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  • Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    C’était le sujet inflammable depuis le début de l’été à Avignon : la situation financière laissée par la précédente municipalité Helle (PS), qualifiée de « champ de ruines » par son successeur Olivier Galzi (DVD). Audit, conseil municipal tendu avec rejet du compte administratif, puis, mi-juillet, placement de la Ville dans « le réseau d’alerte au titre de l’année 2025 ». « Cette lettre confirme point par point ce que nous avons dit », se satisfaisait tristement le maire.

    Mais dans les faits, qu’est-ce que ce réseau et quelles en sont les conséquences ? Il s’agit d’un dispositif national piloté dans chaque département par les services de la préfecture et la direction départementale des Finances publiques (DDFIP). Contactée, cette dernière nous a livré des éléments de fonctionnement, au-delà de toute appréciation politique. « Ce qui est au moins partagé, c’est qu’il y a eu sur l’année 2025 une dégradation des comptes de la Ville d’Avignon », dit-on pudiquement à la DDFIP, admettant qu’être « dans ce réseau d’alerte est un signal qui peut avoir des conséquences économiques ».

    La genèse de ce réseau

    La DDFIP tient les comptes de toutes les collectivités locales. Chaque année, elle établit « sur la base d’un certain nombre de ratios financiers issus des comptes des collectivités locales » un classement. Une note sur 100 qui tient compte de la capacité d’autofinancement, de la rigidité des charges (dépenses obligatoires par rapport à toutes les autres dépenses globales de la collectivité), de l’endettement mais aussi du potentiel fiscal (les taxes et redevances sur lesquelles la Ville a un levier). Un classement purement interne partagé avec la préfecture avec des « indicateurs qui permettent de mettre en exergue un état financier correct ou un état financier dégradé ». Sans détailler la note, il faut être bien en dessous de la moyenne pour que la collectivité soit contactée, bien que dans une ville comme Avignon, des échanges ultra-réguliers ont lieu entre les services financiers et la DDFIP sur toutes sortes de problématiques comptables.

    L’entrée dans le réseau

    « Quand le score descend, au-dessous d’un certain niveau, là, on se dit “il faut qu’on contacte la collectivité et qu’on s’explique avec elle” », schématise la DDFIP. S’ensuit un dialogue où les services de l’État exposent les ratios qui se retrouvent à des moyennes supérieures à des communes de même strate. Contrairement à une mise sous tutelle où la Chambre régionale des comptes prend la main, là les échanges se font sur le partage du diagnostic et les conseils pour redresser la barre : « La lettre envoyée au maire d’Avignon est “une appréciation” de la situation suite à nos discussions et les mesures qui nous semblaient nécessaires de prendre, plutôt vues sous l’angle comptable. » Mais en aucun cas, la mise en place du réseau d’alerte entraîne une main mise de l’État sur les comptes et des mesures coercitives. « C’est clairement à l’exécutif local d’avoir son programme et de décider ce qu’il a envie de faire, de prendre ses responsabilités sur l’élaboration de son budget, les dépenses, ses décisions stratégiques, ses investissements », fait valoir la DDFIP.

    Une alerte

    qui n’a rien d’inédit

    Début juillet, la Ville parlait d’une décision « inquiétante car très rare ». Or, être placé dans ce réseau d’alerte, si évidemment n’est pas gage de bonne nouvelle, n’a rien d’exceptionnel. Avignon l’a déjà été il y a plusieurs années. La DDFIP assure qu’actuellement « d’autres communes ou collectivités de Vaucluse » sont aussi en alerte. « On informe le maire en disant que l’on considère que la commune est en alerte et lui décide d’en parler ou pas », expose la direction des Finances publiques.

    La sortie du réseau

    C’est un peu comme un concours annuel, mais inversé où l’on ne souhaite pas être admis. « Chaque année, il y a des collectivités qui entrent dans le réseau d’alerte, d’autres qui en sortent », décrit la DDFIP. En fonction ainsi des ratios précédemment cités, la situation est revue annuellement lorsque les comptes sont établis. S’il n’y a pas durée maximale autorisée pour rester dans ce réseau, le but est d’en sortir rapidement. Y rester peut avoir « des conséquences très directes au bout d’un moment avec des tensions de trésorerie sérieuses pour honorer des factures ou payer les salaires ». La majorité municipale élabore « un plan de redressement » qui sera évoqué lors du prochain conseil municipal le 28 septembre. Le budget supplémentaire sera voté, 6 millions sont à trouver pour parvenir à l’équilibre selon Olivier Galzi. Mais pour l’heure, pas d’autre réunion n’est programmée entre le maire et les Finances publiques.

  • [Sénatoriales] La gauche espère se maintenir en Vaucluse

    [Sénatoriales] La gauche espère se maintenir en Vaucluse

    Parmi les sortants, seul Alain Milon (LR) ne rempile pas et préside le comité de soutien de l’autre sénateur LR sortant, Jean-Baptiste Blanc. Tout le monde s’accorde à dire que sa réélection est une quasi-formalité, au vu de l’implantation de la droite et de son bilan. Mais derrière, « c’est un billard à 10 bandes », glisse un observateur. Les deux autres sièges devraient se jouer entre Dominique Santoni, présidente LR du Département et 2e de liste de Jean-Baptiste Blanc, le RN Thierry d’Aigremont, l’Avignonnaise DVD Anaïs Hausmann et le sénateur PS sortant, Lucien Stanzione.

    Outre Lucien Stanzione, les 1 300 électeurs ont aussi le choix à gauche avec la candidature LFI de Julien Gautier. Cet avocat, élu d’opposition à la Tour d’Aigues, est épaulé par Mathilde Louvain, ex-tête de liste LFI aux municipales d’Avignon. Mais les insoumis ont bien conscience de ne pas être en position de force. La donne est bien différente pour Lucien Stanzione. Élu en 2020 avec l’appui des autres partis de gauche, l’ex-maire d’Althen-les-Paluds est confronté à une baisse massive de grands électeurs naturellement favorables après les pertes aux municipales de Carpentras et Avignon. S’il a toujours le soutien du PCF et des Écologistes, Lucien Stanzione revendique une liste non encartée, avec des valeurs de gauche bien sûr mais qui se veut le reflet des élus locaux, avec qui il a su tisser des liens. Sophie Rigaut (PS), conseillère départementale, sera seconde de liste, suivie des maires de Velleron (Philippe Armengol) et Saint-Pierre-de-Vassols (Sandrine Raymond). Lucien Stanzione se voit complémentaire de Jean-Baptiste Blanc, avec qui il travaille étroitement.

  • Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Situation financière locale, où 6 millions d’euros sont à trouver pour équilibrer le budget supplémentaire, rentrée scolaire ou actualité politique nationale , Olivier Galzi a reçu la presse ce vendredi matin pour évoquer plusieurs dossiers. Dont celui qui a égayé le mois d’août à Avignon, la mise en place de l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public. Une décision qualifiée d’anti mendicité ou d’anti pauvres par ses détracteurs, aussi bien l’opposition de gauche que des associations comme la Ligue des droits de l’homme ou la fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

    Hasard du calendrier, au moment même où le maire (DVD) défendait son arrêté, un recours était enregistré à 10h au greffe du tribunal administratif de Nîmes. Comme pressenti (notre édition du 19 août), la fédération des acteurs sociaux Paca a saisi la justice avec un double recours : l’un dit référé suspension, une procédure dite d’urgence qui doit être traitée sous un mois, et l’autre sur le fond qui risque d’être vite caduc vu qu’il sera étudié sous plusieurs mois, bien après la fin de l’arrêté qui court jusqu’au 31 octobre. « C’est en soi un motif rapide d’étude, l’urgence se justifie », estime Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca. Le second recours, similaire, a été déposé par la Ligue des droits de l’homme, première à s’être indignée notant que « la pauvreté n’est pas un trouble à l’ordre public ».

    Philippe Ramon estime avoir « beaucoup d’arguments » pour faire tomber l’arrêté, comme la FAS l’a fait à Nevers (Nièvre). « L’étendue géographie et temporaire sont importantes », estime l’avocat. Il relève que la notion de « périodes de forte affluence » mentionnée dans l’arrêté est trop vague. Idem, le texte ne met « aucune exception prévue pour les activités d’associations qui aident ces gens-là et ne pourraient plus aller à leur rencontre ». « Cela va être un débat intéressant », prédit Philippe Ramon qui attend aussi de la Ville la production précise des troubles qui ont motivé l’arrêté.

    En attendant, Olivier Galzi défend bec et ongles sa décision. 74 amendes ont été dressées. « On est moins ennuyé quand on remonte la rue de la République, qui ne peut plus être un squat à ciel ouvert », assure le maire sans dire que l’ensemble des marginaux ont disparu. Selon lui, citant une étude du SIAO (service qui gère la précarité), la grande majorité des personnes visées par cet arrêté ne sont pas des grands précaires.

    Pas d’amalgame entre pauvreté et délinquance

    Sur 257 bénéficiaires des aides de grande précarité, 48 vivent à la rue. Donc pour Olivier Galzi, les marginaux visés par l’arrêté ne sont pas les plus vulnérables. « Ils sont dans une forme de précarité, d’addiction, de problème psychiatrique, mais ce ne sont pas les grands précaires, se défend-il face au procès anti pauvres. On a décidé avec le préfet de rétablir un ciblage qui correspond à la population que l’on souhaite aider et mieux orienter les grands précaires. » Cet arrêté « n’attaque pas la pauvreté mais des comportements, quel mépris pour ceux qui sont fragilisés, que de considérer que parce qu’on est dans une situation économique difficile, on va avoir ce genre de comportement », raille Olivier Galzi. À voir sous peu l’appréciation qu’en aura la justice.

    La présidentielle, « pas mon sujet »

    En cette rentrée où les regards sont déjà braqués sur la présidentielle, Olivier Galzi l’évacue pour l’instant. « Ce n’est pas mon sujet », balaye-t-il face aux pléthores de candidats actuels. Il n’exclut pas, d’ici avril, de prendre position pour « celui ou celle qui sera le mieux disant sur une loi de décentralisation et libère les maires de leurs contraintes ». Le maire défend un « fédéralisme », qu’il pousse via son courant, le Bon sens des territoires qui sera lancé le 10 septembre.

  • Aurore Bergé en soutien implicite à Anaïs Hausmann

    Aurore Bergé en soutien implicite à Anaïs Hausmann

    Au lendemain, de la venue à Gordes de Gérard Larcher, président du Sénat en soutien de la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR), un autre déplacement de poids était à Avignon ce vendredi midi. Aurore Bergé, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations, était la toute première invitée de Femmes de territoire. Un cercle de réseau féminin, co-présidée par Anaïs Hausmann, adjointe et compagne du maire Olivier Galzi (DVD), avec Emmanuelle Sokolowski, élue en charge de l’entrepreneuriat, de l’égalité et à la lutte contre les discriminations. Pour l’heure, les premières venues traduisent un entre-soi galziste avec donc sa compagne, plusieurs élues de sa majorité, sa fille ou encore la compagne de son directeur de cabinet.

    Mais vendredi, une quarantaine d’invitées étaient présentes, à l’instar de Carole Normani, ex-élue à Orange ou Anne Benedetti, nouvelle présidente de la chambre de commerce et d’industrie 84. Aurore Bergé a longtemps évoqué son parcours de femme politique puis répondu à quelques questions. « Pendant longtemps, ces lieux de cooptation ont été masculins, que ce soit dans le monde politique et économique, les femmes doivent s’autoriser d’avoir un espace de réseau », défend la ministre, fière de « marrainer » Femmes de territoire.

    À un mois des sénatoriales, le calendrier interroge. Questionnée et relancée à plusieurs reprises, Aurore Bergé se garde bien d’assurer et d’assumer un franc soutien à Anaïs Hausmann. « Elle n’en a pas besoin, ce n’est pas à moi de la coopter, les élus locaux détestent qu’on leur donne des consignes de vote », répond la ministre avant toutefois de louer « le renouvellement qu’elle inspire » et le « besoin de plusieurs voix qui puissent exister ». Seul coup de canif porté, une « mise en garde » adressé au vote RN qui amènerait « un parlementaire isolé au Sénat et sur le territoire ».

    « Sa venue n’a pas de lien avec la campagne », martèle Anaïs Hausmann, qui refusera toute question sur le sujet. Pourtant Aurore Bergé a évoqué le renouveau en politique qui ferait résonance avec le Bon sens des territoires. « Je veux scinder les deux univers », n’en démord pas la candidate, dont la liste serait quasi finalisée. Le dépôt des candidatures se fera entre le 7 et 11 septembre.

  • À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    À Monteux, la municipalité RN démonte les lettres des locaux de la MJC

    Nouvel épisode dans les relations devenues complexes entre la nouvelle municipalité RN de Monteux et la Maison des jeunes et de la culture (MJC). Cet été, l’association fondée en 1964, avait vu sa subvention passer de 45 000 à 5 000 euros. Un premier coup dur mais qui ne remet pas en cause, pour l’heure, le fonctionnement de la MJC prête à reprendre toutes ses activités le 7 septembre.

    Mais, ce lundi, un acte plus symbolique a décontenancé la MJC. « Nous avons eu la surprise de voir des agents communaux démonter l’enseigne de la MJC, sans que quiconque nous ait contactés, relate Olivier Fraysse, administrateur de la MJC. Ce sont nos salariés qui ont découvert cette action, nous avons essayé de comprendre pourquoi en interrogeant les services communaux, sans réponse de leur part, alors que c’est la Ville qui avait mis ses lettres il y a quelques années. » Aucun contact n’a été depuis établi entre les deux parties. Un choix que le maire Patrice de Camaret motive par le fait que la MJC n’est pas la seule occupante de ce bâtiment communal, nommé l’Atelier. « Il y a plusieurs associations qui y vivent et il était important de dire, c’est un bâtiment municipal. Donc on enlève celle qui précisait que c’est son territoire. Or, ce n’est pas le sien », justifie l’édile sur Ici Vaucluse. La MJC préfère prendre la nouvelle avec ironie : « Nous aimons imaginer que les services communaux vont faire à notre enseigne un brin de toilette et une nouvelle peinture avant de la raccrocher pour le début de saison ! »

  • Vaucluse : pour la droite sortante, être sénateur ne s’improvise pas

    Vaucluse : pour la droite sortante, être sénateur ne s’improvise pas

    Être sénateur, ça ne s’improvise pas. C’est en substance le message distillé, jeudi soir à l’Hôtel de ville de Gordes par Jean-Baptiste Blanc, sénateur LR sortant et ses colistiers, devant une centaine d’élus locaux grands électeurs en vue des sénatoriales du 27 septembre. Un message à peine subliminal adressé à la liste concurrente à droite, portée par Anaïs Hausmann, nouvelle adjointe au maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), dont elle est la compagne. « La liste du bon sens c’est celle de Jean-Baptiste Blanc, un sénateur exemplaire », claironne Gérard Larcher, président du Sénat, en écho au Bon sens des territoires, courant porté par Olivier Galzi.

    Alors qu’Anaïs Hausmann entend « ouvrir une nouvelle voie » avec un « regard neuf », dans un esprit d’addition plutôt que de division, Gérard Larcher fait remarquer « qu’avec la proportionnelle, on n’additionne pas ». « Elle incarne quelque chose de respectable et d’intéressant, mais pour cette élection d’élus, ils attendent de l’expérience et une grande connaissance du territoire, qui défend tout le Vaucluse dans sa ruralité », souligne Jean-Baptiste Blanc. Il est vrai qu’Anaïs Hausmann n’a guère d’ancrage local bien qu’elle mène depuis deux mois une campagne de terrain tous azimuts.

    Dominique Santoni

    ne lâchera pas le Vaucluse

    « Ce n’est pas une élection où l’on découvre le territoire, l’expérience est un atout », ajoute Dominique Santoni, présidente LR du Département, et 2e de liste comme en 2020. Mais en cas d’élection, elle devra abandonner la présidence. « Quoiqu’il advienne je resterai conseillère départementale et prendrai la délégation du budget, je garderai le lien avec les communes et continuerai à les défendre ici et à Paris car mon expérience permettra de faire bouger les choses », répond-elle. Sa candidature pourrait finalement être contre productive pour Jean-Baptiste Blanc où des grands électeurs préféreraient garder Dominique Santoni en présidente, plutôt appréciée localement des maires. « C’est un discours flatteur que j’entends mais je ne quitterai pas le Vaucluse ! », soutient-elle.

    Dans la démonstration d’une liste d’expérience et de diversité territoriale, Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue sera en 3e position. « On a besoin de sénateurs qui ne sont pas là pour recenser les besoins mais qui ont des idées et des solutions », appuie celui qui copréside l’association des maires de Vaucluse. Dominique Plancher, maire de Venasque, et Patrick Adrien, maire de Valréas et conseiller régional complètent le casting. « J’en appelle aussi à l’humilité, il faudrait avoir eu 2-3 mandats locaux avant de prétendre être sénateur », juge Alain Milon, sénateur LR sortant et non partant, président du comité de soutien de Jean-Baptiste Blanc. Le message vers Avignon est limpide.

  • Des publications religieuses de maires RN font polémique

    Des publications religieuses de maires RN font polémique

    Lors des jours fériés, bon nombre de responsables d’exécutifs s’en font l’écho sur les réseaux sociaux. Même lorsque ces jours sont liés à des fêtes religieuses. Le 15 août, jour de l’Assomption, plusieurs maires vauclusiens en ont fait mention. Comme le maire RN de Morières, Grégoire Souque, voire celui (DVG) de Bollène, Anthony Zilio. Mais de manière assez neutre, adressant une sorte de pensée républicaine aux catholiques.

    En revanche, les maires RN d’Orange et de Bédarrides ont développé un message plus prosélyte aux yeux de la Ligue des droits de l’Homme et de la Libre pensée. Les deux associations ont adressé un courrier au préfet *. La Libre pensée demande à Thierry Suquet de bien « vouloir rappeler » à Jean-Dominique Artaud (Orange) et Guillaume Taddio (Bédarrides) « leur obligation de respecter la loi de 1905 et, en conséquence, de retirer le message qu’ils ont publié ». « La République ne reconnaissant aucun culte, elle n’en privilégie donc aucun de quelque manière que ce soit », rappelle La libre pensée.

    Le maire d’Orange parle ainsi d’un « héritage chrétien qui a profondément façonné la France » évoquant « nos processions, nos églises, nos fêtes et nos traditions », quand le maire de Bédarrides souligne une « une fête qui occupe une place particulière dans notre patrimoine et nos traditions ». « Ces formulations peuvent donner le sentiment que ces deux maires associent l’identité de la commune à une référence religieuse particulière », juge la LDH rappelant qu’une « collectivité territoriale s’adresse à l’ensemble de ses administrés, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques : sa communication doit respecter les exigences de neutralité qui s’attachent à l’action publique ».

    Une « polémique » qui « emmerde » Guillaume Taddio. Sur Ici Vaucluse, le maire s’érige contre « une conception de la laïcité qui consiste à effacer notre histoire et notre tradition ». Et de remettre en cause la neutralité de la LDH se demandant si elle agirait de la sorte s’il « faisait le même genre de post avec l’Aïd », accusant la LDH d’être « de gauche et christianophobe » et finissant par dire qu’il ne publiera rien sur les fêtes juives ou musulmanes car pas liées à l’histoire de France. La LDH réclame « une égale considération des religions ».

    * Sollicitée, « la préfecture
    ne souhaite pas s’exprimer
    sur ce sujet
     ».

  • Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    Les élections sénatoriales animent la rentrée politique

    À un mois des sénatoriales, la seule certitude est qu’il y aura forcément un nouveau sénateur vauclusien. Des trois actuels, Alain Milon (LR) est le seul à ne pas repartir, assumant le rôle de président de comité de soutien de son acolyte Jean-Baptiste Blanc. Lucien Stanzione (PS) postule à nouveau dans un scrutin très indécis.

    Gros embouteillages

    à droite

    Sénateur LR sortant, Jean-Baptiste Blanc fait figure de grand favori pour être réélu. Disposant d’un socle de voix de grands électeurs favorable, apprécié dans son camp comme à gauche, celui qui gère aussi
    la délégation finances au Département a réussi à convaincre Dominique Santoni d’être à nouveau seconde de liste. La présidente du conseil départemental est attendue ce jeudi soir à Gordes pour une réunion de soutien à Jean-Baptiste Blanc en présence de Gérard Larcher, actuel président LR du Sénat. Reste à savoir, en cas d’élection, un
    scénario plausible, qui lui succéderait à la présidence du Département. Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue et président de l’association des maires de Vaucluse, sera 3e de liste. Parti tôt en campagne, Jean-Baptiste Blanc a sillonné le Vaucluse tout l’été mettant en avant son bilan. Il se prévaut du soutien de la majorité sénatoriale, courrier à l’appui signé par Hervé Marseille (UDI). Un parti dont le président vauclusien, Thomas Faure, a lui choisi la candidature d’Anaïs Hausmann, précisant faire un « choix personnel » bien que le camp Hausmann y associe l’UDI. Un embrouillamini qui a eu le don d’agacer Jean-Baptiste Blanc.

    Adjointe et compagne du maire d’Avignon, Anaïs Hausmann incarne le Bon sens des territoires, mouvement créé par Olivier Galzi (DVD) et qui sera officiellement lancé le 10 septembre lors d’une réunion publique. Pour l’heure, la composition de sa liste reste secrète et la candidate vise plutôt le 3e siège. Face à son déficit de notoriété et d’ancrage, Anaïs Hausmann a également arpenté le terrain, convaincue d’être complémentaire de Jean-Baptiste Blanc en jouant la carte du renouvellement. Ce vendredi, elle recevra la ministre Aurore Bergé pour un déjeuner de Femmes de territoire. Un nouveau cercle qu’elle co-préside, décorrélé des sénatoriales, mais dont le timing vise à la crédibiliser. « Il faut faire attention aux divisions et j’appellerai à la responsabilité dans un département où le RN est présent », prévient Gérard Larcher, dans Vaucluse matin. D’autant que Sylvie Viala, présidente du Modem, nous confirme également sa volonté de déposer une liste.

    Le RN en embuscade

    Ce morcellement à droite et l’éparpillement de listes pourraient mécaniquement profiter à l’extrême droite. Fort de victoires aux municipales, le RN espère glaner son 1er sénateur vauclusien, en la personne de Thierry D’Aigremont son délégué départemental. Sur le papier, l’étiage de grands électeurs n’est pas tout à fait suffisant pour y parvenir mais une victoire ne serait pas en soi une surprise. Mi-août, il a adressé une lettre aux élus, tapant sur ses adversaires dont les partis sont affaiblis au national.

    À gauche, Lucien Stanzione en difficulté, LFI y sera aussi

    Sénateur (PS) sortant, Lucien Stanzione n’a pas abandonné l’idée de conserver son siège mais « la bataille sera difficile ». Avec les pertes à gauche d’Avignon et Carpentras, il mise surtout sur son expérience et son réseau auprès des élus acquis depuis six ans pour rempiler au palais du Luxembourg. Contrairement à 2020, sa liste ne sera pas une addition de partis. Selon nos informations, confirmés par les intéressés, Sandrine Raymond, maire de Saint-Pierre-de-Vassols, et Philippe Armengol, maire de Velleron, devraient être numéros 2 et 3 de la liste. Enfin, LFI a désigné Julien Gautier, élu d’opposition à la Tour d’Aigues comme candidat Vaucluse
    en commun, aux côtés
    de l’Avignonnaise Mathilde Louvain.

  • Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Olivier Galzi s’inquiète du contexte belliqueux

    Jour de fête et de souvenir, ce mardi à Avignon. Une journée consacrée au 82e anniversaire de la Libération de la Ville. Pour l’occasion, un grand défilé et exposition de véhicules d’époque et reconstitution de costumes d’Alliés ont animé les rues pour faire revivre l’ambiance de 1944 qui mettait fin à deux ans d’occupation. « En voyant cette reconstitution depuis mon bureau de maire, qui avait déjà ce rôle en 1944, cela reste une immense joie que d’imaginer cette Libération », confie Olivier Galzi, à l’issue d’un hommage rendu dans le péristyle de l’Hôtel de ville.

    Le maire (DVD) participait en tant que tel pour la première fois à cette cérémonie. Avant de grimper dans une Jeep et défiler, il apprécie « cette réunion de générations qui permet de perpétuer le souvenir, avec des jeunes ou une Avignonnaise, là aujourd’hui et qui était présente place de l’Horloge le jour de la Libération ».

    La « vieille histoire » proche de se répéter ?

    Mais Olivier Galzi n’y voit pas un passé lointain à jamais oublié. « Cette journée n’est pas seulement un souvenir mais aussi une projection sur l’avenir en particulier dans l’époque actuelle, met-il en garde. Ce qu’il se passe avec la Russie en Ukraine démontre que la vieille histoire n’est pas forcément une histoire qui ne se répéterait jamais, sans parler des totalitarismes et des différents fascismes. »

    Dans ce contexte belliqueux, alimenté aussi par le chef de l’État et le gouvernement à coups de renfort budgétaire pour le ministère des Armées ou tentative de résurrection du service militaire, le maire y voit « une forme d’inquiétude, quand on voit les mots, les menaces, et que l’on aime l’histoire, il y a un certain nombre d’ingrédients réunis pour une grande division qui débouche sur la violence ». Olivier Galzi, à son « niveau de maire », plaide « pour un devoir de cohésion et d’unité quelle que soit notre vision politique ». Du moins sur ce genre de cérémonie, « moment où quoi qu’il arrive on peut se réunir entre Avignonnais ». Chose souvent moins favorable lorsqu’il s’agit de politique municipale.

  • À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    « Toutes les économies que j’avais faites en 43 ans de travail fondent à vitesse grand V, si je ne veux pas finir à la rue, je prendrai la décision qui s’impose ». Ces mots proviennent d’Arlette, retraitée de la fonction publique. Par décision qui s’impose, il faut comprendre suicide. Ce témoignage jette un froid, ce mardi midi, dans le réfectoire de l’école Saint-Michel d’Apt. Il est relaté par Ouarda Belaïd, secrétaire générale d’une association de défense de ce quartier de la capitale de Luberon, tristement mis en lumière depuis 4 ans au gré des vagues de gros désordres structurels relevés dans de nombreux bâtiments. Un autre propriétaire, Paul, est lui hospitalisé face à cette situation, « j’ai 1 800 euros de découvert, je vais dans le mur à 200 km/h sans airbag ».

    Des « témoignages poignants », ne peut qu’attester Vincent Jeanbrun. Après avoir visité le quartier, constatant notamment des fissures où il pouvait passer sa main, le ministre du Logement promet « de sortir l’artillerie lourde ». « Tout ce qu’on a vu montre qu’on a ici l’exemple type qu’on a envie d’accompagner avec le projet Anru 3 [rénovation urbaine] davantage tourné vers les sous-préfectures [Apt en est une] », annonce le ministre, convié par le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc. Bâtie à la fin des années 60 sur les hauteurs d’Apt pour loger les militaires du plateau d’Albion, la résidence Saint-Michel abritait alors 874 logements, tous réalisés à la hâte sur un sol argileux. Des logements vendus ensuite en partie à des propriétaires privés, dont beaucoup se retrouvent aujourd’hui pris au piège, avec un crédit à assumer tout en ne pouvant plus y vivre.

    Une crise immobilière pour 15% d’Aptésiens

    De logements de fonction pour militaires, Saint-Michel vire ainsi à la copropriété dégradée. Vincent Jeanbrun, sans annonce précise, confie « regarder collectivement comment on accompagne ceux qui ne peuvent plus habiter sur place », suggérant des dérogations pour qu’un « propriétaire puisse candidater à un logement social » et être accompagné pour suspendre au-delà de six mois son crédit immobilier et les taxes foncières. Côté mairie, « la Ville a déjà engagé 1,8 million d’euros, elle ne peut plus supporter seule cette crise immobilière qui touche 15% de sa population », implore le maire Jean Aillaud (DVD). L’édile sort rassuré de cette visite, souhaitant également que l’Anru englobe le centre ancien d’Apt.