« Ces augmentations ont un impact fort sur notre budget de fonctionnement, estime Bernard Nos, président de vendredi 13, qui aide 26 000 personnes par mois. « Nous avons une flotte de 13 véhicules et en un mois on est passé de 2 100 euros à 3 100 euros. »
La file de 450 personnes qui s’étend sur la place de la Joliette chaque mardi soir pour accéder à la distribution alimentaire de l’association en dit long sur les besoins. « Ces déplacements sont vitaux, pour collecter comme pour distribuer, et on va jusqu’au fond du département », précise le responsable associatif. Un coup porté d’autant plus difficile que cette flambée intervient dans un contexte de tour de vis budgétaire : « L’aide du Département c’est la moitié du budget mais les subventions sont à la baisse et elles arrivent 6 mois plus tard. » Si vendredi 13 a en conséquence commencé à réorganiser ses tournées, « en optimisant dans la même journée », il se dit « très inquiet pour les mois à venir ». Et pour les bénéficiaires « on a des étudiants qui viennent d’Aix en covoiturage et qui n’y arrivent plus ».
Du côté des grosses structures, « la situation devient tendue » également, explique Jacques Latil, président des Restos du cœur des Bouches-du-Rhône. « On sort 70 tonnes de denrées, soit 1 220 palettes par semaine de l’entrepôt » qui vont alimenter les 41 centres des Restos dans le département.
Des dépenses incompressibles « qu’on n’a pas encore totalement chiffrées, mais le problème est très tangible et a été abordé en réunion pour chercher des solutions », annonce-t-il, conscient « que la marge de manœuvre est étroite » et refusant « de rogner sur les autres activités, comme l’aide aux personnes ».
La difficulté est amplifiée dans les zones plus rurales. Sylvie Brousse, secrétaire générale de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence du Secours populaire français, se montre également très soucieuse pour les bénévoles : « Certains commencent à dire qu’ils ne viendront pas autant, pas tous les jours, qu’ils n’iront plus sur des destinations plus éloignées. » Dans le département, les transports en commun sont peu développés, et parmi les bénévoles et les familles accompagnées « des gens renoncent à certaines choses pour pouvoir mettre du carburant dans la voiture. Tout ça conduit à des arbitrages forcés, partir en vacances, aller voir des proches, se rendre à un rendez-vous médical, car les distances sont importantes ». Cela s’ajoute au « problème des factures d’énergie, donc ça fait beaucoup », considère Sylvie Brousse.
Myriam Guillaume avec Lisa Défossez

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