Tag: Georges Cristiani

  • [Exclusif] Les maires menacent d’une fronde face aux nouvelles coupes budgétaires

    [Exclusif] Les maires menacent d’une fronde face aux nouvelles coupes budgétaires

    Lors de son avant-dernier déplacement à Marseille, le 23 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu, avait reconnu que la dernière copie budgétaire du gouvernement pour 2026 était « dure pour les intercommunalités ». « Il est certain que les intercommunalités devront faire l’objet d’une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine, où alors on viendrait abîmer des territoires où il y a des projets économiques », s’engageait-il. Six mois plus tard, la promesse n’est que très partiellement tenue.

    Comme elle s’y était engagée lors de sa dernière conférence des maires, le jeudi 8 octobre, la Métropole Aix-Marseille a ainsi chiffré précisément, commune par commune, l’impact du projet de loi de finances pour 2027 qui arrive ce mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Selon ce document, que La Marseillaise a pu consulter, l’addition s’élève à 93,4 millions pour les communes de l’intercommunalité – dont plus d’un tiers pour la seule Ville de Marseille – auxquels s’ajoutent 45 millions d’euros pour la Métropole elle-même. Et cela sans compter la hausse des cotisations payées à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), qui ajoute quelque 25,5 millions d’euros à l’addition.

    La crainte d’ordonnances sévères

    Certes, comme l’avait promis le Premier ministre, il n’y a plus de contribution spécifique aux territoires industriels, concède le vice-président (LR) de la Métropole chargé des finances, David Ytier. « Mais le projet de loi de finances est hypersévère, plus particulièrement pour le bloc communal, s’alarme-t-il. Pour le territoire, c’est une perte d’environ 170 millions d’euros, c’est colossal ! On double notre contribution au redressement des finances nationales, une contribution qu’on nous prend seulement pour payer les intérêts de l’État. » Le choc est dur pour l’intercommunalité, qui s’attendait à des coupes deux fois moins élevées. D’abord parce qu’elles arrivent après une année budgétaire chaotique de laquelle l’institution ne sort que par un jeu d’écritures comptables, après avoir refusé au mois d’avril de voter son budget face à déjà environ 60 millions d’euros de ponctions de l’État. Ensuite, parce qu’elles s’ajoutent à un mur financier pour l’année à venir qui était déjà chiffré a minima à 150 millions d’euros à trouver. Surtout, « les mesures que l’on vote sur nos recettes sont immédiatement reprises par l’État, on ne peut plus y arriver », soupire David Ytier. Ainsi les 40 millions d’euros cumulés attendus à travers la hausse de la fiscalité sur les entreprises et celle des tarifs de la RTM sont immédiatement aspirés par ces coupes budgétaires.

    « Nous sommes tétanisés, je ne sais pas comment cela va se terminer, souffle aussi l’adjoint (PS) aux finances de la Ville de Marseille, Joël Canicave. Nous préparons le budget 2027 avec des kilos d’incertitude. » D’autant plus qu’il craint un effet domino avec la Métropole, après avoir réussi à éviter une coupe de 36 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire perçue par la municipalité. « Ce que vont faire les collectivités, c’est qu’elles vont emprunter un peu plus, cela va augmenter la dette, et elles vont réduire leurs investissements, explique-t-il. Cela entraînera une spirale négative, 70% des investissements publics sont faits par les collectivités locales en France ! »

    Une autre inconnue ajoute à l’inquiétude. « En général, le gouvernement passe de premiers documents un peu durs, et ensuite l’Assemblée et le Sénat rectifient un peu les choses », raconte Joël Canicave. « Mais si le budget est adopté par ordonnances, c’est le projet de départ qui est adopté », alerte David Ytier. À l’inverse des projets de loi de finances adoptés par 49.3, où le gouvernement pouvait conserver les amendements qu’il souhaitait. La précision du document original présenté par le gouvernement ne fait que renforcer cette hypothèse, pour le grand argentier de la Métropole.

    Une motion votée

    « Nous sommes arrivés au point de non retour, maintenant, nous allons organiser des actions, annonce tout de go le président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani. Nous n’allons plus nous laisser faire, c’est terminé. » Tandis que le conseil métropolitain doit voter ce jeudi une motion dénonçant ces coupes budgétaires, il a été chargé lors de la dernière conférence des maires de recueillir les suggestions pour répondre au projet de loi de finances. Avec des propositions qu’il espère rendre à la fin de la semaine. « Des actions sans violence, sans révolution, ce n’est pas notre style, précise-t-il. Mais nous allons bloquer l’état, cela c’est sûr. Nous avons beau essayer de calmer les collègues, ils n’y arrivent plus, ils sont asphyxiés. »

    Et de rappeler les services publics qui risquent d’être touchés : « Derrière ces milliards qu’ils nous volent, ces pourcentages qu’ils nous balancent, il y a la vie ! ».

  • Un pas vers l’apaisement au sein du conseil municipal de Mimet

    Un pas vers l’apaisement au sein du conseil municipal de Mimet

    Depuis les élections, le conseil municipal de Mimet s’est réuni à cinq reprises, dont ce mardi 29 septembre. Vingt-quatre élus de la majorité, et désormais deux élues du Collectif Citoyen (DVG) et un élu sans groupe le composent. Et les tensions, déjà apparues pendant la campagne, persistent.

    Les membres de l’opposition dénoncent notamment des difficultés à exercer « librement » leurs mandats. Après le conseil municipal de mai, le Collectif avait saisi, en juin, le tribunal administratif. En cause, plusieurs dispositions du règlement intérieur qui limitaient « notre temps de parole [à 2 minutes, ndlr], le fait de prendre la parole à chaque délibération, le fait de limiter le nombre de questions orales à un groupe alors que c’est un droit… », déroule Muriel Martin Pettavino (Collectif Citoyen). Des difficultés « d’accès aux documents » étaient également pointées du doigt.

    Ce mardi, le débat est revenu sur la table. L’une des délibérations visait à actualiser ce règlement intérieur en assouplissant certaines de ces restrictions. « Certaines dispositions que nous avions précédemment contestées ont évolué, donc nous en prenons acte et nous en félicitons », a déclaré en conseil Muriel Martin-Pettavino, qui a souligné néanmoins quelques « points » à éclaircir.

    « Enfin du respect »

    « Qu’on évite les discussions stériles, les éclats de voix, c’est mon projet », a répondu de son côté le maire (DVC), Georges Cristiani, tout en soulignant son « respect » pour les trois élus d’opposition, avant d’ajouter : « On ne va pas continuer à solliciter toujours des modifications du règlement intérieur (…). Aujourd’hui, il a été modifié comme vous l’avez souhaité pour éviter tout problème. » À l’issue du conseil, Sabrina Bourgeois, cheffe de file du groupe Collectif Citoyen, estime « qu’au bout du cinquième conseil municipal, on a enfin eu du respect », rappelant des « attaques personnelles » et des « attributions politiques » récurrentes lors des derniers conseils. Parmi elles figurent, selon les questions orales publiées sur le compte du Collectif Citoyen, des remarques invitant à « apprendre à utiliser un Bescherelle » ou une invitation à écrire à « nos sénateurs écolos, socialistes et LFIstes ».

    « On a remis cela en cause grâce au tribunal administratif et on se réjouit que ça ait agi. Maintenant, on attend une écoute de l’opposition », note Sabrina Bourgeois. « Mon souci est simple, que le conseil municipal se passe bien. Jusqu’ici, c’était compliqué, l’opposition était toujours dans la campagne. Aujourd’hui, ça s’est bien passé, mais c’est dû, par ma part, à la volonté d’éviter les conflits. Je veux gommer toutes les aspérités », précise Georges Cristiani, à l’issue du conseil. Lui préfère parler des projets « d’avenir sur la commune ».

    Quant à la suite de sa procédure devant le tribunal administratif, le Collectif Citoyen indique qu’il« réfléchit collectivement à la stratégie à mettre en place ».

  • Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Cinq, six ou sept milliards d’euros ? À quelques jours du dépôt du Projet de loi de finances (PLF), personne ne connaît encore le montant exact de l’effort qui sera demandé aux collectivités territoriales. Mais une chose est sûre : après des années déjà marquées par la rigueur, l’État s’apprête une nouvelle fois à leur demander de participer au redressement des comptes publics.

    Entre un gouvernement qui promet que « l’État réalisera l’effort le plus important » et l’Association des maires de France qui dénonce un copier-coller intenable des exercices précédents, le budget 2027 ravive une question de fond : les collectivités peuvent-elles encore faire des économies sans renoncer à investir, ou l’équation est-elle, cette fois, réellement impossible ? C’était le thème du débat organisé ce vendredi matin au Salon des maires des Bouches-du-Rhône.

    Entre la baisse des dotations de l’État et des exigences citoyennes toujours plus fortes en matière de services publics, Hélène Gaillard, édile (DVG) de Gréasque, reconnaît une équation « très complexe ». D’autant que « nous avons vu nous, élus locaux, nos impôts supprimés, notamment la taxe d’habitation ». Sa compensation a coûté environ 22,8 milliards d’euros à l’État en 2026. « Les communes, la mienne en particulier, ont été dans l’obligation d’augmenter la taxe foncière. Aujourd’hui l’impôt local des mairies pèse uniquement sur les propriétaires, ce qui est inégalitaire », estime-t-elle.

    Dans sa gestion quotidienne, la maire de Gréasque dit porter une attention particulière aux dépenses, rechercher l’efficience en termes « d’organisation des services » et mutualiser les équipements avec les communes voisines. « À chaque fois que nous faisons un investissement, nous réfléchissons aux coûts de fonctionnement, qui pèsent lourd sur les finances des collectivités. » Même son de cloche du côté de Salon-de-Provence, où la Ville a réussi à « ne pas augmenter les impôts depuis 12 ans parce qu’on a complètement revu l’organisation de nos services et qu’il y a 15% d’agents publics en moins », souligne David Ytier, premier adjoint (LR) et vice-président de la Métropole chargé des finances.

    Changer de logiciel

    « Toutes ces mesures nous permettaient jusqu’ici de tenir. Idem à la Métropole. Mais on est arrivés à un point de rupture parce que le modèle ne tient plus la route. On ne peut plus demander aux communes et aux intercommunalités de porter toujours plus de services publics, de développer toujours plus de projets en leur enlevant leurs moyens. » Il prévient : « Soit on change de logiciel, soit les sparadraps qu’on avait l’habitude de mettre ne suffiront plus ». L’élu appelle notamment à une plus grande autonomie fiscale, financière et technique des collectivités territoriales, et à une simplification des règles intercommunales. « Il faut se questionner : est-ce que c’est à l’État de faire l’essentiel des choix et des politiques publiques ? »

    Yves Moraine, vice-président (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône en charge des finances, approuve : « L’État doit se réformer mais il ne va pas le faire d’ici le 31 décembre ». Si, selon lui, des solutions sont à trouver dans l’immédiat dans l’optimisation des ressources et la recherche des économies, sur le long terme, il souhaiterait voir la « suppression des strates » et la création de trois échelons : « le local, l’aménagement du territoire, le national ». Avec, pour chacun, « un impôt et des compétences associées ».

    Georges Cristiani, édile de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, appelle aussi de ses vœux cette décentralisation, s’agaçant de la situation actuelle : « Ce n’est pas possible de déverser à ce point la responsabilité des gouvernements successifs sur les maires, les retraités ou les malades. (…) Les collectivités locales respectent la règle d’or : nous dépensons que ce que nous avons. Sauf l’État qui se permet de gérer la France en déficit. Ça ne peut pas continuer. »

  • [AMP Métropole] Georges Cristiani : « Nous devons voter un budget métropolitain »

    [AMP Métropole] Georges Cristiani : « Nous devons voter un budget métropolitain »

    Face à cette nouvelle crise qui secoue l’hémicycle, il euphémise : «La situation de la métropole Aix-Marseille-Provence n’est pas des plus simples. »

    Pour celui qui est désormais cinquième vice-président de l’institution, délégué à la proximité et au projet métropolitain, il faut en revenir au sujet de sa structuration, alors que le gouvernement a lancé fin juillet une mission d’analyse confiée à l’ancien ministre Dominique Bussereau et au président du comité des finances locales Jean-François Débat. « Au-delà du problème financier conjoncturel, il existe un problème structurel que le gouvernement ne peut plus évacuer, appuie l’édile. La métropole est enfermée dans un carcan législatif depuis 2016, à cause de la loi d’exception qui l’a créée pendant le gouvernement Valls, avec la complicité et l’engagement de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, premier vice-président du Sénat. L’inventaire de cette erreur originelle ne peut plus être passé sous silence. » Et d’insister : «À défaut de diagnostic sur ce péché originel, la Métropole ne sera pas viable dans les années futures. Il faudrait que l’État reconnaisse ses erreurs d’avoir créé la trop grande métropole d’Aix-Marseille. » Lui souhaite donc une modification de ce cadre législatif « dans les plus brefs délais », de ses périmètres de compétences « à défaut de ses périmètres géographiques ».

    Plus de quatre mois après le refus de l’institution de voter son budget pour protester face aux coupes gouvernementales, il réitère : «Il faudrait que les États cessent définitivement de ponctionner des finances sur le dos de la métropole et des communes qui la composent. »

    Ce mercredi matin, il faisait partie des plus de soixante-dix maires qui ont échangé avec le président de l’intercommunalité, au lendemain de la proposition du maire (DVG) de Marseille de voter une modification du budget en déséquilibre, et donc de le renvoyer dans les mains de la chambre régionale des comptes. « Pour les maires des Bouches-du-Rhône, que j’ai l’honneur de représenter, nous savons que Marseille et la locomotive du département et à ce titre, nous l’avons très souvent soutenue, assure-t-il. Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus ne plus être responsables devant nos habitants. » Alors il défend : «Nous devons donc voter un budget métropolitain, nous avons choisi un budget qui soit le moins mauvais possible. »

  • La crise métropolitaine « au point avant le paroxysme »

    La crise métropolitaine « au point avant le paroxysme »

    L’œcuménisme porté en étendard par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, en a pris un coup ce mercredi après-midi. À l’occasion du conseil qui se tenait dans l’hémicycle du Pharo, seule une minorité des élus métropolitains ont approuvé le report au mois d’octobre du versement aux municipalités de la dotation de solidarité communautaire (DSC). Une délibération intégrée à l’ordre du jour en début de séance en faisant adopter une procédure d’urgence.

    « Elle devait être versée avant le 30 juin, conformément à ce qui avait été voté le 28 avril, expliquait Nicolas Isnard. Compte tenu des turpitudes qui sont les nôtres, et pour ne pas verser une DSC qu’il faudrait re-réclamer en partie aux communes, il est proposé de la verser en octobre maximum, peut-être avant si nous trouvons une solution d’ici là. » De quoi mettre les pieds dans le plat des coupes budgétaires. Après le refus des conseillers métropolitains de voter leur budget, la chambre régionale des comptes avait en effet préconisé de sabrer 53 millions d’euros dans cette dotation de solidarité, qui bénéficie en premier lieu à Marseille, tandis que le budget finalement arrêté par le préfet imposait de les retirer parmi les attributions de compensations reversées aux communes sur la base de l’ancienne taxe professionnelle.

    « Si un effort devait être demandé, il ne pourrait être supporté de la même manière par une commune populaire confrontée à d’importants défis sociaux et par une commune disposant de ressources plus importantes. La solidarité métropolitaine doit continuer à jouer pleinement son rôle », avertit d’emblée le maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons, André Molino. Dans la foulée, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan s’en prend aux 91 millions d’euros d’économies imposés par la chambre régionale des comptes et la préfecture. « Ils y sont allés avec une hache émoussée, ils ont tapé dans tous les sens et il y a du sang sur tous les murs », dénonce-t-il. Surtout, il prévient que ceux qui ne paieront pas cette année devront l’assumer dans les années à venir, face à un déficit structurel en raison du développement des transports. « Marseille est prête à faire des efforts, même si elle a des charges de centralité », annonce-t-il. « Mais nous voulons un travail qui ne soit pas une boucherie », réclame l’édile, ne croyant pas à une augmentation par le Parlement du taux de versement mobilité payé par les entreprises pour financer les transports pour les années à venir.

    Bientôt le paroxysme

    Fasse aux hausses d’impôts esquissées, « augmenter la fiscalité n’apparaît pas comme une solution responsable, il faut préserver le pouvoir d’achat », s’oppose le maire (DVD) de Cuges-les-Pins, Bernard Destrost. Une opinion partagée par le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani, qui implore : « J’ai un chemin, simple, étroit : restons très unis. »

    Alors le président de l’intercommunalité retrace le discours déroulé depuis le refus de voter le budget, s’escrime contre l’État qu’il accuse une nouvelle fois de « semer la zizanie ». Mais il promet : « Nous réfléchissons à des solutions pour atténuer la casse, et je crois que des solutions sont possibles, surtout si l’on entend les mots d’apaisement que nous avons entendu. »

    Après le scrutin public réclamé par la gauche marseillaise, ils sont malgré tout 125 à s’abstenir sur le report du versement de la dotation de solidarité, seulement 98 à l’approuver. Et dix à s’y opposer. La droite marseillaise se répartit entre les trois blocs.

    « Dire que ce n’est pas possible de toucher aux attributions de compensation, c’est tourner en rond comme un poisson rouge dans un bocal », tempête à la sortie Benoît Payan. En bousculant la position du président de la Métropole : « Quand on appelle au secours l’État, on ne déchire pas sa copie. » Mais face aux dissensions exposées au grand jour, il paraphrase François Mitterrand : « Une crise ne se résout que quand elle atteint son paroxysme. » Et de compléter : « Ce qu’on a vu, c’est que nous avons atteint le point avant le paroxysme. »

  • L’association des maires passe le message au préfet

    L’association des maires passe le message au préfet

    L’amphithéâtre des archives départementales, à Marseille, n’a pas fait le plein, jeudi, à l’occasion de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône. Un rendez-vous annuel organisé dans un contexte post-municipales et l’élection de 33 nouveaux maires dans le département. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Pierre Squillari (DVG) élu à Aubagne, avaient répondu à l’invitation.

    Au total, 65 étaient présents ou représentés sur les 93 adhérents de l’association d’un territoire comptant 119 communes. Parmi les absents figuraient Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille – représenté par Pierre Huguet (G.S), son adjoint aux relations institutionnelles et 1er vice-président de la Métropole – ainsi que Nicolas Isnard, nouveau président de l’EPCI. En déplacement, il avait donné pouvoir à Georges Cristiani.

    À la tribune, le président de l’association des maires s’est chargé de faire passer les messages. Saluant le soutien de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département – « un partenaire privilégié » -, et celui du président de Région (Renaissance), Renaud Muselier, sur lequel il sait pouvoir compter « pour défendre des citadelles municipales », Georges Cristiani s’est montré plus rude envers l’État, qui a retiré 5 milliards aux collectivités, et le Gouvernement qui, citant Beaumarchais, « a l’art de plumer la poule sans la faire crier ».

    Assis à ses côtés, le préfet Jacques Witkowski s’est aussi vu rappeler le bref passage de son prédécesseur, parti rejoindre le cabinet du président de la République. « Il ne nous a pas laissé un souvenir attendri (…), c’est le seul préfet que je connaisse qui a réussi à nous abîmer », glisse le représentant des maires, « avec vous, qui êtes un homme d’action, je sais que nous aurons des gestes, des actes et pas seulement des mots ».

    « Prenons garde »

    Le premier attendu est la formalisation du budget de la Métropole que les maires ont refusé de voter, le 28 avril, sur fond de déficit de 123 millions d’euros imputé aux ponctions de l’État sur les deux dernières années. Les élus redoutent notamment une intervention de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les Attributions de compensation, l’un des leviers susceptibles d’être actionnés, au même titre que la fiscalité des ménages (taxe foncière) ou celle des entreprises (versement mobilité). « Les lois de finance rectificatives sont encore plus sournoises, prenons garde à nos attributions de compensations », glisse Georges Cristiani après avoir enjoint le préfet à faire passer le message.

    Avant cela, Martine Vassal avait rappelé l’effort financier du Département – 920 millions reversés aux communes entre 2018 et 2023 -, insistant sur la nécessité d’un « partenariat » et d’un « dialogue républicain » avec l’État. Renaud Muselier, lui, n’a pas caché son inquiétude : « Monsieur le préfet, nous sommes tous rabotés de façon régulière et systématique. À un moment, on est à l’os et on ne peut pas se laisser faire. On vous tend la main, on est avec vous. »

    à l’amorce d’une mandature « particulière » avec les élections nationales à venir et la fin « de la mondialisation bienveillante », le préfet assure que « la commune est l’élément clé », puis glisse quelques « messages de service » sur l’organisation des élections sénatoriales, la sécurité, l’effondrement démographique et son lot de fermetures d’écoles, « l’âme d’une commune ». Et de les prévenir ensuite que les lettres d’objectif triennal de la loi SRU ont été signées et envoyées. Assis au premier rang, le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, ricane. En 2026, les municipalités ne respectant pas l’obligation de 25% de logements sociaux vont payer 15,6 millions d’amendes…

    Le préfet assume son « rôle de contrôle des décisions des maires »

    « Les maires sont des chevilles ouvrières sans lesquelles le pays ne fonctionnerait pas comme il le fait. » À l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, le préfet, Jacques Witkowski, était attendu sur le budget de la Métropole pour lequel il a saisi, lundi, la CRC. Interrogé, il s’est fait discret à la sortie : « Tout le monde exprime dans ces moments des préoccupations et soucis. Les maires sont confrontés à des politiques parfois complexes parce que l’intérêt individuel peut se heurter à l’intérêt collectif. Il est très important d’entendre ce que les maires ont à dire, mais aussi rappeler que l’État est d’abord un État partenaire, d’accompagnement, mais j’ai aussi un rôle de contrôle des décisions des maires, il faut l’assumer. »

  • Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Déjà en campagne en coulisse depuis plusieurs mois (notre édition du 24/03), le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, a profité de la conférence des Maires de Provence, ce lundi soir à Saint-Victoret, pour officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille, à mi-chemin entre le second tour des municipales et la réunion du premier conseil métropolitain de la mandature, le 7 avril.

    « L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous [l’ex-maire LR d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, Ndlr] appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous », défendait-il face aux 83 maires du département présents, en s’engageant « pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique, transpartisane ». Et d’annoncer : « Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires. »

    Des promesses qui viennent répondre à l’aspiration de la plupart d’entre eux, souvent exprimée dans la campagne des municipales. « Quand la Métropole s’occupe de ses compétences, elle travaille bien. Par contre, c’est dans la proximité qu’il y a un problème », partageait le président (DVD) du groupe métropolitain des Maires de Provence, Jean-Pascal Gournès. Avant d’assumer : « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! »

    Pas de RN dans l’exécutif

    « L’action publique en circuit court, nous savons produire et faire. Mais là, il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », opine aussi le président (SE) des Maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, qui a cependant pris le soin de faire applaudir la présidente sortante de la Métropole, Martine Vassal, et son « courage presque sacrificiel » pour avoir tenu l’institution.

    Alors Nicolas Isnard promet « une Métropole au service des maires et pas au-dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure », un établissement public de coopération intercommunale « ramassé sur ses compétences régaliennes et laissant les compétences de proximité au service des communes qui voudront s’en emparer ». Et ébauche la création d’antennes métropolitaines dans chacun des anciens conseils de territoire.

    Surtout, la majorité marseillaise devrait faire son retour dans l’exécutif. « Le soutien du maire de Marseille est indispensable », souligne Nicolas Isnard. Dans la matinée, il a ainsi échangé pendant plusieurs heures avec Benoît Payan (DVG). « Les échanges ont été plutôt constructifs, avec un alignement global sur ce que doit être la Métropole », apprécie-t-on dans l’entourage du maire marseillais. « Mettre en place les mesures que l’on préconise à Marseille coûtera de l’argent », reconnaît-on cependant dans les couloirs de l’hôtel de ville, tout en assurant ne pas réclamer plus que « sa part du gâteau ». Surtout, si l’heure de la répartition des postes et des outils métropolitains n’est pas encore venue, « si dans l’exécutif métropolitain, il y a des personnes d’extrême droite, ce ne sera pas pareil », avertit-on. Une option écartée par le candidat à la présidence : « Ils n’en ont pas fait la demande. Mais il est compliqué de dire comme l’extrême droite nous présentons des listes contre vous tous et une fois que vous êtes élus, nous voulons travailler avec vous ! » Même si, promet-il, chaque commune sera traitée de façon équitable.

    « Le soutien
    du maire
    de Marseille est indispensable »

  • L’option de la Métropole des maires avance

    L’option de la Métropole des maires avance

    Jouer le bras de fer politique au sein de l’hémicycle avec un clivage entre la gauche et la droite ou faire de la Métropole une instance dépolitisée, en visant le consensus entre les maires. Si les deux hypothèses sont encore aujourd’hui sur la table, alors que doit être désigné le 7 avril le successeur de son actuelle présidente Martine Vassal, la deuxième option prend au fil des jours de plus en plus de poids.

    Après le courrier adressé le 25 février par le maire (DVD) de La Ciotat Alexandre Doriol réclamant une réforme de l’institution métropolitaine, après la campagne très active menée en coulisses par le maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard pour aller en ce sens, c’est le maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade qui, dans un courrier ce mercredi, appelle à un « pacte de gouvernance autour des maires ». « La Métropole Aix-Marseille-Provence ne s’est pas construite avec les communes. Elle s’est décidée sans elles, souvent contre elles », y déplore-t-il. Et de poser une alternative entre « un fonctionnement centralisé, technocratique » et « un outil au service des communes et d’un développement territorial équilibré ».

    « La gestion des compétences de proximité doit être rendue aux maires, en dehors des clivages politiques », plaide-t-il, en réclamant aussi à travers son pacte en cinq points une décentralisation tant économique que dans les transports. « Une organisation en bloc, fondée sur les clivages partisans ferait basculer la Métropole d’un espace de coopération vers un lieu d’affrontement stérile », avertit-il encore.

    Ce refus du clivage partisan est partagé du côté de la majorité marseillaise, qui apporte le plus gros contingent d’élus (67 conseillers sur 238). « Le total à gauche est plus fort que la dernière fois, mais pas assez pour arriver à la majorité, partage un élu influent. Si on présentait un candidat, rien n’exclut que le RN ne soutienne pas la droite. » Alors en attendant, le Printemps marseillais regarde le positionnement des candidats, décidé cette fois à participer à la gouvernance métropolitaine. « Celui qui nous fera les propositions les plus sérieuses concernant la ville de Marseille, on ira sur ce chemin-là », précise l’élu.

    Soutiens à droite

    Pour porter cette vision de ce que tous appellent la « Métropole des maires », « Nicolas Isnard ferait un très bon candidat » estimait le maire (LR) d’Allauch sur BFM Marseille, même s’il reconnaît que la maire (UDI) d’Aix-en-Provence Sophie Joissains « à toute sa légitimité ». « Nicolas Isnard est à l’instant où je vous parle le candidat qui semble convenir à l’ensemble des maires des Bouches-du-Rhône », défendait aussi leur président (SE) Georges Cristiani sur France 3 ce mardi soir, précisant lui-même ne pas être candidat. Le même jour selon nos informations, le groupe des maires de Provence et le groupe écologiste et centriste se sont chacun réunis, et apporté leur soutien au maire de Salon-de-Provence. La réunion lundi prochain à Saint-Victoret de l’ensemble des membres du collectif des Maires de Provence – ils étaient 100 à y adhérer dans le département en décembre – devrait permettre d’éclaircir les positionnements de chacun.

  • À Mimet, Georges Cristiani repart pour un scrutin

    À Mimet, Georges Cristiani repart pour un scrutin

    Vingt-cinq ans à la tête du village « le plus haut » des Bouches-du-Rhône, quatre mandats, et en lice pour un cinquième. Georges Cristiani, président de l’Union des maires, fondateur du label Maires de Provence, et surtout maire de Mimet, commune qui recense 4 500 habitants, est donc candidat à sa réélection. Toujours sans étiquette, mais entouré d’une liste renouvelée à un tiers. « Je n’ai jamais été membre d’aucun parti politique », insiste Georges Cristiani Quant aux noms, ils seront dévoilés plus tard dans la campagne. S’il devait faire un bilan « rapide » de son dernier mandat, Georges Cristiani le résume ainsi : « Aucune augmentation d’impôt, promesse tenue, je m’y étais engagé, aucune dette, elle est à zéro en 2026 (…) une stabilité dans le conseil municipal, ce qui tranche avec la panique à l’Assemblée nationale. » Le système de vidéosurveillance a été renforcé, deux crèches supplémentaires construites, une salle des mariages aussi. S’il devait être réélu sur cette « terre, que j’aime beaucoup », le candidat a déjà « plusieurs projets en têtes ». Parmi lesquels, celui du centre de santé, déjà lancé et qui pourrait voir le jour entre 2027 et 2028. « Également, j’ai un projet d’accession à la propriété pour les jeunes, avec un système de prêt financier pour eux », ajoute Georges Cristiani. Pour les seniors, il imagine un Hameau des seniors en location, ou en propriété. Autant de projets qui pourront être détaillés le vendredi 13 février (18h30, salle des Moulières) lors d’une réunion publique du candidat.

  • À Mimet, des remparts à reconstruire après l’éboulement

    À Mimet, des remparts à reconstruire après l’éboulement

    Pas une catastrophe, mais « un crève-cœur quand même. On a l’impression que ces vieilles pierres sont intouchables », lâche cet habitant de Mimet, alors que son chemin passe les barricades récemment élevées à l’entrée de la rue Mistral. Derrière ces palissades de fer, elle-même encerclées de barrières métalliques, sont cachées un tas de pierres qui vendredi dernier, ont dégringolé du rempart médiéval de Mimet. À 15h53 le 19 décembre, un premier éboulement d’une partie Sud des remparts médiévaux est déclaré dans le centre ancien du « plus haut village des Bouches-du-Rhône ». Les premières mesures de sécurité sont immédiatement prises. À 16h05, rapporte la municipalité, les services municipaux sont dépêchés sur place et déblaient l’espace dans la foulée, avant de procéder à une « remise en état de la rue » et une sécurisation des abords. C’était sans compter un second effondrement, à peine une heure après. À 17h14, un nouvel éboulement « beaucoup plus important » se fait entendre dans le centre-ville, au même endroit. Une entreprise « spécialisée » a été mandatée en urgence pour procéder aux sécurisations. Depuis, le pourtour de la rue Mistral est sécurisé, un arrêté de mise en sécurité imposé. La rue, pour le moment, est interdite aux piétons et aux voitures.

    « Ça tombe très mal »

    Georges Cristiani, maire sans étiquette de la commune confirme : il n’y a eu aucun blessé, l’incident n’est pas majeur. Les bâtiments proches ne sont pas impactés non plus. Concernant les trois logements d’habitation face aux remparts, les habitants ont été « priés de partir ». « Aucun indice, aucun signe ne laissait penser que le mur pouvait s’effondrer, si ce n’est que les remparts sont vieillissants, tout simplement. On ne connaît pas encore les causes de l’incident », rapporte d’ailleurs l’édile. Pour le maire, l’heure est désormais à la restauration. Mais les prochaines étapes, tant administratives que manuelles, restent compliquées à franchir en ces périodes de fêtes. « Il aurait pu attendre 800 ans et quelques jours de plus pour s’effondrer, plutôt que 5 jours avant Noël ! plaisante le premier magistrat. C’est du boulot et ça tombe très mal. » Les premières sécurisations bouclées, la priorité est pour Georges Cristiani, d’entamer des réparations en accord avec le patrimoine local. « Ce sont des remparts de pierres taillées. Il faut maintenir cet aspect patrimonial et jusqu’à présent les experts venus (…) sont dans une démarche de bétonisation, ce produit salvateur, mais qui peut défigurer les remparts : c’est hors de question, soutient le maire. J’ai appelé des compagnons et des experts de consolidation. Il faudra plusieurs semaines pour reconstituer le rempart et sécuriser la zone. » Les conseils départemental et régional ont été sollicités, rapporte l’édile. LEtat aussi, sans retour. « C’est la solitude des maires, qui sont face à leurs responsabilités dans ces cas-là », se désole Georges Cristiani.