Tag: Défense

  • Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Un élu RN jugé pour son inscription frauduleuse sur la liste électorale

    Comparution pathétique de Stéphane Simond, 55 ans, attaché parlementaire et suppléant du député des Bouches-du-Rhône José Gonzalez (RN). Dénoncé par un colistier de la liste Reconquête!, Stéphane Simond est accusé d’avoir conduit la liste RN aux municipales à Plan-de-Cuques (23,5% au premier tour) et d’avoir été réélu conseiller municipal en s’inscrivant frauduleusement, en novembre 2025, sur les listes électorales, alors qu’il demeurait à Allauch.

    Bien qu’ayant avoué aux enquêteurs « avoir fait un faux pour me présenter sur Plan-de-Cuques », l’élu RN a subitement rétropédalé, ce mardi. « J’ai dit aux enquêteurs ce qu’ils voulaient entendre. Ils m’ont mis la pression. Je disais “oui oui”. » Avant de narrer une fable : « C’est juste une boîte aux lettres pour recevoir ma nouvelle carte d’électeur que j’avais perdue le temps de trouver un appartement. J’étais par monts et par vaux. Je dormais un peu chez ma copine à Allauch, chez mes parents et à Paris », bredouille Stéphane Simond, décomposé à la barre. « Pourquoi n’avoir tout simplement pas demandé à vos parents, à Allauch, pour recevoir le courrier ? », tente la présidente. Prévenu d’avoir signé une fausse attestation d’hébergement, son ami Jean-Marc rame lui aussi : « J’ai pas l’habitude avec les policiers. J’ai bafouillé on va dire. Les élections, j’y comprends rien. J’ai pas pensé que c’était un faux juste pour une liste électorale. »

    « Il ment mal et éhontément. Toutes ses manœuvres lui ont permis de se faire réélire conseiller municipal ! Il a fait tourner en bourrique les agents de la commune et de la préfecture », proteste l’avocate de la commune de Plan-de-Cuques, qui l’a radié, depuis, des listes. « Ce type de comportement pollue la vie publique », dénonce Julien Pinelli, conseil de Jean-Pierre Courtaro, à l’origine du signalement et qui est un colistier du candidat Reconquête!, Jean Toselo.

    « C’est inquiétant d’être élu en se présentant sur un mensonge », résume la procureure Isabelle Candau, qui requiert 8 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité. Sa défense proteste : « D’une mouche on veut faire un éléphant. Il s’est trompé de procédure de changement d‘adresse en cliquant sur le mauvais onglet. On l’accuse même d’emploi parlementaire fictif ! Tout cela est de la fiction. » Délibéré le 8 juin.

  • L’équipe « logistique » de Yoda plaide la faiblesse des preuves

    L’équipe « logistique » de Yoda plaide la faiblesse des preuves

    Convoyeurs, logisticien, nourrice, prête-nom… L’heure était, ce mardi 2 juin, aux plaidoiries des conseils d’une partie du clan Bingui, au tribunal correctionnel de Marseille. Des membres identifiés par les policiers comme aidant au bon fonctionnement du réseau ou chargé de protéger et d’organiser les séjours du chef présumé, Félix Bingui, lors de ses « sauts de puce » dans la cité phocéenne. Un rôle mineur et des éléments du dossier tangibles basés sur des écoutes et vidéosurveillances « interprétées » ont estimé la plupart des avocats, au fil de la journée, dénonçant des réquisitions disproportionnées et réclamant la relaxe. Comptabilité mal faite pour les uns, location de voitures pour survivre pour les autres… Divers arguments sont évoqués. La défense de Najib S. dit « grosse tête » est particulièrement enlevée.

    « Dans ce dossier, il n’y a rien d’extraordinaire », estime Maître Blot. C’est, pour l’avocat, « un trafic de stup’ comme tant d’autres ». Si « vous avez eu à connaître des dossiers plus dangereux, plus lucratifs, des audiences plus tendues où les prévenus sont moins respectueux de l’autorité judiciaire », poursuit-il à l’attention du tribunal, s’étonnant des « quantums [montant de la peine ou de l’amende requis Ndlr] impressionnants pour certains ».

    « Solidarité humaine »

    Revenant sur les arguments de ministère public la veille, qui évoquait un « point d’orgue » de la violence « en raison de ce qui se passait à la Paternelle », il estime que ce sont les prévenus qui l’ont subie, certains n’étant « plus là ». Dans tout ça, « la Paternelle [serait] un laboratoire du laboratoire », reprend-il. Mieux, il souligne l’« intelligence commerciale qu’il faut bien reconnaître » au clan Yoda, du nom de « ce personnage de “Star Wars”, tout le monde le connaît ». Mais il l’assure : son client, innocent, est « plus un Chewbacca qu’un Anakin », même s’il côtoie des gens « passés du côté obscur ». Normal quand on se connaît depuis toujours, assène maître Blot, où les relations relèvent de « la solidarité humaine » et pas de « l’association de malfaiteurs ».

    L’avocat revient aussi sur la portée « politique » de l’affaire, rappelant que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, s’était félicité sur les réseaux sociaux d’avoir obtenu l’extradition, depuis le Maroc, de Bingui, « un des plus gros trafiquants marseillais », au mépris de la présomption d’innocence. « On communique car on est en guerre contre le narcotrafic. On devrait se contenter que force reste à la loi. La Paternelle a été purgée, la loi est revenue, c’est heureux. M. S. mérite l’application de cette loi, je ne voudrais pas qu’il soit un dommage collatéral pour atteindre plus haut que lui », cingle-t-il. Le haut du panier, ce sera pour ce mercredi, avec la défense attendue de l’équipe dirigeante présumée du réseau…

  • Une peine de 16 ans de prison requise contre Félix Bingui

    Une peine de 16 ans de prison requise contre Félix Bingui

    Dans le box des prévenus en détention, il ne bouge pas d’un cil. À l’inverse des proches qui, dans le public, commentent d’un « ohhhhhh » les réquisitions à l’encontre du chef présumé du clan Yoda, Félix Bingui dit « le chat », ce lundi 1er juin. En cette fin d’après-midi caniculaire, l’heure n’est plus à la torpeur dans la salle d’audience de la 7e chambre correctionnelle de Marseille. Le procureur vient de requérir, à l’encontre de l’Alésien de 35 ans, 16 ans de prison avec maintien en détention et sûreté des deux tiers de la peine, et une grosse amende de 500 000 euros au regard du chiffre d’affaires estimé par les enquêteurs, de 3 000 à 6 000 euros par jour, soit de 3 à 4 millions par an sur les deux ans d’enquête.

    Le ministère public réclame aussi « la confiscation du bien immobilier identifié à Dubaï », d’une valeur de plus de 422 000 euros. Un appartement mis en location par le prévenu, assène-t-il, à raison d’un loyer de 150 000 dirhams annuels. Un peu plus de 35 000 euros au regard du cours actuel de la monnaie dubaïote. Le magistrat demande enfin une interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône de 5 ans.

    En état de récidive, en détention provisoire depuis « un an, 4 mois et 12 jours », avec 13 mentions à son casier judiciaire, Félix Bingui « apparaît comme le dirigeant du réseau, a persévéré dans la délinquance malgré les sanctions prononcées, a du réseau à l’étranger, a usé de manœuvres pour déjouer sa libération conditionnelle et a effectué un trafic de véhicules depuis sa cellule », argumente le procureur.

    Pour son « bras droit », Mohamed H. dit « Pirate », identifié par les enquêteurs comme le numéro 2 du réseau, ce sera 12 ans requis, avec mandat de dépôt et peine de sûreté des deux tiers, 100 000 euros d’amende, une interdiction de paraître dans le département de 5 ans et la confiscation des produits de luxe saisis dans la procédure, estimés à plus de 20 000 euros.

    « Des éléments

    sans équivoque »

    Lui aussi en « état de récidive », sous contrôle judiciaire, il « dispose de réseaux pour prendre la fuite », estime le procureur, qui doute du « sérieux » de son projet de sortie avec un contrat « proposé par une société en cessation d’activité ».

    Vient ensuite Zine Eddine B. dit « Zino », le « grand gérant » des points de vente de Yoda, selon les policiers. Un prévenu sous mandat d’arrêt, rappelle le procureur, pour qui il réclame dix ans de prison avec une peine de sûreté des deux tiers et 100 000 euros d’amende, assorti d’une interdiction définitive du territoire français. Pour les 17 autres prévenus, les réquisitions vont de 15 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire à 6 ans.

    « Si on les écoute, personne n’a rien fait, personne n’a vu un trafic de stupéfiants et ceux qui ont vu quelque chose minimise les faits », considérait au début de son propos le ministère public. Mais « la réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogue qui touche la population marseillaise, qui génèrent des sommes astronomiques avec des profits blanchis (…) pour en profiter une fois la liberté retrouvée », posait-il. La « réalité, ce sont ces réseaux qui sont armés et se livrent à une lutte acharnée et mortelle. La réalité, c’est qu’Omar Benchiha et Nadir Amara ont été assassinés et tués dans ce qui s’apparente à un narchomicide », insistait-il, faisant référence au meurtre des deux membres des Yoda présumés le 3 mai 2023 à Salou en Espagne, conduisant à l’exil de certains membres du clan. Et de rappeler que 14 personnes ont été tuées en 2022 à Marseille, 52 en 2023. Les investigateurs « ont enquêté durant des mois pour remonter la chaîne hiérarchique », de quoi « révéler ceux à qui on rendait des comptes, “Fé”, “Pirate” et “Zino” », poursuit le procureur. Avec des éléments « sans équivoque » selon lui, issus des sonorisations des voitures et des chambres d’hôtel du Chat, où « on récupère des papiers, entendre de l’argent », où on évoque « 100 mètres de shit ».

    Les multiples déplacements de Bingui depuis le Maroc en passant par l’Espagne, son train de vie avec les vacances à Dubaï ou à Serre Chevalier alors qu’il est en incapacité de justifier ses ressources étant, pour le magistrat, comme autant de preuves de sa culpabilité. Sa défense et celle de ses 19 coprévenus ont désormais deux jours pour démontrer le contraire…

  • À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    À Aubagne, une foule se dresse pour la gratuité des transports

    « Liberté, égalité, gratuité ». C’est le slogan qui sera retenu par l’assemblée générale d’habitants et d’élus du Pays d’Aubagne, réunis en masse mercredi dans la salle du Bras d’Or à Aubagne pour défendre un droit vieux de 17 ans. La gratuité des transports pour tous, en place depuis 2009 dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, pourrait en effet voir sa pérennité menacée par les finances serrées de la Métropole Aix-Marseille, en déficit de 123 millions d’euros. Un retour en arrière inenvisageable pour l’Association se déplacer en liberté (Asdel) qui appelait donc mercredi habitants et maires du secteur à se rassembler pour rappeler les effets positifs d’une mesure envisagée comme une « grande avancée sociale » par de nombreux élus locaux. « On ne parle pas d’une utopie mais bien d’un acquis social qui passera bientôt l’âge adulte, s’est ému Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne. La solidarité n’est pas une option, mais bien un devoir. Monsieur le préfet, vous ne toucherez pas à la gratuité [le maire s’adresse au préfet car la Métropole, refusant de voter un budget, est passée sous tutelle de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Après un rapide rappel sur les modes de financements actuels de la gratuité en Pays aubagnais – permis grâce au versement mobilité, (notre édition du 26/05) –, de nombreux participants, citoyens comme élus, ont pu exprimer leur attachement à un service qu’ils considèrent comme répondant à un impératif de solidarité, de protection de l’environnement et de santé publique.

    Trois actions identifiées

    Surmotivés à conserver cet acquis, qui sonne plus qu’actuel au regard des conditions climatiques et de l’état du pouvoir d’achat français, les membres de l’assemblée ont identifié trois actions à venir. Parmi elles : une mobilisation le samedi 13 juin, au Pôle d’échanges d’Aubagne. L’Asdel est entre-temps chargée de rédiger une pétition qu’elle fera ensuite circuler dans toutes les communes concernées. Les mairies sont également invitées à manifester leur soutien à l’aide d’affichages prônant le message : « Liberté, égalité, gratuité ».

    * Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    La Marseillaise : Quel message avez-vous envie de porter aujourd’hui ?

    Vincent Boulet : Je veux parler de paix. Parce qu’elle est, aujourd’hui, comme le disait Jean Jaurès, « la mère de toutes les batailles ». Elle permet de lutter contre la domination impérialiste et les concurrences capitalistes qui provoquent les guerres, de poser la question de l’émancipation démocratique et sociale, car il n’y a pas de paix sans progrès social ni de progrès social sans paix. Et puis, ça permet d’aborder le positionnement de la France dans les crises internationales. En perdant les outils de sa politique d’indépendance, la France est devenue inaudible et vassale de l’Otan et des États-Unis. Donc la question, c’est comment redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international.

    Comment fait-on pour peser
    sur cette question avec une gauche affaiblie, en France et en Europe ?

    V.B. : Au PCF, nous pensons que la question est de savoir sur quelle base on reconstruit une gauche à l’offensive sur les questions sociales et sur celle de la république que nous voulons. Est-ce qu’on veut un État désindustrialisé, sans vision ni poids sur les questions internationales, ou en position de peser ? Ça fait longtemps que les communistes disent que l’Otan n’est pas un outil pour la sécurité mais un outil de guerre et d’ingérence et on le voit aujourd’hui avec les injonctions à porter les dépenses militaires à 5% du PIB ou les menaces de Trump contre ses membres. Donc nous militons pour la sortie de l’Otan, ce qu’avait fait le général de Gaulle en sortant du commandement intégré en 1966 et nous posons aussi l’exigence d’un autre ordre de sécurité collective en Europe sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki de 1975. Ce sont des sujets que nous portons, notamment via des événements comme la Fête de La Marseillaise.

    Sous-entendez-vous la création d’une Europe de la défense ?

    V.B. : Non, car elle serait soumise à l’Otan. L’UE a renforcé sa vassalisation envers l’Otan et les États-Unis, et après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et plus d’un million de morts à nos frontières, elle a été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique et pire, provoque des tensions. Donc une Europe de la défense ne peut pas exister et encore moins une armée européenne. Ce que nous voulons, c’est une Europe de la sécurité collective, impliquant que la sécurité d’un peuple ne peut pas être assurée contre celle du peuple d’à côté. C’est le principe de l’indivisibilité de la sécurité. Et les peuples européens de l’Atlantique à l’Oural ont des intérêts communs à la paix et à la sécurité.

    En termes de souveraineté, la hausse de 36 milliards d’euros de la loi de programmation militaire
    ne va-t-elle pas dans ce sens ?

    V.B. : Non, elle ne répond pas à ces enjeux-là car elle reste, là aussi, dans une logique de soumission à l’Otan et de renforcement de la militarisation. La défense nationale doit retrouver son indépendance en sortant de l’Otan, en rebâtissant un pôle public industriel de défense, et au service d’objectifs politiques de paix. Mais on n’oppose pas les choix souverains des peuples à la nécessité des coopérations. Au contraire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est justement en reconquérant des outils de souveraineté que la France pourra rebâtir des politiques de coopération selon ses intérêts, mais aussi les intérêts communs à l’ensemble des peuples.

    Un débat sur la paix au programme de l’après-midi

    Quelle défense nationale ? Pour ou contre le nouveau porte-avions ? Quel rôlede la France dans le concert des nations ? Quel chemin pour atteindre la paix ?Vincent Boulet (PCF) a croisé son point de vue avec celui de Richard Roméo-Giberti (UD CGT 83). Un débat de haute tenue salué par l’assistance. Photos M.E.H.

  • [Trafic de stupéfiants] La fable du jeune transporteur de grosses liasses de billets

    [Trafic de stupéfiants] La fable du jeune transporteur de grosses liasses de billets

    Chamsedine (*) 21 ans, comparait pour la troisième fois. Le 9 juin dernier, la Bac Nord l’a contrôlé à 21h au volant d’une Opel qui n’était pas la sienne, immobilisée moteur tournant, à côté de la cité Félix Pyat, sur un parking considéré comme un point de deal. À leur vue, le conducteur a vite éteint ses deux portables et agité ses jambes. Sous le siège, un sachet contenant 21 000 euros conditionnés en liasses de billets de 50, 20 et 10 euros. « Ce sont mes économies et des jeux d’argent » avait-il narré en garde à vue réfutant qu’il fut la petite main collectrice d’un réseau de stupéfiants.

    « La bonne version »

    « J’ai pas donné la bonne version aux policiers car j’étais stressé », s’élance le prévenu très hâbleur dans un récit qu’on est prié de croire. « En réalité, c’est l’argent de mon père que j’ai pris sans autorisation dans son coffre pour louer une grosse voiture. C’était 1 000 euros la location et 20 000 la caution. Mais j’ai pas envie de donner d’éléments sur le loueur pour ne pas le mettre à l’envers. » De narrer que son père gardait tout cet argent car « il fait souvent des retraits pour préparer un voyage en famille aux Comores ». De remettre une liasse de documents bancaires parentaux pour donner corps à la fable.

    Pas dupe, la présidente ironise : « Vous nous dites avoir eu accès au code du coffre de votre père qui est poseur de portes blindées. Les cordonniers sont décidément les plus mal chaussés. » De lui rappeler ses récentes condamnations : en novembre 2023 pour trafic de stupéfiants à 10 mois de prison aménagé en détention à domicile avec interdiction de séjour dans les 15e et 16e arrondissements ; en mars 2024 pour violation d’interdiction de séjour et refus de donner le code de son portable à 6 mois de prison ferme convertis par le juge des libertés et de la détention en 210 heures de travaux d’intérêt général toujours pas effectuées car il n’a pas daigné récupérer le courrier judiciaire… « Ce sont des œuvres de jeunesse, c’est du passé. Il faut regarder devant », jure l’oiseau qui a déjà grillé son permis de conduire probatoire.

    « Vous naviguez en eaux troubles ! »

    « Il nous raconte une histoire enjolivée avec aujourd’hui, deus ex machina, des relevés bancaires des parents pour faire tenir une histoire ridicule, ce qui n’est pas encourageant pour l’avenir de ce jeune », se cabre la procureure qui qualifie son positionnement de « particulièrement éhonté et inquiétant ». Elle lui lance : « Que faites-vous à 21h près de Félix Pyat dans une voiture qui n’est pas à vous avec deux téléphones en main et 21 000 euros à vos pieds ?! Le décor est déjà posé ! Vous naviguez en eaux troubles ! » De requérir un an de prison dont 6 mois avec sursis probatoire de deux ans avec l’obligation de travailler. Pour les six mois ferme, un bracelet à domicile.

    Du coup, la défense se retrouve à devoir justifier les retraits mirifiques de modestes parents. « Sur les 30 000 euros retirés en 3 ans, il y a une indemnité de 15 000 euros reçus des parents pour leur logement qui a été jugé insalubre. »

    Au regard de cette « détention d’argent fortement suspecte », de « déclarations contradictoires » et « des éléments produits insuffisants pour rapporter une origine légale des fonds », le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à la peine requise avec confiscation de l’argent saisi.

    * Son prénom a été modifié

  • Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Pour leur 3e année d’existence, les Toulon Provence Regatta ont de nouveau offert une démonstration de l’étendue de l’histoire maritime. Des dizaines de bateaux, des vaisseaux historiques aux engins plus contemporains, étaient présents dans la rade pendant quatre jours pour des régates, défilés et visites à bord, qui ont su ravir amateurs de voile comme novices. Une édition marquée par les 400 ans de la Marine nationale, mise en valeur pour l’occasion.

    Les entreprises à l’affût

    Mais la tradition a su laisser une place à la modernité, avec l’organisation de la première Destinus AI Regatta, samedi, dans l’anse du Lido, au Mourillon. Une compétition novatrice, première mondiale du genre, diffusée en direct streaming, qui a mis aux prises plus de 25 bateaux miniatures automatisés, contrôlés par IA, et développés par des étudiants et élèves de cinq écoles d’ingénieurs et de robotique. Le tout, avec trois formats de compétitions : deux courses classiques et un « battleboat », où (presque) tous les coups étaient permis pour franchir la ligne en premier.

    Parmi ces écoles, les benjamins de la compétition étaient les élèves de l’École des Robots de Toulon, qui forme des jeunes de 7 à 18 ans. « Dès 12 ans, on propose un cursus drones nautiques. L’objectif était de créer un robot sur un élément spécial qu’est l’eau », explique son président, Jean-Michel Moreira, qui a aussi enseigné à ses élèves des éléments pragmatiques. « Paradoxalement, peu d’enfants connaissaient bien la mer. Donc on leur apprend les nœuds marins, la signalisation, l’histoire maritime… » L’enseignant voit dans la compétition « un double-objectif pédagogique : concourir face aux écoles d’ingénieurs en tant que seule école composée de mineurs. Pendant un an, les enfants se sont entraînés, avec chaque semaine des objectifs et apprentissages. Ils créent, programment, testent. Si ça ne marche pas, comprendre pourquoi, réajuster, retester. C’est le cercle vertueux de la science ».

    Pour le sponsor Destinus, spécialiste des solutions aérospatiales et de défense, leader des drones de combats européens, c’est l’occasion « de se faire connaître auprès de la DGA, des autorités marines et d’échanger avec d’autres entreprises », note Anne-Pascale Guedon, directrice générale France. Elle y voit aussi un intérêt technique : « En Ukraine, il n’y a pas de points GPS en permanence, donc l’aspect GPS automatisé est intéressant », au même titre que « voir comment se comportent ces drones sur l’eau ». « Ça développe l’intelligence collective et la connaissance », ajoute Didier Goguenheim, directeur général de l’association Toulon Var Technologies (TVT), qui accompagne des entreprises innovantes. « Les drones auront beaucoup d’applications dans le futur. Il est important de solliciter des talents et de pouvoir les rencontrer. »

  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Palais des Sports accueillait jeudi la 3e édition du Toulon defense event, un événement porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa). Objectif : présenter les métiers de la défense à plusieurs milliers de visiteurs. « C’est une initiative qui remonte à quelques années et correspond aux besoins du Var sur les métiers de la défense », explique Pascal Blain, directeur régional de France Travail et référent national Défense. Parmi les plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir, des domaines variés, du civil au militaire. Certains « particulièrement importants pour nous, comme la cybersécurité, mais aussi d’autres auxquels on pense moins comme la restauration-hôtellerie-loisir », précise le général Pierre-Olivier Marchand pour illustrer « les centaines de métiers possibles dans les armées ».

    Un outil de souveraineté

    Comme prévu, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a fait le déplacement. Après un bain de foule pour visiter les différents stands, l’ancien patron de la SNCF a à nouveau annoncé le chiffre de 10 000 créations d’emplois dans le domaine de la défense, d’ici trois ans, dans un contexte où « les enjeux militaires sont entrés dans le quotidien. Les métiers militaires, civils, d’industrie, de sécurité intérieure sont essentiels et ce salon est là pour dire qu’ils recrutent ». Un message particulièrement adressé « aux jeunes, parfois un peu perdus. Voilà des métiers passionnants et très divers ».

    Encore faut-il, pour les attirer, créer « des ponts entre le monde de la défense et le marché du travail ». C’est pourquoi le ministre du Travail a nommé la générale Dominique Vitte pour diriger le nouveau pôle de recrutement de France Travail dédié à l’industrie de défense. Une organisation qu’il souhaite reproduire dans le domaine des énergies, dans une optique de souveraineté, dont « l’exemple de la guerre en Iran » démontre la nécessité. C’est sur cette notion que Jean-Pierre Farandou a conclu son discours, appelant à « résister » face à « deux superpuissances qui nous compriment, ne nous veulent pas du bien, les États-Unis et la Chine. Si on les laisse faire, ils vont détruire nos entreprises, nos emplois et saccager notre modèle social ».

  • À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À quelques centaines de mètres seulement du salon feutré du Palais des Sports, où l’on vend à la jeunesse une fiction fondée sur l’idée d’une guerre propre et des métiers qui s’y rattachent (lire ci-dessous), la CGT proposait, jeudi matin sur la place d’Armes, une solide grille de lecture pour décrypter la réalité.

    Et, pour commencer, mettait en lumière la militarisation des esprits, qui touche toutes les couches de la société. En particulier les élèves et les personnes privées d’emploi : aux premiers, on présente un avenir soi-disant porteur de sens (lequel ?) ; aux secondes, une alternative présentée comme presque incontournable. Des cibles parfaitement assumées par les pouvoirs publics.

    En témoigne la conférence programmée au mois de mars dans un collège de Saint-Maximin, destinée aux élèves de 3e dans le cadre des « classes défense » et animée par David Harari, ingénieur franco-israélien surnommé « le père des drones ». Un choix explosif dans le contexte géopolitique actuel, souligne Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Var. Il rappelle que « les drones militaires sont au cœur de conflits, notamment à Gaza, où des dizaines de milliers de civils – dont plus de 21 000 enfants – ont été tués depuis le 7 octobre 2023 ». Un problème qui ne semble pas avoir préoccupé l’Académie qui, alertée, a décidé de maintenir la séance.

    Elodie Hernandez, de la CGT Educ’action, a insisté sur le fait que « les élèves de 14 ans ne disposent pas des outils critiques nécessaires pour appréhender le droit international, les frappes à distance, l’automatisation des décisions létales, la responsabilité juridique et les enjeux géopolitiques ». Et que « la mission de l’École est de former des citoyens éclairés, pas d’exposer des adolescents à des discours susceptibles de banaliser des outils de guerre ».

    Le combat pour la paix

    Pour Gérard Ré, membre du bureau confédéral de la CGT, « le contexte est inquiétant, avec les rapports qui soulignent qu’en 2024, 230 000 personnes sont mortes dans le monde par la guerre et qu’une personne sur dix est touchée par des conflits de toute nature ». En parallèle, on est face à « un état de conflictualisation généralisée du monde qui fait l’intérêt des entreprises de l’armement ». Il rappelle qu’« en 5 ans, les profits ont augmenté pour elles de 285% ».

    Un cynisme assumé, selon le responsable syndical, à travers des opportunités d’exportation encouragées par le pouvoir politique français, alors que des vies humaines sont en jeu.

    L’occasion de rappeler que « le 1er-Mai est aussi une journée de lutte pour la paix et la solidarité internationale des travailleurs. ça prend tout son sens dans le contexte actuel. Ce n’est pas pour rien qu’il est attaqué par le gouvernement et par l’extrême droite ».

    Le responsable confédéral rappelle que la CGT a toujours mené cette bataille « parce qu’il ne peut pas y avoir de progrès social s’il n’y a pas de paix ». Puisque les augmentations des budgets de l’armée se font au détriment de ceux, par exemple, de l’éducation et des hôpitaux.

    à ses côtés, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, précise : « Pour autant, on n’est pas contre la défense, mais une défense souveraine, avec des entreprises qui reviennent dans le giron de l’État, qui échappent à la spéculation guerrière, parce qu’aujourd’hui, ce ne sont que des entreprises privées qui se font du fric sur la mort des gens. » Il poursuit : « Qu’un pays soit souverain et assure sa défense, ça nous semble logique. Sauf qu’aujourd’hui, on vient expliquer à nos enfants, aux élèves de la région, qu’ils ont des opportunités professionnelles en s’engageant, y compris militairement, pour aller risquer leur vie sur des champs de bataille à l’étranger. » Pas vraiment l’avenir que l’on souhaite pour la jeunesse, insiste-t-il, alors qu’« elle a besoin d’un avenir de fraternité et de coopération ».

    « De la naissance à la mort, ils ont un projet, nous aussi, et vous vous doutez que c’est pas le même », scande à la tribune Richard Roméo-Giberti, qui rappelle les 413 milliards d’euros de la Loi de programmation militaire et les 800 milliards du plan européen pour réarmer l’UE. « Un milliard en billet de 100 euros, c’est une pile de 1 km. Ils ont le trajet Cherbourg-Toulon en billet de 100 euros à se partager. » Une manne qui, souligne-t-il, n’est évidemment pas destinée à être réduite par celles et ceux qui en bénéficient, pas plus qu’elle ne sera redirigée vers le progrès social.