Non à la guerre, non à la militarisation des ports. » La banderole déployée par les ouvriers dockers et portuaires de Fos-sur-Mer résume le mot d’ordre de cette journée internationale de grève du 30 octobre. La totalité des salariés du port a cessé le travail avec pour consigne de mettre l’activité à l’arrêt : aucun chargement ni déchargement n’était assuré. 95% des ports français étaient également mobilisés. L’appel international a réuni des ouvriers dockers des cinq continents, dans 111 pays différents. Porté en Europe par l’European Dockworkers Council (EDC), le mouvement a touché la Turquie, l’Inde et même les États-Unis.
Les dockers CGT de Fos-sur-Mer s’étaient illustrés pour leur refus de charger plusieurs conteneurs d’armes à destination d’Israël, en juin 2025. Un acte qui s’inscrit dans « les valeurs de paix et d’internationalisme » citées par le secrétaire général adjoint de la fédération CGT, Serge Coutouris, dans notre édition de ce vendredi, dans la même lignée des refus de chargement de matériel militaire durant les guerres d’Indochine ou d’Algérie.
Au-delà de la question des livraisons d’armes, la CGT et l’EDC dénoncent la militarisation croissante des infrastructures portuaires européennes. Ils pointent l’adoption d’un plan de mobilité « Schengen militaire » en 2025 pour accélérer le déplacement de troupes et d’équipement dans le contexte de guerre en Ukraine. 17 milliards d’euros sont prévus par l’UE pour la mobilité militaire dans son budget 2028-2034.
La fédération CGT appelle également à rejoindre l’appel à la grève du 5 novembre prochain.

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