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  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    Le groupement baptisé « Les amoureux du parc de Bonneveine » dénonce dans un communiqué « l’argumentaire sécuritaire » de la Ville pour justifier l’abattage sans concertation de 58 arbres en tout depuis septembre dernier dont 37 nouveaux arbres cette semaine. Ce désastre résulte « des erreurs dans la conduite du chantier, les fragilisations dues à des décaissements et des creusements de tranchées au pied des arbres endommageant leur équilibre racinaire ».

    « L’ambition affichée par la Ville de Marseille de renforcer durablement la qualité paysagère et environnementale du parc est bien mal engagée. ». « Il est grand temps que la mairie de Marseille fasse preuve de transparence et accepte un dialogue constructif avec les citoyens qui l’ont élue. » Ils demandent à la ville de « tirer les leçons de cette gestion calamiteuse du patrimoine arboré du parc de Bonneveine dans un contexte de réchauffement climatique et préserver le patrimoine arboré existant tout en anticipant les adaptations à venir ».

    Concertation et respect des promesses

    Selon eux, des solutions de sauvegarde auraient permis de sauver une proportion non négligeable des 37 arbres cinquantenaires abattus cette semaine. La promesse municipale de planter 210 arbres de 3 à 4 mètres de haut, soit 140 de plus que les 70 annoncés à l’origine, ne résiste pas au taux d’échec de 20% environ. Il faudra au moins 20 ans avant pour remplacer un arbre mature de 20 mètres, « sans compter l’impact sur l’habitat de la faune qui compte près d’une dizaine d’espèces protégées ».

    Les mesures alternatives n’ont pas été réellement étudiées alors que selon l’ONF Végétis, filiale de l’ONF, prestataire exclusif de la Ville, montrait déjà qu’au moins 11 arbres pouvaient encore être épargnés par des tailles de réduction. Un arbre proche de l’avenue de Hambourg a même été abattu alors que le rapport préconisait sa « surveillance par test de traction dans 2 ans ».

    « La Ville de Marseille ne respecte pas ses promesses », cingle le communiqué, elle qui s’était engagée « verbalement de ne rien faire avant une concertation finale ». « Le prétexte donné de la météo ne peut justifier le caractère précipité de cette décision. » Ces arbres fragilisés en septembre dernier avaient résisté aux précipitations et forts vents de l’hiver et du printemps dont une tempête à plus de 118 km/h le 26 mars 2026. Cette résistance contredit dans la vie réelle les conclusions des tests de l’ONF Végétis sur lesquels s’appuie la mairie pour justifier les abattages.

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • La nuit des étoiles se prépare à St-Michel

    La nuit des étoiles se prépare à St-Michel

    « C’est notre plus grande soirée de l’année » : au centre d’astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire, salariés, renforts saisonniers et bénévoles recrutés spécialement pour l’occasion s’activent pour préparer la nuit des étoiles, qui rassemble chaque année de nombreux amateurs d’astronomie dans le village, situé près de Forcalquier. 70 personnes travaillent sur l’organisation de la soirée de samedi, pour laquelle ils attendent 1 200 visiteurs, explique Fabien Marquet, le directeur du centre d’astronomie. Après une ouverture des portes à 18h30, la soirée débutera à 19h avec « un apéro scientifique en plein air, sur le thème de comment les terriens essaient de communiquer avec les aliens », détaille Paloma Huppert, responsable pédagogique et médiatrice scientifique. À partir de 21h30, trois pôles d’animation se mettront en place : une lecture du ciel au laser, pendant laquelle les animateurs relieront les étoiles entre elles pour former les constellations ; une conférence de l’astrophysicien Guillaume Trap, qui parlera des voyages interstellaires ; et un spectacle de contes. À partir de 22h30, les visiteurs pourront se déplacer de télescope en télescope et observer des objets célestes.

    Une ribambelle de fidèles bénévoles vient prêter main-forte pour cette soirée exceptionnelle : « c’est la seule fois de l’année où c’est le cas. Je me bats tous les jours pour qu’on continue à donner des salaires », clarifie le directeur du centre. L’association recrute également quinze « jeunes passionnés d’astronomie » en renfort pendant l’été.

    Le centre d’astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire est né en 1998 « d’un souhait du département et de l’Observatoire de Haute-Provence », explique Fabien Marquet. Le département a mis à disposition de l’association ses locaux et son terrain pour mener à bien ce projet. « Le département nous a confié une mission de diffusion de la culture scientifique au plus grand nombre, à des tarifs préférentiels », relate le directeur. La Région accompagne également le centre d’astronomie : les deux collectivités représentaient 14% de son budget de fonctionnement en 2025.

    Chaque année, le centre reçoit 5 000 scolaires, du CP à la terminale. « On colle au programme d’astronomie qu’ils ont à l’école. C’est pour cela que les enseignants viennent chez nous », explique Fabien Marquet. Le centre peut même les accueillir pour manger et dormir sur place pour des séjours d’astronomie, avec 80 lits à disposition. Des cousinades ou des séminaires d’entreprise peuvent également y être organisés. 34 000 visiteurs sont accueillis chaque année.

    « Notre mission est de susciter des vocations chez les plus jeunes, et plus particulièrement chez les jeunes femmes », avance le directeur du centre. « J’ai désormais plus de médiatrices que de médiateurs scientifiques : c’est une très bonne nouvelle pour la place des jeunes femmes dans notre société, encore plus sur le volet de la culture scientifique », se réjouit-il. « On n’encourage pas les jeunes femmes à faire des parcours scientifiques à l’école », regrette-t-il. Le centre est d’ailleurs en train de travailler sur une exposition mettant en avant les femmes scientifiques qui ont collaboré avec lui. « On va leur demander quel est le message qu’elles veulent passer aux jeunes filles, pourquoi c’est important d’être une femme scientifique aujourd’hui dans notre société… », détaille Fabien Marquet.

    Une immersion

    dans un vaisseau spatial

    Le planétarium, ouvert en 2022, permet d’être immergé
    « dans un vaisseau spatial, une machine à voyager dans le temps ». Les séances peuvent être sur le thème des trous noirs, des exoplanètes, ou encore adaptées pour les tout-petits. Mardi, c’était Maude Bodineau qui animait une séance pour les enfants, hilares et curieux de découvrir nébuleuses, cratères et constellations, après avoir visionné un film d’animation sur l’astronomie et l’exploration spatiale. Monique et Alain Troin y ont emmené leurs deux petits-enfants, Arthur et Océane Trébern, venus d’Eure-et-Loir pour les vacances. « Comme il y a l’éclipse solaire le 12, on voulait qu’ils comprennent comment cela fonctionne. On leur a acheté des lunettes pour l’observer », explique la grand-mère, venue spécialement de Marseille pour visiter le centre.

    Yaël Moussouni, grand passionné d’astronomie, vient chaque année depuis Strasbourg prêter main-forte au centre, en tant que salarié renfort d’été, puis bénévole. Le jeune homme a vu l’annonce sur un groupe WhatsApp d’astronomie amateur, alors qu’il possédait déjà un télescope. « Même en tant que passionné, on apprend toujours de nouvelles choses, notamment avec les questions du public », se réjouit-il.

    Le centre organise également une soirée à l’occasion de l’éclipse solaire mercredi, déjà complète depuis un mois, victime de son succès. Le 15 août, pour sa dernière grande soirée, le centre a invité Yaël Nazé, une astrophysicienne belge, pour « la conférence dont vous êtes le héros » : l’intervenante construira sa conférence en fonction des questions du public. De l’observation au télescope sera également à nouveau proposée.

    Le village de Saint-Michel-l’Observatoire héberge également l’Observatoire de Haute-Provence, où la première exoplanète a été découverte en 1995. « C’est l’un des seuls observatoires qui a une programmation de recherche scientifique aussi forte, très clairement », assure Fabien Marquet.

    Retrouver ici les rendez-vous en région.

  • Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    C’est sur l’un de ses sites emblématiques et plus précisément sur celui qui a donné son nom au département que le Département de Vaucluse vous propose de découvrir un spectacle son et lumière unique pour vivre une expérience nocturne comme vous n’en avez jamais vu.

    Célébrer les mythes et légendes

    Dès ce samedi et jusqu’au 16 août les bords de la Sorgue qui traversent la commune de Fontaine-de-Vaucluse deviennent le décor d’un show unique à la croisée des chemins entre l’art numérique, la nature et l’émotion avec « Fontaine-de-Vaucluse, source de légendes ».

    Ce temps fort proposé durant la première quinzaine d’août raconte les mystères du gouffre d’où jaillit la rivière si célèbre et les mythes qui entourent ce site fascinant, à l’image de la nymphe gardienne des eaux ou du combat mémorable entre la terrible coulobre et saint Véran. L’occasion également de vivre de belles échappées à travers le département, en évoquant plusieurs sites emblématiques allant du Ventoux à la cité des papes en passant par les ocres du Luberon.

    Et pour ce vidéo-mapping, ni écran de projection ni façade n’ont été installés car il a été conçu par l’artiste Marie Jumelin et la société et la société de production vauclusienne Artcom diffusion installée à Pernes-les-Fontaines, dont la particularité est d’utiliser les frondaisons comme écran de projection. Ainsi, les images seront projetées directement sur la végétation, transformant les arbres du vallon de la Sorgue en support pour cette découverte visuelle qui respecte le site classé.

    Pour le son, la magie sera tout autant au rendez-vous puisque les visiteurs auront la chance de profiter d’une création spécialement pensée pour le site. Cette dernière dialoguera avec les bruits naturels de la Sorgue afin de plonger les spectateurs dans une expérience sensorielle et visuelle totale.

    Première projection à 21h30 puis trois autres par soirée. Accès libre et gratuit.

  • Dans le Var, une lutte toujours plus intense contre le feu

    Dans le Var, une lutte toujours plus intense contre le feu

    Selon la préfecture du Var, « les reprises de feu se sont renforcées du côté de Barjols, Correns et Châteauvert », ce lundi. Mais ces réactivations, à Barjols et à Correns, « ont pu être circonscrites grâce à l’action des moyens aériens et des équipes au sol », précisait le point de situation des services de l’état, lundi à 22h. Les autorités soulignent que le feu « n’est toujours pas fixé » et que les sapeurs-pompiers « luttent toujours d’arrache-pied » pour contenir le feu « dans son périmètre ». Cette journée était signalée comme « à risque » par les autorités avec la reprise du mistral et des températures élevées. 4 500 hectares ont brûlé et des milliers de personnes évacuées.

    Les moyens aériens, jusque-là composés de trois hélicoptères bombardiers d’eau dont un lourd, ont été renforcés, avec « trois Canadair arrivés sur zone ». La nuit « devrait être plus calme avec la tombée du vent et un taux d’humidité de l’air plus important », espérait la préfecture, lundi soir. Avant d’ajouter : « Les 1 000 sapeurs-pompiers et leurs 270 engins au sol vont profiter de cette accalmie pour poursuivre le travail sur les lisières qui représentent un linéaire de 160 km en tout, afin de contenir le feu, alors qu’une brise de sud-est est attendue pour mardi après-midi ».

    Le bilan matériel s’est alourdi. Les services de l’état recensaient, lundi soir, 60 habitations touchées, dont 33 entièrement détruites. Dans des périmètres toujours sous consignes d’évacuations, les forces de l’ordre ont signalé, lundi, des personnes qui regagnaient leurs habitations. « Ces comportements les mettent en danger et entravent l’action des services engagés sur le terrain », condamne la préfecture.

    Une centaine de militaires est mobilisée de « en arrière du front, pour aider les sapeurs-pompiers à traiter les lisières », précise la préfecture. Les massifs ont également été mis sous surveillance avec 500 personnes sur le terrain et 50 patrouilles ont été déployées.

    Lundi, en fin de journée, un camion-citerne « s’est retourné et est tombé en contrebas de la route alors qu’il se rendait sur un feu », précise la préfecture. Elle ajoute : « Les quatre sapeurs-pompiers du Var présents à l’intérieur ont été transportés vers les hôpitaux de Toulon et de Brignoles. Les premiers examens ont confirmé le caractère léger de leurs blessures. »

  • La tournée d’été La Marseillaise célèbre Michel Berger à Septèmes-les-Vallons

    La tournée d’été La Marseillaise célèbre Michel Berger à Septèmes-les-Vallons

    « On fait un panorama des musiques de Michel Berger extraites de ses albums studio, live, et de celles qu’il a écrites pour d’autres aussi », explique Arnaud de Maria, chanteur-pianiste, fan de Michel Berger depuis son plus jeune âge. Le groupe Tribute à Michel Berger se produira à Septèmes-les-Vallons à 21h40, ce 26 juillet. Au cours de la même soirée, l’humoriste Kamel montera sur scène à partir de 20h45, tandis que le DJ Herbie Lite prendra le relais à partir de 23h.

    Michel Berger, mort brutalement en 1992, est un « précurseur », « le créateur du premier opéra-rock », Starmania, rappelle Arnaud de Maria. Accompagné de son groupe, avec Emmanuel Castets à la guitare, Christophe Touzier au clavier, Bruno Perez à la basse, Wilfrid Soliwada à la batterie et Philippe Gambini comme ingénieur du son, il compte bien mettre en avant sa « passion musicale » pour cet artiste, « pilier de la musique française ».

    Immersion

    « Pour moi, “Quelques mots d’amour” est l’un de ses chefs-d’œuvre », atteste Arnaud de Maria. Enregistrée sur le cinquième album de Michel Berger, Beauséjour, en 1980, cette chanson évoque la solitude amoureuse. Ce qui marque le plus le chanteur-pianiste du tribute à Michel Berger, c’est « l’harmonie musicale qui en ressort ».

    Les concerts rendant hommage à des artistes permettent de « se tourner vers le passé, quand l’avenir n’est pas très rose », juge Arnaud de Maria. D’après lui, lorsque l’hommage est bien fait, « les gens sont en immersion, ils demandent des photos, on signe des autographes, comme si on était le chanteur lui-même ». En jouant sur la nostalgie, le public se réunit autour de la musique. « ça fait du bien aux gens », réagit-il.

    Le concert Tribute à Michel Berger ne sera pas le seul spectacle hommage de la tournée d’été La Marseillaise. Lundi 3 août, à l’Estaque, le groupe Fahrenheit rendra hommage aux musiques des années 80, MagicQueen interprétera des chansons du groupe Queen le 12 août à Martigues, et Get the Beatles Back se produira le vendredi 28 août, à Marseille.

    Gabrielle Cartellier

    Dimanche dès 20h, parking du Vallon du Maire, à Septèmes-les-Vallons. Entrée gratuite.

  • [Grand entretien] Tatou : « La course de baignoires, un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat »

    [Grand entretien] Tatou : « La course de baignoires, un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que symbolise pour vous cette course de baignoires organisée par Ciotat Chourmo ?

    Tatou : C’est un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat. On était, et on est toujours un peu, une ville de constructeurs de bateaux. Avec un grand chantier naval qui a malheureusement fermé ses portes [en 1988], même si grâce à la lutte des types qui étaient sur le site, on a pu conserver l’activité navale. Mais bon, on n’a plus de pétroliers, de méthaniers, d’immenses navires qui étaient un peu l’âme de la cité. Donc, cette idée de continuer à construire des trucs qui flottent, des baignoires, avec nos petites mains, c’était un clin d’œil aux anciens. C’est aussi l’occasion de faire une fête populaire, qui draine de plus en plus de monde. Ça ressemble un peu aux 24 heures du Mans, il y a des stands avec les baignoires, chacun peut admirer l’inventivité de ceux qui les construisent. Ensuite, tu as la course et ça finit toujours par un concert.

    Comment expliquez-vous l’engouement autour de cette course ?

    Tatou : C’est sympa, populaire, gratuit, festif. Et on célèbre notre amour pour la ville. Chacun y met un peu de fierté.

    Sur le titre « Lo Chaple », en 2008, vous chantiez : « Qu’ont-ils fait à ma ville, ils l’ont déshéritée, tu vois. Ils ont fermé l’usine, ont rangé les bateaux pendant qu’on n’y était pas. » Quel est votre regard sur l’évolution de La Ciotat ?

    Tatou : Déjà, le temps passant, on est sortis du traumatisme. Après la fermeture du chantier, on n’a pas eu le moral pendant 25 ans. Cette fermeture a touché toutes les familles de la ville. « Lo Chalpe », ça veut dire la catastrophe en provençal. Après, il faut relever la tête. Il y a eu beaucoup d’initiatives associatives pour se remonter le moral comme celles de La Chourmo. Sinon, il y a aussi pour moi une dérive tourismatique, même si elle n’est pas propre à La Ciotat : la multiplication des Airbnb, le tourisme de masse qui fait que, même si nous sommes des Ciotadens ouverts et qui aimons voir débarquer du monde d’ailleurs, ça nous gonfle un peu parfois. Pour la jeunesse ciotadenne, ça manque aussi un peu de débouchés, d’avenir. Même si les villes changent, ça ne doit pas nous empêcher de proposer à nos jeunes un horizon un peu sympa. C’est aussi la rançon de la désindustrialisation. Mais le fait que la lutte, ici, ou au moins la conservation du patrimoine industriel et de la place que tient l’usine dans la ville, nous sauve un peu de la gentrification.

    Fin 2025, vous avez réédité en vinyle le premier album de Moussu T, « Mademoiselle Marseille », reflet du bouillonnement culturel de la ville dans les années 1920-1930, des opérettes marseillaises aux musiques afro-américaines. À quel point l’œuvre de Claude McKay, poète jamaïcain et figure du Harlem Renaissance témoin de cette effusion, vous a marqué ?

    Tatou : J’ai fondé Massilia Sound System au Panier. Je découvre Claude McKay, un auteur jamaïcain qui écrit sur le quartier détruit pendant la guerre par les nazis et l’État français. En plus, un livre qui parle de musiciens. Ça a été ma porte d’entrée sur les rapports entre Marseille et le jazz. Et je suis retombé sur l’opérette marseillaise que je connaissais avant juste comme ça. Avec Massilia, on l’avait repris par clin d’œil. Comme c’est un monument de l’histoire musicale de Marseille, on est obligés d’y passer. Mais je l’ai redécouvert sous une autre facette : le fait que ça soit du jazz en quelque sorte. Scotto, Sarvil, Sellers étaient des grands fans de jazz. Sellers, qui vient de Martigues, est l’arrangeur de Scotto mais aussi celui de Joséphine Baker. Ça crée plein de ponts. C’était parfait pour nous qui avions envie d’avoir une ville diverse et ouverte : alors que beaucoup pensent que c’est le summum du terroir, ces opérettes marseillaises, c’était quand même de la musique black. Ça fait comprendre que ces histoires de pureté musicale ou culturelle n’ont aucun sens.

    Il a beau être contemporain d’un Marcel Pagnol, tous deux ne dépeignent pas le même Marseille. McKay a su, lui, saisir son esprit…

    Tatou : McKay fait partie du Harlem renaissance, dont une autre grande figure est Langston Hughes qui va se retrouver dans les brigades internationales en Espagne. Ce sont des types qui vivent. On le voit dans son autobiographie Un sacré bout de chemin, toutes les aventures possibles de son époque, McKay les vit : en Russie pendant la Révolution comme dans des studios cinéma à Nice… Fatalement, il écrit son époque. C’est marrant que vous parliez de Pagnol car moi, la première chose qui m’est venue quand j’ai lu Banjo (1929), c’était de le comparer à Bagatouni de Valère Bernard, ce grand écrivain marseillais qui écrit en provençal, lui. Ils ont la même façon de décrire depuis la rue. McKay a parfaitement saisi la place des Marseillais dans le monde. Si on le compare aux écrivains de son époque qui écrivent sur Marseille, la différence et encore plus grande qu’avec Pagnol car il y a tout ce délire, presque colonial, d’écrivains français sur Marseille. McKay vit et comprend fort bien Marseille mais aussi ce qu’est la renaissance culturelle noire. Il est à la fois noir, communiste, bisexuel et a donc beaucoup de problèmes dans la société. McKay nous donne une leçon d’altérité : on peut être autre et être ensemble. Et il raconte des trucs qu’aucun intellectuel français n’a raconté sur nous : des mecs en bleu de chine, des peintres marseillais… pour nous, c’est une arme. Le mec qui a écrit le plus beau roman sur Marseille est un Jamaïcain.

    Pour revenir à la musique, quelle est votre actualité ? Des projets avec Massilia ou Moussu T e lei Jovents ?

    Tatou : Avec Moussu T pas grand-chose, avec Massilia, non plus. Tu sais, on est les vieux membres d’un vieux groupe. Je m’intéresse à plein de choses à côté. Demain, je suis par exemple en studio, mais pour conseiller. Je vais écouter le DJ de Massilia, Kayalik, qui est en train de construire un truc super intéressant avec un groupe traditionnel du Tarn. Une rencontre entre la dance music et la danse balèti. Sinon, je viens de finir de donner quelques avis sur un disque de mon collègue, Louis Pastorelli, chanteur du groupe Nux Vomica. Et je continue aussi bien sûr à me régaler avec DJ Kayalik en faisant du sound system en essayant de recréer la soirée dansante jamaïcaine on va dire. C’est le balèti à la jamaïcaine.

    Vendredi dernier, vous étiez aussi en concert avec Massilia Sound System à Vitrolles. Toujours un refuge à la morosité ambiante pour le public qui a communié avec vous…

    Tatou : L’idée de chanter pour une communauté a toujours été dans notre cahier des charges. On chante pour nos voisins, les gens de nos quartiers et villes. On a toujours dit qu’on avait envie d’être des chanteurs folkloriques mais au vrai sens du mot du folklore, c’est-à-dire le langage du peuple. C’est notre grande fierté. Massilia, c’est le truc repère de toute la famille, le disque que peuvent écouter des parents comme des enfants. Les jeunes et les vieux s’y retrouvent, tout en restant jeunes et vieux. Et là, avec Moussu T à La Ciotat, on va jouer avec une formation très simpliste qui rappelle les premières heures du jazz à La Nouvelle-Orléans, il n’y a que du banjo, une batterie réduite a sa plus simple expression, des percussions. C’est formidable.

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

    Exposition des baignoires à 14h, course à 16h et début du concert vers 19h30

  • Le sud, destination refuge en temps de crise

    Le sud, destination refuge en temps de crise

    Au Vieux-Port à Marseille, les valises s’entassent déjà sous l’ombrière. Assis sur ces bagages, les deux fils de la famille Fromentin patientent en regardant leur père dans la file d’attente pour accéder à la navette vers la Pointe Rouge. Venus de Marne-la-Vallée pour six jours, ils incarnent cette clientèle française qui, malgré un budget serré, n’a pas renoncé aux vacances. Leur destination aurait pourtant dû être tout autre. « C’était le voyage des 50 ans de ma belle-sœur prévu depuis un an. On devait aller en Sicile, mais c’est hors de prix », raconte Julie Fromentin.

    Cette adaptation des vacanciers, les professionnels du tourisme l’avaient anticipée. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que les inquiétudes du printemps, alimentées par les tensions au Moyen-Orient et la baisse du pouvoir d’achat, laisseraient finalement place à des perspectives plus rassurantes. « On a eu un printemps qui a démarré très doucement, mais pour juillet et août, les tendances sont positives », résume Isabelle Brémond, présidente de Provence Tourisme.

    Les premiers indicateurs confortent cet optimisme. Dans les Bouches-du-Rhône, les réservations de locations saisonnières affichaient, fin juin, une hausse de 7 % sur juillet et août par rapport à l’an dernier, avec +6 % pour le 14 juillet et +7 % pour le 15 août. Chaque été, le département accueille en moyenne 1,9 million de touristes. Les Français restent les plus nombreux, représentant 69 % des visiteurs. La clientèle étrangère est portée par les touristes allemands, américains, britanniques et italiens.

    À l’échelle régionale, l’optimisme est aussi de mise. « À date, on va faire a minima une aussi bonne saison que l’année dernière », assure François de Canson, président du Comité régional de tourisme Paca. Selon lui, « 80 % des professionnels se déclarent confiants pour leur activité cet été ».

    Pourtant, les vacanciers sont de plus en plus obligés de faire des choix. Une enquête de l’Ifop sortie en avril révélait qu’un Français sur deux prévoyait de réduire ses dépenses en vacances. « On voit des décisions plus tardives, des séjours plus courts et plus échelonnés dans le temps », confirme Isabelle Brémond.

    Partir, mais consommer différemment

    Même constat pour François de Canson : « Les Français ne renoncent pas à partir, mais ils consomment différemment. Une fois le logement payé, il faut arbitrer car le budget n’est pas extensible ». Isabelle Brémond abonde : « Le secteur de la restauration souffre, car là où on allait au restaurant trois fois par séjour, aujourd’hui, on va se faire la cuisine ou pique-niquer ».

    Dans les rues de Marseille, les vacanciers témoignent de ces nouveaux arbitrages. Venue de Lyon pour une semaine, Sandra reconnaît que, sans l’hébergement chez son amie Nassira, « [elle] ne serai[t] peut-être pas venue ». Plus loin dans les rues du Panier, Sacha, étudiante parisienne de 18 ans, a limité son séjour à cinq jours. « Au-delà, ça aurait été beaucoup trop cher, souffle la jeune femme qui s’est fixé un budget de 350 euros pour ses vacances. Déjà 180 euros de train, ça fait mal au porte-monnaie ».

    Au Vieux-Port, Thibault et Laetitia ont, de leur côté, traqué les bons plans : échange d’appartement, premier train Ouigo à 6h du matin et seulement un restaurant pendant leur séjour. « On ne voulait pas aller à l’étranger, parce que c’est trop cher et aussi par conviction », explique le couple. Marseille s’est naturellement imposée à eux : « On a vraiment choisi la ville. Il y a tout ce qu’on recherchait : les mobilités douces, les musées et le coût de la vie bien sûr. »

    Le témoignage du couple illustre le constat dressé par Julien Harounyan, adjoint au maire de Marseille en charge du tourisme : « Ce n’est pas une destination par défaut, c’est une destination qu’on choisit précisément pour son budget ». La ville profite d’une dynamique bien installée. En juin, la fréquentation a progressé de 4 % par rapport à 2025, les hôtels dépassent les 95 % de taux d’occupation et les locations meublées affichent 44 % de fréquentation supplémentaire. Marseille s’est même hissée en tête des destinations françaises sur le site spécialisé Booking en juillet, une première. Les récents concerts de Jul et de Bad Bunny, les demi-finales du Top 14 ou les ponts du mois de mai ont contribué à ces pics de fréquentation.

    Pour rester attractive, la mairie mise aussi sur l’Été marseillais, programme reconduit pour une 7e édition avec concerts, cinéma en plein air, activités sportives et visites. Le tout gratuitement. « L’objectif, c’est l’accessibilité pour les touristes, mais aussi pour les Marseillais qui sont là toute l’année et qui ne partent peut-être pas », insiste Julien Harounyan.

  • Adapter les conditions de travail au climat

    Adapter les conditions de travail au climat

    « Quand on parle de fortes chaleurs, on parle d’un enjeu de vie ou de mort pour de nombreux travailleurs et travailleuses », martèle d’emblée Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. La centrale syndicale a présenté jeudi lors d’une conférence de presse, un plan de lutte pour l’adaptation des conditions de travail au changement climatique. Hasard du calendrier (ou pas), dans son 8e rapport annuel publié quelques heures plus tôt, le Haut Conseil pour le climat (HCC) pointe « les impacts du changement climatique [qui] deviennent de plus en plus dangereux ». La France « n’est pas prête », estime l’organisme indépendant créé en 2018, jugeant « impératif » qu’elle « change d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation ». Parmi les 82 recommandations formulées – auxquelles le gouvernement a six mois pour répondre – le HCC réclame le renforcement du « cadre réglementaire en santé au travail ».

    La CGT a pris les devants et tiré la sonnette d’alarme. À l’issue d’une réunion avec les différentes fédérations, au moins dix morts au travail sur ces trois épisodes caniculaires, ont été recensés. Sophie Binet intime le ministre du Travail de publier « immédiatement » les chiffres officiels des accidents mortels liés à la chaleur. À ces drames s’ajoutent des « centaines de malaises » et « d’accidents » : « des travailleurs et des travailleuses qui poursuivent leurs journées malgré les vertiges, la déshydratation, les nausées ou l’épuisement, parce que les objectifs de production fixés par les patrons, eux, ne connaissent pas la canicule », pousse la numéro 1 de la CGT.

    La centrale a mis en ligne le 4 juillet dernier sur son site internet un « calculateur de chaleur »*. Cette grande enquête nationale élaborée par les statisticiennes de la CGT, la Dares et la Drees vise à recueillir des témoignages de salariés et recenser leurs revendications. Les premiers résultats sont édifiants. Sur les 5 000 personnes ayant répondu en cinq jours seulement, 9 salariés sur 10 jugent les dernières canicules « pénible », « très pénible » ou « insupportable ».

    Au moins 10 morts

    au travail

    Dans ce plan, l’une des mesures principales est l’interdiction systématique du travail en extérieur au soleil, ou entre midi et 18h à partir des alertes orange et rouge, y compris pour les travailleurs micro-entrepreneurs ou abusivement considérés comme tels (livreurs à vélo liés aux plateformes numériques), en prévoyant le maintien des rémunérations, sans report des heures de travail, écrit le syndicat. Météo France a placé en vigilance rouge neuf départements de l’Ouest et 76 départements en orange pour la journée de vendredi. Dans le BTP, « on en est à une bonne grosse douzaine d’hyperthermies sévères, ce qui veut dire qu’il y aura potentiellement des séquelles permanentes », gronde Frédéric Mau, de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT.

    Le syndicat réclame par ailleurs la création d’un système de congé intempéries avec maintien du salaire à 100 %, qui peut être activé en cas d’alerte orange ou rouge, sur validation du CSE et financé par une cotisation des plus grosses entreprises. « Il y a besoin (de) mesures pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses et que ces mesures soient prévues par le Code du travail pour garantir l’égalité des droits », poursuit Sophie Binet, refusant que le sujet soit renvoyé « au bon vouloir des employeurs ».

    Le Premier ministre présidera ce vendredi une cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule. Face à cela, le système de santé est, une nouvelle fois, en première ligne. « Il y a des morts à l’hôpital, dans les Ehpad et à domicile (…) On sait que bilan va être terrible », s’alarme Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT Santé et Action sociale. La fédération prévoit une minute de silence le 8 septembre « pour celles et ceux qu’on n’aura pas pu sauver » et une journée de mobilisation le 15 septembre. Toutes les professions sont en tension. « L’hôpital n’a pas de climatiseurs donc il en demande aux pompiers », souffle Sébastien Delavoux, animateur réseau CGT Sdis. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pendant ce temps, la saison des feux est déclarée, plus violente que jamais. « D’année en année les interventions augmentent et les moyens diminuent », grince le sapeur-pompier, « l’été ne fait que commencer ».