Tag: Narcotrafic

  • [Maj] Un ex-boxeur blessé par balles à Marseille

    [Maj] Un ex-boxeur blessé par balles à Marseille

    Deux hommes casqués ont tiré depuis leur scooter en direction de la tour Bel Horizon, qui abrite un important point de deal, dans le quartier de Saint-Lazare (3e) ce mardi 25 août vers 22h30 a-t-on appris de source policière. L’équipage touche un homme de 51 ans. Pris en charge par les marins-pompiers, son pronostic vital est engagé. Selon nos sources, il s’agit fort probablement de l’ex boxeur professionnel, Badar M’Baye. Un colosse de 1,91 m, catégorie poids lourds, auréolé de 12 victoires sur 20 combats, menés au cours de sa courte carrière de 1997 à 2003 sur les rings de la région.

    En conditionnelle

    « Black Thunder », littéralement le « tonnerre noir », d’origine sénégalaise, est arrivé à Campagne Lévêque (15e) à l’adolescence, et s’était recasé chef de la sécurité à Grand Littoral. Mais visiblement impulsif, sous l’emprise de l’alcool, il avait décoché une série de crochets fatale à un cinquantenaire, à la sortie d’un bar à Noailles en 2018. Il sera condamné deux ans plus tard à dix ans de prison. Il était en liberté conditionnelle depuis peu. L’enquête, confiée à la direction de la criminalité organisée et spécialisée, doit permettre d’éclaircir les circonstances du drame.

    Reste que si son entourage reconnaît qu’il pouvait consommer de la cocaïne, il assure que l’ex-sportif n’avait pas de lien avec le narcotrafic. Mieux, il voulait s’engager aux côtés des jeunes, nous affirme-t-on. Il aurait été là, au mauvais endroit, au mauvais moment…

  • Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Depuis leur scooter, deux hommes casqués ont tiré des rafales au bas de la tour Bel Horizon, qui abrite un important point de deal, dans le quartier de Saint-Lazare vers 22h30 ce mardi 25 août a-t-on appris de source policière. Un homme de 51 ans est tombé. Pris en charge par les marins-pompiers, son pronostic vital était engagé.

    Selon une autre source, la victime serait très probablement le boxeur Badara M’Baye, condamné en 2020 à dix ans d’emprisonnement. Deux ans plus tôt dans un bar à Noailles, visiblement sous l’emprise de l’alcool, il avait décoché une série de coups de poings fatale à un homme de 56 ans. L’ex sportif était en liberté conditionnelle il y a peu.

    Une enquête a été ouverte et confiée à la Direction de la criminalité organisée et spécialisée.

  • Les free parties plus durement réprimées

    Les free parties plus durement réprimées

    Et une loi répressive de plus au tableau de chasse du gouvernement ! S’il a bien censuré 7 dispositions et émis 6 réserves d’interprétation, le Conseil constitutionnel estime que le cœur de la loi Ripost n’enfreint pas la Constitution.

    Dès lors que le chef de l’État aura promulgué au journal officiel le texte que le Parlement avait définitivement adopté le 21 juillet en dépit de protestations à gauche, la plupart de ses dispositions répressives seront donc applicables. À savoir une sévérité accrue contre les organisateurs de free parties (jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende) mais aussi les participants (6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende ou une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros pour éviter les poursuites judiciaires).

    C’est l’un des 30 points sur lesquels des députés socialistes, insoumis et écologistes avaient saisi les Sages du Conseil constitutionnel, voyant dans la mesure une « atteinte à la liberté de réunion » quand le législateur entend lui « réprimer les abus de rassemblements illégaux ».

    De leur côté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), ainsi que le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature avaient déposé une contribution extérieure contre la promulgation de la loi jugée « liberticide et disproportionnée » qui tendrait vers « une justice automatisée ». À l’instar du monde de la culture mobilisé via une tribune dans Le Monde, Sophie Mazas estime qu’au-delà des free parties, cette loi « va à l’encontre des festivals et de la fête ». La présidente de la LDH 34 craint « un champ d’application beaucoup plus large » avec, dit-elle, potentiellement des fêtes de village réunissant plus de 250 personnes sur des terrains privés dans le viseur de Ripost qui cible aussi les rodéos urbains ou le narcotrafic.

    7 mesures censurées

    Il faut ajouter que la possibilité de suspendre administrativement le permis de conduire en cas de consommation répétée de drogue (sans conduite) a été validée. De même que l’interdiction totale de l’usage détourné du gaz hilarant ou la sanction du transport de mortiers d’artifice.

    Parmi les petites victoires des opposants au texte que n’aurait pas renié Nicolas Sarkozy, on peut citer 7 censures. Notamment la destruction dans la journée des véhicules saisis lors des rodéos urbains (non-respect du droit de propriété), la fermeture automatique de magasins vendant des engins pyrotechniques (jugée disproportionnée), l’anonymisation des forces de l’ordre dans les procédures (atteinte aux droits de la défense).

    Les Sages ont aussi émis 6 réserves d’interprétation. Elles concernent l’usage de drones et de caméras aéroportées en urgence par la préfecture (usage proportionné), l’expulsion forcée de squats de locaux commerciaux ou agricoles ou la vidéoprotection algorithmique (3 mois maximum). Enfin, 5 « cavaliers législatifs » ont été rejetés (trafic de tabac, peines plus lourdes contre la vente à la sauvette…), ces mesures n’ayant aucun rapport avec la loi.

  • Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Un programme Erasmus particulier… Financé par l’Europe, le projet porté par l’association Crim’Halt, va cette année embarquer trois éducateurs marseillais pour représenter la France et participer à un « échange de bonnes pratiques » explique Fabrice Rizzoli, son président.

    Une vingtaine de jeunes travailleurs, « en rapport avec la protection de la jeunesse », précise-t-il, venus aussi de Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie sont attendus ce samedi 21 août pour un stage d’une semaine à la coopérative sociale « Al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », dont Crim’Halt est partenaire. Située à Maiano di Sessa Aurunca, à la frontière entre Campanie et Latium, au Nord de Naples, c’est un lieu à « la forte dimension symbolique » estime Fabrice Rizzoli. D’abord « parce que c’est en Italie, pays de la mafia et l’anti-mafia » mais parce qu’il s’agit aussi d’une propriété de 17 hectares confisquée à la Camorra, baptisée « Alberto Varone », du nom d’un petit entrepreneur local qui a osé s’opposer aux extorsions du clan des « Muzzoni », affilié à la Nuova Famiglia de la camorra campanienne, explique le ministère de l’Intérieur italien. Il le paiera de sa vie le 24 juillet 1991, abattu à bout portant par un commando.

    Pour Crim’Halt, qui travaille depuis 2015 à l’engagement des citoyens face à la criminalité, cette semaine s’inscrit dans la continuité.

    Gagner du temps

    Collectif des familles de victimes, bailleurs sociaux… « Nous avons emmené des personnes différentes, en 2019 et 2020 qui ont pu voir des outils qui fonctionnent en Italie, cela nous a aidés à pousser pour obtenir la loi d’usage social des biens confisqués en France en 2021 », précise Fabrice Rizzoli. La connexion avec Amine Kessaci, militant écologiste, mobilisé contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, et devenu adjoint à la Jeunesse et à la Citoyenneté à la mairie de Marseille, s’est faite à ce moment-là.

    « Je l’ai connu lorsque j’étais à la tête de Conscience [association qui soutient les familles victimes du narcotrafic, Ndlr], je connais déjà un peu le système italien que j’estime le plus avancé en matière de lutte contre le crime organisé. J’étais notamment allé à Palerme rencontrer la famille de Peppino Impastato, un journaliste assassiné par la mafia parce qu’il avait une radio locale de quartier, où il dénonçait leurs agissements », raconte l’élu. Il a proposé d’envoyer une agente de son service prévention de la délinquance. « On peut comparer, s’inspirer, voir ce qui fonctionne ou pas, et puis ça fait aussi gagner un temps fou », considère Amine Kessaci qui a aussi pensé à Mohamed Benmeddour, de l’association Apis, et son bus nomade qui va à la rencontre des ados dans les cités.

    « Pour moi, c’est une première, j’espère échanger sur nos méthodes, savoir ce qui se fait de l’autre côté de la frontière, voir comme ils traitent ce rapport de la jeunesse à la délinquance et aussi apporter mon expérience » ; nous confie ce dernier avant le départ. Du côté de Crim’Halt, on se prépare également à lancer une vaste enquête sociologique sur les raisons qui poussent « les jeunes à entrer dans le crime organisé », ajoute Fabrice Rizzoli. Il entend aussi défendre « le concept de la victime innocente où on va faire en sorte de renforcer, défendre la mémoire des victimes qui n’étaient pas impliquées », les « grandes oubliées des journalistes, du grand public, focalisés sur l’auteur de l’infraction ».

  • À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À quelques mètres de l’hôtel de ville, les mots se veulent fermes. Jeudi 13 août, Gérald Darmanin est venu à Alès apporter son soutien à Christophe Rivenq, maire LR placé sous protection policière depuis les graves menaces reçues en juillet : deux balles de 9 mm dans une enveloppe, et des inscriptions signées « DZ NG ».

    Après quarante-cinq minutes d’entretien à huis clos, le garde des Sceaux salue « un maire courageux » et assure que « l’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire ». Le Parquet national anticriminalité organisée est désormais saisi. Sans confirmer l’implication de la DZ Mafia, revendication d’ailleurs démentie par des hommes se présentant comme membres du groupe criminel, Gérald Darmanin dit espérer que les investigations permettront, « dans les prochaines semaines », de mettre fin aux menaces.

    Un tribunal pour enfants dès 2027

    Mais derrière la démonstration de soutien, le déplacement devait aussi apporter du concret. Gérald Darmanin a confirmé la création, début 2027, d’un tribunal pour enfants à Alès, revendication ancienne du monde judiciaire. Un juge des enfants, un parquetier spécialisé et des greffiers doivent renforcer une justice des mineurs jusqu’ici largement organisée depuis Nîmes. La Ville fournira les locaux.

    Le ministre a également évoqué un possible déménagement du Service pénitentiaire d’insertion et de probation, aujourd’hui à l’étroit. Neuf policiers supplémentaires doivent par ailleurs rejoindre Alès en septembre, renfort décidé avant les menaces contre le maire. Dans une ville gagnée par le narcotrafic, l’État promet policiers et magistrats. Reste à espérer qu’après les effets d’annonce, les moyens suivront. Et que la réponse ne s’arrêtera pas au tout-sécuritaire.

  • Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    « Moi et ma famille on était hébergés à l’hôtel par le 115, ils nous ont appelés pour nous informer qu’ils ont trouvé une chambre [dans] un foyer… On a essayé de refuser, ils ont dit que nous n’avons pas le choix, c’est soit ça, soit ils nous mettent dehors. On a fait confiance et on a accepté. Aujourd’hui, ils nous ont déplacés et c’est la déception totale. » Dans une lettre au Secours catholique, cette maman de deux enfants dont un âgé d’un an, appelle à l’aide. Elle s’est vue mettre la pression pour déménager alors qu’elle a toute sa vie dans une ville où elle essaie de s’en sortir. Son mari ayant même obtenu un travail. Elle poursuit : « Le foyer est au milieu de nulle part. Et la chambre, plus petite que celle de l’hôtel, pleine de cafards. Sans climatisation, mes enfants n’ont pas pu dormir jusqu’à 1h. Mon fils n’a pas du tout accepté ce changement, il était très malheureux. J’aimerais que le 115 me déplace (…) avec des conditions de vies plus adaptées pour mes enfants et moi ».

    Des témoignages comme ça, Alain*, travailleur social du Secours catholique dans un centre d’accueil pour femmes, en a à la pelle. Dire qu’il soutient la lettre de l’association envoyée au préfet, dénonçant comme de nombreuses autres impliquées dans l’hébergement d’urgence, les instructions du représentant de l’État, est un euphémisme.

    Il raconte cette femme venue de Lyon avec ses enfants pour fuir son mari violent qui voulait la tuer et qui a fait de la prison pour cela. On lui demande d’y retourner car les violences n’ont pas eu lieu dans la ville où elle est accueillie. Elle restera dans sa voiture avec ses enfants en attendant une solution. Cette autre, enceinte de neuf mois qui sort de l’hôpital après des contractions, reste sans aucune solution auprès du 115, et est hébergée au centre, le temps d’en trouver une. Ou encore cette femme enceinte, violentée à Montpellier, qui part à Vitrolles, que le 115 refuse d’héberger car elle n’est plus en danger.

    Faveurs sexuelles et viol

    Être femmes à la rue, c’est « 100% de chances de se faire agresser sexuellement ou violer », assène le travailleur social. C’est aussi « être obligée d’échanger des faveurs sexuelles en hébergement chez un tiers, de faire l’esclave moderne en faisant le ménage » assure-t-il, fort des histoires de la vingtaine de personnes que reçoit le centre chaque jour. Un lieu pour prendre sa douche, se poser, respirer en toute intimité. S’il conçoit que les places en hôtel sont coûteuses, il rappelle que « ce n’est pas la panacée ». « On ne peut pas y cuisiner et cela se passe plus ou moins bien suivant l’hôtelier. Le matin, on doit partir, le soir on dort à 20h ou à 19h. Parfois, c’est ouvert le matin, parfois, l’après-midi, parfois, on oblige à faire le ménage pour rester, sous peine d’un signalement où on va dire que la personne s’est mal comportée et elle peut être mise dehors. On a eu des retours où l’on se servait joyeusement en disant que si l’hébergée voulait rester, c’était de la faveur sexuelle » détaille-t-il.

    Il revient aussi sur les conséquences de cette remise à la rue pour des personnes qui vont jusqu’à garder tous leurs tickets RTM pour nourrir leur dossier, montrant à quel point elles sont honnêtes. « Oui, ce sont souvent des personnes en situation irrégulière » admet Alain, « mais qui sont là depuis 3, 4 ou 5 ans, qui ont un emploi, se comportent comme des bons citoyens. Les enfants vont à l’école. Et à qui on dit finalement, désolé, tu repars à la rue, ou alors à Vitrolles, Marignane » indique-t-il. De quoi nourrir « la colère voire la haine, avec des gamins qui trouveront leur intérêt à faire le chouf à la cité du coin, moyennant 150 euros la journée », où « l’argent économisé en hébergement d’urgence, va être dépensé en santé mentale, en frais hospitaliers, en police, en lutte contre le narcotrafic ». Un « terrible retour en arrière » déplore-t-il.

    Le tout alors que les femmes sans-abri étaient une priorité affichée par la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, aujourd’hui sur le départ. Cette dernière insistant dans nos colonnes sur leur prise en compte lors de la présentation en juillet, par l’Observatoire de la pauvreté de la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille ». Un double discours insoutenable pour les associations qui ont entamé un véritable bras de fer avec l’État.

    *Le prénom a été changé

  • Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    Une opération contre la drogue sur les rails de la Côte Bleue

    L’opération débute en gare de Carry-le-Rouet, à une heure de forte fréquentation, 19h, ce mercredi, en fin de journée. « La mission est triple, d’une part, on montre la présence des forces de l’ordre dans les gares, ça permet de rassurer, ça permet de ramener de la tranquillité », explique Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, « la deuxième, cela permet de faire des contrôles d’identité, de pouvoir regarder si on a des personnes recherchées. Et troisième chose, ça permet aussi de lutter contre l’usage des stupéfiants », détaille-t-elle.

    Sur le quai, le commandant Jean Yves Curci briefe les hommes qui sont aujourd’hui sous son commandement. Le déroulé est le suivant : Départ de la gare de Carry-le-Rouet direction Niolon en train à 18h35. Durant le voyage, les gendarmes en profitent pour sillonner les wagons avec Scooby, le chien renifleur, en quête de stupéfiants. Une fois à Niolon, « on fera le contrôle uniquement sur les trains à quai, ça va nécessiter une organisation assez particulière, avec des rôles bien définis, et une ambiance “vitesse” sur la recherche de stupéfiants à l’intérieur du train », poursuit le commandant. Action.

    Une dizaine d’hommes et femmes de la gendarmerie embarquent à bord du train, avant de l’arpenter jusqu’à l’autre extrémité. Le reste attend que les premiers suspects leur soient amenés pour les fouiller, et dresser, s’il le faut, les premières amendes. Déjà dans le premier wagon, le chien marque, il a senti quelque chose… « Bonjour Monsieur, c’est à vous ce sac à dos ? » demande un gendarme. L’homme d’une quarantaine d’années dans le couloir acquiesce. « Je vais vous demander de venir avec nous on va le fouiller pour voir si vous ne transportez rien d’illégal ou de dangereux » poursuit le gendarme. S’ensuit le contrôle, le suspect sera finalement relâché, faute d’avoir trouvé du produit sur lui.

    Dans le train suivant, un jeune homme qui revenait de la plage avec ses amis est arrêté : Il a en sa possession quelques grammes de résine, ce qui lui vaudra d’écoper d’une amende de 200 euros. Il pourra tout de même repartir à l’issue du contrôle. Les passagers regardent l’opération se dérouler, et Scooby travailler : « il ne fait que passer, on s’est surtout demandé si il y avait quelqu’un de dangereux ou recherché à bord du train », racontent Marc et Severine, de retour de la plage avec leur bébé.

    « Une personne sur 11

    en possession de stups »

    La volonté de la préfecture de police est d’accentuer la répression sur les consommateurs, sur la base d’un raisonnement simple, comme l’explique la préfète : « S’il n’y a plus de consommateurs il n’y a plus de trafic. C’est pour ça que nous renforçons les contrôles toute l’année mais surtout au cours de la période estivale pendant laquelle la région est davantage peuplée ».

    Afin de mieux comprendre l’ampleur que prend la consommation de stupéfiants, la préfète donne un chiffre : « Une personne sur 11 est en possession de stupéfiants ». Et de poursuivre : « on s’aperçoit que les personnes qui portent sur elles des produits stupéfiants, sont de toutes les classes d’âge et de toutes les classes sociales aussi », observe-t-elle. Au bilan de la soirée : quatre trains ont été contrôlés et neuf amendes forfaitaires délictuelles pour détention de stupéfiants ont été délivrées.

  • Les mineurs, des proies de choix pour les narcotrafiquants

    Les mineurs, des proies de choix pour les narcotrafiquants

    En 2024, 61% des condamnés pour infractions liées aux drogues sont âgés de 15 à 25 ans note la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) dans son dernier rapport, avec près de 10 000 mineurs impliqués dans des affaires de trafic de stupéfiants. L’âge moyen des « petites mains » employées par les réseaux se situant autour de 15-16 ans avec un recours accru aux très jeunes, parfois âgés de 10 ans. À Marseille, si les chiffres les plus récents de la préfecture ne sont pas établis en fonction de l’âge, on relève tout de même au 31 juillet avec 799 infractions liées aux stup’, une augmentation de 58% par rapport à 2025, dont 32 pour vente et trafic, 699 pour usage dont 93% ont donné lieu à une amende forfaitaire spécifique. Le résultat aussi d’une mobilisation tous azimuts des services.

    Une préfecture de police qui se veut précurseur sur la prévention

    Mais au-delà de la répression, le volet prévention reste essentiel. « L’autre jambe de la lutte contre le narcotrafic », insiste la préfète de police, Corinne Simon, à la moindre occasion. Des assises ont été organisées cette année, réunissant les coordinateurs des CLSPDR, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca… Plus largement, de nombreuses expériences sont menées comme celle du centre de loisirs jeunes de la police nationale 13 auprès des collégiens, sur la lutte contre l’addiction ou sur la notion de dette empêchant le jeune de sortir du réseau. Au niveau national, la Mildeca a établi en 2020 son programme Limits doté de 6 millions d’euros, pour travailler en direct avec les communes auquel participe Aix-en-Provence. Une campagne choc « inédite » se félicite le ministère de l’Intérieur, « On paie tous le prix de la drogue », a aussi été lancée en juin.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • [Entretien] Yann Bisiou : « La DZ Mafia est une franchise, une sorte de KFC de la drogue »

    [Entretien] Yann Bisiou : « La DZ Mafia est une franchise, une sorte de KFC de la drogue »

    La Marseillaise : Le 16 juillet,
    le maire d’Alès a fait l’objet de menaces de mort signées «
     DZ Mafia ». À qui fait référence cette appellation ?

    Yann Bisiou : Il faut être vigilant sur cette affaire. La DZ Mafia est une organisation criminelle qui est devenue progressivement une marque, une sorte de franchise du narcotrafic. C’est un peu le KFC de la drogue. Cela signifie qu’on peut se réclamer de la DZ Mafia simplement pour susciter de l’inquiétude ou des réactions dans la presse. Par exemple, en début d’année à Alès, une affaire de chantage a été menée au nom de la DZ Mafia et pourtant, aucun des huit auteurs interpellés ne faisait finalement partie de cette organisation. S’agissant des menaces visant Christophe Rivenq, il est plus que probable qu’elles soient liées au trafic de drogue. En revanche, on ne sait pas encore si elles émanent bien de la DZ Mafia.

    Mais alors, s’agit-il d’une mafia ou n’en a-t-elle que le nom ?

    Y.B. : La DZ Mafia n’est pas du tout une mafia au sens où on l’entend pour les organisations italiennes par exemple, soit des organisations très hiérarchiques, organisées et quasi militaires. Au contraire, elle a toujours été horizontale. Ce n’est pas une organisation structurée, mais plutôt des gens qui se connaissent sur un territoire et qui mettent en commun leurs compétences criminelles. Ce qui ne signifie pas qu’elle n’est pas dangereuse : ses membres restent ultra-violents. Cependant, en France et ailleurs dans le monde, le trafic de stupéfiants a évolué. Si le modèle classique des années 1970 à 1990 avec des points de deal identifiés qui changent de propriétaire au gré des interpellations existe toujours, il est concurrencé par une nouvelle forme de trafic plus horizontale. Celle-ci s’organise à travers des relations interpersonnelles entre des criminels qui se connaissent ou se rencontrent, et ne vont faire parfois qu’une seule opération ponctuelle ensemble. Une autre évolution notable est le passage depuis cinq ou six ans à des formes de trafic digitalisées, via le dark web, les réseaux sociaux ou les messageries cryptées. En résumé, il a deux caractéristiques principales du narcotrafic aujourd’hui : l’absence de hiérarchie stricte et un caractère éphémère de la structure. C’est ce que démontrent d’ailleurs les rapports d’agences comme Europol ou Interpol, qui dressent tous le même constat.

    Comment expliquer ces mutations ?

    Y.B. : Il y a plusieurs facteurs d’explication, mais le plus évident reste l’explosion de la consommation de stupéfiants. La demande a augmenté, donc automatiquement, le marché est moins concurrentiel. Pour être plus précis, en France, les chiffres de 2025 de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), montrent une stabilisation voire une légère diminution de la consommation de cannabis, même s’il demeure la drogue illégale la plus consommée avec 900 000 usagers quotidiens. En revanche, la consommation de cocaïne a explosé, avec 1,1 million de Français âgés de 11 à 75 ans qui en ont consommé au moins une fois dans l’année.

    Toutes ces évolutions ont-elles une incidence sur les dispositifs de lutte contre le narcotrafic ?

    Y.B. : Bien sûr. La nouvelle génération de narcotrafiquants a davantage une logique territoriale qu’une logique hiérarchique. Or, en France, l’organisation de la lutte contre le trafic de stupéfiants en bande organisée n’a pratiquement pas bougé depuis 1953 et les services d’enquête restent spécialisés dans l’infiltration des mafias traditionnelles. Ce savoir-faire est adapté à des organisations criminelles structurées, hiérarchisées et pérennes. À mon sens, le fait que la police et la justice communiquent régulièrement sur les saisies et les interpellations est la preuve d’un échec de la lutte contre le narcotrafic. Si l’action était efficace, on devrait constater une baisse des saisies et des interpellations. De mon côté, je regarde toujours trois indicateurs pour évaluer l’état du narcotrafic : la prévalence, les prix et la pureté. La prévalence, nous l’avons vu, c’est le taux estimé de consommateurs et il ne cesse d’augmenter. Les prix des stupéfiants sont en baisse en euros constants. Enfin, la pureté des produits n’a jamais été aussi élevée. Autrement dit, le marché illégal des stupéfiants se porte très bien. Il faut que les politiques de lutte évoluent.

    À votre avis, dans quel sens doivent-elles évoluer ?

    Y.B. : Il y a plusieurs évolutions nécessaires, notamment la réintroduction de la police de proximité. Je fais aussi partie de ceux qui pensent que le seul et unique moyen de couper les revenus des narcotrafiquants est de légaliser la consommation de stupéfiants. Et ce pour toutes les drogues, bien qu’avec des cadres différents, évidemment. En France nous en sommes loin malheureusement, avec en moyenne une nouvelle loi répressive tous les six mois en matière de stupéfiants depuis 56 ans. Dans le même temps, il y a un abandon complet du volet prévention, ainsi qu’un renoncement à la réduction des risques, qui a pourtant fait ses preuves.