Climat social et politique, LEO… le préfet de Vaucluse fait le point

Climat social

et maintien de l’ordre

À l’instar d’Emmanuel Macron lundi à Marseille qui, dans un rare mea culpa, reconnaissait des erreurs dans la gestion du 17 octobre, le préfet Thierry Suquet fait aussi part de dysfonctionnements : « On a sous-estimé la conjonction entre le mouvement lycéen et étudiant, les syndicats traditionnels et l’importance du côté casseurs à l’intérieur de la manifestation alors qu’en général, ils se produisent en fin de journée. » Le 17 octobre, « on a gardé des forces de façon spécifique sur l’intra-muros pour empêcher le pillage des magasins ». Huit à dix d’entre eux « ont été attaqués, deux ont été vraiment pillés ». Quant au 24, le préfet estime avoir « toléré la présence de manifestants » cantonnés place Saint-Lazare, malgré l’absence de déclaration de manifestation dans les délais et « un arrêté d’interdiction d’attroupement et de rassemblement ». Se dirige-t-on vers un troisième samedi de revendications sous tension ? Pour l’heure, « il n’y a pas d’annonce de manifestation déclarée. On commence à avoir, sur les réseaux sociaux, des appels aux rassemblements ». Thierry Suquet n’exclut pas de prendre un nouvel arrêté « s’il y a des risques d’attroupement non maîtrisés ». Pas de menace d’interdire la manifestation syndicale du 5 novembre. « On doit discuter du parcours, les grandes organisations syndicales ont des services d’ordre, ça peut se passer dans d’excellentes conditions ».

Point de deals en baisse, mais trafic toujours présent

Thierry Suquet le répète à tout bout de champ : « La lutte contre le narcotrafic reste un véritable objectif » Ainsi, en 3 ans, le nombre de points de deals a été divisé par deux, passant de 36 à 16, dont 9 à Avignon et un très important à Orange, quartier Fourchevieilles. « Cela reste mouvant, dans la durée, c’est extrêmement difficile », concède-t-il. « On continue beaucoup de gêner, c’est pour ça qu’ils se reportent beaucoup sur la livraison, note Thibault de Cacqueray, directeur de cabinet du préfet. À Orange, quand on passe de 5 à 1 point de deal, c’est déjà un succès parce que l’espace public est moins occupé, les habitants ne sont plus pris en otage et ne vivent plus dans l’omerta et la crainte de règlements de comptes. »

L’État ne veut plus piloter la LEO

Dossier lancinant, la liaison Est-Ouest (LEO) n’est pas un dossier clôturé. Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon, a poussé dès avril pour que l’État n’enterre pas définitivement le projet de phase 2 (Rognonas-Amandier), même si les crédits initiaux ont été fléchés ailleurs. « Le ministre des Transports nous a demandé de travailler avec les équipes du Grand Avignon et les collectivités locales concernées sur ce que pourrait être la LEO de demain », pose Thierry Suquet. Mais, comme nous l’indiquions début septembre, avec un changement de taille : l’État ne souhaite plus assurer la maîtrise d’ouvrage. « Aujourd’hui, l’État ne fait plus de routes, on a d’autres priorités sur le développement autoroutier ou les Jeux olympiques, donc si vous voulez que ça avance plus vite, prenez la maîtrise d’ouvrage, fait valoir le préfet. Cela ne signifie pas nécessairement qu’on mettra moins d’argent, mais nos moyens d’ingénierie n’iront pas sur la LEO. » D’après le préfet, « les collectivités ont ouvert la porte » pour piloter le dossier. Enfin, plutôt le Grand Avignon que le Département.

Climat politique tendu et polarisé RN/LFI

« Tout le monde politique bruisse du risque que représenterait un affrontement LFI/RN au second tour de la présidentielle, mais ça, c’est le quotidien du Vaucluse », constate le préfet, qui note un climat global « tendu puisque le département est quasiment dans un face-à-face entre un RN omniprésent et Raphaël Arnault et LFI à Avignon, qui ont fait de l’antifa leur combat principal. On a une espèce de crispation dans laquelle on cherche un affrontement bloc contre bloc qui va contre la sérénité d’un débat public sain, je résisterai à l’ensemble des pressions qui sont destinées à faire taire le débat ». C’est notamment en sens que Thierry Suquet est intervenu dans l’affaire opposant Julien Aubert et le théâtre du Rouge-Gorge, « parce que les pressions étaient contraires à la liberté d’expression et au débat démocratique ». À inverse, « j’ai eu plusieurs fois des demandes de maires RN me demandant d’interdire les manifestations organisées par Raphaël Arnault, je n’ai jamais accepté ».

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