Tag: agression

  • À Avignon, six mois de prison ferme pour insultes racistes et violences

    À Avignon, six mois de prison ferme pour insultes racistes et violences

    Christian G., 23 ans, a été condamné par le tribunal d’Avignon à six mois de prison ferme pour violences aggravées par deux circonstances suivies d’une incapacité n’excédant pas huit jours, violences suivies d’une incapacité supérieure à huit jours commises avec une circonstance aggravante et en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion, ainsi que violences sur un mineur de 15 ans sans incapacité. De nationalité italienne, il a également été condamné à une interdiction du territoire français pendant cinq ans à l’issue de sa peine.

    Le mercredi 27 mai dernier, deux mères de famille, cousines, font leurs courses dans un Carrefour d’Avignon. Alors qu’elles rangent leurs achats, elles autorisent leurs trois filles, âgées de 8 à 11 ans, à aller observer les animaux du cirque installé à proximité. Selon le dossier, en passant devant une caravane, les enfants sont insultées à plusieurs reprises de « sales nègres » par un homme. Paniquées, elles retournent auprès de leurs mères, qui décident d’aller confronter Christian G. Toujours selon le dossier, alors qu’elles demandent des explications, l’homme s’emporte et pousse d’abord l’une d’elles au sol, puis frappe les deux mères de famille avec ses poings et ses pieds, tout en réitérant ses insultes racistes. Un coup de chaise est même porté à la tête de l’une des deux femmes, engendrant une blessure qui a valu dix jours d’ITT. « C’était tellement violent. Les filles doivent voir un psy, car elles ne comprennent pas pourquoi on leur dit des choses comme ça », lâche, en pleurs, l’une des deux mamans à la barre.

    Deux témoins présents ce jour-là, qui n’ont aucun lien avec les deux mamans, vont dans le sens du récit des victimes. De son côté, le prévenu, toujours détenu depuis les faits, a affirmé depuis le box qu’il « n’est pas coupable ». Il soutient ensuite que ce sont les deux femmes qui l’auraient insulté de « sale gitan ». « Si je les avais vraiment tapées, elles seraient dans le coma », assure-t-il, en rappelant qu’il pèse 115 kg.

    « Pas dans ces sphères »

    L’avocat des victimes, Maître Paul-Roger Gontard, pointe notamment les conséquences pour les mères de famille, tel que « devoir accompagner les filles face à un cauchemar, une peur, qui n’est que la conséquence de ce qui s’est passé ce jour-là ». Rappelant l’histoire du terme « nègre », qui « n’a pas été inventé à Avignon en 2026 », l’avocat a souligné qu’il s’inscrivait dans une longue histoire d’oppression. « Si on ne fait rien face à ce genre de propos, on risque de glisser vers des actes racistes étatiques. On se dirigerait vers des heures sombres », poursuit maître Véronique Marcel, avocate des parties civiles, pour la Ligue des droits de l’Homme. « Le mot “nègre” renvoie à la suprématie blanche, à la négation du statut de l’autre », rappelle la procureure, Sandrine Fabre.

    La défense de Christian G., Maître Jalil Amr, glisse qu’il pense effectivement que l’homme de 23 ans a bien prononcé les insultes à caractère raciste. L’avocat tente toutefois de tempérer en assurant que son client « n’est pas dans ces sphères-là » et que ce « n’est rien d’élaboré ». « Ce monsieur s’insulte lui-même dans ses propos. Il n’a jamais été éduqué », ajoute-t-il. Christian G. a en effet très peu fréquenté l’école au cours de sa vie et n’a jamais entrepris de démarches pour trouver un emploi.

  • Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Pour l’heure, le centre social les pléiades, dans le Haut-Gap, est fermé, la quasi-totalité de son personnel est en arrêt de travail, suite à une agression contre l’équipe du centre survenue mi-juin. Les faits se sont déroulés un lundi après-midi, alors que le centre était fermé. Un des deux agresseurs serait venu à l’entrée du centre, « manifestant une forte hostilité », et « assenant de grands coups de pied dans la porte. » Une personne du centre lui aurait alors ouvert, l’individu serait revenu à plusieurs reprises sur les lieux, proférant des insultes et menaces de mort à l’adresse du personnel. Le deuxième individu, resté dehors, aurait lui « proféré des menaces de mort à caractère raciste visant explicitement les personnes blanches. »

    « Pas de couteau »

    Contrairement au récit de certains habitants du quartier rapporté par le Dauphiné Libéré, la mairie affirme qu’un seul individu s’est introduit dans les locaux, qu’il « n’était pas armé d’un couteau et il n’y a pas eu de menace de brûler le centre social ».

    Pour l’heure, les agents du centre sont en arrêt de travail, l’un d’eux a fait valoir son droit de retrait, rendant de facto le centre social Les Pléiades fermé pour une durée indéterminée. La Ville condamne « avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables », et fait savoir qu’elle apporte son « son plein et entier soutien à tous ses agents, profondément et légitimement affectés par ces faits ».

  • La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    « Humilier n’est pas diriger ». Ces mots peints sur un drap étendu à l’entrée de la clinique Jeanne d’Arc d’Arles, mercredi, donnent le ton du conflit social en cours.

    « La seule demande que nous avons est le départ de notre directeur », indique Violette Vigne, secrétaire CFDT du CSE. À l’appui, une vingtaine de salariés en grève, plus une trentaine en soutien devant les portes de l’établissement en début d’après-midi. La rencontre avec la hiérarchie territoriale a débouché sur la suspension du mouvement, « le temps de voir si leurs directives sont appliquées » au local, selon la déléguée syndicale CFDT Aurore Desgrippes.

    « Nous sommes en conflit permanent depuis un an », relève l’élue au CSE. À tel point que deux mains courantes ont été déposées par deux salariés, dont une pour agression physique, et qu’un troisième a pris les services d’un avocat.

    « Les membres du CSE, vous êtes pas allés à l’école, la syntaxe s’apprend au lycée ». « Elle, elle comprend pas le français, c’est normal ». Telles sont les citations rapportées par les personnels rencontrés.

    « L’absentéisme a triplé »

    En outre, « plusieurs salariés ont été rétrogradés ou mis au placard car notre directeur n’a simplement pas envie de travailler avec », rapporte Violette Vigne. « On parle du bras droit de la direction interdite de sortir de son bureau et exclue de toutes les prises de décision », précise Aurore Desgrippes, indiquant un « absentéisme qui a triplé en un an ».

    Contacté, le groupe Elsan propriétaire n’a pas répondu à nos sollicitations. « Au moindre débordement, on reprend la grève » prévient la déléguée syndicale.

  • À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    À Digne, la secrétaire du PS accuse un adhérent d’agression

    Soutenir ou pas la candidature de Francis Kuhn : cette question a été source de crispations et de tensions importantes pendant la campagne municipale au sein du PS. Alors que certains socialistes ont rejoint, puis quitté la liste de l’ancien premier adjoint, qui comportait également des cadres LR, d’autres, comme la secrétaire locale Sylvie Lyons, étaient vent debout contre cette alliance. Des tensions qui sont allées, selon elle, jusqu’à des agressions physiques. Elle a décidé de porter plainte suite à une agression qu’elle aurait subie d’un adhérent du parti en décembre, pendant le vote pour valider ou pas la présence de socialistes sur la liste de Francis Kuhn.

    « Cela a été extrêmement violent », témoigne Sylvie Lyons, qui parle « d’accès de violence », dit s’être fait « hurler dessus » et avoir pris « un coup sur le bras », ainsi qu’un « flot d’insultes » et « des pressions ». « Ils étaient dans une logique de toute puissance », affirme-t-elle, se disant « victime d’une banalisation croissante de la violence ». La secrétaire locale explique avoir saisi la commission des violences sexistes et sexuelles en décembre. « Ce que je dénonce, c’est le dérapage », avance-t-elle. Elle dit avoir écrit plusieurs fois à Olivier Faure à ce sujet, sans retour de sa part. « Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas de retour, j’ai décidé de porter plainte », relate-t-elle. « Le silence, c’était une violence de plus », lance la secrétaire. Sa plainte fait état de « violences physiques, menaces, intimidations, harcèlement et pressions répétées », ainsi que des « tentatives d’éviction par la contrainte ».

    Dans une lettre, les membres du conseil fédéral relatent « un grave différend » et « la violence choquante des échanges, en particulier à l’encontre de la secrétaire de la section de Digne Sylvie Lyons dont nous avons tous été témoins ».

  • Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme de 40 ans a été poignardée dans le centre-ville de Digne-les-Bains dans la nuit de dimanche à lundi, a expliqué le procureur Antoine Pesme à La Marseillaise, confirmant une information de BFM DICI. Elle est toujours hospitalisée à Marseille. Les faits ont eu lieu aux alentours de minuit et demi dans le quartier du pied de ville, a précisé le procureur. L’auteur n’a pas encore été identifié. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Digne pour tentative de meurtre. «J’insiste sur le fait qu’à priori, ce n’est pas une agression de rue, de quelqu’un qui rôde et qui agresse les gens gratuitement. Je pense qu’il y a un différend, que c’est une connaissance avec quelque chose qui a mal tourné », a précisé Antoine Pesme.

  • À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    Condamné en première instance, en mars 2023, par le tribunal correctionnel, à une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion, Paul-Antoine Schmitt comparaissait, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, pour faire tomber une circonstance aggravante : le caractère raciste de l’agression.

    Dans la soirée du 4 septembre 2022, lui et des militants de l’Action française (AF) avaient agressé en plein centre-ville, à la terrasse d’un bar à bière, le jeune Bilel. La rencontre avec la vingtaine de jeunes, pour beaucoup tout juste sortis d’une réunion du mouvement royaliste d’extrême droite, avait dégénéré dans une violence crasse après que ces derniers aient entonné des chants à la gloire de l’Algérie française.

    Les insultes et les coups pleuvent. Avec sa grande touffe de cheveux frisés, Bilel est ciblé. L’audience a replongé le jeune homme dans ces terribles instants : « C’est monté crescendo, on a d’abord nié ma nationalité, puis il y a eu une déshumanisation (…). Je suis devenu illégitime par mon origine algérienne et mes gros cheveux. » « Je réfute les faits racistes », a répondu l’ex-responsable de l’AF, arrivé au tribunal avec parapluie et lunettes de soleil.

    « Mon meilleur ami »

    Les coups, il les assume en réplique à ceux reçus. « Je présente mes excuses si un coup de pied a été donné » quand Bilel était au sol, se défend le jeune royaliste, qui argue de sa bonne foie en notant que c’est lui qui a « rendu son téléphone à Bilel » tombé au sol dans la cohue. « Il n’est pas votre copain, il est votre victime » réagira Me Julien Gautier, un des deux avocats de Bilel, devant cette « familiarité gênante ».

    « J’ai visité mon 25e pays, j’ai des amis partout dans le monde », explique celui qui a été « le seul blanc dans une école de noirs » et « mon meilleur ami est Bahaméen », juge-t-il encore bon de préciser. Quant au « Ici on est chez nous, c’est notre bar », la seule phrase qu’il reconnaît, Paul-Antoine Schmitt l’explique par ses habitudes dans ce lieu, quand le président du tribunal lui fait remarquer qu’il avait dans ce contexte « une résonance particulière ».

    Pour les juges, les entraves à la révélation de la justice lors de l’enquête ne passent pas. Le fait qu’il ait refusé de déverrouiller son téléphone ? « Il y a des discussions avec mes copines dedans », répond le prévenu. Le fait qu’il n’ait jamais donné les noms des personnes présentes avec lui ? « Je ne voulais pas passer pour une balance », explique celui qui évoque le « t-shirt blanc » et le « chauve » pour désigner ses camarades du soir.

    Une « omerta », note Jean-Louis Persico, l’avocat général, digne de ce « que l’on connaît bien ici, avec les grands voyous qui ont l’habitude de faire obstacle à la révélation de la vérité ». Me Claudie Hubert rappelle une jurisprudence sur « des propos racistes tenus par des co-auteurs qui n’ont pas été identifiés » et insiste lors de sa plaidoirie sur le fait que « la circonstance aggravante peut-être retenue dans la mesure où M. Schmitt a refusé de donner les noms des co-auteurs ».

    Jugeant « la coaction parfaitement acquise » et regrettant « l’attitude de délinquant chevronné » du prévenu tout au long de la procédure, l’avocat général s’interroge : « Vous parlez d’ordre et de sécurité mais cette défiance vis-à-vis de l’autorité policière et judiciaire est significative », glisse-t-il avant de demander au tribunal de « confirmer la culpabilité et la peine ». Décision le 3 juin.

  • Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    « La dégradation du climat scolaire observée au lycée Jules-Guesde depuis un an s’est malheureusement manifestée, vendredi 10 avril, par une violence inacceptable qui n’y a pas sa place », estiment dans un communiqué conjoint la communauté éducative, les parents d’élèves (FCPE) et les élèves du conseil de vie lycéenne (CVL) de l’établissement.

    Pour rappel, une altercation, dont une partie a été filmée et a tourné en boucle sur les réseaux sociaux, a eu lieu le 10 avril entre des élèves et un professeur « intervenu pour leur demander de faire moins de bruit et de ne pas stationner dans les couloirs, comme il est stipulé dans le règlement intérieur », relate Claudie Vaufreydaz, professeure d’EPS dans l’établissement et représentante du Snes-FSU. « Pris à partie par un élève présent dans le couloir au moment des faits, l’enseignant sollicite l’identité de l’élève qui ne la lui donne pas. L’enseignant sort alors son téléphone pour prendre une photo afin de l’identifier, entraînant une contestation de la part de l’élève et d’un de ses camarades. L’enseignant fait alors l’objet d’une empoignade brutale et se trouve plaqué au mur par l’un des deux élèves. S’ensuivent les faits de violence identifiables dans la vidéo largement diffusée et confirmés par l’enquête : l’enseignant réessaie de prendre une photo, le second élève lui arrache son téléphone, le professeur répond par une gifle, à la suite de quoi il se trouve plaqué au sol, recevant des coups de la part des deux élèves », retrace, dans ses conclusions rendues le 22 avril, l’enquête « flash » diligentée par l’Académie, au cours de laquelle 13 auditions ont été réalisées. Les deux élèves impliqués seront convoqués en conseil de discipline. L’enseignant, quant à lui, dont « le geste inapproprié » survient « dans un contexte spécifique d’irrespect, de contestation de l’autorité et de violence », fera l’objet « d’un rappel à ses obligations professionnelles ainsi que d’une obligation de formation professionnelle à la gestion des conflits ».

    Rassemblement devant l’établissement le 4 mai

    Reste, insiste Claudie Vaufreydaz, qui dénonce « la surmédiatisation » de l’incident et « l’instrumentalisation » dont a fait l’objet cette vidéo, que le fond du problème réside dans l’insuffisance de moyens humains au sein de l’établissement, notamment en termes de personnels de vie scolaire et médico-sociaux. Des insuffisances génératrices d’« une anxiété généralisée », dénoncent les enseignants du lycée Jules-Guesde dans le compte rendu d’une Assemblée qui s’est tenue le 13 avril. « Ça fait un an que nous dénonçons des faits graves de violences et d’agressivité au sein de l’établissement. Tant qu’il n’y aura pas suffisamment d’encadrants adultes, le problème ne
    sera pas résolu
     », estime la représentante du Sne-FSU. « Actuellement nous avons 7 AED (assistants d’éducation scolaire, les surveillants) pour 2 700 élèves, soit un AED pour 385 élèves », illustre-t-elle. « Ils ne peuvent, à eux seuls, assurer pleinement la surveillance et la sécurité de locaux, particulièrement étendus. »

    Décision a donc été prise, en accord avec les représentants des parents d’élèves FCPE et les élèves du CVL, co-signataires du courrier, de réclamer des moyens supplémentaires à la rectrice, à savoir
    4 postes d’AED mais aussi le redéploiement à plein temps, sur Jules Guesde, d’une infirmière aujourd’hui à mi-temps sur Jules-Guesde et Joliot-Curie à Sète, ainsi qu’un demi-poste supplémentaire d’infirmière « pour faire face d’une part aux besoins spécifiques des collégiens et d’autre part à la forte augmentation de la fréquentation de l’infirmerie depuis septembre 2026, attestant de la dégradation de la santé mentale de notre jeunesse », stipule le courrier. Les signataires réclament également que le rectorat sollicite les collectivités « pour aménager des espaces d’accueil et de travail qui font défaut et ont un impact indéniable sur le climat scolaire. Pourquoi les élèves attendent dans les couloirs ? Parce qu’ils ne savent pas où aller d’autre », insiste Claudie Vaufreydaz.

    Dans l’attente d’une réponse à ces demandes, les enseignants ont déposé un préavis de grève du 4 au 7 mai et prévu un rassemblement lundi 4 mai à 8h, suivi d’une manifestation vers le rectorat. L’Académie de son côté indique dans les conclusions de l’enquête flash que « des mesures complémentaires destinées à améliorer le climat scolaire seront annoncées dans un second temps pour une mise en œuvre dès la reprise des vacances scolaires d’avril ».

  • Agressé par l’extrême droite, Bilel témoigne

    Agressé par l’extrême droite, Bilel témoigne

    Septembre 2022, un soir rue de l’Annonciade. Bilel et quelques copains s’installent sur la terrasse d’un bar dans ce coin de centre-ville réputé pour sa nuit nocturne. C’est ce soir-là qu’il sera violemment pris à partie par des membres de l’Action française, groupuscule d’extrême droite et royaliste. Déjà examinée en mars 2023 au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, seul l’un de ses agresseurs, Paul-Antoine Schmitt, comparait, repéré par l’épluchage de caméras de vidéosurveillance.

    Le journal Libération révélait que l’homme s’avère être au moment des faits responsable de Génération Zemmour, le mouvement de jeunesse de Reconquête. Ce lundi 4 mai, il sera de nouveau jugé à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, à sa demande. Il avait écopé, en première instance, d’une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion. Le caractère raciste avait été retenu : c’est ce point que Paul Antoine Schmitt conteste. Pour Me Claudie Hubert, qui représente Bilel, « le caractère raciste est largement établi par le déroulé de l’agression, [mon client] étant le seul visé (…) ces faits s’inscrivent dans un climat de racisme qui est de plus en plus préoccupant ». Bilel doit donc revivre ces faits, qui sont ceux d’un « lynchage », et qu’il nous raconte quelques jours avant le procès, en terrasse.

    Trois ans après, il se souvient précisément d’avoir vu une vingtaine d’hommes débarquer dans la rue, et entonner des « chants coloniaux, en lien avec l’Algérie française. Les paroles ne laissaient aucun doute », relate Bilel, qui reconnaît les membres du groupuscule aux t-shirts et casquettes floqués des symboles de la monarchie, portés par ses agresseurs. En surfant sur internet après les faits, l’étudiant se rendra compte que les militants d’extrême droite « venaient de faire leur rentrée sur Aix ». « Au fur et à mesure, poursuit Bilel, je vois qu’ils me regardent de façon assez véhémente. Je suis le seul d’origine maghrébine de mon groupe d’amis à cette époque. Eux, étaient d’origine européenne. J’avais un gros afro, une barbe. J’imagine en me refaisant le scénario que ce doit être la raison. » Après les regards provocateurs s’ensuivent les insultes alors que Bilel propose à l’un d’entre eux de « débattre et de discuter » du sujet de l’Algérie française. « Je le lui dis sans aucune méchanceté. Mais dès la première phrase, il a été insultant », détaille Bilel. Parmi le florilège d’insultes, il se souvient de termes tels que : « Vous êtes des sauvages », « on vous a apporté la civilisation », « barrez-vous, c’est chez nous ici », cite Bilel. Mais aussi des allusions aux terroristes du Bataclan.

    Une bagarre éclate, entre lui et plusieurs membres de l’Action française, avant de dégénérer en « lynchage ». Coups de pied dans la tête et rouages de coups s’enchaînent, selon le jeune homme. Les coups auraient duré deux minutes, selon les rapports qu’il a pu consulter. « Ils arrêtent de me rouer de coups quand je suis par terre », se souvient Bilel. Le lendemain, il porte plainte, est reçu par un médecin, qui lui prescrit cinq jours d’ITT. Après cette violente agression, le jeune homme rapporte qu’il aura du mal à sortir de chez lui pendant plusieurs mois, à dormir, à poursuivre ses études. « Depuis, lorsque j’entends parler de violences similaires, je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle, glisse Bilel. Mais un acte d’une telle violence, en parler, c’est le minimum. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’être là pour en parler ou avoir un procès. Je me réjouis aussi que la justice existe, qu’en France une action comme celle-ci ne reste pas impunie (…) ça me redonne de l’espoir. » De cet appel, Bilel espère aussi pouvoir « passer à autre chose ».

  • Nouvelle agression d’un infirmier à Marseille

    Nouvelle agression d’un infirmier à Marseille

    Hospitalisé dimanche soir suite à sa blessure à l’arme blanche, l’agent hospitalier de 36 ans est ressorti lundi en fin de matinée. Il avait été agressé par un patient de l’unité temps plein du centre hospitalier psychiatrique, « difficile et potentiellement dangereux », précise la CGT, qui a demandé une F3 SCT extraordinaire (ex CHSCT).

    Le patient, un homme d’une vingtaine d’années, placé sous procédure pénale à la suite d’un homicide commis en 2021 dans le 16e arrondissement, était suivi par les équipes de l’unité de soins complète. « Le mois dernier, une aide-soignante avait déjà été agressée par un patient, Pierre-Édouard Thiebaud, le responsable CGT, nous demandons de faire toute la lumière sur les circonstances de cette nouvelle agression et que soient prises toutes les mesures nécessaires à l’accompagnement des équipes ainsi que la prévention des risques psychosociaux. » Les personnels sont encore sous le choc mais restent mobilisés pour la « défense du pôle littoral et la prise en charge des patients », complète le syndicaliste. Secrétaire du syndicat Sud Santé Sociaux, Kader Benayed fait également état de l’anxiété ambiante : « Ce fait n’est ni isolé, ni imprévisible. Il est la conséquence directe de choix organisationnels dangereux, irresponsables et contraires à la sécurité des professionnels comme des patients. »

  • Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    Les Marseillais et la diaspora libanaise en soutien au pays du cèdre

    L’hymne national libanais a résonné à deux pas de l’ombrière du Vieux-Port de Marseille pour lancer une mobilisation de solidarité avec le Liban qui se déroulait ce samedi matin. Plusieurs dizaines de Marseillais et membres de la diaspora se sont réunies pour montrer leur solidarité avec le peuple libanais, qui subit des attaques d’Israël depuis le 8 avril dernier, drapeau au cèdre en main. « Le mercredi 8 avril aurait pu être une date ordinaire, pourtant il s’est gravé à jamais dans les mémoires. En quelques heures, le cours de l’histoire a basculé emportant avec lui des vies, de l’espoir », expose, la voix grave, Liliane Nasser, historienne et auteure, au nom du « Collectif pour le Liban », à l’origine de la mobilisation. Avant de poursuivre : « Nous sommes réunis pour dénoncer une énième agression contre le Liban. Alors qu’il avait scrupuleusement respecté l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël a choisi, une fois de plus, la violence. » Plusieurs pancartes donnent le ton : « Gaza, Liban : L’impunité d’Israël continue » ou encore « L’armée la plus mortelle du monde ».

    Si Israël affirme viser les combattants du Hezbollah, les participants dénoncent surtout « une guerre de destruction aveugle contre des innocents ». « Plus de 400 morts et 800 blessés, pour la plupart des civils, depuis l’escalade du 8 avril… Des villages entiers ont été rasés, des écoles, des hôpitaux… Ce ne sont pas des dommages collatéraux », martèle Liliane Nasser. Le ministère de la santé libanais évoque plus de 1 900 personnes tuées depuis le 2 mars. Une minute de silence, de même que la lecture d’un poème, a été observée. Si une réunion est prévue entre Israël et Liban, ce mardi à Washington, des frappes avaient encore eu lieu, ce vendredi.