Excellence mais aussi ouverture au programme du Conservatoire de Toulon

Sans vouloir se défaire de ses ambitions d’excellence en permettant aux plus talentueux de percer dans leur art, le Conservatoire TPM affiche en plus l’ambition de dépasser l’image d’un établissement réservé à une minorité d’élèves particulièrement doués. Et de poser que même si la formation de haut niveau reste une priorité, elle ne doit plus constituer l’unique horizon de l’institution.

« Il faut aussi être capable de s’ouvrir aux amateurs », souligne Laurent Isnard, vice-président de la Métropole chargé de la Culture. Pour l’élu, le conservatoire doit à la fois continuer à former de futurs professionnels, accompagner les pratiques amateurs et contribuer à former le public de demain. Une évolution qui suppose de sortir d’une conception exclusivement académique de l’enseignement artistique pour aller davantage à la rencontre des habitants.

Avec 3 300 élèves inscrits, 200 professeurs, une centaine d’agents et environ 80 disciplines réparties sur le territoire métropolitain, l’établissement dispose déjà d’un maillage important. Ses 11 centres de référence permettent de déployer l’enseignement dans plusieurs communes. Mais l’ouverture se joue aussi en dehors de ses murs, notamment auprès des jeunes.

C’est l’un des axes défendus par la Métropole : rapprocher l’enseignement artistique des établissements scolaires et des quartiers, afin que la découverte de la musique, de la danse ou du théâtre ne dépende pas uniquement des habitudes culturelles des familles.

Cirque et hip-hop

Le conservatoire intervient ainsi dans les écoles, les collèges et les lycées, ce qui permet à 5 000 élèves d’en bénéficier, avec des musiciens qui viennent auprès des enfants pour leur faire pratiquer la musique, chanter ou participer à des orchestres à l’école. D’autres actions les préparent à assister à des spectacles, dans le cadre de ce que l’établissement appelle « l’école du spectateur ».

L’objectif est de créer un premier contact avec les œuvres et les artistes, puis de donner envie aux jeunes de poursuivre cette découverte. En partant du principe qu’une représentation peut devenir le point de départ d’une pratique artistique ou d’une curiosité durable.

L’ouverture passe aussi par les disciplines enseignées. À la rentrée, le conservatoire a introduit le hip-hop dans son offre de danse, aux côtés du classique, du jazz et du contemporain.

Une classe à horaires aménagés consacrée à la musique et aux cultures urbaines a également été ouverte au collège Django-Reinhardt, à Toulon. Cela traduit la volonté de reconnaître des pratiques artistiques qui occupent une place importante dans la vie culturelle des jeunes, mais qui ont longtemps été absentes des parcours traditionnels des conservatoires.

Pour Laurent Isnard, elles doivent trouver leur place dans l’enseignement public de la culture. L’enjeu est aussi de favoriser les croisements entre disciplines. Le hip-hop dialogue ainsi avec le cirque, tandis que la danse, la musique et le théâtre peuvent se nourrir mutuellement dans des projets collectifs.

Le développement de l’enseignement du cirque par le Conservatoire TPM permet précisément de réunir danseurs, comédiens et musiciens autour de créations communes, explique le directeur du conservatoire Robert Llorca. Et illustre une conception plus transversale de la formation artistique, dans laquelle la rencontre et le collectif comptent autant que la maîtrise technique.

« Il faut préparer le public, il faut aider les amateurs, tout en permettant aussi à certains d’en faire leur métier », résume Laurent Isnard. Une volonté d’ouverture qui se retrouve dans la programmation du conservatoire.

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