Le 25 juin 2026 restera dans les mémoires de Miramas comme le jour de la disparition de l’une de ses grandes figures politiques, au sens propre comme au figuré. La voix posée de tribun de Georges Thorrand, façonnée par son métier d’instituteur, était bien connue des générations d’élèves miramasséens passés par l’école Jean-Macé, où il enseigna de nombreuses années. C’est en 1956, tout juste diplômé de l’École normale, que l’enseignant prend son poste après plus de trois ans d’études. Il est aussi membre du Syndicat national des instituteurs (SNI).
Mais l’année précédente, en 1955, alors en études à Aix-en-Provence, une autre décision marque un tournant dans sa vie : son adhésion au Parti communiste français, où il militera pendant plusieurs décennies. « Georges, c’est aussi toute une génération d’élus, de la même génération d’instituteurs communistes, formés à l’école normale de la République et de l’éducation populaire, qui ont marqué leur ville de leur empreinte », analyse Patrick Magro, du collectif mémoire du PCF des Bouches-du-Rhône.
Cette empreinte se traduit par 18 ans à la tête de la commune, lors de deux mandats : de 1977 à 1989, puis de 1995 à 2001, dans un chassé-croisé électoral avec le Pierre Carlin (UDF). Georges Thorrand a été vice-président du conseil régional Paca dès 1983, puis conseiller général et vice-président du conseil général des Bouches-du-Rhône de 1994 à 2001.
Une empreinte qui existe dans les cœurs comme dans les pierres. « On s’appelait tous les deux jours. Jusqu’à la dernière minute, il me demandait mon point de vue sur ce qu’il écrivait, ses analyses, retrace Dominique Pédinielli, ancien secrétaire de la section PCF de Miramas et ami de Georges Thorrand. Pour lui, le Parti devait être à la hauteur des attentes des gens. Il m’a poussé à être secrétaire de section. Autour de lui, il y avait des résistants, des pointures, je n’étais pas à la hauteur. C’est une perte incommensurable. »
Natacha Malet, récemment élue à la tête de la section locale du PCF, partage : « Je ne concevais pas de m’engager à la première responsabilité de la section des communistes de Miramas sans échanger avec lui. Georges était un homme de conviction qui détestait les opportunistes, les fascistes et toutes celles et ceux qui les banalisaient ou qui s’acoquinaient avec par intérêt. » Ce maire bâtisseur livre « un héritage important pour plusieurs générations », pour la responsable, avec la construction du lycée Cocteau, du théâtre de La Colonne et la MJC. Mais aussi « les écoles publiques pour tous, la culture pour l’émancipation et l’élévation des consciences pour gommer les inégalités. Un bel héritage à préserver et poursuivre », promet Natacha Malet.
Le maire (DVG), Frédéric Vigouroux, garde « le souvenir d’un homme profondément attaché à sa ville, dont l’œuvre continuera d’inspirer celles et ceux qui œuvrent pour le bien commun ».

Leave a Reply