Ce lundi matin, quasiment aucun élève n’a franchi les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, une quarantaine de professeurs tenaient des banderoles. On pouvait y lire « On est des humains, pas des numéros » ou « Rendez-nous Sophie Jaboulin ».
Affectée provisoirement à Jean Cocteau en 2022 suite à une « erreur administrative » lors d’une précédente mutation, Sophie Jaboulin subit de nouveau les dysfonctionnements du rectorat, qui veut lui faire « regagner le lycée de l’Empéri » à Salon-de-Provence contre son gré, explique Philippe Caracchioli, élu du personnel. Ses collègues dénoncent une injustice, une « non-gestion », voire un manque d’humanisme de l’académie, pourtant alertée de la situation à de multiples reprises depuis le mois de février. Ils souhaitent que Sophie Jaboulin puisse être, a minima, réintégrée la rentrée prochaine. Dans l’immédiat, l’équipe pédagogique demande une réponse « satisfaisante pour la santé » de leur collègue, en arrêt maladie.
Les élèves de cette professeure d’EPS demandent aussi son retour. Six d’entre-eux se rendront à Aix-en-Provence vendredi pour demander une audience au rectorat. Gaspard sera de la partie. Il explique : « J’ai intégré la section sport étude l’an dernier, quand la structure a été créée par Madame Jaboulin, qui a porté ce projet à bout de bras : elle s’est occupée de l’administratif, de la recherche de sponsors, de nos emplois du temps, venait avec nous en compétition, a réuni les fonds pour les championnats de France… Ce qui nous a permis de ramener des médailles. Ce qu’on critique, c’est l’incohérence du rectorat qui a mis des mois à répondre à Madame Jaboulin qui demandait à ce que son dossier soit ré examiné, tout en nous félicitant pour ces résultats. » Aujourd’hui, sans la professeure, la section sport étude est « en péril », assure l’élève de terminale. Le rectorat aurait proposé à d’autres enseignants de prendre le relais, ce qu’ils refusent « pour ne pas prendre la place », de la professeure mutée.
Au-delà du cas de Sophie Jaboulin, les revendications des élèves sont plus larges. Ils dénoncent les travaux perpétuels du lycée, qui auraient dû s’achever il y a des années mais qui s’éternisent en raison, notamment, du dépôt de bilan du maître d’œuvre. À l’extérieur de l’établissement, des filets retiennent les parements de briques qui s’effondrent. Ajax, en spécialité théâtre, pointe la présence « d’amiante » dans la salle de pratique. Mathieu, Léa et Salomé, porte-paroles du mouvement s’agacent des conditions d’apprentissage : des plannings trop denses, un manque de moyens humains et d’accompagnement. Les forces progressistes (PCF, insoumis, socialistes, UL CGT) ont envoyé un courrier au recteur, au président de Région et au ministère pour demander un rééquilibrage des budgets publics, des « rythmes scolaires viables », des embauches massives et un « investissement à la hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments ».

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