à quelques semaines de l’échéance électorale du 29 novembre, les partis à gauche du PSOE ont constitué samedi à Madrid le Frente Amplio (Front Large) composé d’une quinzaine de partis emmenés par Izquierda Unida, Mas Madrid, Comuns, Movimiento Sumar. C’est au cours d’un meeting au parc Lineal del Manzanares de Madrid que les principaux dirigeants de ces formations ont officialisé Frente Amplio qui se veut comme la principale alternative au PSOE et réclame l’unité pour faire « face au fascisme ».
Cette volonté unitaire, est malheureusement contrariée par l’attitude persistante de Podemos à jouer sa propre carte aux côtés de ERC, gauche républicaine catalane dont le leader est Gabriel Ruffian. à quelques kilomètres du meeting de Frente Amplio, Irene Montero et Ione Belarra dirigeantes de Podemos présidaient, au même moment, un conseil citoyen du parti au cours duquel elles ont reproché à Frente Amplio d’avoir passé un accord avec le PSOE pour des candidatures communes au Sénat.
à noter que Podemos et les formations soutenant Frente Amplio iront ensemble aux élections dans la communauté valencienne et aux Canaries, où des accords ont pu être conclus. Mais, pour Podemos et ERC l’objectif est de gagner des sièges à Madrid et Barcelone, et ces deux partis estiment qu’en participant à Frente Amplio ils seraient sous-représentés, un calcul qui sacrifie une large union au plan national, au profit d’éventuels sièges gagnés au parlement. Lors de leur meeting, les dirigeants de Frente Amplio ont soigneusement évité toute polémique avec Podemos, en leur laissant la porte ouverte. Cette situation rend plus difficile la campagne qui est déjà lancée avec une droite et une extrême droite qui caracolent en tête des sondages.
Les dirigeants de Frente Amplio, devant plus d’un millier de participants au meeting de Madrid ont préféré délivrer des messages de mobilisation. Pablo Bustinduy (Sumar) actuel ministre des droits sociaux a lancé « nous avons 43 jours devant nous pour mobiliser la classe des travailleurs. Ils nous voudraient les bras croisés et c’est le contraire qui va se produire. Ne nous laissons pas distraire, en avant pour défendre les travailleurs jusqu’à la victoire ». Toni Valero, le porte-parole de Izquierda Unida au sein de Frente Amplio soulignait pour sa part que « la politique c’est aussi de la générosité, la politique est pleine de gens simples qui font bien les choses. Ici se trouvent les gens organisés, ici c’est le Frente Amplio ». Le représentant de mas Madrid, Tesh Sidi, dans son intervention constatait l’absence de dertaines organisations mais dit-il « nous sommes 15 organisations politiques qui veulent arrêter le fascisme, et pour qu’aucun vote progressiste n’aille à la poubelle ».
Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone et membre de Comuns qui a été désignée comme candidate à la présidence du gouvernement pour les prochaines élections sous la bannière de Frente Amplio, a été reçue chaleureusement par les quelque 1 500 participants au meeting. La charismatique candidate, connue pour ses combats en faveur du droit au logement a notamment déclaré « la majorité sociale vit avec, en tête, constamment le souci du logement (…) nous sommes les locataires et petits propriétaires des quartiers et des villages ceux qui savons qu’avec de tels prix on ne peut continuer à vivre ainsi… » un discours qui fait écho dans la société espagnole quand on sait que c’est la crise du logement et l’expulsion de Maricarmen, décédée depuis, qui a provoqué la convocation d’élections législatives anticipées par le chef du gouvernement Pedro Sanchez.

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