Tag: aide alimentaire

  • Un échec collectif

    Un échec collectif

    Dans un pays qui n’a jamais produit autant de richesses, voir la faim gagner du terrain constitue un échec collectif.

    Aujourd’hui, 13% des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, selon un sondage OpinionWay pour Action contre la faim. Chez les 18-24 ans, ils sont un sur quatre. Plus de 3,2 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire, selon l’Insee et le Crédoc.

    Ces chiffres révèlent quelque chose de plus profond qu’une simple difficulté passagère. Depuis plusieurs décennies, le recul des services publics, la fragilisation du salariat, l’explosion des dépenses contraintes et l’effritement de l’accompagnement social ont placé une part croissante de la population dans la précarité. Désormais, les files de l’aide alimentaire accueillent retraités, étudiants, travailleurs pauvres et familles entières. La faim devient un phénomène social de masse.

    Leviers

    Face à cette réalité, les associations accomplissent un travail indispensable. Mais elles ne peuvent devenir le dernier rempart permanent contre la pauvreté. La solidarité associative ne peut pas remplacer la solidarité nationale.

    Car la question est d’abord politique. Lorsque des millions de personnes peinent à se nourrir alors que les fortunes les plus élevées continuent de prospérer, c’est bien celle du partage des richesses qui est posée. Revalorisation des salaires et des pensions, renforcement des protections sociales, régulation des prix essentiels, accès effectif à une alimentation de qualité : l’État dispose de leviers. Encore faut-il les actionner.

  • La flottille de l’aide alimentaire bientôt à sec

    La flottille de l’aide alimentaire bientôt à sec

    « Ces augmentations ont un impact fort sur notre budget de fonctionnement, estime Bernard Nos, président de vendredi 13, qui aide 26 000 personnes par mois. « Nous avons une flotte de 13 véhicules et en un mois on est passé de 2 100 euros à 3 100 euros. »

    La file de 450 personnes qui s’étend sur la place de la Joliette chaque mardi soir pour accéder à la distribution alimentaire de l’association en dit long sur les besoins. « Ces déplacements sont vitaux, pour collecter comme pour distribuer, et on va jusqu’au fond du département », précise le responsable associatif. Un coup porté d’autant plus difficile que cette flambée intervient dans un contexte de tour de vis budgétaire : « L’aide du Département c’est la moitié du budget mais les subventions sont à la baisse et elles arrivent 6 mois plus tard. » Si vendredi 13 a en conséquence commencé à réorganiser ses tournées, « en optimisant dans la même journée », il se dit « très inquiet pour les mois à venir ». Et pour les bénéficiaires « on a des étudiants qui viennent d’Aix en covoiturage et qui n’y arrivent plus ».

    Du côté des grosses structures, « la situation devient tendue » également, explique Jacques Latil, président des Restos du cœur des Bouches-du-Rhône. « On sort 70 tonnes de denrées, soit 1 220 palettes par semaine de l’entrepôt » qui vont alimenter les 41 centres des Restos dans le département.

    Des dépenses incompressibles « qu’on n’a pas encore totalement chiffrées, mais le problème est très tangible et a été abordé en réunion pour chercher des solutions », annonce-t-il, conscient « que la marge de manœuvre est étroite » et refusant « de rogner sur les autres activités, comme l’aide aux personnes ».

    Coup porté au bénévolat

    La difficulté est amplifiée dans les zones plus rurales. Sylvie Brousse, secrétaire générale de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence du Secours populaire français, se montre également très soucieuse pour les bénévoles : « Certains commencent à dire qu’ils ne viendront pas autant, pas tous les jours, qu’ils n’iront plus sur des destinations plus éloignées. » Dans le département, les transports en commun sont peu développés, et parmi les bénévoles et les familles accompagnées « des gens renoncent à certaines choses pour pouvoir mettre du carburant dans la voiture. Tout ça conduit à des arbitrages forcés, partir en vacances, aller voir des proches, se rendre à un rendez-vous médical, car les distances sont importantes ». Cela s’ajoute au « problème des factures d’énergie, donc ça fait beaucoup », considère Sylvie Brousse.

    Myriam Guillaume avec Lisa Défossez

  • Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Montpellier compte près de 80 000 étudiants. Derrière les chiffres du dynamisme universitaire se cache une réalité beaucoup plus sombre : on estime qu’un étudiant sur cinq vit dans la précarité, « soit environ 16 000 jeunes contraints de subsister avec un reste à vivre inférieur à 100 euros par mois », illustre Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant à Montpellier.

    Une détresse financière qui entraîne, bien souvent, « un isolement social, car ces jeunes privés de ressources ne peuvent pas participer à toutes les activités que font d’autres étudiants », explique-t-il. Pour tenter de joindre les deux bouts, « ils travaillent, souvent dans le cadre de missions d’intérim et la plupart du temps le week-end, au détriment de leur scolarité ».

    Pour leur venir en aide, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant, née à Lyon en 2021 et structurée en délégation officielle à Montpellier depuis avril 2025, propose une réponse concrète : le parrainage. « La particularité de notre action, c’est que nous traitons les deux volets : l’achat d’un cabas de nourriture de temps en temps et la création d’un lien social », poursuit le délégué montpelliérain. Concrètement, parrains et marraines accompagnent les jeunes pour faire les courses, les conseillent pour varier leur alimentation et partagent avec eux les bons plans locaux. 1 Cabas pour 1 Étudiant a par exemple noué un partenariat avec le Rayon 34, l’épicerie solidaire de l’Université Paul-Valéry, « qui permet aux étudiants d’acheter des denrées à seulement 15% du prix du marché ». Mais le cœur du dispositif reste l’humain. Ancienne directrice d’école à la retraite, Françoise marraine, depuis février, une étudiante d’origine béninoise de 22 ans : « La première fois qu’on s’est rencontrées, je lui avais donné rendez-vous sur la place de la Comédie. Elle était à Montpellier depuis un mois et elle ne la connaissait pas ! Elle était complètement repliée sur elle-même, elle avait peur de tout. L’arrivée en France a été un petit choc culturel. Elle a eu besoin d’être accompagnée pour comprendre comment ça fonctionne. On échange sur toutes sortes de sujets », confie Françoise.

    « Un engagement valorisant et concret »

    « Quand elle vient manger à la maison, je fais la cuisine avec elle, je lui apprends à faire certains plats simples et pas chers. On l’emmène également à des concerts gratuits, pour lui montrer qu’on peut sortir, qu’au-delà des études et de la survie, on peut vivre. » Michel, un autre parrain bénévole, partage lui aussi des activités avec son filleul : randonnée, balade à vélo, après-midi à la plage, visite culturelle au Pont du Gard… L’objectif étant également d’élargir le cercle relationnel de ces jeunes en leur faisant rencontrer l’entourage des parrains et marraines.

    L’étude d’impact 2026 réalisée par l’association* confirme les vertus de ce parrainage solidaire : « Plus de 90% des jeunes déclarent se sentir moins seuls, manger plus souvent à leur faim, avoir un meilleur moral au quotidien ainsi que le sentiment de mieux tenir le coup face à la pression universitaire », rapporte Philippe Vernay. La force du dispositif repose sur cette relation personnalisée, où chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. L’engagement demandé est avant tout moral, avec une durée minimale d’une année scolaire pour éviter toute rupture brutale pour le jeune. La structure propose un accompagnement solide depuis son siège lyonnais : une visioconférence présentant l’association est proposée en amont de chaque inscription et « si on a des questions, on peut téléphoner ou envoyer un mail. Il y a également régulièrement des forums de discussion entre parrains-marraines », témoigne Françoise.

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : les retraités sont nombreux, mais des actifs s’engagent également. Depuis son déploiement à Montpellier, l’association a déjà permis de concrétiser 90 parrainages. Si 25 binômes sont restés actifs tout au long de la période estivale, l’urgence est aujourd’hui au recrutement. « On sait qu’à la rentrée, 30 à 40 étudiants vont s’inscrire », estime Philippe Vernay. « L’idée est de convaincre qu’on est sur un engagement valorisant, concret, qu’on fait à son rythme, en fonction de ses moyens et de ses disponibilités. C’est aussi une façon de rendre un peu ce qu’on a pu avoir, ou ce dont on a fait bénéficier nos enfants… Un petit retour d’ascenseur face à une précarité qui augmente. »

    * Auprès de 271 étudiants parrainés et 161 parrains et marraines

  • Dans le Gard, une conserverie pour sauver les surplus agricoles

    Dans le Gard, une conserverie pour sauver les surplus agricoles

    Soutenue par la Région Occitanie à hauteur de 9 000 euros, l’initiative vise à transformer les surplus de fruits et légumes locaux tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. Le principe repose sur un camion aménagé, équipé pour la préparation, la stérilisation et la mise en bocaux. Soupes, sauces, compotes ou confitures pourraient ainsi être réalisées directement au plus près des exploitations agricoles, des cuisines collectives ou des structures partenaires. Des productions qui, faute de débouchés ou d’outils adaptés, seraient autrement perdues pourront ainsi être valorisées.

    La Région explique vouloir soutenir « des solutions concrètes, ancrées dans les territoires, qui permettent à la fois de lutter contre la précarité alimentaire, de soutenir nos agriculteurs et de favoriser une alimentation locale et de qualité ».

    Un outil au service

    du territoire

    Au-delà de la lutte contre le gaspillage, l’initiative entend renforcer les liens entre producteurs, structures solidaires et collectivités. Le projet comporte également une dimension sociale importante. Des salariés en parcours d’insertion participeront à la préparation des fruits et légumes sous l’encadrement d’un chef d’atelier, leur permettant d’acquérir une expérience professionnelle dans le secteur alimentaire.

    Une trentaine d’interventions annuelles sont envisagées pour environ six tonnes de bocaux produits chaque année. À terme, le camion pourrait intervenir sur plusieurs secteurs du Gard afin de valoriser les surplus agricoles et certains produits non distribués par les structures d’aide alimentaire. Initialement espérée cet été, la mise en service devrait finalement intervenir à l’automne 2026.

  • En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    Face à l’épuisement des stocks, la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance, ce vendredi et samedi, une collecte d’urgence (lire ci-dessous). Chez son homologue vauclusienne, la situation n’est pas aussi alarmante, du moins côté denrées. Mais elle organise aussi de son côté, une collecte ciblée de produits d’hygiène. « Ce sera uniquement dans les hypermarchés Leclerc, mais pas ceux d’Avignon et Morières », regrette Pascale Hémard, présidente de la banque alimentaire de Vaucluse (BA 84). Les bénévoles donnent rendez-vous à Carpentras, Bollène et Valréas. « Celui d’Apt était partant, mais nous n’avons pas assez de bénévoles », confie-t-elle, lançant un appel aux bonnes volontés.

    Car les coups de main, même épisodiques, ne sont jamais de trop pour faire face aux besoins criants de la population. « En 2025, nous avons distribué 1 680 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 3 millions de repas à destination de 63 500 bénéficiaires », chiffre Pascale Hémard, alors que l’association tenait mardi son assemblée générale à Cavaillon, au sein du Village, une des 70 associations partenaires. La Banque alimentaire sert de plateforme logistique dans l’aide alimentaire, achetant ou collectant des denrées, distribuées ensuite aux épiceries sociales ou centres communaux d’action sociale. La traduction humaine de ces chiffres, c’est un doublement du nombre de bénéficiaires depuis le Covid. Plus d’un Vauclusien sur dix bénéficie de la Banque alimentaire : « On progresse de 10% chaque année, c’est énorme », s’alarme la présidente.

    Bientôt une épicerie mobile pour les étudiants

    D’autant que les écueils s’additionnent, entre coût des denrées qui grimpe et baisse des dons des grandes surfaces. « C’est en chute libre, -50% en deux ans, car elles vendent de plus en plus leurs produits en antigaspi », constate Pascale Hémard. Lors de l’AG, un fort accent a été mis sur la nécessité d’avoir un soutien fort et pérenne des collectivités. « On a calculé qu’on reçoit 4 euros par bénéficiaire quand cela va de 10 à 15 euros pour les autres départements de la région », souligne la présidente, qui attend davantage aussi des municipalités comme Avignon (8 000 euros d’aides pour 32 000 habitants aidés) et Carpentras (1 000 euros de subsides pour 6 200 habitants).

    « Les pouvoirs publics doivent comprendre que nous apportons une sorte de paix sociale, nous sommes un levier d’inclusion : comment voulez-vous retrouver un travail, réussir à l’école ou ses études, bien vieillir quand la faim vous tenaille », fait valoir la présidente pour (r)éveiller la conscience des décideurs politiques. Le Département octroie 40 000 euros par an, or « il en faudrait le double », estime-t-elle, sachant que le Vaucluse figure parmi les dix départements les plus pauvres de France. Cette année, le Grand Avignon va verser 10 000 euros (somme habituellement consacrée à la cérémonie de vœux que l’agglo n’organise plus). « On est très content mais on ne peut pas se contenter que de one shot, cela n’offre pas de visibilité », poursuit Pascale Hémard.

    Parmi les projets en cours, la mise en place d’une épicerie mobile, à la rentrée, à destination des étudiants, cinq soirs par semaine. « En complémentarité d’autres associations, on a ciblé les étudiants de BTS et de soins infirmiers », précise-t-elle. Reste toutefois encore en friche, l’impérieuse quête de nouveaux locaux. À l’étroit, et difficilement accessible pour les poids lourds, dans son hangar agricole de la ceinture verte, la Banque alimentaire espère tripler sa capacité de stockage (notre édition du 29 novembre). Le Conseil départemental a voté une subvention de 20 000 euros spécifique pour ce projet de relocalisation. Des pistes sur l’emprise du Marché d’intérêt national ou au parc des expositions avaient été mises sur la table mais n’ont pu aboutir. « Il faut tout repenser, on attend que M. Galzi [maire DVD] puisse nous recevoir », conclut Pascale Hémard.

  • Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Quarante ans d’engagement et une même ligne directrice : « ne laisser personne seul face aux difficultés de la vie ». À Nîmes, l’assemblée générale de Table Ouverte, organisée à l’Espace Esperanza le 17 avril, a réuni plus de 80 participants, entre bénévoles, partenaires et élus venus saluer une action devenue indispensable.

    Autour du président Pietro Truddaiu, l’émotion était palpable, notamment en présence de la fille d’Odile Assmann, fondatrice de l’association disparue en 2014. « Cette idée simple est devenue une réalité vivante », a-t-il rappelé, évoquant « des mains tendues et des liens recréés ». Aujourd’hui, Table ouverte s’appuie sur 105 bénévoles mobilisés au quotidien et aide plus de 300 familles.

    Le combat continue

    Derrière cet anniversaire, le constat est clair : la pauvreté progresse. En 2025, l’association a fortement développé ses actions, doublant presque son budget. Cette dynamique s’incarne notamment dans le projet Esperanza, boulevard Talabot, où d’anciennes arches SNCF ont été transformées en véritable tiers-lieu solidaire. Épicerie sociale, friperie, salle d’exposition, mais aussi ressourcerie, atelier vélo ou futur jardin partagé : un « laboratoire social » qui illustre l’évolution de Table Ouverte.

    Pour 2026, le rapport d’activité et le bilan financier ont été adoptés à l’unanimité. Mais pour Pietro Truddaiu, l’enjeu dépasse les chiffres : « Il faut réunir partenaires et moyens pour faire reculer la pauvreté. » Dans un contexte où les besoins explosent, l’association appelle à renforcer les coopérations. L’exposition retraçant ces 40 ans a permis de mesurer le chemin parcouru. Mais pour Table Ouverte, l’essentiel reste à venir. « Nous avons 40 ans d’avenir », a conclu le président, fidèle à une conviction intacte : la solidarité est un combat collectif.

  • Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Aujourd’hui, en France, dans les Hautes-Alpes et dans le Buëch, une part de plus en plus importante de la population est en précarité alimentaire. » C’est le constat de départ que pose Gérard Hanus, président de l’association les Chemins solidaires qui gère l’épicerie de Laragne-Montéglin, un lieu d’entraide et d’accès à une alimentation de qualité. Avec plusieurs partenaires, il est à la baguette d’un projet de création d’une sécurité sociale alimentaire sur le territoire.

    « D’un côté, nous avons toujours plus de gens qui se restreignent en quantité et en qualité de repas, et de l’autre, des producteurs engagés dans la production alimentaire de qualité et locale, qui peinent à avoir un revenu correct face à la concurrence de l’agroalimentaire », explique Gérard Hanus. Le but de son projet est donc de soutenir un système alimentaire qui va vers plus de qualité, de bio, de local et qui soit moins difficile d’accès pour la population.

    La sécurité sociale alimentaire, déjà expérimentée depuis plusieurs années dans certains territoires, repose sur les mêmes piliers que la Sécurité sociale. « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit la même allocation, explique Gérard Hanus. Ensuite, on dépense cette allocation dans les lieux conventionnés par la caisse, choisis démocratiquement. Le support peut différer selon les expérimentations, de cartes papiers, des applis numériques, une carte de crédit… » Tout le monde a ainsi accès à une alimentation de qualité, même les plus précaires, et l’initiative crée par là même un marché pour les producteurs locaux, souvent inaccessibles par le prix ou le manque de circuit de consommation.

    L’aide alimentaire débordée

    D’après les données publiques, 16% des Français vivent aujourd’hui en situation de précarité alimentaire et plus de cinq millions ont recours à l’aide alimentaire. « Les circuits d’aide alimentaire étaient à l’origine prévus pour répondre à situation exceptionnelle et marginale. Ils doivent désormais répondre à un problème généralisé », rappelle le président de l’épicerie solidaire. « La précarité est structurelle désormais, avec des mères de famille monoparentale qui cumulent des emplois à temps partiel, des retraités aux petites retraites, des étudiants précaires… » L’objectif à terme est de créer une septième branche de la Sécu, au même titre que la santé, la famille, la retraite, etc.

    Au total, quatre projets sont à l’étude dans les Hautes-Alpes : dans le Buëch, sur la zone d’Embrun et Serre-Ponçon, dans le Champsaur-Valgaudemar, et enfin le Briançonnais, avec différents partenaires locaux. L’Union départementale de l’économie sociale et solidaire des Hautes-Alpes (Udess), fait le lien entre ces différents projets locaux. Du côté du Buëch, l’initiative repose sur la coopération des Chemins solidaires, du parc régional des Baronnies provençales, de la MJC de Laragne-Montéglin, de la Croix Rouge locale et de l’Adear, l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural. Les réunions s’enchaînent depuis plus d’un an et se poursuivront sur l’année. Avec l’objectif, selon Gérard Hanus : « Qu’en 2027, on passe à la mise en pratique concrète. »

  • Trois jours de collecte pour les Restos du cœur

    Trois jours de collecte pour les Restos du cœur

    L’année dernière, dans l’Hérault, la récolte de dons annuelle organisée par les Restos du cœur avait permis de rassembler 150 tonnes de denrées alimentaires. Cette année, les 6, 7 et 8 mars, ils seront de nouveau environ 900 bénévoles par jour à participer à cette nouvelle édition, devant 84 supermarchés partenaires.

    « Nos bénévoles seront disponibles à l’entrée des supermarchés avec des caddies pour récupérer les dons, explique Anita Barone, présidente départementale des Restos du cœur de l’Hérault. La priorité est donnée aux denrées alimentaires. Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des conserves de légumes, de plats cuisinés ou de poissons, mais aussi de l’huile, du sucre, de la farine, des pâtes, du riz et du café. »

    La précarité explose

    « Ces récoltes annuelles sont absolument nécessaires, poursuit Anita Barone. Chaque année, de plus en plus de personnes se trouvent dans des situations précaires, que ce soit des familles monoparentales, des retraités, des travailleurs pauvres ou simplement des personnes qui n’ont plus les moyens de manger après avoir payé leur loyer. »

    L’année dernière les Restos du cœur ont distribué 161 millions de repas en France, et 3,5 millions dans l’Hérault. Cette année, ce ne sont pas moins de 4 millions de repas qui vont être distribués dans le département. « Le contexte économique et politique ne cesse de précariser de plus en plus de monde, notamment depuis le Covid, conclut Anita. Parmi les personnes accueillies dans l’Hérault, qui est l’un des départements les plus pauvres de France, il y a une grande part d’étudiants et 25% de familles monoparentales. »

    Inscriptions et renseignements : www.collecte.restosducoeur.org

  • Au Colibri, à Gardanne, des produits de qualité pour tous les budgets

    Au Colibri, à Gardanne, des produits de qualité pour tous les budgets

    Au centre de l’épicerie, des cagettes de fruits et légumes frais – carottes, haricots, pommes – attirent le regard. Sur les étagères en bois, des produits étiquetés « bio » complètent l’offre proposée par Le Colibri, une épicerie solidaire ouverte en novembre 2023 sous l’égide de l’antenne locale du Secours catholique.

    Sous les bocaux et les sachets de vrac, deux prix sont affichés sur les étiquettes : l’un standard, destiné aux « solidaires », l’autre, réduit, dédié aux personnes en situation de précarité, les « bénéficiaires » inscrits auprès de l’association. « Dans l’épicerie, se côtoient des personnes tout à fait ordinaires et d’autres, extraordinaires en grande difficulté. On voulait un endroit où ces différences s’effacent », explique Murielle Akerkdou, l’une des vingt bénévoles de l’épicerie, derrière son guichet.

    Seule la caissière connaît la situation des clients, les noms étant consignés dans les registres de l’épicerie. « On a un slogan sur l’épicerie et au Secours : un accès digne à une alimentation de qualité, durable et locale », poursuit Gérard Saint-Martin, référent du Secours Catholique local.

    Parmi les clients qui poussent la porte, en cette matinée de Toussaint, des familles, des grands-parents, une habituée qui demande conseil et échange sur quelques banalités. « Gardanne n’est pas la commune la plus riche du département, poursuit Gérard Saint-Martin. Il y a une population ouvrière importante et une population précaire, avec des dettes importantes. Sur quatre personnes, au moins deux sont en ruptures de droits ».

    Ne plus « stigmatiser »

    Le projet s’inscrit dans le cadre du programme national « Bien vivre, bien manger » du Secours catholique. « Les gens sont partis du postulat qu’il fallait changer le regard sur cette population en difficulté, ne pas les stigmatiser. On trouvait que les colis, les ramasses, n’étaient pas toujours les solutions les plus dignes », indique Murielle Akerkdou. L’épicerie s’éloigne donc volontairement des modèles de distributions alimentaires et ne déroge pas au principe d’alimentation de « qualité ».

    « Les produits de la Banque alimentaire sont souvent d’origine inconnue et lors de collectes, les gens donnent des pâtes, du riz. Ce n’est pas forcément ce que l’on cherche non plus, on veut proposer du haut de gamme pour tous, explique Pascale Michel, une autre bénévole. Une certaine solidarité s’est aussi installée avec les producteurs de fruits et légumes du coin, puisque nous achetons leurs produits ».

    Les deux principaux fournisseurs du Colibri sont d’ailleurs Les Jardins de Gaïa (Gardanne) et Graines de Soleil (Châteauneuf), deux structures d’insertion. Tous les produits sont achetés par Le Colibri, qui vit surtout de ses marges. « Les publics en précarité, sous contrat, paient 30%, nous avons 70% de pertes », ajoute Gérard Saint-Martin. Le Colibri lance d’ailleurs un appel à bénévoles afin d’élargir ses créneaux d’ouvertures, actuellement fixés aux mardis et vendredis.

  • Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Montpellier tisse un réseau d’épiceries sociales et solidaires

    Avec 28% des habitants vivant sous le seuil de pauvreté, nombreux sont ceux qui, à Montpellier, recourent à l’aide alimentaire. « Il y a 5 ans, il y avait 3 millions de repas distribués par an sur la ville de Montpellier par les réseaux de soutien alimentaire », indique Michel Calvo, adjoint en charge de la solidarité. « C’est énorme. »

    En 2021, la municipalité fraîchement élue avait alors organisé des états généraux de la solidarité alimentaire réunissant associations, institutions, élus, chercheurs. À l’issue des concertations menées dans ce cadre, la délibération adoptée en conseil municipal en novembre 2021 proposait, entre autres mesures, de « constituer un réseau d’épiceries sociales et solidaires (ESS) et l’accompagner pour y améliorer la dignité des personnes, l’inclusion et la qualité des approvisionnements ».

    Quatre ans plus tard, ce maillage a pris forme, en s’appuyant sur des associations qui portent ces projets. « Actuellement, on a une épicerie sociale et solidaire dans les 7 grands quartiers de la ville », assure Michel Calvo. « Il y en a quatre qui sont fédérées par la Ville et qu’on soutient plus particulièrement. On leur donne 10 000 euros de subvention par an. Et il y en a quatre autres qui sont aussi des lieux de distribution alimentaire qu’on soutient, mais qui ne rentrent pas dans notre dispositif », détaille l’élu. « Nous incitons les ESS avec lesquelles nous travaillons à faire des efforts pour diffuser de l’alimentation de proximité et bio. On ne leur demande pas de ne faire que ça car on sait que c’est beaucoup plus cher, mais on cherche à faire évoluer les épiceries sociales vers des produits plus qualitatifs. »

    Une nouvelle épicerie inaugurée en décembre

    Deux ESS directement aidées par la Ville ont été inaugurées dernièrement. Tout d’abord l’épicerie « Soleil », début septembre. Créée dès 1993 par l’association Solidarité DOM-TOM Hérault au cœur du quartier de la Mosson, elle a fait l’objet d’une vaste rénovation prise en charge par la collectivité et le bailleur social ACM. La structure compte aujourd’hui 443 bénéficiaires dont 76 étudiants, soit environ 113 foyers montpelliérains. La seconde épicerie, inaugurée début octobre est, elle, située route de Mende, tout près de la faculté Paul Valéry, dans des locaux mis à disposition par la Ville. Dédiée aux 18 à 25 ans, étudiants ou non, en situation de précarité, Rayon 34 -portée par la Banque alimentaire- a pour objectif d’accompagner jusqu’à 300 jeunes par semaine. Une autre ESS du réseau de la Ville « doit ouvrir en décembre rue Draparnaud, dans le quartier des Arceaux, au terme de deux ans de gros travaux. Elle sera gérée directement par le CCAS », informe Michel Calvo.