Tag: Parti communiste

  • Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    De Martigues à Embrun en passant par Toulon ou Marseille, les différentes sections locales du Parti communiste français de toute la région ont tenu leurs congrès, ou conférences de section, ce week-end. « Il y aura eu 38 congrès de sections qui se seront tenu d’ici mardi soir. La plupart l’ont fait entre jeudi et ce week-end », relate Dylan Zeitoun, responsable fédéral de la vie du parti dans les Bouches-du-Rhône. Avant de rappeler que ces congrès se déroulent à quelques semaines du congrès national du PCF à Lille, début juillet : « L’objectif c’est aussi de travailler à l’unité des communistes signataires des 4 textes. » Dans son département, les militants ont approuvé à 74% le texte du conseil national (CN) comme base commune. « Il y a une confiance dans la direction et ses orientations. Pour autant, les camarades essaient de trouver un élan. » De quoi bien préparer les différents congrès fédéraux qui se dérouleront également simultanément, le week-end prochain. « On veut créer les conditions d’être en ordre de bataille dans la perspective des élections. Les communistes ne se cantonnent pas aux échéances électorales mais savent que c’est un moment attendu », martèle Dylan Zeitoun.

    Même retour dans les Alpes-de-Haute-Provence où 9 sections ont également fait leurs conférences. « Elles se sont déroulées dans la sérénité, avec la volonté d’avancer très sérieusement pour enrichir le texte de la base commune », explique Bertrand Perrin, secrétaire fédéral. Comme pour les Bouches-du-Rhône, ce moment de démocratie a permis un « renouvellement » dans certaines sections.

    « S’enrichir mutuellement »

    « Il y a des camarades qui laissent la place à des jeunes, avec le sentiment d’une passation générationnelle », développe Bertrand Perrin, notant que le texte de base commune a été voté à 65% dans son département.

    Si le texte proposé par le CN n’a été voté qu’à 48% dans le Var, les débats des congrès des 18 sections ont été tout autant enrichissant. « Il y a des discussions qui reflètent une diversité d’opinion mais une volonté de converger. Beaucoup de camarades veulent piocher de bonnes réflexions dans les différents textes, pour s’enrichir mutuellement », relate Pierre Daspre, secrétaire fédéral varois.

    « Tout le monde a quelque chose à amener, les congrès se sont déroulés de manière très fraternelle », abonde Sophie Delfino, secrétaire fédérale pour les Hautes-Alpes qui compte 5 sections et où « la base commune proposée par le CN a été plébiscitée à 84% ».

  • Unis pour La Garde fait entrer un élu communiste au conseil municipal

    Unis pour La Garde fait entrer un élu communiste au conseil municipal

    Le déroulement d’une campagne est souvent à double tranchant. Il peut révéler les ambitions personnelles ou incarner une aventure humaine vectrice de lien au prisme de valeurs communes. C’est la seconde option que la liste d’opposition « Unis pour La Garde » a souhaité concrétiser en offrant un siège au Parti communiste, qui n’était pas représenté au conseil municipal.

    Une idée venue de Joëlle Antoine. En 3e position sur la liste menée par la socialiste Julia Peironet-Bremond, celle qui milite également dans les rangs du PS a proposé de démissionner à l’aube de son deuxième mandat dans une optique de plus grande représentativité. « On a mené une super campagne avec des personnes de tous horizons. J’ai des implications dans des associations, et je me suis dit que ce serait bien de laisser ma place eu égard à mes activités, car c’est une liste d’union sur laquelle les gens s’entendent », explique la principale intéressée.

    « On a mis la camaraderie en action »

    Une « union républicaine » et non pas une « union de partis », martèle Julia Peironet-Bremond, dans laquelle on retrouve des socialistes, des communistes, des radicaux, des non encartés, « et même des gens de droite », précise-t-elle. Pour la tête de liste, ce choix « matérialise une union sur le papier, et montre au PC de La Garde que cette campagne ensemble, ce n’était pas rien ». Et cela dépasse le cadre politique : « Il y a eu une franche camaraderie, et on a mis ce mot-là en action. Nous sommes fiers de voir que les valeurs républicaines nous portent tous ensemble face à la majorité LR et la liste RN. »

    C’est donc Filippo Signorino Gelo, 6e de la liste, et militant communiste depuis 40 ans, qui va, pour la première fois, siéger au conseil municipal : « Quand Julia a lancé la campagne, on a eu des discussions et un vote dans la section pour aller à sa rencontre. On était quatre communistes encartés dans la liste. On a accroché sur de fortes valeurs de gauche, donc on a fait un long chemin ensemble », résume le Lorrain d’origine, débarqué à La Garde en 1989, qui espère être « associé au conseil municipal dans un arc républicain dont j’exclus le RN. On est dans une configuration tripartite, mais avec une faible majorité. Les Gardéens ont voté pour une gestion partagée, il faut donc travailler ensemble pour l’intérêt citoyen ».

  • Les combats et acquis de 1936 au cœur de la fête populaire du PCF

    Les combats et acquis de 1936 au cœur de la fête populaire du PCF

    C’est sous un doux soleil de juin, dans l’accueillant parc du Grand Pavois, que s’est déroulée, dimanche, la fête populaire de la section du Parti communiste de Septèmes-les-Vallons. Au cœur des débats cette année : la commémoration des 90 ans du Front populaire, de ses origines et de ses acquis.

    « Si c’est un panthéon de l’histoire des gauches et de l’histoire en général, il s’agit d’un événement en trois dimensions, à commencer par une originale union des gauches, qui était loin d’être gagnée en 1934, et un puissant mouvement social sans précédent », a rappelé Gérard Leidet, coprésident de l’association Provence mémoire et monde ouvrier, en ouverture d’une conférence organisée entre 10h et 12h. Jean Domenichino, historien, ancien maître de conférences à l’université Aix-Marseille et auteur de plusieurs ouvrages sur 1936, a ajouté : « Le Front populaire est une réponse à deux crises : la crise économique de 1929 et une crise politique due à la multiplication de forces qui se réclament du fascisme. » Car dans les années 1930, alors que le congrès de Tours a acté, en 1920, la naissance de la SFIC (futur Parti communiste français), issue de la scission de la SFIO (ancêtre du Parti socialiste), l’heure n’est, au départ, pas vraiment à l’union. Les mêmes oppositions se retrouvent chez les syndicalistes, entre CGT et CGTU. C’est finalement en réaction à la manifestation d’extrême droite du 6 février 1934, qui tourne à l’émeute, que naîtront les prémisses d’une volonté d’unité à gauche, laquelle aboutira in fine, la création de la coalition du Front populaire.

    Porté par une vague de grèves et d’occupations d’usines, le Front populaire a permis des avancées sociales majeures, dont la reconnaissance des libertés syndicales, l’instauration de deux semaines de congés payés et de la semaine de 40 heures. « L’histoire nous rappelle que nous devons porter, dans nos combats d’aujourd’hui, cette conscience de classe du monde ouvrier », a souligné en clôture Nadia Putzolu, secrétaire de la section PCF de Septèmes.

  • Une fête très politique à la ferrade du PCF

    Une fête très politique à la ferrade du PCF

    « Je crois que le débat avec un oncologue et un syndicaliste de la sécu est vraiment d’actualité. » Le secrétaire de la section du PCF de Port-Saint-Louis-du-Rhône Gaël Zaafour exulte à l’approche de la traditionnelle ferrade organisée avec les communistes d’Arles.

    Car au menu de ce samedi 30 mai ne figure pas que la gardiane de taureau. Le débat de 15h annoncé par le responsable Saint-Louisien portera sur l’accès aux soins, les déserts médicaux et la sécurité sociale, avec le secrétaire général CGT de la CPAM et Anthony Gonçalves, oncologue et adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la santé. « Ce sont deux points d’attaque du capital : tuer la sécu et imposer le libéralisme dans la santé et le médicament », juge Gaël Zaafour.

    Solidarité internationale et associative

    La solidarité internationale est aussi à l’honneur. « Nous allons symboliquement remettre un chèque à Cubacoopération », indique Jean-Frédéric Déjean, du PCF Arlésien, en même temps que sera rappelé le soutien à la Palestine et au peuple cubain.

    Plusieurs stands d’associations du territoire seront présents, dont Femmes solidaires, Osez le féminisme, la Ligue des droits de l’Homme, l’Union des familles laïques, le Secours populaire français ainsi que celui de La cuvée de camarades.

    En pleine période de congrès, les deux communistes s’accordent sur l’enjeu d’un parti uni. « Le monde n’a jamais eu autant besoin d’un parti communiste fort. À nous de nous unir plus que jamais pour rester combatifs », estime Gaël Zaafour du PCF Saint-louisien. « Les communistes doivent chercher les moyens d’être les plus utiles pour tourner la page du macronisme », complète Jean-Frédéric Déjean, du PCF d’Arles.

    Rendez-vous samedi 30 mai à partir de 10h à la Manade des Chanoines, située au 796 RD 113A, à Arles. Le marquage des veaux est prévu à 11h, les prises de parole politiques à 12h et les vachettes seront dans les arènes à 15h30 après le débat.

  • [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    [Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »

    C’est un nouveau coup de massue qui frappe l’industrie en France.
    Le groupe français Michelin, leader mondial des pneus, a annoncé ce jeudi matin un dispositif de départs volontaires en France portant sur 1
     500 emplois, soit près de 10% de sa masse salariale. Le groupe avait déjà supprimé 1 246 emplois en France en 2024 dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), en fermant deux sites industriels dans l’ouest du pays, à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan). Et ce, alors que le groupe a perçu quelque 10 millions d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023…

    La Marseillaise : Michelin a annoncé ce jeudi matin un dispositif de « départs volontaires » en France concernant sur « jusqu’à 1 500 postes sur trois ans ». Êtes-vous surpris ?

    Romain Baciak : On n’est pas surpris, il y avait des bruits de couloirs qui circulaient. Nous avions été alertés par la préfecture. Ça fait encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin sur les 14 000 qui reste – si on ne compte que MFPM (Manufacture française des pneumatiques Michelin), soit près de 10% de la masse salariale. On sait que derrière, ça induit 4 à 5 emplois supprimés en plus. Ça signifie donc 6 000 à 7 500 emplois en France qui vont disparaître grâce à Michelin. Il y a deux ans ça concernait les sites de Vannes et Cholet. Un peu avant c’était la Roche-sur-Yon. Moi, je suis aux Carmes à Clermont-Ferrand et nous avons été impactés par ces précédents plans. C’est à se demander si un jour il restera des Michelin en France ou pas.

    Comment la direction de Michelin justifie-t-elle cette annonce ?

    R.B. : Elle va encore le justifier, je pense, par les coûts, en disant que la vie est trop chère, etc. Mais Michelin est celui qui vend les pneus les plus chers. Si lui n’y arrive pas, comment font les autres groupes pour s’en sortir ?

    Comment comptez-vous au sein de la CGT Michelin vous opposer
    à ce nouveau plan social
     ?

    R.B. : Pour l’instant, ça vient de tomber donc on ne sait pas quels seront les salariés concernés. On ne parle que de départs volontaires mais on sait ce que ça veut dire chez Michelin : on supprime ton poste, il faut que tu partes. On va attaquer les négociations en connaissant déjà la position de la CGT. On ne signera pas un plan comme ça. La CGT est le seul syndicat qui est pour la réindustrialisation du pays.

    Aujourd’hui, quand on est syndicaliste, on ne peut pas être pour des suppressions de postes. Si on valide des suppressions de postes, derrière, il faut aussi penser aux générations futures. C’est-à-dire que 1 500 postes en moins sur Michelin, ça fait 1 500 postes en moins pour nos enfants et nos petits-enfants. Je sais que tous les syndicats ne sont pas d’accord avec nous. Moi, je ne conçois pas qu’on soit là pour valider des suppressions de postes. Reste à savoir ce que feront les autres organisations syndicales.

    La commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises avait mis en cause Michelin qui avait révélé avoir perçu plus de 10,6 millions d’euros d’aides en 2023. Est-ce toujours le cas ?

    R.B. : Tous les ans, Michelin touche des aides publiques. Le groupe en a touché pour son usine de La Roche-sur-Yon et a été contraint de rendre 4,3 millions d’euros [le site a fermé en 2020, Ndlr.]. Mais il avait touché beaucoup plus. Cet argent a été restitué parce que Michelin a été forcé par le sénateur Fabien Gay [PCF], qui a mis le sujet en avant. Si ça n’avait pas été le cas Michelin aurait toujours ces 4,3 millions d’euros dans sa poche.

    Quelle est la demande que vous formulez à l’État ?

    R.B. : À l’État, tout ce qu’on demande, c’est d’arrêter de donner des subventions publiques à des entreprises qui font des milliards de bénéfices et qui reversent des milliards d’euros aux actionnaires. Cette année, Michelin a quand même pioché dans ses réserves 200 millions d’euros pour les donner aux actionnaires. Quand on est capable de piocher des millions d’euros pour les donner à ses copains les actionnaires, on peut sauver des emplois ! On doit être le seul syndicat à être contre ça et à agir pour la réindustrialisation du pays. Les autres votent pour les PSE…

    Quel message souhaitez-vous faire passer ?

    R.B. : Le message, il est clair : aucune suppression de postes chez Michelin. Et puis, que l’État arrête de les valider ! Quand une entreprise fait des milliards de bénéfices, qu’on n’ait pas le droit, même si c’est des départs volontaires, par des ruptures conventionnelles collectives (RCC), par des accords de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP), ou autre, de supprimer des postes.

  • [Entretien] Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en “intellectuel collectif” »

    [Entretien] Natacha Malet : « Le Parti communiste agit en “intellectuel collectif” »

    La Marseillaise : Comment se déroule le congrès du PCF ?

    Natacha Malet : Les communistes ont produit des contributions. On a une commission nationale du texte qui a travaillé à l’élaboration d’un projet de base commune de discussion, qui a été envoyé aux membres du conseil national. Ils ont pu l’amender et l’ont adopté à 77%. Ce texte a ensuite été porté à la connaissance de l’ensemble des adhérents pendant cinq semaines. À l’issue de ce délai, la commission nationale de transparence des débats a validé trois textes alternatifs remplissant les conditions requises par nos statuts. Ces textes ont été ensuite portés à la connaissance de l’ensemble des adhérents par le PCF, même s’ils avaient déjà été publiés sur des sites Internet ou les réseaux sociaux par leurs signataires.

    Les 6 et 7 juin, les communistes sont appelés aux urnes dans leurs sections. En quoi consiste ce vote ?

    N.M. : Les communistes vont délibérer entre eux pour choisir parmi ces textes, lequel répond le mieux aux enjeux à relever pour le prochain mandat. Pour pouvoir voter, il faut être à jour de ses cotisations. Chaque communiste est appelé à se positionner sur l’un des quatre textes. Celui qui sera choisi majoritairement sera la base de discussion de tous les communistes qui pourront ensuite l’amender.

    De quelle manière ?

    C’est un grand exercice démocratique qui va permettre de faire évoluer le texte retenu à travers des amendements proposés et votés dans les congrès de section qui se tiendront les 13 et 14 juin, les congrès départementaux les 20 et 21 juin, et le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet. On peut aussi faire des vœux et des contributions qui sont mises en ligne sur le site du congrès afin de participer à la réflexion collective.

    Le PCF est parfois considéré comme monolithique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

    N.M. : Ce processus de congrès montre qu’il y a du pluralisme dans le PCF. Je n’aime pas le mot « tendance » qui ne fait pas partie de nos règles de vie collective mais, en fonction des réalités vécues dans chaque territoire par chaque militant, il est possible d’appréhender différemment les enjeux à venir tout en ayant une boussole commune qui est le communisme.

    Qu’est-ce qui fait le plus débat ? La stratégie électorale, les alliances ?

    N.M. : Pas seulement, nos débats ne se structurent pas autour d’enjeux électoralistes. Le congrès est l’occasion de réfléchir à l’état du monde, aux moyens de le changer, au projet de société que nous portons pour la France, à la façon de faire reculer l’extrême droite et les logiques capitalistes… C’est ce qui nous fait dire que le PCF agit en « intellectuel collectif ».

  • Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.

    Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.

    Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.

    « Le projet doit nous guider plus que le casting »

    Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».

    Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.

    D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »

    Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».

    Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».

    CALENDRIER

    6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.

    13 et 14 juin : congrès de section.

    20 et 21 juin : congrès départementaux.

    3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.

    3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

    C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

    G.R.-Q. : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13%. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

    Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

    G.R.-Q. : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

    Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

    G.R.-Q. : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

  • Le Parti communiste pointe l’imposture du RN à l’approche du 8 mai

    Le Parti communiste pointe l’imposture du RN à l’approche du 8 mai

    « N’ayons pas la mémoire courte ! » Voilà le titre du communiqué réalisé par le PCF Var, à quelques jours des commémorations de la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme chaque année, des cérémonies pour rendre hommage aux combattants et à tous ceux qui ont œuvré pour la victoire se tiendront dans l’ensemble d’un département marqué par le sceau de la résistance. De nombreuses figures historiques telles que les communistes Léon et Roger Landini, ou Gabriel Péri, en sont issues et ont combattu au sein des FTPF (Francs tireurs et partisans français) et des FTPF MOI (main-d’œuvre immigrée), créées par le PCF.

    Cette année, toutefois, ces commémorations auront une résonance particulière : celles-ci seront présidées par un nombre croissant de maires d’extrême droite, RN en tête, notamment dans deux des cinq plus grandes villes varoises (La Seyne-sur-Mer et Fréjus), et dans plusieurs autres communes (Six-Fours, La Valette-du-Var, Signes, Puget-sur-Argens, La Motte, entre UDR et RN). Ce qui fait dire à Pierre Daspre, secrétaire départemental du Parti communiste du Var, qu’on « ne peut plus se contenter de commémorer la fin de la guerre », eu égard à la montée en puissance d’un parti frontiste « créé par des Waffen SS, en compagnie de Jean-Marie Le Pen, condamné à de multiples reprises pour incitation à la haine raciale et propos négationnistes et antisémites, en agglomérant plusieurs partis d’extrême droite ».

    « Le RN est l’ennemi

    des travailleurs »

    Un état de fait « qu’il ne suffit plus de marteler. On n’est plus en 1945, il faut aussi expliquer que le RN est l’ennemi des travailleurs », souligne-t-il. Car, au-delà de la résistance face à la barbarie de l’idéologie nazie, « le programme du Conseil national de la Résistance était très progressiste et les résistants réfléchissaient à une société meilleure. Ils dénonçaient, par exemple, le monopole de la presse et des industries. En son sein, les militants communistes ont porté le combat pour les nationalisations, la Sécurité sociale, ce qui a conduit à un progrès social énorme, encore plus fort que lors des temps du Front populaire », illustre-t-il.

    À l’inverse, le secrétaire départemental du PCF dénonce « l’imposture sociale » et « les contradictions énormes » du parti présidé par Jordan Bardella, qui se positionne « en défenseur des travailleurs », quand, dans le même temps, « il est un allié objectif des grands tenants industriels et du monde de la finance, et qu’il déjeune avec le Medef ».

    Les élus et militants communistes du département seront, comme le devoir de mémoire leur incombe, présent lors des différentes cérémonies, vendredi. Pierre Daspre les invite cependant à « ne pas être passifs », et à travers leur présence, à « rappeler ces faits et dénoncer la duplicité du Rassemblement national. Tous les camarades dans les sections doivent porter cela dans leurs villes ». Aucune “contre-manifestation” ou mobilisation annexe n’est cependant prévue, mais chacun est appelé « à prendre des initiatives », le 8 mai, et tous les autres jours de l’année.

  • [Entretien] « On a besoin de renforcer le parti sur Béziers »

    [Entretien] « On a besoin de renforcer le parti sur Béziers »

    La Marseillaise : L’extrême droite est au plus haut à Béziers, c’est une déception pour le Printemps de Béziers ?

    Nicolas Cossange : Oui, c’est une déception qui pose des questions sur la façon de construire une opposition, le programme, la temporalité. Tout n’était pas simple, il y avait quand même quelques faiblesses au printemps de Béziers. Et dans une ville comme Béziers, ça se paye cash.

    Qu’a-t-il manqué ?

    N.C. : Il manquait de contenu programmatique, de mobilisation militante. Même si c’est paradoxal là-dessus, parce qu’en tant que communiste, je ne suis pas insatisfait de la mobilisation des camarades du parti, au contraire. On fait deux adhésions sur la campagne. Mais enfin on ne peut pas être douze partis et galérer jusqu’à la dernière semaine pour construire la liste. On avait les logos, mais on n’avait pas les bras derrière. Il manquait du travail de fond. C’est sur du contenu, c’est sur du programme qu’on emporte les gens. On ne peut pas emmener les gens sur un projet uniquement parce qu’on est ensemble. Le programme ne sort que deux, trois semaines avant le premier tour. Il n’est pas construit collectivement. On ne va pas se raconter d’histoire. Un programme qui tombe d’en haut, de notre tête de liste. Il y a eu un travail en commission réalisé mais qui a été assez superficiel. Et nous avons découvert des éléments forts de notre programme dont on n’était pas au courant, comme le projet Orbiana.

    Vous quittez donc le conseil municipal, tout comme le poste de secrétaire départemental du PCF en juin prochain ?

    N. C. : C’était prévu. Ça fait dix ans, il était temps de passer la main.

    Comment voyez-vous la suite de votre engagement politique ?

    N.C. : On a besoin de faire vivre et de renforcer le parti sur Béziers. Parce que ces élections le montrent, il ne suffit pas d’accumuler les logos. Il faut faire des campagnes unitaires, faire des campagnes de rassemblement. Mais si on les fait sur des organisations politiques qui ne se renforcent pas, on n’y arrivera pas. Donc le travail, dans l’immédiat, c’est de continuer à faire vivre, à renforcer le Parti communiste français sur Béziers pour demain, sur des batailles électorales, mais pas uniquement, sur les batailles sociales, pouvoir peser plus.

    Propos recueillis par L. D.