Tag: Madrid

  • L’humanisme papal face aux réactionnaires

    L’humanisme papal face aux réactionnaires

    Depuis son arrivée à Madrid le 6 juin, le Pape a rencontré des dizaines de milliers de jeunes lors d’une veillée, puis plus d’un million de fidèles pour une messe géante place de Cibeles dans la capitale, il aura rencontré le Roi, le chef du gouvernement Pedro Sanchez, tous les représentants politiques de tous les partis, il est intervenu au Parlement, une première. Rencontre aussi avec des représentants du monde de la culture, comme Antonio Banderas ou encore Bad Bunny. Autant d’occasions pour que celui-ci, à chaque fois, délivre un message de concorde et de paix. Il aura, à la fois appelé à rejeter les discours identitaires et appelé à la solidarité internationale et au multilatéralisme.

    Bien sûr, il a parlé religion, appelé à renouveler la foi catholique, dans un pays si fortement imprégné par le catholicisme, malgré tout en perte de vitesse. Puis à Barcelone, il a inauguré la plus haute tour de la Sagrada Familia et s’est rendu au Monastère de Montserrat où les dénonciateurs des crimes pédophiles de l’Église sont restés sur leur faim. Le souverain pontife a clairement dénoncé cette plaie ouverte en amont de cette visite, mais pas sur le lieu le plus tristement connu pour ces crimes. Cette visite, au-delà de l’hypocrisie ambiante, manifestée par les représentants politiques de droite et extrême droite, qui cachaient mal leur désarroi sur l’évolution de l’Église concernant des sujets tels l’immigration, où l’exigence d’un nouvel ordre mondial multilatéraliste, aura marqué un tournant historique par les messages sans ambiguïtés du Pape. L’Église qui maintient un pouvoir influent dans le monde, est fortement traversée par la volonté de paix et de justice des peuples, ce qui n’empêche pas des divisions internes avec une partie de l’Episcopat espagnol dans la mouvance nationale catholique, qui ne voit pas d’un bon œil les évolutions progressistes portées par Léon XIV.

    L’extrême droite espagnole, qui semble faire bonne figure, constate une fois de plus des divergences de fond avec le Vatican, notamment sur les questions de l’immigration qui viennent contrarier la campagne de Vox, ralliée par le Parti Populaire dans certaines régions sur « la priorité nationale ». Il y a quelque temps, Santiago Abascal leader de Vox, avait accusé les évêques de se taire face à « l’invasion musulmane ».

    Vendredi, tout ce que compte l’Espagne de nostalgiques de la race pure, du franquisme, adeptes de l’intolérance, en ont eu pour leur compte avec le point final de la visite du Pape. Celui-ci a réitéré lors de sa rencontre avec des migrants, et des associations « qu’une conscience humaine, et encore plus une conscience chrétienne, ne peut rester indifférente face aux victimes des naufrages et du manque d’aide, devant ces cimetières de la mer ». Et d’ajouter : « Chaque vie perdue sur ces routes est un échec pour la famille humaine. » Une bataille prioritaire pour le Pape qui a rejoint Rome vendredi après-midi et qui se rendra le 4 juillet prochain sur l’île italienne de Lampedusa, symbole de la tragédie migratoire en Méditerranée.

  • Léon XIV chez lui en terre hispanique

    Léon XIV chez lui en terre hispanique

    Il est arrivé samedi matin à Madrid pour une visite qui s’achèvera aux îles Canaries le 12 juin. Le Pape Léon XIV, s’est rendu tout d’abord au Palais Royal, où il a rencontré le Roi et la Reine pour une visite de courtoisie en présence de nombreuses personnalités politiques, dont l’actuel chef du gouvernement, Pedro Sanchez. Présents notamment, Isabel Diaz Ayuso (Parti Populaire) la présidente de la communauté de Madrid, Alberto Feijoo le président du Parti Populaire et Santiago Abascal président de Vox (extrême droite). En fin de journée, il s’est rendu dans un centre d’accueil de migrants et de sans-abri, avant de participer à une veillée-prière avec des milliers de jeunes, place de Lima.

    Dimanche, il a célébré une messe devant des centaines de milliers de Madrilènes, selon les organisateurs, place de Cibeles, au cours de laquelle il a dit clairement que la religiosité n’est pas « un musée du passé qu’il faudrait visiter » et aussi que « les chrétiens sont appelés à être présents dans les défis de la société et dans la construction du bien commun. Personne ne doit s’agenouiller devant le Seigneur en ignorant son frère ».

    Lors de sa rencontre, samedi, avec le roi Felipe VI, le Pape a lancé un appel à fuir les discours identitaires « qui semblent limpides, mais qui peuplent le monde de fantômes et ennemis. Ce n’est pas la culture de l’affrontement, mais celle de la rencontre qui génère stabilité et prospérité ». Cet appel, selon le Journal La Vanguardia, a certainement sifflé aux oreilles du leader d’extrême droite Santiago Abasca qui, selon le quotidien, regardait le plafond au moment de cette déclaration… Puis le pape a salué « l’engagement du pays pour la paix et la solidarité entre les peuples », ajoutant : « J’exprime ma gratitude pour votre fidélité au droit international et au multilatéralisme, qui se traduit par un engagement actif pour la paix et la solidarité entre les peuples. »

    Ce qui est frappant, c’est l’impression que donne le souverain pontife qui semble être ici comme chez lui, à l’aise, et ne se privant pas de donner son opinion sur tous les sujets. Il n’ignore pas les tensions politiques intérieures entre le gouvernement de coalition de gauche, et une droite et extrême droite dont les propos, notamment sur la priorité nationale et contre les mesures de régularisation de l’immigration, sont souvent d’une grande violence, ni que ces mêmes politiques du PP et de Vox sont des admirateurs de Trump. Léon XIV, aux origines hispano-américaines, n’en a cure et il a choisi l’Espagne pour dire ce que, selon lui, doit être un nouvel ordre mondial multilatéraliste.

    Les abus sexuels et la pédophilie dans l’Église sont un autre sujet que devrait aborder le Pape lors de son séjour. D’ailleurs, il devait répondre à ce propos à des journalistes lors du vol vers Madrid, « la pédophilie dans l’Église catholique reste une plaie encore ouverte », soulignant qu’il continuera à lutter contre ce phénomène.

    Ce lundi, le pape rencontrera Pedro Sanchez, président du gouvernement. Il s’exprimera également aux Cortes. Mardi 9 juin, Léon XIV s’envolera pour Barcelone. Mercredi, il visitera le centre pénitentiaire Brians 1, situé au nord-ouest de Barcelone. De là, il se rendra à Montserrat, plus au nord. De retour à Barcelone, il présidera la messe dans la basilique de la Sagrada Familia et inaugura, à cette occasion, la Tour de Jésus-Christ, tout juste achevée, qui culmine à plus de 172 mètres d’altitude.

    Jeudi 11 juin, le pape s’envolera pour l’île de Las Palmas de Gran Canaria, l’un des principaux points d’entrée vers l’Europe. La parole du pape sur les migrants sera très attendue. Vendredi 12 juin, le pape se déplacera sur l’île de Santa Cruz de Tenerife. Il échangera avec des migrants puis avec les organisations œuvrant pour l’intégration de ceux-ci, avant de regagner Rome en début de soirée.

  • L’OM prêt à bousculer le champion d’Europe

    L’OM prêt à bousculer le champion d’Europe

    Si l’hymne ne sera pas joué, le duel de dimanche aura les saveurs de la Ligue des Champions.

    Cinq jours après avoir tenu tête au Real en ouverture d’une C1 qu’ils retrouvaient, les Olympiens vont accueillir le tenant de la Coupe aux grandes oreilles. Une première dans l’histoire du football français où deux porteurs d’étoile sur le maillot vont s’affronter.

    C’est le Vélodrome qui sera le théâtre de ce rendez-vous historique. Pour l’OM, ce sera une occasion en or de marquer les esprits. Car, même s’ils sont loin d’être favoris, les hommes de Roberto De Zerbi ont une double revanche à prendre et comptent bien, cette fois, ne pas rater leur rendez-vous.

    La saison dernière, le Classique avait duré à peine vingt minutes. Le temps pour François Letexier de brandir le carton rouge sous le nez d’Amine Harit. L’arbitre venait de déséquilibrer ce qui devait être un choc. Finalement gagné sans forcer par le PSG (3-0).

    « Nous serons bien mieux préparés que l’an dernier car il y a ce match contre le Real qui va nous servir », admet Gerónimo Rulli. Car, malgré la défaite, l’OM a apporté des réponses sur sa capacité à hausser son niveau de jeu dans les grands moments.

    En faisant douter le Real dans son stade, les hommes de Roberto De Zerbi ont posé un jalon important pour la suite de leur saison. « Je ne peux pas me satisfaire de ce que j’ai vu à Madrid, car c’est avant tout une défaite. Mais je me dis qu’il a fallu du temps à Pep Guardiola pour fabriquer Manchester City ! »

    Néanmoins, ce qu’il a vu à Santiago Bernabéu le conforte dans l’idée que l’équipe « est plus forte cette saison, avec plus de joueurs expérimentés. Il nous faut maintenant trouver la langue commune pour aller au bout ».

    Lors du dernier match au Vélodrome, Lorient n’a pas pesé lourd, défait 4-0. Le PSG, même privé de ses meilleurs éléments offensifs, ce sera autre chose. Et, afin d’éviter les buts stupides qui ont coûté cher, comme à Rennes ou Lyon, « il nous faut trouver le point de rencontre et ne pas laisser de profondeur, comme nous l’avons fait face à Kylian Mbappé », souligne l’Italien.

  • Le penalty qui ne passe vraiment pas du côté olympien

    Le penalty qui ne passe vraiment pas du côté olympien

    C’est l’action de la soirée qui a entraîné bien des regrets et doutes.

    Lorsque Istvan Peljto, après consultation de l’assistance vidéo, offre un second penalty à Kylian Mbappé, l’arbitre voyant une faute de main sur la chute de Facundo Medina, bousculé par Vinicius. Pour Roberto De Zerbi, il n’y a pas à hésiter. « Je pense qu’il n’y a pas penalty, c’est honteux, je suis désolé de le dire. Je l’aurais dit même si c’était de mon côté. »

    Du côté des observateurs présents au stade, il y a une certitude. « Pas de penalty, mais peut-être une compensation pour le carton rouge donné à Carvajal » ont confessé plusieurs journalistes espagnols ainsi qu’Ivan Guti, ancien joueur du Real, du temps des Galactiques.

    « Je ne veux pas faire de connexion »

    Cette décision ravive les doutes sur le supposé privilège dont bénéficierait la « Maison blanche » auprès du corps arbitral. En championnat d’Espagne, chaque sortie du Real connaît au moins une décision contestable. Mais mardi, Roberto De Zerbi a tenu à tempérer son propos. « L’arbitre est Bosnien, je ne veux pas faire une connexion. »

    Néanmoins, le doute demeure dans les esprits marseillais. Comme l’a fait savoir Medhi Benatia. « Subir un tel penalty, c’est un peu dur. Le joueur est sur le ballon, et le sanctionner me semble très sévère. »

    Samir Nasri est quant à lui plus direct. « Pour n’importe quelle équipe, on serait en train de crier au scandale. J’aimerais bien écouter les explications de l’arbitre pour savoir pourquoi il siffle penalty ! » a commenté le consultant de Canal+, diffuseur de la rencontre.

    Du côté du Real Madrid, Xabi Alonso a botté en touche sur la question. « Je n’ai pas revu les images. Je ne peux donc pas me prononcer sur la question », a répondu l’entraîneur des Merengues.

  • L’OM a pris sa première leçon européenne au Real

    L’OM a pris sa première leçon européenne au Real

    « Nous les avons peut-être trop regardés et été victimes du syndrome Bernabéu » Medhi Benatia

    Entamer sa campagne de retour en Ligue des Champions, c’est un peu comme si un élève de CM2 passait directement au lycée.

    Les Olympiens appelés à disputer le match d’ouverture à Santiago Bernabéu sont apparus pleins de bonnes volontés. Ils ont même su se surpasser à certains moments de la soirée, poussés par l’important contingent de supporters qui avaient fait le voyage. Malheureusement, il y a eu quelques petits moments de déconcentration payés au prix fort.

    Comme un écolier qui débarque dans la cour des grands, les Phocéens ont eu besoin d’un gros quart d’heure pour prendre la mesure de ce qu’ils vivaient. « Nous avons peut-être trop regardé le Real à ce moment-là, en étant victime du syndrome de Bernabéu », a reconnu Medhi Benatia. Il a sans doute revu ses premiers pas au plus haut niveau, avant qu’il ne devienne un taulier au Bayern ou à la Juventus.

    De son côté, Roberto De Zerbi estime plutôt que ses joueurs « ont eu un peu d’appréhension lorsqu’ils sont entrés sur la pelouse ». Pour l’entraîneur marseillais, la bascule a été l’expulsion de Dani Carvajal. « C’était le moment de prendre plus de risques. Nous aurions pu gagner, c’est dommage. »

    Abonnement régulier

    L’OM, en tant qu’intermittent de la Ligue des Champions, est visiblement loin d’une équipe comme le Real, qui non seulement y participe chaque saison, mais qui est aussi une des rares à pouvoir prétendre à une victoire finale dès la première journée. Malgré des participations régulières aux autres compétitions européennes, une finale et deux demi-finales, perdues, ces dernières années, cette expérience n’est pas suffisante pour exister en Ligue des Champions.

    Les Olympiens ont pu s’en rendre compte lors de leurs dernières participations. S’ils sont restés une équipe de haut niveau, ils doivent désormais réapprendre le très haut niveau. Ce qui passe par un abonnement régulier à l’épreuve.

    Roberto De Zerbi s’interroge sur les progrès à réaliser. « Je ne sais pas ce qu’il nous a manqué », soupire-t-il. Il revoit la seconde période, durant laquelle son équipe aurait pu faire la bascule positive. « Après le rouge, j’aurais aimé voir quelque chose d’autre. Je ne sais plus combien de minutes se sont écoulées entre cette expulsion et le penalty, mais j’aurais aimé voir plus de fierté, d’ambitions. »

    Quant au fait d’être en mesure de hausser le rythme, de répondre à l’exigence du très haut niveau, il est franc. « Nous sommes conscients que ce type de match doit être notre normalité. Quand vous vous habituez à jouer ce type de match, vous affrontez les choses différemment. Je pense au PSG maintenant. »

    Le PSG qui sera le prochain adversaire, dimanche au Vélodrome. L’OM aura là l’occasion de disputer son second match de Ligue des Champions. Même de manière officieuse, ce sera une manière de voir si la première leçon de très haut niveau reçue à Madrid a été retenue. Avec une touche d’espoir chez Roberto De Zerbi. « J’ai une grande équipe, très forte. Nous avons joué à notre niveau maximal au Real. Maintenant, j’espère que nous pourrons continuer à travailler dans ce sens. »

    Il admet ne pas être devin. « J’ignore ce que nous allons faire dans le futur, mais j’espère que nous arriverons à un niveau très haut. Nous avons bien travaillé à Madrid, j’ai aimé la manière dont nous avons joué. Maintenant, il nous faut voir le niveau que nous pourrions atteindre. »

  • L’OM pas récompensé face au Real Madrid

    L’OM pas récompensé face au Real Madrid

    Annonçant un OM sans peur au moment de défier le Real, Roberto De Zerbi se devait aussi de trouver onze chevaliers du Guesclin sans reproches pour relever le gant. Il les a eus, mais cela n’a pas suffi pour déjouer les pronostics.

    Devinant que le schéma imaginé risquait de faire vivre à son équipe un nouvel Azincourt, l’Italien a rapidement revu sa copie. En faisant monter Timothy Weah d’un cran, il a eu du flair. Car, la réception d’un ballon gratté par Mason Greenwood, l’international états-unien a fait trembler le filet de Thibaut Courtois et frissonner les supporters madrilènes.

    Et oui, sur le premier tir marseillais cadré de la soirée, l’OM ouvrait le score. Alors que le Real avait déjà achoppé trois fois sur la muraille Gerónimo Rulli. Le gardien olympien qui, malgré un but encaissé sur penalty, face à l’inévitable Kylian Mbappé, sera finalement le Phocéen de la première période, avec ses dix arrêts, égalant un record datant de 2003.

    Au fil des minutes, on devinait un regain de confiance chez des Olympiens de plus en plus entreprenants. Ils sentaient la possibilité de faire mieux que tenir le 1-1, face à des Merengues souvent brouillons dans leurs dernières intentions de jeu.

    Si Gerónimo Rulli réalisait encore quelques parades décisives, il obtenait l’expulsion de Dani Carvajal, obligeant le Real à terminer la rencontre à dix. Cela aurait pu être une bonne nouvelle. Surtout après que Pierre-Emerick Aubameyang a eu la balle pour redonner l’avantage aux Marseillais. Tout comme l’aura Mason Greenwood à l’entame du money-time.

    Malheureusement, entre ces deux occasions franches, dans lesquelles Thibaut Courtois avait su lire la bonne trajectoire des frappes marseillaises, Kylian Mbappé se voyait offrir sur un plateau un second penalty. L’ancien Parisien, bourreau traditionnel de l’OM lorsqu’il évoluait en Ligue 1, ne se faisait pas prier pour tromper une seconde fois Gerónimo Rulli.

    Comme en première période, l’Argentin était parti du bon côté. Sur cette seconde action, il a même effleuré le ballon. Mais il y avait trop de puissance pour qu’il réussisse son arrêt.

    Kylian Mbappé venait d’inscrire ses onzième et douzième buts aux dépens de l’OM. Ainsi, après Monaco et le PSG, il prolonge son invincibilité aux dépens de Marseillais. Alors que ces derniers ne méritaient vraiment pas de connaître un tel scénario.

    « Deux occasions où Thibaut Courtois avait su lire la bonne trajectoire des frappes marseillaises »

  • Douche froide pour les Olympiens

    Douche froide pour les Olympiens

    Dès le coup d’envoi, le souci des Olympiens a été double. Dans un premier temps, il leur fallait tenter de mettre le pied sur le ballon. Chose qui n’a pas été aisée face à un Real rapide à se projeter vers la surface marseillaise.

    Néanmoins, comme lors de la première prestation de l’OM en 2003, les Phocéens allaient ouvrir le score, alors que le Real semblait intouchable. Mais, comme pour la bande à Didier Drogba, celle de Timothy Weah ne tenait l’avantager que cinq minutes. Le temps pour Kylian Mbappé d’obtenir le penalty de l’égalisation.

    Cette mésaventure avait montré la capacité de l’OM à surprendre un adversaire sûr de lui. Et qui restait le plus souvent très pressant sur le but de Gerónimo Rulli, auteur de dix arrêts en première période.

    Malheureusement, alors que l’OM a eu des balles pour reprendre le score, un second penalty permettra à Kylian Mbappé de donner une victoire inespérée à son équipe. Alors que les Marseillais méritaient mieux.

  • Quand Santiago Bernabéu prend un petit air de stade Vélodrome

    Quand Santiago Bernabéu prend un petit air de stade Vélodrome

    À l’heure de l’apéro, alors que les cañas de Mahou commençaient à partir comme des petits pains, Madrid s’est teinte en bleu.

    La couleur des maillots et t-shirts portés par la masse des quelque 4 000 supporters marseillais qui avaient convergé vers la capitale espagnole. « Nous sommes là pour faire la fête, et voir gagner l’OM. » Ce petit groupe, attablé à une terrasse de la Plaza Mayor, rêve de l’exploit.

    À partir de 16h, c’est la ligne 10 du métro, qui dessert notamment Santiago Bernabéu, qui se charge petit à petit de ces petits êtres en bleu. Eux descendent à Cuzco, une station plus loin que le stade, pour converger vers l’avenue du Brésil.

    Clin d’œil, c’est par l’avenue de Saint-Germain (sans Paris !) qu’ils ont dû transiter à la sortie du métro. Sous le regard des passants et automobilistes prenant leur mal en patience, bloqués par les forces de l’ordre.

    Comme prévu, à 18h, le cortège s’est élancé, direction Santiago Bernabéu. Une progression par petits pas, avec de nombreux stops. Étroitement encadrée par la police montée. Et quand, à l’approche du stade, le Commando Ultra a sorti sa banderole historique, les choses ont failli déraper.

    Bâche bannie

    En cause, la fameuse tête de mort stylisée, qui en 2008, avait déjà eu des conséquences néfastes. Après quelques fumigènes et une charge de police, ladite bâche a été repliée, et c’est une autre, clamant « bâche bannie, Ultras toujours présents », qui a été déployée dans le parcage visiteurs.

    Avant même le coup d’envoi, les 4 000 voix ont résonné au diapason, aidées par la toiture refermée du stade. Et même s’ils étaient en minorité, ce sont les chants marseillais qui ont le plus été entendus tout au long la soirée. Sans oublier la clameur qui a accompagné l’ouverture du score par Timothy Weah.

    Il est clair que, dans les tribunes, la victoire est revenue aux supporters Olympiens en ce premier déplacement de la Ligue des Champions. Le temps d’une soirée, ils ont transporté la ferveur du Vélodrome à Madrid.

  • Real Madrid 3 (0)

    Real Madrid 3 (0)

    Eux aussi étaient lancés dans l’arène européenne, avec un immense défi à relever, comme leurs aînés. Les Minots se rendaient, ce mardi, à l’Estadio Alfredo di Stefano pour affronter les U19 (moins de 19 ans) du Real Madrid. Une première journée de la Youth League comme un premier petit pas sur la longue route menant à la finale à quatre de Nyon (Suisse), en avril 2026. Dans la capitale espagnole, les jeunes marseillais ont été battus après avoir mené deux fois au score
    (2-3). Des regrets après une prestation solide.

    Favori de cette confrontation, les jeunes Madrilènes ont mis le pied sur le ballon pendant une majeure partie de la première période. Certaines de leurs accélérations auraient pu être fatales aux Phocéens, mais le gardien, Yassine Badaoui, s’est interposé par deux fois. L’international U17 marocain a bien gardé sa cage durant 45 minutes, stoppant les tentatives adverses avec assurance. Côté OM, les occasions étaient également présentes, malgré moins de possessions. Les jeunes Marseillais étaient récompensés juste avant la pause, avec une réalisation de Tadjidine M’Madi, après un une-deux avec Antoine Valero (45e).

    Les Marseillais repartaient sur les mêmes bases au retour des vestiaires, avant une improbable situation. Suite à un nouvel arrêt de Badaoui, Gianni Calisto veut tacler le ballon en étant au sol et lobe son coéquipier. Une malheureuse mésaventure et une égalisation pour les locaux. Les Olympiens ne se sont pas avoués vaincus pour autant. Sur des contre-attaques, ils se sont montrés dangereux. Il y a eu, parfois, un manque de lucidité dans les derniers mètres, mais les jeunes du coach Lasaad Hasni ont frappé à nouveau. Sur un centre venu de la droite, Tadjidine M’Madi a repris d’un plat du pied droit la balle, clouant le gardien adverse sur sa ligne. Un doublé pour lui, avant d’attaquer les vingt dernières minutes.

    Une seconde période crève-cœur

    La fin de partie est cruelle pour les U19 de l’OM. Roberto Martin a permis aux Espagnols d’égaliser avant que le Real se voie offrir un penalty légitime avant le temps additionnel. Même en Youth League, les Madrilènes savent comment renverser les matches. Les Marseillais reviennent frustrés de ce déplacement.

    1ere journée de la Youth League

    Stade Alfredo di Stefano

    Buts : M’Madi (45e, 73e) ; Calisto (CSC, 59e), Martin (81e), Barroso (sp, 88e)

    Real Madrid : Navarro – Javi Bailon, Seco, Nkoghe, Valdepenas – Perez, Martinez Perez, Carlos Diez, Izan Regueira, Navascues – Sanz

    Entraîneur : Julian Barahona

    Marseille : Badaoui – Calisto, Camara, N’Zinga Pambani, Clément – Sellami, Issanga – Corbon, M’Madi, Bezahaf – Valero

    Entraîneur : Lasaad Hasni

  • À Marseille, la ville a vibré pour son équipe

    À Marseille, la ville a vibré pour son équipe

    Ils étaient 4 000 à Madrid mais plusieurs dizaines de milliers à pousser leur équipe depuis Marseille. Bars et restaurants étaient pleins un peu partout dans la ville. Le Black Stone, dans le 9e arrondissement, avec une demi-douzaine d’écrans, a accueilli de nombreux fans pour cette rencontre contre le Real. Avant le match, les supporters étaient entre peur et confiance. Une attitude paradoxale. Aurélien, bientôt 30 ans, est fan de l’OM depuis toujours. « Beaucoup d’espoirs, mais il y a plein de nouveaux joueurs donc on va voir ce que ça donne. Il faut avoir de l’humilité mais aussi de l’espoir », raconte-t-il. Loïc, lui aussi né avec le bleu et blanc dans le sang, est encore plus confiant. « Je pense que ça peut être un jour historique pour l’OM. J’ai un peu peur de Mbappé, mais on peut le faire. »

    22e minute, coup de climatisation à Madrid, coup de tonnerre sur la Canebière. Un « qui ne saute pas n’est pas marseillais » est lancé à la suite de l’ouverture du score inattendue de Timothy Weah. Une avance ayant duré six minutes, mais qui suffit au bonheur de tous.

    Rulli fait craquer Carvajal

    L’espoir était vraiment permis après cette première période assez prometteuse. À l’heure de jeu, les Marseillais arrachaient encore un point au Santiago Bernabeu et une explosion s’est entendue au moment du carton rouge de Dani Carvajal, suite à un coup de tête sur le gardien Gerónimo Rulli. « On peut voir venir en Ligue 1, même contre le PSG, ce dimanche » entend-on à travers le bar.

    Le désarroi suivra suite à ce nouveau penalty obtenu par les Madrilènes. « C’est impossible de siffler ça », « la règle a changé », les fans y ont cru pendant très longtemps à ce point, au minimum, sur la pelouse du Real. Mais avec la Maison Blanche, les scénarios sont souvent cruels dans la plus belle des compétitions de clubs.