La Marseillaise : Suite à « l’affaire des paris truqués », Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain ne sont pas apparus de l’été sous le maillot de l’équipe de France. Il se dit qu’ils ont été écartés du collectif ?
Michel Le Bot : Il y a les interprétations, et il y a les faits. Ces trois personnes du collectif France ont été déférées devant le tribunal correctionnel de Toulon. Elles ont toujours été considérées comme des sportifs de haut niveau, mais j’ai préféré ne pas les mettre sous les feux des projecteurs, dans un souci de protection de mes joueurs et de préservation des intérêts de ma fédération. Dans le cadre de la procédure, j’ai récemment eu accès à certains éléments probants. J’ai donc soumis au comité directeur vendredi, à Marseille, de remettre Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain à la disposition du sélectionneur jusqu’au mois de juin. à l’issue du mois de juin, on verra ce qu’il se passera.
À moins de deux mois des championnats du monde masculins (du 20 au 25 novembre à Khon Kaen, en Thaïlande), votre annonce rebat les cartes de la future sélection, sachant que Mickaël Bonetto, Ludovic Montoro, Christophe Sarrio et Yohan Cousin étaient pressentis…
M.L.B. : À l’heure actuelle, aucune sélection n’a été annoncée et aucune exclusion n’a été prononcée. La décision relève du sélectionneur et des personnes chargées du processus de sélection et sera communiquée dans les prochains jours. Il y a beaucoup de spéculations, je m’en tiens aux faits. Je ne connais pas beaucoup de présidents de Fédération qui ont vécu cette situation inédite.
Concernant l’équipe féminine, le communiqué du directeur sportif, Philippe Quintais, qui relate des divergences au sein du collectif, a provoqué un séisme (lire notre édition du 22 septembre). On sent ces derniers mois un réel dysfonctionnement. Vous partagez ?
M.L.B. : Je parlerais moins de dysfonctionnement que d’une différence de vision. Il y a, d’un côté, une personne qui porte une certaine conception du sport et, de l’autre, des personnes qui ont leur propre vision de la pétanque. La question est donc de savoir comment trouver un terrain d’entente pour que la dimension sportive et les exigences de la haute performance soient pleinement intégrées à la pratique de la pétanque.
Quel est votre sentiment au regard de tous les problèmes qu’a connus ce collectif France féminin ?
M.L.B. : C’est une déception, car la dynamique collective est essentielle. Ce n’est pas la première fois que le président de la Fédération exprime sa déception face à certains comportements qui ne correspondent pas à sa conception du sport. Quel que soit le talent d’un athlète, sans travail, il ne peut y avoir de résultats durables. Aujourd’hui, je pense qu’un travail de fond reste nécessaire pour faire évoluer les mentalités et faire comprendre que la performance sportive ne repose pas uniquement sur le talent. Lorsqu’on évolue dans une discipline reconnue et encadrée par le ministère, la recherche de la haute performance ne peut pas être une simple vue de l’esprit : elle exige de l’engagement.

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