Des avions français aux quatre coins du monde

Sur le tarmac brûlant de la base aérienne (BA) 125 d’Istres, huit avions multirôles Rafale patientent sagement, prêts au décollage. Ce mardi, quatre d’entre eux participeront à la mission Pégase 2026, accompagnés de quatre Airbus A330 MRTT, deux A400M Atlas et 300 aviateurs. Cette 7e itération de la mission vise à parcourir 40 000 kilomètres autour du globe en 40 jours, de la BA 125 jusqu’en Égypte en passant par le Groenland, le Canada, l’Alaska, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie, l’Inde, le Qatar et la Réunion. L’opération est pilotée depuis le centre Air de planification et de conduite des opérations (Capcoda), à la base aérienne 942 de Lyon-Mont-Verdun.

Aux militaires présents lors du briefing de masse, la ministre déléguée aux Anciens combattants Alice Rufo indique qu’il s’agit d’un « moment d’une génération que d’ouvrir une nouvelle route vers l’indo-pacifique, l’Inde et l’Indonésie ». Cette opération de projection de puissance aérienne de longue portée, dont la BA 125 est l’outil dédié, est garante selon la ministre de « la signature française de crédibilité » dans la capacité de la France à « être là où elle veut dans le monde pour défendre ses intérêts ».

Une dimension partenariale

De passage et d’escale dans une multitude de pays différents, cette mission s’effectue dans « une dimension internationale et partenariale » d’après la ministre déléguée. Que ce soit avec le Danemark, le Canada et les États-Unis, où le matériel sera testé et éprouvé dans des conditions particulières, confortant la « stratégie Arctique » de la France soulevée par Alice Rufo. « On peut compter sur la France jusqu’au Moyen-Orient, percuté de déstabilisations », assure la ministre, entre les escales de valorisation de la BA 181 de La Réunion et celles visant à renforcer les partenariats stratégiques avec les pays d’Asie traversés, au travers notamment de l’exercice multinational Tarang Shakti piloté par l’Inde.

Sur le fond, la ministre déléguée affirme que la mission Pégase 2026 constitue surtout « un acte géopolitique important », dans la consécration de « la liberté de circulation » aérienne comme maritime et dans « la valeur du droit international », parlant de construire « un monde fondé sur le droit respect des souverainetés et alliances entre nations ».

Plus tard, en marge du briefing lors d’un point presse, Alice Rufo insiste sur le fait que la BA 125 d’Istres est « le poumon opérationnel de la mission », « tout part d’ici et tout y reviendra ». « Les deux lois de programmation militaire ont renforcé cette base d’importance cruciale », rappelle la ministre, relevant « la base industrielle et technologique » en arrière-plan.

La France est « une puissance de paix » qui « renforce l’autonomie stratégique européenne » selon Alice Rufo, insistant sur le « développement de l’interopérabilité avec les armées partenaires : on vole, se pose et travaille ensemble ». « Si on est amenés à agir face à une menace on doit être prêts » ajoute-t-elle, précisant que cette posture n’est « pas en réaction ». À l’heure du choc des impérialismes, le vœu est pieux.

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