Tag: CGT Éduc’action

  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »

  • Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Au collège Élie Coutarel, la ligne rouge a été franchie. « Deux assistants d’éducation (AED) sont en accident de travail avec plusieurs jours d’ITT suite à un événement survenu la semaine dernière, commence une enseignante qui souhaite garder l’anonymat. Il y a eu une bagarre entre élèves le matin. Les parents sont venus les chercher et se sont à leur tour battus au sein de la vie scolaire. » S’il s’agit d’un acte isolé, cet épisode est « révélateur » d’un manque de moyens humains et d’une détérioration des conditions de travail, affirme l’équipe pédagogique, qui s’est mise en grève à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi 26 mars. La Fédération des conseils de parents d’élèves soutient le mouvement.

    Postée à l’entrée de l’établissement avec ses collègues, Sylvie Petitjenet, professeure de français, témoigne : « On a eu douze conseils de discipline depuis le mois de janvier, alors qu’il y a eu deux semaines de vacances. Les faits de violence se multiplient. Les personnels sont agressés, les élèves s’étranglent entre eux, c’est quasiment incontrôlable. Donc tout le monde a peur pour sa sécurité. On est démunis. »

    Des angles morts

    Dans ce collège de 724 élèves, une seule conseillère principale d’éducation (CPE) est à l’œuvre. Côté encadrants, 5,5 équivalents temps plein sont chargés de surveiller les scolaires. Embauché l’an dernier pour s’occuper de la 3e classe du dispositif micro-collège, Santiago Gutierrez prête régulièrement main-forte aux AED. « Je vois bien que je suis bien plus qu’un renfort, que je suis quasi indispensable. (…) On n’arrive pas à être deux dans le hall, trois dans la cour, un à l’entrée et dans les étages. » L’agent déplore l’impact de ce manque d’effectifs pour les élèves. « On a beaucoup plus de cas de harcèlement ou de situations compliquées et on a de plus en plus de mal à les détecter, parce qu’on est tout le temps en train d’éteindre les feux. Il y a des angles morts. »

    Les enseignants eux-mêmes doivent « venir en renfort » en cas de problème, « intervenir quand il y a des malaises d’élèves », l’infirmière n’étant là qu’un jour par semaine. « Notre psychologue conseillère d’orientation vient de partir, on ne sait pas si elle va être remplacée, idem pour notre assistante sociale qui part en juin, donc quasi-tout le personnel médico-social est parti », révèlent trois professeures.

    « On ne peut pas se substituer au rectorat, qui est censé nous donner des moyens pour fonctionner », dénonce Lisa Laface, enseignante de lettres modernes syndiquée à la CGT Éduc’Action. « Ce n’est pas un climat apaisé, propice à la concentration et au travail, reprend une de ses collègues. D’autant que les élèves sont 31 par
    classe.
     »

    L’équipe pédagogique demande le recrutement de deux AED à temps plein et d’un CPE supplémentaire, d’accompagnants des élèves en situation de handicap, ainsi que des jours de présence supplémentaires de l’infirmière.

  • En finir avec la précarité des élèves handicapés

    En finir avec la précarité des élèves handicapés

    « Je dois gérer 11 élèves en situation de handicap en 24 heures par semaine, comment appeler ça un accompagnement digne de ce nom ? ». Ce mardi, à la Bourse du travail de Marseille, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) tapent du poing sur la table. À l’occasion d’une journée d’action et de grève dans tout le pays, à l’appel de plusieurs syndicats (FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud), ces personnels se sont mobilisés pour réclamer « un vrai statut » pour leur profession. Et pour cause : « On est indispensable au fonctionnement de l’école inclusive mais nous sommes invisibles et maintenus dans la précarité », résume Cécile, AESH depuis plus de 11 ans dans le département, sous la bannière de la FSU-SNUipp 13. Comme ses homologues, elle met en avant des arguments qui en disent long sur le traitement de ces personnels au sein de l’Éducation nationale : « Contrats précaires avec des temps partiels imposés, des revenus en dessous du seuil de pauvreté, avec peu ou pas de formation. »

    Avant un rassemblement devant la DSDEN (direction des services départementaux de l’Éducation nationale), les témoignages qui font part d’une détresse s’enchaînent en conférence de presse. « Des enfants qui doivent être accompagnés plusieurs heures ne le sont souvent qu’une heure… Une AESH qui a 9 ans d’expérience ou 1 an, a quasiment le même salaire, ce n’est pas normal », dénonce Murielle, AESH à Port-de-Bouc depuis 2009, pour la CGT Éduc’Action 13. Les organisations syndicales évoquent plus de 45 000 élèves sans accompagnement, au niveau national, du fait « d’un recrutement insuffisant ».

    Un salaire net en dessous du seuil de pauvreté

    Avec une majorité de contrats qui tournent autour des 24 heures hebdomadaires, nombreuses sont les AESH à recevoir un salaire net en dessous du seuil de pauvreté. « C’est une urgence sociale et éducative, on accompagne les enfants les plus vulnérables. On ne peut parler d’inclusion scolaire sans parler d’un vrai statut pour nous », dénonce Cécile. D’où le coup de pression du jour à l’attention du ministère de l’Éducation nationale. « Il se tient aujourd’hui une instance au ministère, dans laquelle il est prévu des interventions des syndicats sur la nécessité de créer un statut pour ces personnels », expose Franck Delétraz, pour le SE-Unsa. La pétition intersyndicale revendiquant « la création d’un corps statutaire de fonctionnaires pour les AESH » rassemble plus de 88 000 signatures. Une « nécessité » pour les syndicats : « C’est le deuxième corps de l’Éducation nationale mais ils ont un statut précaire. » Élodie Boussarie, pour Sud Éducation 13 résume la problématique : « On ne peut plus conditionner l’accès aux droits des enfants aux conditions de travail ! »

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.

  • Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    J’ai 4h30 de français par semaine. Mais pas de prof », indique Tiago, élève de quatrième au collège Marcel-Pagnol de Martigues à la sortie des cours de 12h30, jeudi 11 septembre. Il est l’un de ces nombreux élèves à être privé d’enseignement de français depuis la rentrée dans ce collège du Réseau d’éducation prioritaire (REP), qui accueillent des élèves des quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) de Notre-Dame des Marins, Canto-Perdric et Paradis Saint-Roch.

    En cause : l’arrêt maladie d’une professeure de français, qui n’a pas été remplacée par les services de l’Éducation nationale. « Le rectorat nous dit qu’ils ne peuvent pas remplacer, car les arrêts de travail ont une durée de 15 ou 30 jours et que dans ces conditions, ils ne remplacent pas », indique Samia Query, déléguée des parents d’élèves. Elle poursuit : « On a mis une pétition en ligne sur “On participe” et les réseaux, car nous sommes en colère ». Vendredi matin, la pétition comptait déjà 187 signatures, depuis sa mise en ligne, le 5 septembre.

    Les élèves, eux aussi, expriment leur frustration. « Je voudrais bien avoir un prof parce que soit on va en perm, soit on sort, en général », confie Tiago, avant de partir déjeuner. Alma, autre élève de quatrième, est plus angoissée : « J’ai peur pour mes épreuves communes de fin d’année, mais encore plus pour le brevet l’année prochaine ». Les épreuves communes consistent en un « mini-brevet pendant lequel les élèves tablent tous sur un même sujet », précise le responsable de la cellule CGT Éduc’action du collège Louis-Gilet, présent à la sortie des cours.

    Un « prétexte fallacieux »

    Le syndicaliste est d’ailleurs indirectement à l’origine de la pétition. « J’ai proposé aux parents d’élèves de faire une pétition car cette situation dure depuis décembre dernier. Notre collègue n’est pas remplacée pour un prétexte fallacieux de durée d’arrêt de travail », juge Louis Gilet, qui estime que « la réalité est que le rectorat n’a personne pour remplacer la collègue, les postes de professeurs titulaires sur une zone de remplacement (TZR) ont été supprimés, comme les places au concours ».

    Face à la colère des parents d’élèves et l’inquiétude partagée « avec les minots », le syndicaliste souligne le « travail de la direction en interne, qui a passé plusieurs appels à la hiérarchie pour obtenir ce remplacement ». Car le retour de l’enseignante concernée n’est pas à l’ordre du jour, en raison, selon Louis Gilet, d’un « acte violent subi en classe qui l’a affectée ». Il conclut : « La colère doit être dirigée vers ceux qui ont le pouvoir de changer les choses, en nommant un remplaçant ».

    Contacté, le rectorat de l’académie Aix-Marseille n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais impartis par la publication.