L’option de la Métropole des maires avance

Jouer le bras de fer politique au sein de l’hémicycle avec un clivage entre la gauche et la droite ou faire de la Métropole une instance dépolitisée, en visant le consensus entre les maires. Si les deux hypothèses sont encore aujourd’hui sur la table, alors que doit être désigné le 7 avril le successeur de son actuelle présidente Martine Vassal, la deuxième option prend au fil des jours de plus en plus de poids.

Après le courrier adressé le 25 février par le maire (DVD) de La Ciotat Alexandre Doriol réclamant une réforme de l’institution métropolitaine, après la campagne très active menée en coulisses par le maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard pour aller en ce sens, c’est le maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade qui, dans un courrier ce mercredi, appelle à un « pacte de gouvernance autour des maires ». « La Métropole Aix-Marseille-Provence ne s’est pas construite avec les communes. Elle s’est décidée sans elles, souvent contre elles », y déplore-t-il. Et de poser une alternative entre « un fonctionnement centralisé, technocratique » et « un outil au service des communes et d’un développement territorial équilibré ».

« La gestion des compétences de proximité doit être rendue aux maires, en dehors des clivages politiques », plaide-t-il, en réclamant aussi à travers son pacte en cinq points une décentralisation tant économique que dans les transports. « Une organisation en bloc, fondée sur les clivages partisans ferait basculer la Métropole d’un espace de coopération vers un lieu d’affrontement stérile », avertit-il encore.

Ce refus du clivage partisan est partagé du côté de la majorité marseillaise, qui apporte le plus gros contingent d’élus (67 conseillers sur 238). « Le total à gauche est plus fort que la dernière fois, mais pas assez pour arriver à la majorité, partage un élu influent. Si on présentait un candidat, rien n’exclut que le RN ne soutienne pas la droite. » Alors en attendant, le Printemps marseillais regarde le positionnement des candidats, décidé cette fois à participer à la gouvernance métropolitaine. « Celui qui nous fera les propositions les plus sérieuses concernant la ville de Marseille, on ira sur ce chemin-là », précise l’élu.

Soutiens à droite

Pour porter cette vision de ce que tous appellent la « Métropole des maires », « Nicolas Isnard ferait un très bon candidat » estimait le maire (LR) d’Allauch sur BFM Marseille, même s’il reconnaît que la maire (UDI) d’Aix-en-Provence Sophie Joissains « à toute sa légitimité ». « Nicolas Isnard est à l’instant où je vous parle le candidat qui semble convenir à l’ensemble des maires des Bouches-du-Rhône », défendait aussi leur président (SE) Georges Cristiani sur France 3 ce mardi soir, précisant lui-même ne pas être candidat. Le même jour selon nos informations, le groupe des maires de Provence et le groupe écologiste et centriste se sont chacun réunis, et apporté leur soutien au maire de Salon-de-Provence. La réunion lundi prochain à Saint-Victoret de l’ensemble des membres du collectif des Maires de Provence – ils étaient 100 à y adhérer dans le département en décembre – devrait permettre d’éclaircir les positionnements de chacun.

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