Tag: Narcotrafic

  • Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un homme de 33 ans a été tué et un autre, âgé de 32 ans, blessé lundi 2 novembre au soir dans une fusillade près de la cité de la Cayolle dans le sud de Marseille (9e), indique le bataillon des marins-pompiers (BMPM).

    Si les détails de ce qui s’est passé n’ont pas encore été communiqués, les marins-pompiers ont été appelés « vers 21h20 », indique le BMPM.

    Un clip qui a mal tourné ?

    « Le corps d’un homme de 33 ans en arrêt cardiorespiratoire a été retrouvé chemin de Sormiou, et un deuxième homme, de 32 ans, a été découvert portant plusieurs impacts de balles », non loin, avenue de Colgate, précise-t-il par ailleurs.

    « Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence », a réagi sur les réseaux sociaux Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire délégué à la jeunesse et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille. « Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité », a-t-il déclaré. Le procès des tueurs présumés de son frère Brahim se tenant actuellement à Aix-en-Provence.

    Selon nos sources, les deux hommes auraient été en train de tourner un clip de rap avant d’être pris pour cibles par des tueurs.

  • Marseille : un mort et un blessé à la Cayolle

    Marseille : un mort et un blessé à la Cayolle

    Un homme de 33 ans a été tué et un autre, âgé de 32 ans, blessé lundi soir dans une fusillade près de la cité de la Cayolle dans le sud de Marseille, indique le bataillon des marins-pompiers (BMPM).

    Si les détails de ce qui s’est passé n’ont pas encore été communiqués, les marins-pompiers ont été appelés « vers 21h20 », indique le BMPM.

    « Le corps d’un homme de 33 ans en arrêt cardio-respiratoire a été retrouvé chemin de Sormiou, et un deuxième homme, de 32 ans, a été découvert portant plusieurs impacts de balles » non loin, avenue de Colgate, précise-t-il par ailleurs.

    « Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence », a réagi sur X Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille. « Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité », a-t-il ajouté.

    Selon nos sources, les deux hommes auraient été en train de tourner un clip de rap avant d’être pris pour cibles par des tueurs.

  • Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Elles sont trois femmes qui ont pour point commun la perte brutale de leurs fils, assassinés il y a six ans sur fond de règlement de compte. Trois corps retrouvés en deux temps, carbonisés, dont l’un était démembré.

    Parmi les victimes, Brahim Chabane, le grand frère d’Amine Kessaci, voix de la lutte contre le narcotrafic. Depuis l’ouverture de ce procès le 19 octobre, les débats suivaient un cours relativement fluide, jusqu’à l’arrivée de ces mères endeuillées. Face aux cinq accusés dans le box, qui jusqu’ici niaient les faits, toutes, exigent que le voile sur les dernières heures de leur enfant soit levé. Et après des récits de douleur, des accusés jusqu’ici mutiques ont livré de premières explications aux mères, mais aussi à un père, à des fratries. « Pour la première fois, dans cette audience, on a un peu réhumanisé les choses », estimait Pierre-Olivier Sûr, avocat d’Amine Kessaci.

    « Pourquoi cette brutalité ? »

    Le récit parfois coupé d’un sanglot, la mère de Nassim Loubani est la première à s’avancer pour décrire un fils aimant, travailleur. « Il me manque terriblement. » « Pourquoi cette brutalité ? », implorait à la barre la mère de Brahim Chabane, aussi mère d’Amine Kessaci, qui revient sur le choc de cette information, l’incompréhension mais aussi le combat incessant pour « sortir » son fils de mauvaises fréquentations jusqu’à se faire braquer sur un point de deal. Claire, cette mère invoque aussi la peine d’une petite-fille qui n’a plus de père. Puis, inévitablement, le deuxième coup, celui de la mort de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour, en novembre 2025. « Dans ma tête, j’ai deux morts. J’ai Brahim, j’ai Mehdi… Ils ont menacé mon fils (Amine) ! Ils ont fait l’impossible pour nous détruire », pleure-t-elle, rappelant que Medhi « était un innocent ». Puis arrive la mère de Réda Khaldi. « Je n’ai pas pu voir mon fils, je n’ai vu que son cercueil », déroule cette maman, qui a aussi perdu un mari, mort de « chagrin ». Les parties civiles ont toutes pu choisir une photo de leur proche à diffuser dans la salle d’audience. Ont défilé des selfies tout sourire, des extraits de vie quotidienne. C’est la tombe de son fils que la mère de Réda a choisi : « Voilà ce qu’il me reste de lui ».

    Dans une salle étouffante, Malik Kariba, accusé d’avoir découpé le corps de Nassim Loubani, fend le silence. « J’ai énormément de regrets ». Zakaria Bensaci enchaîne, « s’excuse d’avoir été là quand vos enfants ont perdu la vie […] Les trois ont perdu la vie au même moment ». Amine Oualane, accusé dans ce dossier d’être le relais sur le terrain de Karim Harrat et baron présumé de la DZ Mafia donne lui aussi un faisceau de réponses. Nassim Loubani ? « C’est une victime collatérale », estime l’accusé, qui apprendra aux familles que « personne n’a été torturé […] Comptez sur moi pour vous dire la vérité. Par Allah ». Quand Karim Harrat, commanditaire présumé de cet assassinat promet aux familles :« Je n’ai rien à voir ni de près ni de loin ».

    « La personne qui… »

    Une suspension d’audience, puis le premier coup de tonnerre. Zakaria Bensaci, pâle, raconte un passage dans une cité du 3e pour récupérer un « boîtier électronique », puis une rencontre avec les victimes, en vue d’une mission de vol de Mégane jusqu’à un arrêt sur Châteauneuf-lès-Martigues, première scène de crime. Alors qu’il était sur le siège passager, Nassim Loubani au volant, Réda Khaldi et Brahim Chabane dans un véhicule qui les suivait, « j’ai entendu tirer derrière moi, les portières s’ouvrir et se refermer », apercevoir un individu tirer puis ouvrir le feu sur lui et Nassim. Il prend une balle dans le bras, tente de fuir, assure qu’un individu le rattrape, l’assure qu’il ne veut pas le tuer. S’ensuit le récit d’incendie de voiture, d’une opération clandestine sur son bras blessé…« Je peux vous dire que la personne qui a tiré [sur les victimes] c’est Amine Oualane, le commanditaire c’est Karim Harrat, la personne qui a donné le boîtier c’est [Nadjim Ahamada] Mbae. La personne qui a découpé le corps, Malik Kariba », énumère Bensaci. « Merci pour sa sincérité, c’est la moindre des choses », souffle le père de Nassim Loubani. Poussé par le président, Malik Kariba admettra dans un récit long et confus s’être chargé du corps de Nassim Loubani. « Je suis pas décideur, je suis exécutant. On m’aurait dit coupe-toi le bras, j’aurais coupé, obligé monsieur », lance-t-il en expliquant avoir agi sous la peur. Lui, dira ne pas connaître ses coaccusés, ou à peine, et taira tout nom.

  • Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    à charge ! ça me démange ! », s’écrie soudainement Karim Harrat depuis le box vitré. « Vous ne pouvez pas prendre la parole de façon intempestive », tonne, dans la foulée, le président. Depuis quelques minutes, l’accusé s’agite, conteste dans sa barbe les faits déroulés à la barre par le commandant de police et estime que cette partie du dossier est délibérément montée contre lui. Dans le cadre du triple narchomicide jugé depuis le 19 octobre aux assises, à Aix, l’officier de police judiciaire retrace, dans les grandes lignes, comment les enquêteurs ont remonté la piste de plusieurs utilisateurs de Sky ECC. Développée par la société Sky Global, cette messagerie cryptée, notamment utilisée par les réseaux criminels, a été infiltrée pour la première fois en 2021 par les services de police.

    Rembobinons. En décembre 2021, les enquêteurs versent au dossier des échanges Sky ECC interceptés dans une autre procédure de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), devenue Pnaco (Parquet national anticriminalité organisée) : deux utilisateurs, W7 et D2, échangent au sujet d’un « véhicule de location taché de sang », qui « semble faire état d’un corps découpé en plusieurs morceaux dans un véhicule », ainsi que d’un paiement de « 50 000 euros », résume le dossier. En croisant ces messages avec d’autres conversations liées à un point de vente de stupéfiants, ils tentent de relier des identifiants numériques aux personnes qui les utilisent. Le compte W7, utilisé sous les pseudos de « Diego Costa » et le « Rant 2 » pourrait appartenir à Karim Harrat, selon ce commandant de police. Tandis que le compte D2, utilisé sous le nom de « Keizo » pourrait être utilisé par Mahdi Z, présenté, dans d’autres affaires, comme un membre présumé de la DZ Mafia.

    « Faisceau d’indices »

    Ces rapprochements reposent sur le croisement des conversations, des pseudonymes et d’autres indices, dont une photographie de billets de train réservés au nom de Mahdi Z. Mais l’utilisateur derrière D2 reste difficile à identifier avec certitude. L’analyse des échanges conduit également les enquêteurs à soupçonner Karim Harrat d’avoir utilisé plusieurs téléphones et comptes successifs. « Ces membres [et d’autres, Ndlr.] échangeaient sur la gestion d’un point de vente de produits stupéfiants et les conversations positionnaient W7 comme le grand patron et D2 comme un exécutant missionné dans différentes tâches aux fins d’assurer le bon fonctionnement du point de vente », indique noir sur blanc le dossier. à la barre, l’officier de police judiciaire indique disposer d’un « faisceau d’indices » ayant permis aux enquêteurs d’attribuer la ligne W7 à Karim Harrat. « Dans le milieu policier, mais aussi le milieu du narcotrafic, on sait que le surnom “le Rant”, c’était Karim Harrat (…). Pour moi, mes collègues, ça ne fait aucun doute que “le Rant” et “Le Rant 2″ sont rattachés à Karim Harrat », poursuit l’officier.

    « Une question, trente secondes ! S’il vous plaît, Monsieur le président », tente d’interrompre Karim Harrat. « Défends-toi ! », entend-on depuis le banc du public. « C’est un acharnement ! Par Allah (…), c’est ma vie ! Eux, ils rentrent chez eux le soir », se défend Karim Harrat. L’un des proches de Nassim Loubani (une des trois victimes), assis sur le banc des parties civiles, se lève alors et quitte la salle en claquant la porte.

    C’est ensuite au tour des trois conseils de Karim Harrat de bondir pour enchaîner les questions. « S’agissant de l’utilisateur du pseudo “Rant 2” (…), on peut aussi mettre un autre pseudo, non ? Avez-vous d’autres éléments ? », enchaîne l’un de ses avocats, Me Hugues Vigier. Celui-ci interroge la crédibilité de l’hypothèse selon laquelle son client aurait utilisé plusieurs téléphones alors que Sky ECC était réputée être une messagerie « ultra-crypté ».

  • [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    « Décidément, cette semaine, nous avons une génération perdue au niveau de la mémoire », s’est désolé l’avocat général, jeudi. Pendant près d’une heure, L., ex-compagne d’Amine Oualane, présenté comme un baron présumé de la DZ Mafia, a déposé à la barre par visioconférence. L’aide-soignante d’à peine 30 ans a été en couple, de 2018 à 2020, avec celui qui est présenté dans ce dossier comme le relais sur le terrain de Karim Harrat, supposé commanditaire des exécutions.

    Les deux hommes se tiennent toujours dans leur box sous haute surveillance, aux côtés de trois autres accusés. Tous les cinq sont accusés d’être derrière les assassinats brutaux de trois jeunes hommes, sur fond de règlement de comptes. Parmi eux figurait le grand frère d’Amine Kessaci, aujourd’hui figure de la lutte contre le narcotrafic.

    Dans le cadre de cette affaire, L. avait été placée en garde à vue, puis présentée à un juge d’instruction. L’un des rares faits dont elle dit se souvenir. « J’ai des pertes de mémoire. J’ai eu un choc par rapport à la mort de mon père », prévenait-elle dès son introduction. Silence dans la salle. Depuis plusieurs jours, les témoins appelés à la barre pèsent leurs mots, se murent dans le silence ou invoquent des trous de mémoire. Quelques « ah » – de déception ou d’ironie – remuent à peine l’assistance.

    Engoncée dans une doudoune noire, les cheveux longs et noirs, L. se contente d’écouter, sans ciller, les questions du président de la cour. « On était un couple ordinaire, parfois on se disputait. à part ça, je n’ai rien à dire », résume-t-elle, alors que son ancien compagnon est décrit dans le dossier comme particulièrement violent à son égard. En garde à vue, L. aurait fait part de cette brutalité à son encontre : un nez cassé, des coups lorsqu’elle le confronte sur la liaison qu’il mène avec son actuelle compagne… Une touffe de ses cheveux, vestige d’une énième scène de violence sur sa personne, avait même été découverte dans une Mercedes attribuée aux accusés.

    Le président tente de lui rafraîchir la mémoire. « Je ne me souviens pas », répète inlassablement la jeune femme. L’appel masqué d’un ami la menaçant et l’accusant d’être une « balance », responsable de l’interpellation d’Oualane ? « C’était peut-être des menaces, mais je ne me souviens plus », s’entête à répondre L.. « Vous parlez librement aujourd’hui ? », tente le président. « Oui. »

    Aucune réponse de fond ne viendra donc éclairer les débats, à l’image de ces derniers jours, qui ont vu défiler des témoins privés de mémoire. « Le point commun entre ces témoins pris d’amnésie : ils ont échappé in extremis à leur mise en accusation devant une cour d’assises ! », s’était agacée Me Inès Medioune, l’un des conseils d’Amine Oualane.

    « Plusieurs coups de feu »

    Un peu plus tôt dans la matinée, le visage barbu de Lamine Laribi, encadré de cheveux mi-longs, est apparu sur l’écran de la cour d’assises. Incarcéré à Vendin-le-Vieil dans le cadre d’un dossier de triple homicide survenu en 2011, il avait été cité comme témoin à la demande d’un des avocats de Karim Harrat. « Je suis en prison depuis 2012, ça fait que je suis déconnecté. Je suis étranger à cette histoire. »

    Un seul témoin semble avoir conservé une mémoire intacte : une habitante de Châteauneuf-les-Martigues, témoin d’une scène de guet-apens au cours de laquelle les victimes auraient été attaquées avant que leurs corps ne soient retrouvés, en deux temps, dans des véhicules incendiés. D’une voix claire, cette quinquagénaire raconte la nuit du 28 au 29 décembre. Seule dans son salon devant la télévision, elle est alertée par « plusieurs coups de feu », des « tirs en contrebas de chez moi ». Se rendant « discrètement » au balcon, elle dit apercevoir « deux voitures sombres » qui repartent « en trombe ». Le calme revenu, « dix minutes plus tard », elle descend sur les lieux. « J’ai senti tout de suite l’odeur de poudre », relate la riveraine, qui ajoute qu’en six ans, quelques « trous de mémoires » rendent moins précis son souvenir. Ce n’est que le lendemain matin, en découvrant un article de presse relatant la découverte des véhicules carbonisés, qu’elle fait le lien avec la scène observée la veille. à la lumière du jour, elle dit découvrir au sol des « tâches de sang » , des dents, et s’empresse d’alerter la police.

    Plusieurs questions demeurent pourtant en suspens à l’issue de cette audience. D’abord celle soulevée par l’avocate de l’accusé Zakaria Bensaci. « (Il) aimerait apporter des réponses à la témoin ! », assure Me Naïri Zadourian. Reste également l’interrogation formulée par Me Fabien Perez, conseil de Malik Kariba : pourquoi Nassim Loubani a-t-il été démembré après sa mort ? « Je vais te le dire moi, pourquoi il l’a fait ! Je vais te le dire ! », a alors lancé le père de la victime, qui avait témoigné la veille, brisant ainsi le train-train des débats.

  • [Maj] Marseille : un jeune homme de 21 ans abattu près d’un point de deal à Air Bel

    [Maj] Marseille : un jeune homme de 21 ans abattu près d’un point de deal à Air Bel

    Le commando qui a déboulé mardi soir vers 20h30, non loin du point de vente de stupéfiants d’Air Bel, cité du 11e arrondissement, n’a guère laissé de chance à ceux qui se trouvaient là. Touché au niveau de la cage thoracique et aux jambes par un tir d’arme de type kalachnikov, un jeune homme de 21 ans est décédé des suites de ses blessures dans le véhicule des marins-pompiers de Marseille, sur le trajet vers l’hôpital de la Timone.

    Deux personnes cagoulées étaient à la manœuvre, précise-t-on de source policière. L’une au volant de l’utilitaire, l’autre surgissant armée de la porte coulissante à l’arrière, et poursuivant ceux présents sur place. Le tireur a fait feu à plusieurs reprises sur la victime. Les agresseurs ont ensuite quitté les lieux et incendié leur véhicule quelques minutes après dans une impasse du quartier. Véhicule dont les policiers ont établi qu’il avait été volé, début octobre, dans le Var.

    Pas moins de sept douilles de calibre 7,62 mm et deux étuis ont été retrouvés par la police scientifique. Le parquet de Marseille a saisi la brigade criminelle de la DCOS (Division de la criminalité organisée et spécialisée) du SIPJ 13 pour « assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime en bande organisée, acquisition transport et détention d’arme de catégorie A, destruction par moyen dangereux en bande organisée, recel de vol en bande organisée », nous indique-t-il.

    La victime était connue de la justice pour trafic de stupéfiants. Il s’agit du sixième narchomicide à Marseille depuis le début de l’année. En 2025, 16 personnes en lien avec le narcotrafic avaient trouvé la mort.

  • Aux assises, Amine Kessaci en quête de « réponses »

    Aux assises, Amine Kessaci en quête de « réponses »

    Sous le regard des tueurs présumés de son frère, Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic, a témoigné à la barre. Il a réclamé « des réponses » sur cet assassinat, se disant insatisfait des « condoléances » exprimées, au début du procès, par un accusé, Amine Oualane, considéré comme un chef de la DZ Mafia. Le témoignage du militant de 23 ans était l’un des plus attendus du procès, qui a débuté à Aix le 19 octobre, pour juger un triple assassinat dans lequel son frère Brahim, impliqué dans le narcotrafic, a été tué en décembre 2020.

    Le jeune homme, qui vit sous haute protection policière, a déposé sous le regard des cinq accusés. Leur profil justifie d’ailleurs un important dispositif de sécurité autour du tribunal et un centre-ville placé sous étroite surveillance. « Je voudrais dans un premier temps vous parler de Brahim, ce qu’il était pour moi, mon grand frère qui à la fois aimait sa famille et était conscient de ce qu’il faisait », a déclaré le jeune homme, également adjoint au maire de Marseille.

    Aujourd’hui étudiant en droit, Amine Kessaci se souvient de cet aîné qui lui disait « d’aller à l’école, de travailler, l’école était le seul moyen pour nous de sortir de notre cité et d’en sortir la tête haute ».

    Souvenir de sa voix

    Dans la fratrie élevée par une mère seule, Brahim, mort à 22 ans, était « celui qui protégeait ses frères, celui qui riait, celui qui me faisait rire ». « Cela fait six ans que Brahim a été assassiné et ce qui me manque le plus, c’est sa voix », a confié Amine Kessaci avant d’entamer le récit de la soirée du 28 au 29 décembre, la dernière où il a vu son aîné vivant.

    Le 29 décembre, deux corps calcinés sont retrouvés dans un véhicule incendié dans un tunnel autoroutier : il s’agit de Brahim Chabane et Réda Khaldi. Une semaine plus tard, un second véhicule incendié révèle le corps calciné et démembré de Nassim Loubani.

    Les circonstances de ces découvertes et leur extrême violence ont été longuement décrites ces derniers jours par un défilé d’experts. Les trois victimes, impliquées dans le trafic, s’étaient rendues à un guet-apens. Les enquêteurs l’ont rappelé : les victimes « connaissaient leurs assassins ». Le décès de Brahim, décrit par l’enquête comme un trafiquant ambitieux au point de gêner d’autres réseaux, a « détruit » sa famille, a raconté Amine Kessaci. Ce drame est aussi à l’origine de l’engagement qui a fait de lui une personnalité médiatique aujourd’hui menacée, déterminée à aider les familles victimes du narcotrafic. « J’ai fait une promesse à mon frère Brahim, celle que je ne me tairai pas […]. Car si nous ne parlons pas de nos vies dans ces quartiers, personne ne le raconterait. »

    Amine Kessaci assure ne pas chercher la confrontation avec Amine Oualane. Au premier jour d’audience, le militant avait assuré ne pas rechercher la « vengeance », mais la « justice ». L’accusé, détenu dans les prisons les plus sécurisées de France, nie toute implication dans le triple homicide. « Il comprend votre douleur, il comprend votre souffrance », a assuré Me Inès Medioune, l’un de ses avocats. En novembre 2025, la famille Kessaci a été endeuillée par un deuxième assassinat, celui du cadet de la fratrie, Mehdi, totalement étranger au trafic de drogue. Sa mort à 20 ans sous les balles d’un commando à moto, en plein jour, avait provoqué une onde de choc nationale. L’enquête en cours tient Amine Oualane comme une des pistes sérieuses dans cet assassinat.

  • Climat social et politique, LEO… le préfet de Vaucluse fait le point

    Climat social et politique, LEO… le préfet de Vaucluse fait le point

    Climat social

    et maintien de l’ordre

    À l’instar d’Emmanuel Macron lundi à Marseille qui, dans un rare mea culpa, reconnaissait des erreurs dans la gestion du 17 octobre, le préfet Thierry Suquet fait aussi part de dysfonctionnements : « On a sous-estimé la conjonction entre le mouvement lycéen et étudiant, les syndicats traditionnels et l’importance du côté casseurs à l’intérieur de la manifestation alors qu’en général, ils se produisent en fin de journée. » Le 17 octobre, « on a gardé des forces de façon spécifique sur l’intra-muros pour empêcher le pillage des magasins ». Huit à dix d’entre eux « ont été attaqués, deux ont été vraiment pillés ». Quant au 24, le préfet estime avoir « toléré la présence de manifestants » cantonnés place Saint-Lazare, malgré l’absence de déclaration de manifestation dans les délais et « un arrêté d’interdiction d’attroupement et de rassemblement ». Se dirige-t-on vers un troisième samedi de revendications sous tension ? Pour l’heure, « il n’y a pas d’annonce de manifestation déclarée. On commence à avoir, sur les réseaux sociaux, des appels aux rassemblements ». Thierry Suquet n’exclut pas de prendre un nouvel arrêté « s’il y a des risques d’attroupement non maîtrisés ». Pas de menace d’interdire la manifestation syndicale du 5 novembre. « On doit discuter du parcours, les grandes organisations syndicales ont des services d’ordre, ça peut se passer dans d’excellentes conditions ».

    Point de deals en baisse, mais trafic toujours présent

    Thierry Suquet le répète à tout bout de champ : « La lutte contre le narcotrafic reste un véritable objectif » Ainsi, en 3 ans, le nombre de points de deals a été divisé par deux, passant de 36 à 16, dont 9 à Avignon et un très important à Orange, quartier Fourchevieilles. « Cela reste mouvant, dans la durée, c’est extrêmement difficile », concède-t-il. « On continue beaucoup de gêner, c’est pour ça qu’ils se reportent beaucoup sur la livraison, note Thibault de Cacqueray, directeur de cabinet du préfet. À Orange, quand on passe de 5 à 1 point de deal, c’est déjà un succès parce que l’espace public est moins occupé, les habitants ne sont plus pris en otage et ne vivent plus dans l’omerta et la crainte de règlements de comptes. »

    L’État ne veut plus piloter la LEO

    Dossier lancinant, la liaison Est-Ouest (LEO) n’est pas un dossier clôturé. Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon, a poussé dès avril pour que l’État n’enterre pas définitivement le projet de phase 2 (Rognonas-Amandier), même si les crédits initiaux ont été fléchés ailleurs. « Le ministre des Transports nous a demandé de travailler avec les équipes du Grand Avignon et les collectivités locales concernées sur ce que pourrait être la LEO de demain », pose Thierry Suquet. Mais, comme nous l’indiquions début septembre, avec un changement de taille : l’État ne souhaite plus assurer la maîtrise d’ouvrage. « Aujourd’hui, l’État ne fait plus de routes, on a d’autres priorités sur le développement autoroutier ou les Jeux olympiques, donc si vous voulez que ça avance plus vite, prenez la maîtrise d’ouvrage, fait valoir le préfet. Cela ne signifie pas nécessairement qu’on mettra moins d’argent, mais nos moyens d’ingénierie n’iront pas sur la LEO. » D’après le préfet, « les collectivités ont ouvert la porte » pour piloter le dossier. Enfin, plutôt le Grand Avignon que le Département.

    Climat politique tendu et polarisé RN/LFI

    « Tout le monde politique bruisse du risque que représenterait un affrontement LFI/RN au second tour de la présidentielle, mais ça, c’est le quotidien du Vaucluse », constate le préfet, qui note un climat global « tendu puisque le département est quasiment dans un face-à-face entre un RN omniprésent et Raphaël Arnault et LFI à Avignon, qui ont fait de l’antifa leur combat principal. On a une espèce de crispation dans laquelle on cherche un affrontement bloc contre bloc qui va contre la sérénité d’un débat public sain, je résisterai à l’ensemble des pressions qui sont destinées à faire taire le débat ». C’est notamment en sens que Thierry Suquet est intervenu dans l’affaire opposant Julien Aubert et le théâtre du Rouge-Gorge, « parce que les pressions étaient contraires à la liberté d’expression et au débat démocratique ». À inverse, « j’ai eu plusieurs fois des demandes de maires RN me demandant d’interdire les manifestations organisées par Raphaël Arnault, je n’ai jamais accepté ».

  • Triple narchomicide : l’enquête passée au crible

    Triple narchomicide : l’enquête passée au crible

    « C’est d’une précision chirurgicale », souffle l’une des avocates de la partie civile. Depuis mercredi, la directrice de l’enquête dans le dossier du triple narchomicide fait face à la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, qui examine les circonstances de l’assassinat de trois jeunes hommes dont les corps ont été retrouvés en deux temps, fin 2020 et début 2021. Les dépouilles avaient été découvertes dans des véhicules incendiés. Parmi les victimes figure le demi-frère d’Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic et adjoint au maire de Marseille.

    Des heures durant, cet officier de police judiciaire, en tailleur noir impeccable et aux cheveux tirés, détaille les mois d’enquête qui ont permis d’identifier cinq accusés dans cette affaire d’assassinats brutaux sur fond de règlement de comptes. Tous nient les faits depuis leur box ultra-sécurisé.

    Témoignages, analyses téléphoniques, parcours détaillé de l’Audi des victimes ayant circulé en convoi avec une Mercedes affiliée aux auteurs présumés, permettant d’établir un lien entre les deux parties et identifiée sur les lieux d’un guet-apens à Châteauneuf-les-Martigues… Les éléments sont passés au crible. Racontée par l’enquêtrice à la barre, l’enquête retrace heure par heure les mouvements présumés des véhicules, des accusés et des victimes la veille et le jour des faits. Elle revient également sur les éléments retrouvés sur différents lieux liés au crime et sur les rôles supposés de chacun.

    Est notamment soulignée une « riposte armée des victimes », qui auraient tenté de se défendre lors du guet-apens de Châteauneuf-les-Martigues. « La situation a dégénéré » estime la directrice d’enquête. Si autant d’éléments viennent renforcer son exposé, c’est parce que les auteurs présumés « ne savaient pas » que les victimes étaient toutes trois dans le viseur des enquêteurs en raison de leurs liens avec le trafic de stupéfiants, explique-t-elle. La directrice d’enquête souligne également une rare « coopération qui s’est faite avec la police et les familles de victimes ».

    « Notre maximum »

    Dès mercredi soir, l’enquêtrice a fait face aux questions de la défense. Pas moins de sept avocats se sont succédé pour l’interroger. Le ton était monté lorsque ce même jour, Me Inès Medioune, l’un des conseils d’Amine Oualane, ironisait sur les risques « inconsidérés » qu’aurait pris son client, qui aurait loué la Mercedes sous un faux nom alors que nombre d’éléments permettraient de l’identifier. Le président avait alors annoncé une suspension d’audience. Au lendemain de cet échange tendu, ce jeudi, il a appelé, dès l’ouverture des débats, à « faire en sorte que les témoignages se passent dans de bonnes conditions ».

    À chaque question, interrogation ou contradiction soulevée par la défense, l’enquêtrice répond, quitte à se répéter. « Nous avons fait notre maximum en tant qu’enquêteurs », assure l’officier à la barre. Intervenant pour l’un des accusés, Me Chehid Selmi s’agace toutefois : « Vous avez des éléments et des additions d’éléments ne sont pas des preuves. Nos clients encourent la perpétuité ! » L’enquêtrice a poursuivi son audition jusque tard dans la soirée.

  • [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, plongée dans la violence du narcobanditisme

    [Assassinat du demi-frère d’Amine Kessaci] Aux assises, plongée dans la violence du narcobanditisme

    « Les alliés d’aujourd’hui peuvent devenir les concurrents de demain, ceux qu’on a installés peuvent être éliminés. » Pour comprendre le contexte dans lequel s’inscrit le triple narchomicide jugé aux assises depuis lundi, et qui a coûté la vie à trois jeunes hommes, il faut revenir aux prémices du narcobanditisme marseillais. Pour rappel, le 29 décembre 2020, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel d’autoroute. Dans le coffre et sur le siège passager, deux corps calcinés, chacun une balle dans la tête : Réda Khaldi et Brahim Chabane. Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un autre véhicule incendié est retrouvé. Dans le coffre, un troisième corps, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani.

    Au troisième jour du procès, les officiers de police judiciaire qui ont dirigé les investigations ont déposé à la barre. Un premier témoin, qui dirigeait alors la division criminelle de la répression du banditisme, est revenu sur l’évolution du phénomène et le déroulement de l’enquête. Face aux cinq accusés, installés dans le box sous la surveillance d’une dizaine d’agents cagoulés, et aux parties civiles étroitement encadrées, il s’est livré à un long exposé. À l’époque, les affrontements se concentrent autour de trois points de deal majeurs : La Paternelle, Frais-Vallon et La Cayolle.

    Le témoin décrit alors un monde où des « étoiles filantes du crime » opèrent, et dessine un « paysage » criminel complexe dans lequel de nombreux clans s’affrontent pour le contrôle des points de deal de Marseille. Exemple, celui de Frais-Vallon, dont les tentatives de reprise auraient pu conduire à ce triple assassinat. Au fil de son intervention, l’enquêteur évoque les liens entre ce point de deal et deux accusés, Karim Harrat et Amine Oualane. Une approche jugée réductrice par la défense. « Au-delà de Frais-Vallon, l’un des points de stupéfiants repris par les victimes, il y en avait un autre que l’on considérait comme important : La Cayolle. Lorsque [les trois victimes] meurent, qui reprend ce point de deal ? La manière de raisonner en matière criminelle est de se demander “à qui profite le crime ?” Ce travail, on a l’impression qu’il n’a même pas été fait », déplore Me Hugues Vigier, avocat de Karim Harrat.

    Au-delà du contexte dans lequel s’inscrivent ces assassinats, la cour a également entendu la description d’un mode opératoire nouveau. Interrogé par l’avocate générale sur la technique dite du « barbecue », l’enquêteur la qualifie de « symbole de la terreur », en plus d’être un moyen de rendre « plus difficile l’enquête ». Concernant le démembrement de la troisième victime, l’avocate générale l’interroge : « Vous avez connu des antécédents d’un tel acte sur personne décédée ? » Un seul, rapporte le témoin.

    Des images qui parlent

    La brutalité de l’affaire s’est également imposée à travers l’image. Une seconde témoin, alors affectée à la brigade criminelle de Marseille, a détaillé le dossier. L’incendie du premier véhicule, estimé à « 1 500 degrés », « fracture » les membres des victimes. Dans un silence pesant, les clichés défilent sur les écrans de la salle d’audience. « On a l’impression que ça a fondu », commente le président en observant la carcasse de voiture. Les dépouilles sont à peine identifiables. Plus marquante encore, l’image du corps démembré puis brûlé. La violence se lit également dans les traces de sang relevées sur le lieu du guet-apens où les victimes semblent avoir été attirées. Le travail de fourmi des enquêteurs a notamment permis de relier ce lieu aux deux scènes de voitures incendiées.

    Pendant plus de deux heures, l’une des directrices d’enquête a détaillé les investigations, évoquant entre autres des sonorisations mettant en cause l’accusé soupçonné d’avoir démembré le corps et un autre protagoniste, aujourd’hui décédé. Tout un passage sur la « découpe du corps », est notamment détaillé. Parmi les échanges retranscrits : « Il a fini en pièces détachées, je lui ai enlevé les bras, les deux jambes […], je l’ai flambestre », aurait déclaré le premier. La défense aura l’occasion de s’exprimer sur ces éléments ce jeudi.