Un clip vidéo décalé de moins d’une minute fait mouche. Un homme compose le 18 « pour une urgence » et souhaite l’arrivée des pompiers « dans 10 minutes si possible avec un supplément grande échelle et gyrophare ». Entre temps, un sapeur pompier apparaît à l’écran pour apporter une autorité bienveillante avec un slogan : « On ne commande pas un pompier comme on commande une pizza ». Voilà le message délivré depuis ce mardi par les sapeurs pompiers de Vaucluse qui ont lancé une campagne de communication qui sera largement relayée sur les réseaux sociaux, cinémas mais aussi en mairies ou emplacements médicaux.
« Il y a un problème d’éducation de la population, parfois des gens en panne sur autoroute nous appellent », constate le commandant David Chesnel, qui a en charge la gestion de la plateforme d’appels au sein du Sdis de Vaucluse, là où transitent toutes les conversations du 18, 15 et du 112. « Les gens ne savent pas comment est traité leur appel, pensent que faire le 18 est un dû pour avoir les pompiers, le but de la campagne est de leur expliquer comment cela fonctionne », poursuit David Chesnel. « On ne dit surtout pas aux gens, n’appelez plus mais on souhaite changer leur perception sans les culpabiliser avec comme mots d’ordre appelez, expliquez et faites confiance », abonde Martine Casadeï, cheffe de l’administration générale au Sdis qui a piloté la campagne réalisée par l’agence de com’ avignonnaise Sur le pont !
Si a priori le Vaucluse est l’un des premiers Sdis à lancer une telle campagne, c’est parce que le nombre d’appels est en croissance permanente. 360 000 appels reçus l’an dernier – 18, 15 et 112 confondus – soit +6% en un an. « Cela fait environ 1 000 appels par jour et, en réalité, seuls 140 ont déclenché une intervention des pompiers, chiffre le colonel hors classe Paichoux, patron du Sdis. Loin de moi de penser que près de 900 appels sont inutiles, des gens en détresse ont besoin d’assistance, on va avoir le même niveau d’attention, mais chaque appel répond à une situation différente et un traitement différencié », fait-il valoir. Ainsi, en fonction du degré d’assistance, trois possibilités s’offrent : soit un simple conseil téléphonique, soit un transport sanitaire par ambulance, soit une urgence et, là, les pompiers interviennent.
« La population doit comprendre que l’engagement des pompiers n’est pas automatique mais seulement réservé à des urgences vitales, il faut vraiment faire confiance à l’opérateur en ligne », plaide Christophe Paichoux. En ces temps où certains services d’urgences incitent d’abord à faire le 15 avant de se déplacer, et où joindre un médecin est de moins en moins aisé, en bout de chaîne les appels d’urgence progressent. « Les gens sont habitués à l’immédiateté, à consommer des services publics comme des services marchands mais nous sommes un service d’urgence qui ne peut être partout à la fois au risque ensuite de ne plus être disponible pour les urgences vitales », avertit le chef des pompiers. Surtout dans le contexte actuel où les pompiers, sursollicités, ont largement exprimé leur mal être et revendications par la grève depuis septembre.









