Une agression raciste dénoncée par trois jeunes hommes

Ces trois jeunes hommes indiquent avoir été pris à partie, insultés et tabassés, samedi dernier, près du campus Schuman. Ils ont porté plainte. Les plaignants rapportent des injures racistes et estiment que l’attaque est liée à leur origine. Rembobinons. Ce même jour, une mobilisation à l’appel du Collectif antifasciste d’Aix, interdite par la préfecture, avait donné lieu à un rassemblement spontané, place de la Rotonde. Celui-ci avait été perturbé par des militants d’ultradroite avant d’être dispersé par les forces de l’ordre.

« Des nuits blanches »

Plus tard dans la journée, celui que nous appellerons Karim rejoint un ami en centre-ville. Tous deux se dirigent ensuite vers le campus Schuman pour travailler chez l’un d’eux, où les attend un troisième ami. Sur le chemin, aux abords de la faculté, Karim se sent « suivi ». Les trois affirment alors subir une attaque en plein jour, par un groupe d’une dizaine de personnes.

Ces faits sont relatés dans le procès-verbal de dépôt de plainte pour « violences volontaires avec arme en réunion en raison de la race », que nous avons pu consulter. Nous avons aussi recueilli son témoignage. Arrivés à hauteur d’affiches RN « à moitié décollées, on s’est posés. Ils ont pu nous rattraper. Alors qu’on a repris notre chemin, quinze personnes arrivent, déroule Karim. Ils nous balancent : “commencez pas à décoller les affiches, bande de gauchistes“ ». Les deux jeunes poursuivent leur route. Alors qu’ils arrivent au point de rendez-vous, selon Karim, la route est barrée. « Ils nous disent d’aller nous cacher derrière la police et les CRS. Là, je fais le lien avec la manifestation du matin. Je leur réponds que tout ça ne nous intéresse pas. J’entends un autre dire : “on s’en fout, on cherche des Arabes“. » Le jeune homme rapporte prendre le premier coup, « à côté de la tempe. Ça me sonne ». Puis « ils sont cinq à me tomber dessus ». Selon lui, les deux autres prennent aussi des coups. C’est une passante, témoin de la scène, qui aurait fait fuir les agresseurs.

Deux des trois jeunes hommes sont transportés à l’hôpital. Karim se voit prescrire trois jours d’incapacité totale de travail (ITT), en attente de réévaluation. À ce jour, il raconte « ne pas avoir pu reprendre une vie normale » : le « mal de tête continue, j’ai beaucoup de douleurs, des nuits blanches ». Il confie également être « choqué que cela ait pu se produire devant une fac… Je ne me sentais pas en insécurité dans une ville comme Aix-en-Provence […]. C’est une atteinte à notre humanité ».

Sollicité, le parquet n’a pas pu nous confirmer avoir reçu la plainte. Le lien entre les attaques et les groupes d’ultra-droite présents lors de la manifestation n’a pas, non plus, été officiellement établi.

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