Tag: Fos-sur-Mer

  • Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Une zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-Saint-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser ainsi la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet. Les opposants s’imaginaient alors avoir remporté une bataille décisive. Mais c’était sans compter sur l’État qui compte bien avancer sur ce dossier avant la prochaine élection présidentielle. L’État a ainsi lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits.

    Samedi 6 juin, ils ont mené ensemble une action à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent désormais la possibilité de créer une Zone à défendre (ZAD) dans le sud du département. Des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec des associations comme Générations Futures qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts parce que la colère monte face au manque d’écoute de la population locale », confirme Luc Perrin.

  • L’eau potable impropre à la consommation sur le port de Fos

    L’eau potable impropre à la consommation sur le port de Fos

    Interdite depuis l’année dernière, la consommation d’eau « humaine » est toujours proscrite pour ceux qui travaillent sur le Grand port maritime de Marseille (GPMM) a confirmé à nos confrères de Marsactu ce mercredi 10 juin le préfet des Bouches-du-Rhône. En cause : la présence de PFAS, des polluants dits « persistants », notamment produits par les entreprises de la chimie, à des seuils dépassant la limite de 0,1 microgrammes par litre pour 20 d’entre eux identifiés.

    Cet arrêté instaure depuis le 27 avril « des restrictions d’usage de l’eau destinée à la consommation [des] 50 000 personnes alimentées (…) par le GPMM, dans une logique de précaution et de protection des populations et dans l’attente de la mise en place d’un système de traitement », indique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca dans une communication en date du 3 juin. Des prélèvements effectués en novembre 2024 explique l’ARS montrent la présence de PFAS sur la partie Ouest du GPMM. Elle constate « une non-conformité de l’eau à la limite de la somme des 20 PFAS », les 10 résultats s’échelonnant « entre 0,365 µg/l et 0,750 µg/l, la médiane s’élevant à 0,500 µg/l », précise-t-elle. Si la réglementation a changé le 1er janvier 2026 permettant au préfet d’intervenir, le GPMM a anticipé a-t-il indiqué à nos confrères interdisant la consommation dès 2025. Sur la source de cette pollution, « des études de modélisation pour retracer les PFAS » leur indique-t-il.

  • À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    Après le groupe municipal d’opposition « Notre Fos », la CGT dénonce à son tour la venue des députés d’extrême droite à Fos-sur-Mer. Car c’est au sein d’une salle municipale, la Maison de la mer et du sport, qu’Emmanuel Taché, Franck Allisio et Emmanuel Fouquart ont annoncé la tenue d’une réunion publique la semaine prochaine.

    L’Union locale prévient : « Le discours sera rodé : “On défend les travailleurs”, “on protège le pouvoir d’achat”, “on est le parti du peuple”. Les actes, eux, ne mentent pas. À l’Assemblée nationale, le RN vote contre l’augmentation du Smic à 1 500 euros net mensuel, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, contre le gel des loyers, pour le durcissement des droits à l’assurance chômage, contre le rétablissement de l’ISF, contre la revalorisation des petites retraites ; et propose régulièrement de nouvelles exonérations de cotisations sociales au bénéfice du grand patronat, au détriment de la sécurité sociale. » Sur un sujet plus local, le secrétaire général Fabien Marzat rappelle qu’Emmanuel Fouquart, comme son groupe, s’est abstenu lors du vote concernant la nationalisation d’ArcelorMittal (lire page 18). « Derrière les discours de façade, les actes parlementaires du RN ne sont pas en faveur du monde du travail », affirme-t-il.

    Les Unions locales voisines soutiennent la position de la CGT Fos. Nicolas Stamatiou, secrétaire général du syndicat de Port-Saint-Louis-du-Rhône, appuie : « Ils ont raison de refuser ces accointances-là. On sait que Philippe Maurizot a été soutenu par le RN pendant la campagne [via le label « La Provence qu’on aime », Ndlr.]. Il devait soi-disant s’en détacher, mais chasse le naturel il revient au galop : il lui ouvre rapidement les portes d’une salle municipale. Le danger, c’est pas tant que ces gens-là se réunissent, ils l’ont toujours fait dans les lieux privés, mais c’est que des élus locaux valident l’extrême droite et ses idées dans l’arc républicain. Les digues tombent. »

  • La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    Le projet de liaison routière entre Fos-sur-Mer et Salon-de-Provence entre dans une nouvelle étape. La préfecture de région a annoncé lundi par communiqué l’organisation d’une nouvelle phase de concertation d’un mois sur le projet de liaison Fos-Salon, entre le 15 juin et le 15 juillet. Cette concertation menée par la Dreal Paca porte sur « le choix des variantes préférentielles sur les trois sections du projet » et sur « les modalités de financement envisagées pour la réalisation de l’infrastructure », tel que l’annonce la préfecture de région. En clair : où on passe, et qui paye.

    Le dossier de concertation sera accessible sur le registre numérique dédié à partir de lundi prochain, le 15 juin. Dans le même temps, quatre réunions publiques sont organisées par les services de l’État, dont la première pour la présentation du projet et de premiers échanges qui se tiendra salle Colomb à Miramas, lundi 22 juin à 18h30. Cette réunion sera suivie de trois ateliers dédiés aux trois tronçons de l’aménagement, soit le 1er juillet à 18h30 à la salle la Grange d’Istres pour la section centrale, entre Toupiguières et l’échangeur de Rassuen, le 7 juillet à la même heure à la salle des fêtes de Grans pour la section Nord entre l’échangeur de l’A57 et Toupiguières, pour finir mercredi 8 juillet à 18h30 à la Maison de la mer de Fos-sur-Mer concernant la section sud, entre les ronds-points de Rassuen et de la Fossette.

    Les variantes d’itinéraires présentés par l’État concernent la section nord, à choisir entre l’aménagement d’une portion de la RN569 ou de la D69. Au sud, à Fos-sur-Mer, il s’agit de choisir entre l’aménagement de l’actuelle RN569, ou d’une nouvelle route à proximité immédiate de la voie ferrée des Coussoul, au nord sur l’actuelle route du Ventillon ou au sud de celle-ci sur une nouvelle voie.

    Pas de contournement ?

    La concertation n’inclura pas de contournement de Fos-sur-Mer par le prolongement de celui de Martigues-Port-de-Bouc, devant déboucher à l’ancienne station-service près de la cimenterie Imerys. Cette absence est pointée par le président de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) Daniel Moutet, dans un courrier adressé au préfet de Région le 1er juin dernier. En référence au projet de contournement de Fos-sur-Mer parallèle à la voie ferrée, longeant les étangs d’Engrenier et de Lavalduc, « si le scénario du barreau des étangs avait été réalisé, l’accident du 27 mai dernier entre Fos et Port-de-Bouc n’aurait pas affecté les usagers, ni les populations, ni les secours », estime le président.

    Et insiste : « Les enjeux de mobilité sont très présents dans cette concertation et ressortent comme un des freins à l’acceptabilité nouveaux projets industriels par les populations. »

  • À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    C’est un post sur Facebook qui a alerté les forces progressistes. Franck Allisio, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, trois députés d’extrême droite du département des Bouches-du-Rhône, y annoncent la tenue d’une rencontre publique, vendredi 19 juin, au sein de la Maison de la mer et du sport.

    Une « salle communale très connue des Fosséennes et des Fosséens, transformée en lieu d’accueil d’une réunion diligentée par le RN », réagit le groupe municipal d’opposition Notre Fos. « Le prêt de la salle a été forcément validé par le maire ! Si le doute persistait encore chez certains, maintenant, nous avons la certitude que notre ville est dirigée par l’extrême droite. »

    Classé divers droite par la préfecture au moment du dépôt des listes, lors de la campagne municipale, Philippe Maurizot avait pourtant rejoint le label du RN « La Provence qu’on aime », portant sur des éléments programmatiques, et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio.

    « Nous, élus et sympathisants de gauche, n’acceptons pas que Fos devienne le lieu de rendez-vous de l’extrême droite du département, voire de la région, écrivent les élus d’opposition, dans un communiqué. Nous refusons que le nom de notre ville soit associé au déclin de la démocratie de notre pays. » Ils appellent « tous les démocrates de Fos, de l’Ouest de l’étang de Berre et du département » à une grande marche populaire et citoyenne devant la Maison de la Mer, vendredi 19 juin, à 18h30.

  • Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Après l’échec du projet Carbon, c’est une nouvelle qui met du baume au cœur au secteur industriel. En marge du sommet Choose France, qui s’est ouvert ce lundi à Versailles, Marcegaglia annonce un investissement de 600 millions d’euros supplémentaires pour son projet Mistral, à Fos-sur-Mer. Le montant total mobilisé atteindra ainsi environ 1,2 milliard d’euros sur le site.

    L’aciériste italien, qui a repris le site Ascometal en juin 2024, entend moderniser l’outil de production historique pour passer d’environ 100 000 tonnes à 150 000 tonnes d’aciers spéciaux par an (activité historique de l’usine), et construire une nouvelle unité de production pour produire 2 millions de tonnes d’aciers standards bas-carbone par an, d’ici 2028.

    Cette dernière « intégrera l’intelligence artificielle et sera alimentée par une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique et en empreinte carbone », souligne le groupe, qui a conclu, il y a un an, un accord partenarial de fourniture d’électricité d’origine nucléaire d’au moins dix ans avec EDF.

    La nouvelle unité de production fera partie des toutes premières de ce type en Europe et permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport à une production en cycle complet. « En France, on avait pas vu de projet de cette envergure depuis 50 ans », note François Barges, délégué syndical CGT à Fos. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients.

    Les voyants au vert

    Si, pour le moment, la décision finale d’investissement n’a pas encore été rendue, l’élu du personnel assure qu’il y a « des signaux positifs et des voyants au vert » concernant ce projet. « On est en phase de recrutement », confie-t-il. Alors que l’usine emploie 320 salariés, les effectifs devraient atteindre 700 employés une fois « Mistral » opérationnel. Fin avril, Marcegaglia avait déjà annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à sa future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Néanmoins, François Barges nuance : « En termes de modernisation, on y est pas du tout. Au contraire, le marché est atone, on court après les volumes, notamment pour le fil. » Le délégué syndical résume : « L’acier chinois inonde le marché et nousn on en pâtit. »

    En avril dernier, les institutions bruxelloises ont trouvé un accord ambitieux de sauvegarde de l’acier européen, qui devrait apporter un peu de répit au secteur industriel.

    Le texte européen, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, assurera une meilleure traçabilité des produits et introduira une limitation des volumes d’importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit une réduction de 47% par rapport aux quotas de 2024. Ces nouveaux quotas sont calés sur les niveaux d’importation de 2013, avant que le marché ne soit déséquilibré par la montée en puissance des surcapacités chinoises. Un droit de douane de 50% s’appliquera aux importations dépassant le contingent et aux produits sidérurgiques non-couverts par celui-ci. Actuellement, cette taxation s’élève à 25%.

    En attendant, à Fos-sur-Mer, « pour l’année 2026, ça va devenir compliqué, déplore François Barges. Il y a des réorganisations de secteurs en cours et des périodes conséquentes de chômage partiel. (…) Entre ce qu’on nous annonce et ce qu’on vit, il y a deux mondes, et la problématique est là. »

  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    « Nous ne signerons aucun chèque en blanc pour des projets qui risquent de finir comme d’autres, soit bien plus chers qu’au départ. » Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, a présenté sa volonté de stopper net cinq projets d’aménagement confiés à la Société publique locale (SPL) Sens urbain, détenue par la Ville, lors du conseil municipal de mercredi soir.

    Les cinq mandats confiés à la SPL par la Ville lors du dernier mandat consistaient en la rénovation de la maison des Salins, de la Halle de basket avec augmentation de la jauge des tribunes, de la requalification et création de logements à la Maison du gardien de la Cartonnerie, du réaménagement de la cuisine du foyer pour seniors Farigoule et de la création de centrales photovoltaïques, pour un montant total de 11,2 millions d’euros.

    « Après réexamen, nous estimons que ces projets ne répondent plus aux objectifs et priorités que nous avons fixés » justifie l’édile. Le conseiller d’opposition Nicolas Féraud (PCF) pointe le fait que « les honoraires forfaitaires de plus de 500 000 euros resteront à payer après résiliation » et que « la note de synthèse reconnaît explicitement que les éléments permettant la résiliation ne sont pas réunis ».

    Un contre-projet solaire

    La note motivant la délibération stipule qu’à date, les éléments permettant de connaître les conséquences techniques, administratives et financières de cette décision ne sont pas finalisés, et qu’il s’agit d’un vote de principe. Ce qui est assumé par le maire : « Nous les arrêtons pour que ça coûte le moins cher possible. Le risque est de perdre plusieurs millions sur ces chantiers », selon Philippe Maurizot, arguant du « fiasco » d’un autre chantier de résidence senior confié à la SPL, à l’arrêt pour cause de liquidation judiciaire.

    Le plus gros projet stoppé est celui d’équiper les bâtiments publics de panneaux solaires pour autoconsommation, pour 7 millions d’euros. « Nous avons un autre projet plus économique et rentable », oppose l’édile. L’opposant (PS) Jean-Michel Leroy estime que le projet original « profitait au plus grand nombre, on voulait équiper les bâtiments publics de panneaux pour faire profiter les riverains. C’était une manière de leur ramener du pouvoir d’achat », plaide-t-il.

    « Notre projet est de ne pas perdre d’argent », objecte Philippe Maurizot, voulant « anticiper les baisses d’aides financières à l’énergie » des collectivités. Le contre-projet est déjà pensé : « On pourrait produire l’équivalent d’un quart de notre consommation électrique avec 3 ha d’ombrières solaires sur Parsemain » développe-t-il. L’opposition s’est abstenue et les résiliations sont adoptées à la majorité.

    Le contre-projet doit être présenté ultérieurement.

  • [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    Des stations Total situées en sortie de Fos-sur-Mer, de part et d’autre de la RN568, les usines ne sont plus très loin. Derrière les pompes à essence se détachent des panneaux solaires, d’énormes silos gris, les stocks du dépôt pétrolier puis les cheminées couleur rouille d’ArcelorMittal. Tous les matins, des milliers de travailleurs et de travailleuses empruntent ces doubles voies pour contribuer à l’activité foisonnante des bassins Ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Avec une dépense incompressible : le plein d’essence.

    Certains s’en sortent bien, à l’instar d’Anne et de son responsable, tous deux salariés chez Securitas. « On a la chance d’avoir la voiture de service donc on ne se pose pas trop de questions », admet le conducteur. Heureusement, car ils avalent les kilomètres. « Pour les rondes, les ci les mi, on circule beaucoup. Et puis on est partout, sur Dassault Aviation, PetroIneos… C’est vraiment la bonne solution. »

    Pas de transports

    en commun

    D’autres, à l’instar de Patrick*, ont subi l’explosion du prix de l’essence de plein fouet. La facture de ce quinquagénaire qui travaille dans la maintenance des sites industriels est passée de 250 à 350 euros par mois. Entre les mois de janvier et de mai, le gazole a pris un peu plus de 50 centimes par litre en moyenne, l’essence 45 centimes. Pour faire face à la crise, Sébastien Lecornu a annoncé un « nouveau paquet » d’aides jeudi 21 mai, dont un prolongement pour trois mois de l’indemnité « grands rouleurs » et une hausse de la prime carburant. Cette aide défiscalisée et désocialisée, qui peut être versée aux salariés par les employeurs sans qu’il y ait d’obligation pour eux de le faire, va voir son plafond passer de 300 à 600 euros. Patrick n’est concerné par aucune de ces aides. « C’est comme ça », lâche-t-il en haussant les épaules.

    « De toute façon comment voulez-vous faire ? demande-t-il. Il n’y a pas de transports en commun. » Des lignes de bus du réseau métropolitain relient Fos-sur-Mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône, avec de rares arrêts en périphérie de la zone industrielle. Une desserte ferroviaire existe, mais elle est exclusivement dédiée au fret. Seules quelques boîtes du secteur, à l’instar de Kem One, continuent de mettre en place des bus d’entreprise pour les salariés postés en quart. Ce n’est pas le cas de Benjamin, qui travaille dans les bureaux du site fosséen de LyondellBasell. Lui vit à Saint-Mitre-les-Remparts et fait donc quotidiennement 60 kilomètres. « On a des frais de déplacement qui restent avantageux même s’ils n’ont pas été revalorisés. » Résultat : son budget mensuel a augmenté de 100 euros mais reste plutôt bien couvert par l’entreprise.

    Nessa, elle, n’a pas d’aide pour aller au boulot. La Saint-Louisienne ne travaille pas dans les bassins du port, mais exerce en tant que taxi à Martigues. Devant la montée des prix à la pompe, son patron a commencé à changer sa flotte de véhicules pour passer à l’électrique. Elle aussi a abandonné sa Mini Cooper pour passer à la C3, qui « consomme beaucoup moins ».

    La jeune femme s’agace de l’ambiance générale de résignation. « À l’époque, les Gilets jaunes avaient tenu des mois pour quelques centimes d’augmentation, et on était à 1,3 euro le litre. Mais ils ne se sont pas fait entendre. Derrière, les manifestations contre la réforme des retraites n’ont rien donné. Résultat : plus personne ne dit rien, on accepte tout. »

  • Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    La volonté de l’État de voir la ligne aérienne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer se concrétiser n’est plus à prouver. Moins de deux semaines après l’annonce du lancement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet controversé, Emmanuel Macron a affirmé, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification : « Cet axe est nécessaire. Nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qui veulent investir et tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l’électrification des industries présentes et à venir. »

    Une déclaration saluée par les industriels et entreprises investis dans la démarche « Provence, Fabrique des possibles ». Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée présent lors de cette journée organisée à l’Élysée, se réjouit : « C’est un soutien politique essentiel qui apporte un horizon positif, (…) une véritable trajectoire, une vision du chef de l’État. »

    Tout en plaidant pour une accélération des délais de raccordement, le président de la République a précisé : « Ça ne se fera qu’en bonne concertation et coopération avec les territoires. » Or, du côté du Pays d’Arles, cette ligne de 400 000 volts provoque une levée de boucliers. Le collectif THT 13/30 milite pour une solution plus respectueuse des zones naturelles traversées, semi-enterrée, plus longue et plus coûteuse à mettre en œuvre que le projet porté par RTE.

    Cinquante implantations d’entreprises

    Suite à l’abandon de la giga-usine de photovoltaïque Carbon, dont les besoins étaient estimés à plus de 1,2 TWh d’électricité, l’organisation représentant 36 associations a repris à son compte « l’expression du président de la CCI du Pays d’Arles qui annonçait récemment que “si l’on continue comme cela, nous aurons les pylônes mais pas les industriels” ».

    Isabelle Campagnola-Savon, en charge de l’économie à la Région, balaie : « Carbon n’est pas l’entreprise qui avait besoin d’une capacité importante en électricité, à l’inverse de GravitHy. »

    Stéphane Bergamini abonde : « Carbon n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce n’était qu’un petit projet dans une myriade de projets qui bénéficient d’un appui collectif. » La préfecture des Bouches-du-Rhône cite notamment en exemple le projet Mistral porté par Marcegaglia, visant à produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone d’ici 2028. Le sidérurgiste a d’ores et déjà passé commande auprès du groupe Danieli pour 450 millions d’euros d’équipements.

    « Aujourd’hui, notre territoire est en train d’opérer sa mue, poursuit le délégué général de France Chimie Méditerranée. Nos besoins en électricité sont forts : on a plus de 50 projets d’implantations pour plus de 20 milliards d’investissements, avec 60 000 emplois directs et indirects à la clé à l’échelle de la région. L’industrie existante a aussi des besoins. Si je parle de la filière chimie, on est dans une trajectoire de décarbonation très forte avec des projets électro-intensifs comme Ineos à Lavéra qui va basculer vers de nouveaux procédés. »

    Les besoins de puissance électrique liés à la réindustrialisation de la zone Fos-Berre et à sa décarbonation, consolidés par RTE, s’élèvent à 5 à 6 GW de puissance complémentaire (à comparer aux pointes d’appel de puissance de l’ensemble de la Région estimées entre 5 et 8 GW).