Tag: Théâtre

  • Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Organisé depuis quelques années par l’association Théâtre des Criques, le Festival à la Bonne Mère est de retour pour une nouvelle édition à vivre jusqu’au 20 juin et toujours au pied de l’emblématique Notre-Dame de la Garde. Si de nombreuses pièces de théâtre proposées dans les jours à venir affichent déjà complet, celle qui se jouera ces samedi et dimanche est encore accessible.

    Louison et Monsieur Molière raconte l’histoire vraie de Louison, héroïne du roman éponyme de Marie-Christine Helgerson qui est adapté pour la toute première fois au théâtre par Axelle Masliah, jeune adaptatrice et metteuse en scène de 22 ans.

    Une toute première adaptation théâtrale

    Louison a 10 ans. Entre une mère autoritaire et un père effacé, elle ne trouve pas sa place. Jusqu’au jour où ses parents rejoignent la troupe du Palais Royal, celle de Molière. Une rencontre bouleversante avec l’icône, qui voit en elle quelque chose d’unique et lui écrira le rôle de Louison dans sa toute dernière pièce avant de mourir : Le Malade imaginaire. Pour Louison, c’est une évidence désormais, elle sera comédienne.

    Pour rappel, la représentation théâtrale sera comme à l’accoutumée précédée de visites gratuites et sans réservation du Sanctuaire aux côtés d’un guide à partir de 18h30. Vous aurez également l’occasion de vous restaurer à la guinguette le Bon Air ouverte tout au long de la saison estivale. Le coucher de soleil pointera le bout de son nez au moment où le public sera invité à s’installer pour la représentation et cette dernière commencera à 21h45 pour un moment de théâtre au clair de lune et ainsi découvrir la pièce Louison et Monsieur Molière d’une durée totale d’1h20 et accessible à un public large.

    « Louison et Monsieur Molière »

    samedi et dimanche à 21h15.

    Entre 16 et 39 euros la place.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Le radeau des insurgés de la Nouvelle-Calédonie à La Criée

    Île où furent mis au ban de la société des révolutionnaires de toutes origines, la Nouvelle-Calédonie a été un carrefour des luttes au XIXe siècle. Une épopée racontée dans Kaldûn, théâtre musical qui prend ses quartiers les 12 et 13 juin à La Criée.

    Après l’anéantissement de la Commune en 1871 par les Versaillais, des milliers d’insurgés, parmi lesquels la militante anarchiste Louise Michel, sont déportés au bagne de la Nouvelle. Au même moment, en Algérie, éclate la révolte de Mokrani, soulèvement contre le pouvoir colonial français, lui aussi réprimé dans le sang et soumis à ce lieu de détention.

    Exils et luttes

    Ce récit est centré autour du narrateur Aziz, « qui devient personnage quand son destin rencontre celui de Louise Michel, de Bou Mezrag el Mokrani et d’Ataï », figure de l’insurrection kanak en 1878 contre les colonisateurs français, situe l’auteur et metteur en scène de Kaldûn, Abdelwaheb Sefsaf. « Sur un plancher à la dérive comme un pont de bateau, illustre-t-il, nous évoquerons la longue traversée qui a conduit les insurgés vers leur exil lointain. »

    Croisant « les langues et les luttes » de tous ces peuples vaillants, mais opprimés, cette pièce s’articule autour de trois révoltes venues d’autant de continents. Puisant son nom dans la traduction arabe de Nouvelle-Calédonie, dont elle retrace la colonisation en toile de fond, Kaldûn souffle dans les voiles de l’histoire avec 15 artistes, dont « neuf musiciens, cinq comédiens et le formidable slameur kanak Simanë Wenethem », précise Abdelwaheb Sefsaf. « La musique traversera les hémisphères pour créer un horizon commun. »

    P.A.
  • Une première balade théâtrale réussie dans les collines du Rove

    Une première balade théâtrale réussie dans les collines du Rove

    Le spectacle « En attendant Marcel » a permis au public de découvrir au cours d’une déambulation d’environ 3 km l’univers de Marcel Pagnol à travers des scènes tirées de ses œuvres les plus célèbres.

  • Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Nouvelle saison, nouvelle programmation, mais toujours la même exigence. Alors que le Théâtre des Salins, qui fait partie des 78 établissements labellisés « scène nationale », ferme ses portes pendant l’été, sa secrétaire générale, Joanna Boutté, se réjouit des résultats de l’année écoulée, avec près de « 90% de remplissage sur l’ensemble des spectacles ».

    Son équipe présente désormais la saison à venir. Dans le marasme ambiant, entre la précarisation des intermittents du spectacle, les difficultés auxquelles font face les productions, l’émergence ardue de nouveaux talents, elle « refuse de baisser les bras », fidèle à son engagement pour le « service public de l’art et de la culture ».

    En 2026-2027, le public pourra donc voir 40 spectacles, dont 15 créations, traversant le théâtre, la danse, le cirque, la musique et des formes hybrides. Comme toujours, une grande place est laissée à la jeunesse avec 12 spectacles accessibles aux enfants, à l’instar de Du bout des doigts, un ballet à quatre mains filmé en direct sur scène, ou des doigts traversent l’histoire de la danse ; ou de Frasques, où les acrobates de la compagnie Galactik Ensemble « chutent, se relèvent, dans un monde en perpétuel déséquilibre », raconte Joanna Boutté.

    Un focus sur la création grecque

    La saison s’ouvrira le 3 octobre sur une soirée cabaret, animée par quatre formations, entre effeuillage, cancan, paillettes et music-hall. En cette année de Biac 2027 (Biennale internationale des arts de cirque), le Théâtre des Salins propose d’explorer un large panorama de la création circassienne contemporaine. À l’affiche : les acrobates du collectif XY, reconnus pour leur spectaculaire maîtrise des portés, Nadine O’Garra, qui convoque le rapport aux écrans dans Amour au temps de l’algorithme, ou encore Cirque Le Roux, avec sa dernière création Nature morte, au croisement du cirque, du théâtre physique et la composition visuelle.

    Côté musique, Walid Ben Selim chantera de grands textes de la poésie arabe, en écho à l’exposition du musée Ziem consacrée à Ernest Pignon-Ernest dans l’écrin dans la chapelle de l’Annonciade, « avec une petite jauge » pour « un moment privilégié », souligne Joanna Boutté. Thibault Cauvin, guitariste le plus primé au monde à 20 ans qui a tourné avec M, présentera Alter Ego, inspiré de ses voyages aux quatre coins du monde.

    Au programme également, un focus sur le meilleur de la création grecque, qui mettra en valeur une nouvelle génération d’artistes : Mario Banushi avec sa pièce sensorielle d’une puissance rare Mami, salué au festival d’Avignon l’an dernier ; le chorégraphe Christophe Papadopoulos avec My Fierce Ignorant Step, interprété par dix danseurs qui feront corps dans leur pluralité ; et Anna Lemonaki avec son spectacle de théâtre performatif, à cheval entre cabaret et récit auto-fictionnel, Bleu.

    La danse occupera une place centrale, avec des artistes majeurs de la scène internationale, à l’instar de Wim Vandekeybus, qui viendra célébrer les 40 ans de sa compagnie Ultima Vez avec le spectacle qui a « révolutionné la chorégraphie contemporaine dans les années 1990 », What the body does not remember.

    Côté théâtre, enfin, les spectateurs pourront notamment découvrir Orlando, mis en scène par Katia Ferreira d’après le roman de Virginia Woolf ; le diptyque familial entre règlement de comptes et comédie romantique Fête des mères d’Adèle Royné et Vincent Gardet ; ou Tellement sympa, une pièce qui brise l’omerta autour des violences faites aux femmes au sein de la communauté sourde.

    Une nouveauté à noter : la première édition du festival Vice Versa. Pendant deux semaines, en mars, les spectateurs seront installés au cœur du plateau pour une expérience immersive au plus près des artistes, avec une jauge resserrée.

  • Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    « S’il y a un problème, on improvise. » Au théâtre de la Criée, les élèves de CM1 et CM2 de l’école primaire Notre-Dame de la Viste (15e) se préparent pour leur dernière répétition, avant la pièce de théâtre présentée, le soir même, devant leurs parents. « Ça fait neuf mois qu’on la prépare », explique Mathilde, la maîtresse des CM1. « J’ai peur », confie une élève. « Mais tu es très chic », la rassure l’enseignante.

    Il faut dire que l’exercice n’est pas simple. Depuis le mois d’octobre, les élèves travaillent sur une pièce intitulée Recherche Chef, adaptée par Cécile Petit à partir des Lettres Persanes de Montesquieu. « Il est question de deux sociétés où il y a des chefs », explique Ombeline Avezac, coordinatrice de l’opération « Le XVIIIe en scène : théâtre à l’école ». Au programme de la pièce, critique du « monde qui va trop vite », de « l’aliénation » et du réchauffement climatique. Le tout porté par 49 élèves qui se sont parfaitement approprié le sujet. « Ils comprennent la morale de la pièce, qui parle de vivre-ensemble et de faire groupe, et au-delà du théâtre, on voit qu’ils le mettent en place dans l’école », sourit Mathilde.

    Plus d’art à l’école

    Car l’objectif premier de cette initiative est bien d’aider les élèves à s’insérer dans la société. Le programme, porté par le fonds de dotation Culture pour l’enfance, cherche à remobiliser les élèves des écoles de REP+ (réseau d’éducation prioritaire) autour de l’art, pour leur redonner goût à l’école. Ici, tous sont issus des quartiers Nord de Marseille. « Certains sont en situation de handicap, d’autres ont des difficultés à s’exprimer. On leur montre que d’où qu’ils viennent, ils ont le droit d’avoir de l’ambition et des objectifs », complète Ombeline Avezac. Grâce à ce projet, les encadrants constatent de véritables évolutions chez les élèves : « Ils prennent confiance en eux, ils osent porter leur voix, il y a une inclusivité totale. Personne ne se moque, ça leur a appris l’empathie et à faire collectif », relate la maîtresse.

    « L’année dernière, on avait une petite en décrochage scolaire qui a repris l’école grâce au théâtre », se félicite Ombeline Avezac. « Ma fille était timide et maintenant elle s’est inscrite à des cours. En juin, elle jouera sa première pièce », raconte une mère présente à la répétition. Pour les parents comme pour les encadrants, il faudrait « que le théâtre devienne une matière obligatoire à l’école ». Pour l’heure, le projet s’exporte en Ile-de-France et devrait se poursuivre dans les quartiers Nord de Marseille. Car derrière les costumes et les tirades, se joue un enjeu plus vaste : donner à tous les enfants les mêmes chances de se construire et de s’exprimer.

    Ivanie Legrain

  • L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    S’il a fait preuve d’une rance complaisance vis-à-vis du régime de Vichy (comme tant d’autres), réalisant notamment en 1942 l’album et le film De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, ou encore inculpé d’« intelligence avec l’ennemi », avant d’obtenir un non-lieu, Sacha Guitry (1885-1957) n’en demeure pas moins un « génie », indique un cycle que l’Institut de l’image initie du 4 au 28 juin. Délocalisé à l’École supérieure d’art d’Aix en raison des travaux à la bibliothèque Méjanes, un cycle de huit films illustrant le fait que Guitry « n’aura peut-être pas été le plus grand cinéaste français (encore que !), mais il en est assurément le plus important, celui qui incarne le plus sa spécificité, sa couleur, ses possibles ». Des mots du réalisateur Nicolas Pariser, repris dans le programme.

    Humour noir

    Parmi les films projetés, Le roman d’un tricheur (1936). Loué des années plus tard par Orson Welles, qui a confié s’être inspiré de son utilisation de la voix off et des flash-back pour Citizen Kane, une comédie à la drôle de morale dont l’une des séances sera présentée, le 13 juin, par le distributeur des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy. Et ce, juste après la diffusion de Faisons un rêve, comédie de mœurs avec Raimu au casting. Que dire encore de La Poison, comédie noire autour d’un féminicide avec Michel Simon dans le rôle du meurtrier, que Guitry avait réalisé en 1951 pour « régler ses comptes avec la justice française après ses démêlés judiciaires à la Libération », écrit la Cinémathèque française.

  • À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    « La saison repose sur un équilibre fragile. Les moyens consacrés à la création artistique diminuent et l’annonce tardive de coupes budgétaires crée une situation inédite », prévient d’emblée Robin Renucci. À l’occasion d’une conférence de presse de présentation du programme 2026-27, le directeur de La Criée enfonce le clou : « Si cela n’est pas encore pleinement visible, ces coupes auront une forte incidence sur les saisons à venir avec la fragilisation des projets et la mise en danger de l’emploi des artistes et techniciens. Des œuvres risquent de ne jamais voir le jour. » Autant d’incertitudes auxquelles se greffent des « travaux dont le bâtiment avait bien besoin », entraînant la fermeture au public du théâtre qui déploiera un programme hors les murs « entre septembre et fin novembre ».

    Top départ de la saison le 18 septembre à la Friche Belle de Mai avec Rien plus qu’un peu de moelle, « plongée » mise en scène par Malte Schwind dans les « plaisirs de la langue » et l’humour corrosif rabelaisiens. Parmi les autres créations de La Criée, Ma pensée creuse (dès le 30 septembre au Théâtre Joliette), épopée philosophico-scientifique et « cri de résistance au productivisme qui abîme tout » si ce n’est « la foi joyeuse dans la puissance de la poésie », résume sa metteuse en scène Kristina Chaumont, ou encore Jouer la Mouette, d’après le classique de Tchekhov dont la compagnie Vol Plané déploiera les ailes dramaturgiques en ces mêmes lieux.

    À noter, toujours dans le cadre de la programmation hors les murs, Le 6e jour, au Théâtre de l’Astronef, du metteur en scène François Cervantes et de la comédienne Catherine Germain qui « improvise » un récit clownesque de La Genèse. Pièce « entre documentaire et fiction », situe Robin Renucci, Boat people remettra quant à elle en lumière « l’accueil de réfugiés du Vietnam par une famille française en 1979 et cet élan de solidarité oublié ». À voir à la Friche Belle de Mai. Gros temps fort du retour à La Criée, Robin Renucci mettra en scène L’École des femmes de Molière. Face à Arnolphe, le « patron des cocus » incarné par François Morel, « la pureté d’Agnès » qui, près de deux heures durant, va passer « du silence à la parole. Pour que les jeunes femmes puissent se libérer des assignations dans lesquelles elles sont projetées par des hommes tout-puissants », résume-t-il à propos de cette pièce en alexandrins créée au XVIIe siècle mais toujours d’actualité.

    « De l’orée à l’onde »

    Pas pour rien que la thématique de la prochaine saison de La Criée suggère : « de l’orée à l’onde ». De libération de la parole, il sera notamment question dans Mémoire de fille, création d’après le roman autobiographique d’Annie Ernaux, « seul en scène sur sa première nuit avec un homme, une nuit de violence. Une pièce sur le désir écrasé par le patriarcat », développe Robin Renucci. Ou encore dans Chevaleresses, écrit, mis en scène et incarné par Nolwen Le Doth. « Elle brise le silence autour de l’inceste, passe du déni à la honte. Mais c’est aussi l’histoire d’une survivante », désobscurcit le directeur de La Criée. Fracasser le mutisme, un leitmotiv toujours plus vital, comme l’illustrera également La peau des autres, pièce autour des violences intrafamiliales programmée à l’Astronef, qui montre comment « l’amitié permet de déchirer le silence ».

    Programme complet sur www.theatre-lacriee.com

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.