La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur ce début de saison de l’OM ?
Fabien Laurenti : Le début de saison est compliqué, notamment en raison d’un mercato fantomatique et des problèmes financiers du club. Malgré une bonne victoire contre Strasbourg, les résultats ont ensuite été décevants. J’espère que la victoire contre Troyes permettra de relever la tête. Le onze de départ reste cohérent, même s’il est en deçà des attentes liées à l’histoire du club. Les joueurs doivent retrouver leur niveau physique pour permettre à l’OM de rebondir.
La victoire à Troyes vous rend-elle plus optimiste pour la suite ?
F.L. : Un peu, même si le contenu du match a été très pauvre. Cette victoire peut toutefois enclencher une dynamique positive et redonner confiance aux joueurs. Nous allons aussi affronter des équipes qui évoluent dans la même zone du classement, contre lesquelles il faudra prendre des points. Je ne suis ni inquiet, ni particulièrement optimiste. Les joueurs doivent prendre leurs responsabilités pour faire remonter l’OM.
L’OM manque-t-il de leaders ?
F.L. : Dans cette situation, des joueurs comme Højbjerg doivent retrouver leur niveau et prendre le relais. Timothy Weah, qui porte le brassard, doit également assumer ses responsabilités, tout comme Amine Gouiri, malgré ses quatre buts avant sa blessure, et Aguerd en défense. Une fois leurs difficultés passées, ces joueurs doivent s’imposer davantage, car l’OM a besoin de leaders.
Faut-il privilégier le championnat
à la Coupe d’Europe ?
F.L. : Le championnat doit primer, car c’est notre quotidien et la voie vers une éventuelle qualification européenne. La Ligue Europa peut aussi rapporter de l’argent au club, mais l’effectif ne permet pas de jouer à fond sur les trois tableaux. Il faut donc trouver un équilibre, sans faire l’impasse sur une compétition que les joueurs veulent disputer pleinement. Bruno Genesio devra mettre en place un véritable turnover, en faisant notamment jouer les jeunes pour préserver les cadres et assurer en championnat, une compétition longue où les baisses de régime et les suspensions sont inévitables.
Quel regard portez-vous sur
les jeunes entrés cette saison ?
F.L. : Il y a de la qualité et leur victoire en Gambardella n’est pas un hasard. Il faut s’appuyer sur eux, d’autant que les difficultés financières de l’OM et la profondeur limitée de l’effectif peuvent leur offrir des opportunités. À eux de les saisir. Les prestations de Bezahaf et Kamissoko contre Troyes sont encourageantes. Le centre de formation marseillais a toujours produit de bons joueurs, mais ils ont été trop peu utilisés. Ayant moi-même eu la chance d’en être issu il y a 25 ans, je sais combien c’est difficile pour un jeune Marseillais de s’imposer. Porter le maillot blanc est une grande fierté. J’espère les revoir régulièrement, car l’effectif actuel devrait leur permettre d’avoir leur chance.
Vous étiez latéral comme Bezahaf. Quel conseil lui donneriez-vous ?
F.L. : Je lui conseillerais de conserver la sérénité affichée contre Troyes. Il ne s’est pas affolé, n’a pas cherché à se cacher et a très bien défendu. Son premier rôle est de bien défendre sur son côté, avant d’apporter offensivement, comme il l’a fait en proposant des centres et en créant le surnombre. Il ne doit pas se mettre de pression inutile, même si c’est plus facile à dire qu’à faire devant 65 000 personnes au Vélodrome. Il doit surtout profiter de ces moments, donner le maximum et ne rien regretter, car le temps passe très vite.

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