avoir. Donc les gros groupes sont un peu plus féminisés. Par contre, au niveau national et régional, c’est très pauvre, avec de petits moyens.

    Il y a plus de médiatisation qu’a votre époque aussi ?

    J.L. : J’ai été extrêmement médiatisée durant ma carrière. Même à ski avec un bonnet et des lunettes, on me reconnaît. Je pense que je l’ai été aussi car j’arrivais dans un milieu d’hommes et que j’étais une femme des années 80, où la femme était en train de sortir de terre. Nous étions quand même bien perçues. Le public était favorable, vraiment motivé. Mais je pense que les médias ne suivaient pas en général. Par exemple, quand la société du Tour de France a arrêté le Tour féminin en 1989, j’ai essayé de le relancer avec mon mari et l’aide du maire de Paris, Jacques Chirac. Et c’était difficile, on était à part.

    Et comment voyez-vous l’émergence de Paul Seixas ?

    J.L. : Oui, là, ça a été l’euphorie. Enfin, il est extrêmement doué. Mais il faut le préserver. Il a enchaîné les championnats du monde et d’Europe à 18 ans, avec plus de 270 kilomètres, ça me fait un peu peur. Pour le Tour de France, j’ai entendu Pierre Rolland dire qu’il ne fallait pas le lui faire faire. Il a peut-être raison. Après, pourquoi pas ? Je me rappelle, j’avais une équipière, une jeune de 17 ans. On lui a fait faire le Tour de l’Idaho : 15 jours avec de grandes étapes. Mais on ne lui demandait absolument rien. C’était une expérience. Alors que là, on va tout lui demander.

  • Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    C’est fait ! Au bout d’un marathon administratif de 2 ans coordonné par le Département de l’Hérault, cette belle idée que des chercheurs et associations avaient fait germer il y a 10 ans est désormais une réalité. Les Terres d’Hérault, composées de 111 communes réparties sur 2 046 km² forment officiellement un Géoparc de renommée mondiale, comme 229 autres Géoparcs dans 50 pays. C’est-à-dire une zone géographique protégée qui possède une richesse géologique de valeur internationale, avec une importance scientifique, éducative et culturelle.

    Au titre de ses 540 millions d’années d’histoire et des trésors qu’il abrite, ce territoire a reçu jeudi 23 avril le sésame de l’Unesco : le label de Géoparc mondial, seulement le 10e décerné en France. « C’est la concrétisation d’un travail collectif avec les élus, les habitants et tous les acteurs locaux [178 partenaires, Ndlr]. Ce label est l’accomplissement d’une ambition forte mais aussi le commencement d’une nouvelle étape de ce projet qui fera rayonner notre territoire pour de nombreuses années à venir », se félicite le président héraultais, Kléber Mesquida (divers gauche).

    Les richesses à découvrir

    Tandis que la cérémonie officielle aura lieu lundi 27 avril à Paris, il faut rappeler que ce label est décerné au moins pour 4 ans. Et que le travail des équipes pour se montrer à la hauteur des attentes de l’Unesco ne fait donc que commencer. « Nous allons nous appuyer sur nos 67 géopartenaires pour faire vivres ces sites », promet Gaëlle Levêque, l’élue héraultaise qui a piloté le dossier (lire ci-dessous).

    Au nombre de 58, les géosites sont répartis dans 4 principales Communautés de communes (Lodévois/Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Grand Orb) ainsi que quelques communes avoisinantes. Les diverses roches (ruffe, basalte, calcaire, granite, gneiss, schiste, grès…) qu’on retrouve sur ces géosites sont les témoins des grandes ères géologiques qui ont façonné nos paysages à travers les millénaires. Datant de l’ère paléozoïque (la plus ancienne), les massifs du Caroux et de l’Espinouse (granites et gneiss) racontent l’histoire de la chaîne Hercynienne. La fragmentation des schistes a permis des sols favorables à la viticulture dans les Avants-Monts. La carrière de marbre rouge de Coumiac est le résultat de la transformation de calcaires en marbres. Puis, en s’érodant, cette chaîne de montagnes a donné naissance au bassin charbonnier de Graissessac et au bassin permien de Lodève. Les mines du pays d’Orb témoignent aussi des dépôts de charbon d’il y a 305 millions d’années.

    La submersion due à la formation de l’océan Téthys Ligure entraîne le dépôt de sédiments qui donnent lieu aux calcaires des Causses du Lodévois Larzac dont le Cirque de Navacelles est la pépite la plus connue. Les Gorges de l’Hérault ou les dolomies du Cirque de Mourèze sont d’autres héritages de cette période (160 millions d’années).

    Les volcans apparus il y a 2 millions d’années laissent des terrains fertiles et des roches basaltiques noires dont le Neck de la Roque, près du lac du Salagou est un témoin. En les enrichissant de minéraux, les basaltes donnent aux sols une grande fertilité propice aux cultures. À l’instar du Pont du Diable, la Méditerranée avancera jusqu’au pied des reliefs calcaires.

    Le centre Hérault (Soumont, Lodévois) abrite aussi des vestiges archéologiques. Les eaux thermales d’Avène ou Lamalou-les-Bains tirent leurs propriétés médicales de leurs interactions avec les roches. Enfin, sur les grands Causses du nord, les activités pastorales de l’Homme ont façonné les paysages. C’est ce patrimoine que veut faire fructifier K. Mesquida grâce au Géoparc. « Nous construisons aujourd’hui ensemble l’héritage précieux qui sera confié aux générations futures. »

    Infos : geoparc.herault.fr