Tag: écoles

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »

  • Climat : les citoyens veulent des engagements

    Climat : les citoyens veulent des engagements

    Le 26 septembre, plus de 150 personnes participaient à Hyères à une marche pour le climat, avant de se retrouver en assemblée citoyenne pour réfléchir aux suites à donner à cette mobilisation. De cette rencontre est née une série de propositions qui viennent d’être adressées à la première magistrate de la Cité des Palmiers Véronique Bernardini.

    Les signataires réclament des décisions sur plusieurs dossiers qu’ils jugent prioritaires : adaptation aux fortes chaleurs, alimentation, préservation du littoral, accès au logement, écoles et transports. Et annoncent une nouvelle mobilisation prévue les 14 et 15 novembre*.

    Parmi les premières préoccupations figure l’adaptation de Hyères aux épisodes de canicule. En cause entre autres l’imperméabilisation des sols bitumés accumulant la chaleur et sources d’inondation. Le collectif invite ainsi à accélérer la végétalisation des cours d’école menée dans le cadre de projets participatifs associant enseignants, enfants et services municipaux, un peu comme cela se fait à Toulon. Et demande l’adoption, avant l’été prochain, d’un plan d’adaptation fondé sur le bilan de l’été 2026.

    Parmi les propositions figurent la remise à l’air libre de cours d’eau enfouis sous certaines chaussées et le recensement des lieux frais gratuits accessibles aux personnes vulnérables.

    Agriculture et cantines

    Les citoyens plaident aussi pour le développement des composteurs collectifs en copropriété. Autre sujet central : l’agriculture et l’alimentation. L’occasion d’appeler à redonner à Hyères ses capacités maraîchères, en facilitant notamment l’installation de jeunes agriculteurs et de producteurs biologiques. Ce qui implique de recenser les terres agricoles en friche et d’étudier leur mise à disposition.

    Ils demandent la publication des chiffres permettant d’évaluer le respect des objectifs de la loi Egalim dans les cantines scolaires, ainsi que la préparation, avec les parents et les producteurs, d’une organisation privilégiant les circuits courts et l’agriculture biologique après l’échéance du contrat actuel avec Elior, prévue en 2028.

    Concernant la loi Littoral les signataires réclament un plus grand engagement de la municipalité à sa défense, notamment au sein de l’Association nationale des élus des littoraux (Anel). Et souhaitent également relancer le comité consultatif de la presqu’île de Giens afin que les habitants puissent prendre part aux réflexions.

    La difficulté à se loger dans la commune est un autre sujet soulevé par l’assemblée. Parmi les pistes, se trouve un encadrement plus strict des résidences secondaires et des logements vacants.

    Sur tous ces points, les signataires demandent à la municipalité de s’engager avant la fin de l’année. « Nous n’attendons pas seulement des intentions, mais des décisions », précise Caroline Moulin. En tout cas tout le monde se dit prêt à travailler de concert avec la Ville pour l’intérêt général.

    * Le mouvement appelle les habitants à signer son appel sur le site 26septembre.org et à le contacter à l’adresse : mpchyeres@gmail.com

  • [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous votre commune au-delà de la carte postale ?

    Richard Kitaeff : C’est une commune vivante toute l’année, avec une vraie vie culturelle, sociale et économique dont l’ADN, est le patrimoine et la culture. Il y a un vrai tissu associatif et une activité touristique qui devient de plus en plus qualitative, parce qu’on a fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour diminuer le tourisme de masse. Je précise que nous ne sommes pas du tout dans un tourisme destructeur, comme sur les falaises d’Étretat, où il y a vraiment une détérioration des espaces publics. On a créé des parkings de délestage qui permettent donc de ne plus envahir le centre-ville, en développant aussi une présence policière plus importante dans le centre. On n’a pas de vrai problème de congestion urbaine, comme le connaissent certains villages touristiques, parce que le passage central de Gordes est une route départementale, et donc c’est quand même assez fluide. Nous avons lancé aussi un projet de 3 millions d’euros d’investissement dans le centre-village, avec la création de places de convivialité, des nouveaux revêtements au sol qui permettent de créer de la végétalisation.

    Donc Gordes n’est pas en vie que 3 mois par an ?

    R.K. : Pas du tout. Certes nous avons un rayonnement international par notre patrimoine, le village des Bories, l’abbaye de Sénanque mais c’est un village vivant toute l’année. Par exemple, on a créé un marché de producteurs locaux dans le centre-ville pendant la période d’hiver, qui s’appelle le marché des petites Halles. Il y a aussi un salon du livre « Lire à Gordes » en avril avant la saison touristique. Tous les mois, on a les « Vendredis de Gordes » et les « Mardis de l’économie », qui sont des conférences sur l’actualité avec des personnalités. Et on a créé dix nouvelles fêtes depuis quelques années, comme « Cuisine en fête » en février. Donc pour un village de moins de 2 000 habitants, c’est très dynamique.

    Comment conserver des familles ou des jeunes quand le prix de l’immobilier est l’un des plus élevés de Vaucluse ?

    R.K. : On a deux écoles à Gordes, et on a toujours réussi jusqu’à présent à les maintenir, malgré la chute démographique. Après, le collège est à Cabrières-d’Avignon, le lycée, à Cavaillon ou L’Isle-sur-la-Sorgue. Malgré les prix immobiliers, il y a chaque année des familles qui s’installent à Gordes, sinon, les écoles auraient fermé depuis 25 ans. Donc en réalité, il y a quand même des jeunes qui arrivent à s’installer, à acheter des terrains et à construire des maisons. Mais depuis 2020, nous avons engagé une politique où la commune a préempté plusieurs terrains pour garder justement la maîtrise du foncier public. Nous sommes en train d’établir des études et des projets pour arriver à construire. Le but, c’est d’essayer d’avoir des lotissements à prix raisonnables, de développer des projets immobiliers à taille humaine tout en respectant nos règles architecturales et paysagères. Et donc cela nous permettra, dans les années à venir, de développer des résidences pour les jeunes familles. Donc on met tout en œuvre pour conserver la possibilité pour les locaux de s’installer.

    Gordes ferait partie des huit bureaux de Poste qui pourraient fermer en Vaucluse. Redoutez-vous ce départ ?

    R.K. : Nous n’avons aucune information officielle en ce sens, au contraire, la direction nous a confirmé qu’il était hors de question que la Poste de Gordes ferme. Dans les villages de notre taille, il faut avoir l’accord du maire. Et je n’y suis pas favorable. Donc je ne pense pas que la Poste puisse fermer.

    Médicalement, vous êtes aussi bien lotis avec un hôpital et un Ehpad…

    R.K. : Oui et depuis peu, nous disposons d’un centre de radiologie, qui va proposer également des mammographies. C’est l’un des seuls centres de radiologie en France dans une commune de cette taille. Donc de nombreux patients qui étaient obligés parfois d’aller jusqu’à Avignon, Marseille ou Montpellier peuvent maintenant se rendre à Gordes. En tant que président du conseil de surveillance du centre hospitalier [spécialisé dans le postopératoire], je suis vigilant à ce qu’il continue son développement. D’ailleurs, il a été labellisé hôpital de proximité. Cet hôpital présente un pôle de gérontologie performant, qui accueille aussi l’Ehpad. Il y a une sorte de triangle de soins entre l’hôpital, le centre de radiologie et le futur pôle de santé communal que nous sommes en train de créer. Il y aura des infirmiers, des généralistes et professeurs de médecine. C’est intéressant parce que c’est un vrai service rendu à la population du Luberon et des Monts de Vaucluse.

    De manière plus générale, qu’est-ce qui vous plaît dans votre mandat ?

    R.K. : Les fonctions de maire sont très exigeantes, mais je suis très motivé en y consacrant mon activité principale tout en restant avocat. Nous sommes l’une des seules mairies de France à ne pas avoir de direction des services et de secrétariat général. Nous avons donc fait confiance à nos personnels administratifs en autonomisant les postes, ce qui nous permet de réaliser des économies d’échelle importantes de l’ordre de 3 millions d’euros sur le fonctionnement en 6 ans. C’est très important sur un budget de 5 millions d’euros annuels. Depuis 2020, nous avons investi environ 8 millions d’euros alors que nous n’avons jamais augmenté les impôts, ni emprunté et qu’en parallèle, nous avons remboursé 50% de notre dette. Je suis très satisfait de cette situation, qui a permis de créer un pôle santé, un centre de radiologie, un salon du livre, des travaux qui changent le visage de la commune et des hameaux avec une nouvelle station d’épuration, des classes de convivialité, une cour d’école végétalisée, la restauration de deux cimetières, la création d’une aire de jeu… Tout ça a été financé seulement sur les économies réalisées dans la gestion, je dirai originale, de la mairie. C’est une période historique parce qu’il n’y a jamais eu plusieurs millions d’euros de travaux dévolus à l’amélioration du centre-village.

  • Vingt ans de repas locaux dans les assiettes des écoliers aixois

    Vingt ans de repas locaux dans les assiettes des écoliers aixois

    Le constat revient régulièrement entre deux visites, de chambre froide et de four dernier cri. « La loi Egalim nous impose au moins 50% de produits SIQO, signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. On est à 58%. La loi prévoit aussi au moins 20% de bio, on est à 33,34% », déroule Floriane Chevallier, diététicienne en charge de composer les menus des écoliers aixois.

    Ces repas sont confectionnés au sein de la cuisine centrale d’Aix, mise en service en 2006 et qui fêtait, ce mercredi, ses vingt ans d’existence. « Une aventure qui avait coûté 8 millions d’euros à la Ville », a rappelé Sophie Joissains, maire (UDI), au cours de sa prise de parole. Pour marquer l’anniversaire, le premier magistrat de la ville, les élus et le personnel ont fait la tournée des locaux. Dans cet espace de production, proche des Milles, 7 300 repas quotidiens sont préparés par une soixantaine d’agents territoriaux, puis livrés dans une quarantaine d’établissements scolaires. Pour illustrer l’ampleur de l’activité, Jean-Philippe Fabre, chef de poste fourneaux, estime qu’au cours d’une journée, « 600 kg de viande, 1 200 kg de féculents » passent entre ses mains. Un exercice « extrêmement réglementé », rappelle Floriane Chevallier, encadré par le GNRCM et un « arrêté qui nous fixe les fréquences de présentation des plats et les grammages à servir aux enfants notamment sur les plats sucrés. Cela s’évalue sur 20 jours », poursuit la diététicienne.

    Objectif de cette unité de production : confectionner des repas à base de produits locaux, frais, mais aussi inculquer une éducation alimentaire aux plus jeunes, fondée sur une alimentation plus locale et plus équilibrée. Pour ce faire, un repas « sans chair animale » doit être proposé chaque semaine.

    Si chaque repas coûte en moyenne 4 euros aux familles, il revient à 14 euros à la Ville. « Nous n’avons pas augmenté la tarification collective depuis la période juste avant le Covid, en 2020, explique la Ville. Décision avait été prise de ne pas faire porter un poids supplémentaire aux familles. Le fait d’être en régie, nous permet de maîtriser nos coûts : on est au plus juste. Dans les 14 euros pour la Ville, il n’y a pas que la cuisine centrale, on inclut aussi le temps de repas, la surveillance, l’encadrement des enfants… »

    Les menus, sont publiés « quinze jours avant les vacances scolaires, pour les six semaines à venir », précise la Ville.

  • Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Sur le camion garé devant la préfecture de région à Marseille, ce sont les clowns Tak tak et Tik Tik qui mettent l’ambiance. «Un plan d’urgence climatique, écoutez les scientifiques», reprend après eux la foule rassemblée. Ce samedi matin à Marseille, ils étaient environ 2 000 selon les organisateurs (500 selon la préfecture de police) à marcher jusqu’à la porte d’Aix, pour «le climat, le vivant, la paix et la justice sociale», à l’appel d’une large coalition de plus de 1 200 organisations, dont Alternatiba et Greenpeace, Attac, la Confédération paysanne, la FSU, la CGT…

    «La séquence de cet été illustre les enjeux pour la Provence : des suites de vagues de chaleurs, de canicules, de feux de forêts, qui seront bientôt suivis par des épisodes méditerranéens», témoignait avant la manifestation Joël Guiot, le coprésident du groupe régional d’experts sur le climat en région Sud (Grec Sud). «Le pire reste à venir, explique-t-il.

    D’ores et déjà, les conséquences de cet été sont connues, avec une surmortalité de 8 000 décès. «J’en connaissais un, il s’appelait Denis, il avait 67 ans, et c’était mon père », témoigne, particulièrement émue, Laure, qui se présente comme citoyenne marseillaise engagée. «Il arrosait son jardin, pour réguler sa température son cœur a battu plus fort, trop fort. Il s’est arrêté.» D’autres ont connu les conséquences des feux, comme Coralie Mirguet, dont la maison à l’Estaque a entièrement brûlé le 8 juillet 2025. «Plus d’un an après l’incendie, nous commençons tout juste à entrevoir une possible reconstruction, mais pour nous, plus rien ne sera comme avant», souffle-t-elle. Au-delà du déploiement des pompiers et des Canadair, «le véritable coupable est notre inadaptation».

    Plan d’urgence

    «La question que vous avez tous au bout des lèvres et la seule qui vaille, c’est que faire ? », pose parmi les organisateurs la militante Margot Jacq. «La protection des salariés devrait être une priorité», répond la secrétaire départementale de la FSU, Virginie Akliouat. «Nos organisations syndicales s’emparent de ces questions, et ont déjà mené campagne pour adapter le bâti scolaire, pour le développement des transports publics», explique-t-elle. Et d’énumérer les revendications d’un seuil maximal de températures pour travailler, le renforcement de la médecine du travail, un chômage canicule pris en charge à 100%. «Le progrès social et environnemental sont intimement liés», complète Alice Richard, porte-parole de Solidaires dans les Bouches-du-Rhône.

    Le constat est le même pour la Confédération paysanne, d’autant que les agriculteurs sont en première ligne. «Les canicule ont tué deux paysans dans les Bouches-du-Rhône cet été», atteste le syndicat qui alerte sur la disparition des exploitations face à la perte de rendements et appelle à un autre modèle agricole, une autre gestion de l’eau.

    «Nous exigeons un plan d’urgence climatique», relaie parmi les organisateurs l’écologiste Jean-Christophe Agnel. Un plan sur trois piliers, d’adaptation, d’atténuation et d’arrêt des énergies fossiles. «Nous avons besoin d’un budget dans une logique de justice sociale», complète Margot Jacq, tandis que les militants d’Attac se lancent dans un «fiscal fitness» pour «taxer les riches».

    «Les candidats à la présidentielle doivent s‘emparer du sujet, arrêter de proposer des mesures obsolètes», réclame pour sa part le vice-président du Grec Sud. Mais si plusieurs élus sont présents, les drapeaux restent rares au milieu des pancartes, tandis que les organisateurs reconnaissent qu’ils s’attendaient à une meilleure affluence.

  • Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    À Nîmes, l’été semble désormais déborder du calendrier. Après des vagues de chaleur à répétition, septembre a encore fait tomber des records dans le Gard, le thermomètre pointant jusqu’à 38,2°C à Nîmes-Courbessac. Cet été, la ville a dépassé les soixante journées à plus de 35°C. Le 8 septembre, une semaine seulement après la rentrée, les cours ont même été suspendus dans trois lycées nîmois, où certaines salles approchaient les 35°C.

    Un avant-goût de ce avec quoi la cité romaine va devoir composer. Son centre historique très minéral, ses rues étroites et son bâti ancien emmagasinent la chaleur. Et tous ne disposent pas des mêmes armes pour y faire face. Au CHU, les médecins l’ont constaté cet été  : précarités sociale, économique ou médicale aggravent l’exposition. Quand un logement reste à 35°C, fermer les volets ne suffit plus. Travailleurs en cuisine ou dans les commerces, personnes âgées, enfants, habitants de logements mal isolés et même animaux subissent ainsi beaucoup plus durement la fournaise.

    Cet été, la réponse immédiate s’est déjà installée dans le quotidien municipal : registre canicule du CCAS, bâtiments climatisés ouverts comme refuges, carte des îlots de fraîcheur et, en cas de vigilance rouge, gratuité des piscines et musées. Dans les 83 écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, tandis que la ventilation nocturne est expérimentée.

    Sortir de la gestion de crise

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas : la nouvelle majorité veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78M d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles.

    Symbole de ce changement de cap, la fontaine de la place aux Herbes, seule fontaine d’eau potable de l’Écusson, a été remise en service début août après plusieurs années d’arrêt, désormais avec un système à la demande. En parcourant le centre, les nouveaux élus n’avaient « pas trouvé une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis ! », raconte Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation.

    À plus long terme, la municipalité veut bâtir avec des paysagistes et les habitants un vaste plan de végétalisation, en identifiant les rues et places à renaturer. « L’arbre est le meilleur outil », défend l’adjointe, qui assume aussi le retard pris : « On est vraiment en retard comparé à d’autres villes de la même strate. » Brumisateurs sobres en eau inspirés de Grenoble et voiles d’ombrage, comme à Séville, doivent également être expérimentés dès les prochains étés. Le futur parc des anciennes pépinières Pichon, 14,5 hectares au sud du centre-ville, doit enfin constituer, à partir de 2027, un nouveau relais de fraîcheur à l’échelle de la ville.

    Le chantier dépasse donc largement quelques arbres et fontaines. Entre transformation de l’espace public et adaptation du bâti, Nîmes s’engage dans un travail de long terme dont les premiers effets seront scrutés dès les prochains étés.

  • Dans les classes, la rentrée en Occitanie vire au coup de chaud

    Dans les classes, la rentrée en Occitanie vire au coup de chaud

    La rentrée n’avait qu’une semaine, mais certaines salles de classe étaient déjà devenues impraticables. Lundi 7 septembre, dans l’Hérault placé en vigilance orange canicule, les cours de l’après-midi ont été suspendus aux lycées Léonard-de-Vinci et Jean-Monnet de Montpellier. De même pour le lycée Joliot-Curie de Sète, où près de 1 900 élèves ont été libérés : jusqu’à 35 à 36°C ont été relevés dans certaines salles, avec une humidité étouffante et des premiers malaises.

    Le lendemain, mardi 8 septembre, le thermomètre fait cette fois dérailler les emplois du temps gardois. À Nîmes, les lycées Philippe-Lamour, Alphonse-Daudet et Dhuoda suspendent leurs cours dans l’après-midi. À Lamour, le Snes-FSU mesure déjà 30°C au CDI à 9 heures, puis 33 à 34°C dans les classes. À Daudet, les laboratoires de physique atteignent 35°C.

    Gourdes, ventilateurs, cours en extérieur quand cela est possible : dans les établissements, l’adaptation ressemble encore souvent à un système D. Pour Jérôme Amicel, secrétaire départemental du Snes-FSU dans le Gard, le problème « dépasse l’épisode météo » : une partie des bâtiments scolaires reste mal adaptée aux chaleurs extrêmes. Huisseries vieillissantes, protections solaires insuffisantes, ventilation inadaptée : une rénovation thermique d’ampleur de ces « véritables passoires thermiques » devient essentielle, plutôt qu’une succession de solutions provisoires.

    Même constat à Joffre. Les représentants Snes-FSU disent avoir observé chez les élèves et les personnels migraines, épuisement ou chutes de tension. Eux réclament des fenêtres ouvrantes, des protections solaires, des brasseurs d’air, voire des systèmes de rafraîchissement dans les salles les plus exposées. Les fédérations de parents d’élève du Gard et de l’Hérault réclament elles aussi un plan d’urgence pour le bâti scolaire, dénonçant des classes « bouilloires » et une gestion trop variable d’un établissement à l’autre. SUD Éducation dénonce de son côté « un manque d’anticipation face à des épisodes appelés à se répéter ».

    Le coût du retard

    Le paradoxe est que l’Éducation nationale dispose depuis mai d’un plan de gestion des vagues de chaleur. Il prévoit l’identification des établissements les plus vulnérables, l’aménagement des horaires et des espaces et, en dernier recours, la fermeture lorsqu’aucune solution ne permet d’accueillir élèves et personnels en sécurité. Mais aucun seuil n’impose automatiquement d’arrêter les cours : à 33, 35 ou 36°C, les décisions restent donc largement prises au cas par cas.

    La Région Occitanie a annoncé, en réponse, 10 millions d’euros supplémentaires au budget 2027 pour les lycées, tandis que le Gard a commandé 100 brasseurs d’air pour dix collèges. À Nîmes, la Ville prévoit de rénover énergétiquement six écoles par an et de renforcer végétalisation et protections solaires. Mais ces efforts locaux se heurtent au recul des moyens nationaux : l’enveloppe dédiée à l’adaptation des bâtiments scolaires a été amputée de 40 millions. Or le mercure, lui, rappelle à chaque rentrée l’urgence des travaux.

  • [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    Cette importance accordée aux enseignants reste très présente dans la Chine d’aujourd’hui. Le président chinois Xi Jinping a déclaré : « Rencontrer un bon enseignant est une chance dans la vie d’une personne ; pour une école, avoir de bons enseignants est un honneur ; et pour une nation, voir émerger sans cesse de nouvelles générations de bons enseignants représente un espoir pour son avenir. »

    En Chine, le respect pour les enseignants ne date évidemment pas de la création de cette journée. Il s’inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne, notamment marquée par Confucius, penseur chinois né il y a plus de 2 500 ans, que les Français connaissent également assez bien.

    Confucius accordait une importance fondamentale à l’éducation. Pour lui, apprendre ne consistait pas seulement à accumuler des connaissances. Il s’agissait aussi d’apprendre à devenir une personne meilleure, à comprendre les autres et à trouver sa place dans la société.

    L’une de ses phrases les plus célèbres reste aujourd’hui familière à presque tous les Chinois : « N’est-ce pas une joie d’accueillir des amis venus de loin ? »

    Ce simple mot, « joie », dit peut-être quelque chose de plus profond sur la pensée chinoise.

    La philosophie de Confucius insiste beaucoup sur les relations entre les êtres humains : le respect, la bienveillance, la responsabilité envers les autres, mais aussi la recherche d’un certain équilibre. Le concept de « juste milieu », que l’on associe souvent à la pensée confucéenne, ne signifie pas l’absence de position ou de caractère. Il invite plutôt à éviter les excès, à prendre en compte les circonstances et à chercher une manière harmonieuse d’agir.

    18,7 millions de professeurs

    Cette importance accordée à l’éducation se reflète aussi dans la réalité d’aujourd’hui. La Chine compte plus de 18,7 millions d’enseignants à temps plein dans les différents niveaux d’enseignement. Parmi eux, près de 10,7 millions travaillent dans l’enseignement obligatoire, principalement dans les écoles primaires et les collèges. Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du système éducatif chinois, mais aussi du rôle considérable que jouent les enseignants dans la société.

    De Confucius aux salles de classe d’aujourd’hui, une même conviction semble ainsi traverser les siècles : l’éducation ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à former des personnes et, à travers elles, à préparer l’avenir d’une société. C’est peut-être aussi pour cela qu’en Chine, chaque 10 septembre, rendre hommage aux enseignants dépasse largement le cadre d’une simple célébration.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Il aura fallu 20 ans pour que la coopérative « al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », voie le jour. C’est au sein de ce bien de 17 hectares situé à Maiano di Sessa Aurunca, dans la province de Caserte, saisi après l’arrestation d’un chef mafieux en 1991, comme le permettait déjà la loi italienne, puis définitivement confisqué en 1994, que les éducateurs marseillais ont été accueillis, durant une semaine, pour un échange d’expériences sur la lutte contre le narcotrafic.

    Un chantier saboté

    Ils ont notamment pu rencontrer Simmaco Perillo, son président et fondateur. Un témoignage « fort » nous confie l’un des éducateurs, Mohamed Benmeddour. Transférée à la municipalité en 1998, la propriété a été abandonnée jusqu’en 2005. Une époque où « parler de la Camorra était encore très difficile : c’était un sujet tabou et parfois même dangereux », explique le président de la coopérative, qui dépose pourtant un projet, accepté et financé par l’Europe. Mais il lui faudra s’armer de patience et surtout de courage.

    L’appel d’offres lancé par la municipalité pour rénover le bâtiment est remporté par une entreprise liée au clan des Casalesi, l’un des clans les plus puissants de la Camorra à Caserte. Le chantier est « réalisé de manière absurde » constate Simmaco, avec « par exemple les toilettes destinées aux personnes handicapées, mais pas accessibles en fauteuil roulant. Des fenêtres cassées, un système de chauffage qui ne fonctionnait pas avec des tuyaux qui entraient dans les murs, mais ne menaient nulle part ».

    Simmaco signale les vices, le responsable des travaux publics de la municipalité est arrêté, l’enquête révélant sa proximité avec le clan. De quoi comprendre « quelque chose de très important », estime l’associatif : « Le mafieux n’était pas nécessairement le personnage correspondant au stéréotype traditionnel. Il pouvait aussi être un fonctionnaire municipal, bien habillé, avec une voiture et une cravate ». Une quinzaine de jours après avoir obtenu officiellement les clés, le 16 janvier 2009, des inconnus entrent dans le bâtiment et détruisent tout avant de disparaître. En « colère et frustré », Simmaco décide de planter sa tente et de vivre sur les lieux. Il sera rejoint par une quarantaine de jeunes de Maiano. Malgré les intimidations, « avec le temps, les choses ont changé », se félicite-t-il, heureux d’avoir gagné la confiance des habitants.

    À la fois projet de réinsertion sociale, lieu de vie et de soins pour les plus précaires, la coopérative s’inscrit aussi dans l’agritourisme, proposant produits bios et restaurant. Elle propose des formations, y reçoit les écoles. Et ce n’est qu’un début. Depuis août 2025, la coopérative est propriétaire d’un autre site saisi à un entrepreneur en lien avec la Camorra, trois villas à Baia Domizia, avec vue sur la mer. Elle imagine en « faire un lieu polyvalent pour accueillir les jeunes de la région et y organiser des activités musicales, des débats et des initiatives sociales ».