À Brignoles, les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires, la Confédération paysanne, ainsi que les fédérations de parents d’élèves FCPE et UPI ont réussi à construire un appel commun, là où les initiatives peinaient à se coordonner ailleurs dans le département.
« La particularité d’aujourd’hui, c’est que tout part du mouvement lycéen », souligne Quentin Dauphiné, militant de la FSU et enseignant au lycée de Saint-Maximin. Pour lui, cette journée marque un tournant : « On parle souvent de convergence des luttes, mais là, on la réalise. » Au-delà des conditions d’études, il voit dans la mobilisation des jeunes l’expression d’un « ras-le-bol par rapport à la société telle qu’ils la voient évoluer ».
Sur le terrain, les témoignages donnent corps à cette colère. Aela, éducatrice spécialisée et représentante de parents d’élèves à la FCPE, dénonce un lycée Gianetti à Saint-Maximin prévu pour 1 200 élèves, mais qui en accueille 1 600, avec des classes à 38 élèves.
Kelly, lycéenne, illustre concrètement ces difficultés : son professeur de français est absent depuis la rentrée et n’a toujours pas été remplacé.
«C’est important d’être là parce que le gouvernement nous prépare encore un budget austéritaire et sans doute un des plus violents de ces dix dernières années de la Macronie», explique Corine Perrier (CGT)
Et d’ajouter : « L’idée aussi, c’est de ne pas laisser l’extrême-droite s’emparer de ce 17 octobre surtout dans notre territoire où elle est quand même ultra-puissante.»
La représentante syndicale toire insistant sur l’urgence de démasquer partout cette « arnaque sociale ».
Une préoccupation partagée bien sûr par Pascal Brun de l’association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA), qui rappelle que « la lutte contre l’extrême droite doit se faire sur tous les terrains de la lutte sociale pour dénoncer l’imposture. » Et de poursuivre : « On voit d’ailleurs que les jeunes ne l’oublient pas dans les manifs. Quand on les entend scander Siamo tutti antifascisti ! ça fait plaisir à voir et on se dit que tout n’est pas forcément perdu. »
Plus loin, Florence Venco (Solidaires), témoigne de la dégradation des conditions de travail dans l’éducation et d’une rémunération en tant qu’AESH qui la maintient sous le seuil de pauvreté depuis dix ans. « Je continue de faire ce métier parce que je l’aime et j’y trouve du sens », explique-t-elle, au nom d’un engagement qui touche à l’avenir de la jeunesse.
La convergence se veut aussi politique. Pour Sylvie Vinceneux, secrétaire de la fédération varoise du PCF, « cette jeunesse se conscientise avec des mots d’ordre très politiques qui rejoignent ceux qu’à gauche on peut porter, particulièrement au Parti communiste français ». Et de poursuivre : « Ils disent qu’ils ne veulent pas plus d’une France à 40 degrés que d’une France avec le RN au pouvoir. »
L’avenir de la planète s’invite également dans le cortège. Vincent Arcusa, de la Confédération paysanne, fait le lien entre les inquiétudes des jeunes et celles des agriculteurs face au dérèglement climatique. « On ne peut pas vivre si on ne change pas vraiment les choses », prévient-il. Refusant que les aides liées à la sécheresse soient financées au détriment des agences environnementales, il réclame une autre répartition des richesses : « On demande d’aller prendre le sou là où il y en a, chez les profiteurs de guerre, chez les profiteurs de crise. »
Pour Maylis, lycéenne, cette journée réunit justement « différents combats » : ceux des élèves, des travailleurs, des agriculteurs et de tous ceux qui se mobilisent pour le climat. Elodie, gilet jaune, résume le sentiment partagé : « On n’en veut pas de ce monde, de ces injustices. On ne veut pas que nos jeunes grandissent là-dedans.»
En tout cas ici, comme dans beaucoup d’autres endroits, on a donné l’exemple, avec des manifestants déterminés à mener le combat social mais aussi à ne laisser gâcher l’élan populaire par personne.

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