La crue du 28 août dernier a lourdement marqué les esprits de l’ensemble de la vallée de la Vallouise. En témoignent les quelque 280 personnes présentes, mardi soir, à la réunion publique organisée dans la petite commune de L’Argentière-la-Bessée. Le Collectif citoyen de Vallouise-Pelvoux, créé quelques jours après l’évènement, est à l’origine de cette soirée.
« Le soir du 28 août, l’ensemble de la population a été sidéré », a rappelé Jean-Paul Roux, habitant de la vallée et membre du collectif. Il a insisté sur la « grande tristesse » générale de voir la route d’accès au Pré de Madame Carle arrachée, lieu « qui fait vivre économiquement le fond de vallée » et par ailleurs site emblématique d’alpinisme. « Nous avons besoin de comprendre l’origine d’un phénomène d’une telle ampleur et les risques que l’on encourt ici, a-t-il poursuivi. Et surtout, nous ne voulons pas nous faire imposer des décisions par Paris, par Gap ou par un préfet. » « Il est important d’avoir un discours éclairé par des experts avant de prendre des décisions, a complété l’ancien élu Joël Giraud, et de faire entendre les vallées qui font face à ces nouveaux défis. »
Pour permettre aux habitants de comprendre comment les pluies torrentielles sont parvenues à faire de tels dégâts, Bernard Francou, géomorphologue et glaciologue et Vincent Koulinski, ingénieur spécialiste de l’aménagement des vallées torrentielles ont posé les bases scientifiques et techniques du sujet. Sandrine Caroly, chercheuse en ergonomie et travaillant sur la gestion des risques naturels, a ensuite donné des pistes pour créer « des espaces de discussions entre les différents points de vue, pour permettre de trouver des solutions et des compromis ». « Actuellement, après le passage de la crue, nous avons un danger de chutes de blocs rocheux, des coupures et destructions de la route, et un lit de rivière très large et encombré », a expliqué le glaciologue, qui a précisé que des évènements similaires, voire plus catastrophiques, vont se multiplier à cause du changement climatique.
Les questions soulevées lors de cette réunion restent pour l’heure sans réponse : De quelle manière faut-il reconstruire la route ? Faudra-t-il interdire l’accès aux voitures et privilégier les navettes ? Le curage des cours d’eau est-il une solution envisageable ? « Il n’y a pas de solution magique, a résumé Vincent Koulinski. Habiter en montagne est aujourd’hui difficile : on fait face à une menace existentielle. Mais avec la mobilisation de tous, on peut réduire les risques. »

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