Tag: spectacle

  • Un colloque dédié à la santé mentale des aînés à Marseille

    Un colloque dédié à la santé mentale des aînés à Marseille

    Les dockers et travailleurs portuaires se penchent sur la santé mentale avec une initiative maison qui se tiendra lundi prochain pour tout un après-midi. « On veut travailler sur la santé mentale et tout ce qu’il y a autour. On va aussi un peu mettre le doigt sur l’abandon des gouvernements de ce secteur », explique Gilbert Natali, responsable de la communication de la section des retraités dockers du port de Marseille et de Fos. Dans le détail, cette initiative se fait « via notre association Ardafi et dans le cadre des discussions que nous avons avec notre caisse de retraite, AG2R ».

    Avec l’objectif d’aborder cette problématique sous l’angle de « l’âge et le grand âge ». « Il y aura des intervenants spécialisés sur la question, l’idée est aussi de donner la parole aux familles et retraités qui parleront de leurs problèmes et difficultés », développe Gilbert Natali. Les anciens dockers pourront aussi compter sur la présence d’assistantes sociales du port pour éclairer leurs lanternes. De quoi évoquer « l’absence d’actions du gouvernement » sur la question mais aussi « faire écho à la santé mentale des jeunes ». Notons aussi qu’il y aura aussi un spectacle de l’humoriste Yohan Desvaux, auteur d’un one man show « T.S » écrit après une tentative de suicide. Lequel sera suivie d’une table ronde puis d’un apéritif dînatoire « comme les dockers savent faire ». Le rendez-vous est fixé au cinéma L’Alhambra 2 rue du Cinéma, dans le 16e arrondissement de Marseille.

    *Inscription obligatoire au : 04.95.05.47.18

  • [Grand entretien] Samuel Bambi : « Certains essaient de déconstruire la France »

    [Grand entretien] Samuel Bambi : « Certains essaient de déconstruire la France »

    La Marseillaise : Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, qui êtes-vous Samuel Bambi ?

    Samuel Bambi : Je suis comédien, humoriste, j’ai commencé ce métier à l’âge de 17 ans dans le Jamel Comedy Club avec mon ami Younes Depardieu on formait le duo « Younes et Bambi ». Je me suis ensuite lancé dans une carrière solo, j’ai participé à l’émission Clique de Mouloud Achour j’ai lancé mon spectacle Machine ! et en 2026 j’ai gagné la dernière saison de Danse avec les Stars. Je suis donc actuellement le plus grand danseur de 202- (rires).

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir humoriste ?

    S.B. : Je ne sais pas ça a toujours été en moi, je crois que c’est parce que j’ai toujours été entouré d’une famille hilarante. J’ai toujours côtoyé des gens drôles que ce soit les amis de mes parents ou mes amis. J’ai été baigné très tôt dans des sketches on avait des DVD ou des cassettes à la maison d’Eli Kakou, Gad el Maleh ou encore Les Inconnus par exemple. Dans ma classe j’étais le petit mec qui faisait rire tout le monde. Finalement, ce n’est qu’une continuité des choses.

    Quels sont les sujets abordés dans votre spectacle « Machine ! »

    S.B. : Machine c’est mon premier spectacle solo. Il faut savoir qu’un premier spectacle c’est toujours une carte de visite de l’artiste, on découvre qui il est, sa façon d’écrire, d’être, ses mimiques et sa façon de penser. J’ai décidé de partir sur un spectacle qui porte ce nom pour parler d’un garçon qui pense pouvoir tout faire et tout réaliser dans la vie mais petit à petit il se rend compte que pas du tout et il se prend un mur en pleine face. Le tout agrémenté de nombreux sujets d’observations, c’est aussi l’occasion pour moi de me raconter, de parler de mon rapport avec ma mère, la technologie et autre. Au début du spectacle par exemple je suis sur mon canapé en train se scroller sur Instagram et je vois la story d’une mannequin qui demande « qui est à Hambourg ? », je décide de lui répondre parce qu’un peu comme tout le monde sur les réseaux sociaux on se sent pousser des ailes. Derrière notre téléphone on commente tout, on parle de tout alors que dans la vraie vie ce n’est pas la même chose ! Moi je peux insulter UBER sur Twitter parce qu’ils m’ont facturé 2 euros de trop mais en vrai je n’ose même pas demander au chauffeur de tourner à gauche (rires)… Donc voilà je vais dire à cette mannequin que j’arrive jusqu’à ce que bien évidemment je me retrouve devant elle. Et pour la suite, il faut venir au spectacle pour savoir ce qu’il se passe.

    Est-ce que vous vous inspirez de la vie, de ce que vous voyez et vivez au quotidien pour écrire ?

    S.B. : Je m’inspire de choses qui me sont arrivées, qu’on me raconte ou que je vois. Je suis accompagné d’un super collègue qui s’appelle Jonathan de Mayo pour écrire et souvent quand on se voit on ne se dit pas « Bon allez on va écrire des blagues » mais on discute beaucoup, on raconte ce qui nous offusque,pas seulement ce qui nous fait rire, ce qui nous fait pleurer aussi et cela peut nous emmener à des situations drôles.

    Au-delà du spectacle, vous incarnez sur les réseaux sociaux des personnages, un peu comme des caricatures ça cartonne d’ailleurs. D’où vous vient cette inspiration-là ?

    S.B. : Je suis très observateur de ce qu’il se passe sur les réseaux et par exemple quand je vois que les gens se sont bien imprégnés d’une tendance je me dis ok maintenant tout le monde l’a en tête donc je peux le faire à ma sauce. Par exemple j’en ai fait une sur un restaurant un peu conceptuel où on ne comprend pas ce qu’on mange et ça nous est déjà arrivé à tous d’aller dans un restaurant où le serveur t’explique pendant une heure ce que tu vas manger alors qu’en vrai on s’en fout ! Je crée aussi des personnages qui n’existent pas comme l’agent de star dans le métro parisien qui a bien marché aussi.

    Vous en parliez plus tôt, vous avez remporté la dernière saison de Danse avec les stars, que vous a apporté cette expérience ?

    S.B. : Danse avec les stars a été la plus grande expérience de ma vie. J’ai beaucoup hésité à le faire parce que je ne savais pas si j’aillais être ridicule ou si c’était ma place en tant qu’humoriste. Comme je vous l’ai dit, mon métier c’est de faire un pas de côté par rapport à ce qu’il se passe dans la société pour en faire des parodies et là, on me demandait d’être premier degré, d’être moi, de montrer mes émotions etc. Et au final j’ai appris plein de choses comme la rigueur, l’abnégation, ne jamais rien lâcher grâce à ma coéquipière Anna Riera. Même si c’était très difficile je suis très heureux d’être allé au bout, d’avoir réussi aussi grâce au dépassement de soi. J’ai eu une formation du métier d’artiste dans sa globalité avec ces danseurs qui se dévouent à leur corps, à leur métier et c’est incroyable. Cette émission m’a aussi permis de réaliser mon rêve d’enfant parce que la danse m’a toujours animée étant un grand fan de Michaël Jackson.

    Votre métier, c’est de faire un pas de côté dans la société. Justement, quel regard portez-vous sur la situation actuelle en France ?

    S.B. : Il est évident que le monde n’est pas simple mais il me semble qu’il ne l’a jamais été quelles que soient les générations. Malheureusement les guerres, la pauvreté… ont toujours existé, aujourd’hui il y a des gens qui essaient de déconstruire la France ou de nous dire tous les jours que ça ne va pas mais je crois qu’on doit essayer de rester optimistes parce que nous avons de la chance de vivre ici.

  • [Week-end] Alzheimer, de « Doutes » en amour au Rove

    [Week-end] Alzheimer, de « Doutes » en amour au Rove

    Elle efface la mémoire des malades, mais irrigue à vie le cerveau de leurs proches. Alzheimer, cette maladie incurable qui touche près d’un million et demi de personnes en France, est pourtant bel et bien la mémoire vive de Doutes. Un récit écrit par Malika Fecih qui met « à rude épreuve la complicité entre une mère et sa fille », lorsque les premières conséquences affectives de cette pathologie rodent au quotidien. Mise en scène par Dominique Sicilia, un spectacle qui prend ses quartiers samedi 24 octobre à 19h30 à la Salle Eugène-Lanteri, au Rove.

    À travers l’histoire de Myriam, une mère dont la raison glisse peu à peu vers un monde imaginaire, et de sa fille, la pièce explore le doute, les souvenirs qui s’effacent et la relation qui se transforme. Face à la maladie, mère et fille vont progressivement apprendre à se détacher l’une de l’autre, tout en restant profondément liées par l’amour.

    « Spectacle vivant »

    Interprétée par Catherine Lecoq, Fanny Roger et Marc Menahem, cette création aborde avec sensibilité les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer et les bouleversements qu’elle entraîne pour les personnes malades comme pour leurs proches. « Cette pièce est un épisode de ma vie, adaptée pour que le public puisse se reconnaître. Quand j’ai rencontré Catherine Lecoq, comédienne et artiste féministe engagée, monter la pièce de théâtre avec son équipe était une évidence », rappelle Malika Fecih, à propos de cette œuvre qui sera suivie, au Rove, par un échange du public avec « un professionnel de santé ».

    Avec Doutes, l’auteur a voulu retranscrire « pour la scène, cette phase dite des premiers signes. Tous les symptômes sont là et l’entourage doute, redoute », écrit-elle. « C’est pourtant l’instant de tous les espoirs car traitée précocement, il est possible de ralentir cette irréversible dégénérescence », ajoute celle, qui a donc « volontairement choisi le spectacle vivant. Une façon de contrer le sort de cette maladie qui condamne les personnes et leurs proches à une vie éteinte ». Avec comme « seule vie possible », souligne la menteuse en scène Dominique Sicilia, « l’importance de la relation humaine et du lien aimant car la chimie n’y fera rien ».

    Samedi 24 octobre à 19h30.

    Salle des fêtes Eugène-Lanteri.

    Gratuit.

  • [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    À l’heure où les discours identitaires et xénophobes pullulent en France, Singa veut « construire des ponts entre les gens et célébrer la richesse de l’immigration à Marseille », insiste Arnaud Mispolet, codirecteur de l’antenne marseillaise. De 14h à 23h ce samedi 24 octobre, l’association organise un festival gratuit au centre socioculturel de la Cômerie, dans le 6e arrondissement. L’occasion de célébrer les talents et initiatives des personnes réfugiées et migrantes que l’association accompagne au quotidien.

    Une journée basée sur la rencontre et l’ouverture

    Au programme : découverte du Dabke, une danse traditionnelle syrienne, un marché de créateurs accompagné par l’association de 14h à 18h, un atelier d’écriture de textes de rap avec un artiste de Singa, un cours de Hatha Yoga (sur réservation) et une performance théâtrale réalisée par écrivivre, un collectif littéraire fondé par des mineurs non accompagnés.

    L’événement se veut également familial avec des activités pour les plus jeunes. De 15h à 16h, un atelier créatif visant à sensibiliser à la protection de la mer (sur réservation à 5 euros) sera proposé. En parallèle, un stand de maquillage et un photobooth seront en libre accès pour graver la journée dans les mémoires.

    Un épisode du podcast « Oh ! la dinguerie », qui riposte au discours anti-immigration, sera enregistré de 15h à 17h, avec la participation de Benoît Hamon, directeur général de Singa France, Anaïs Bernard de SOS Méditerranée et d’autres acteurs associatifs proches de Singa.

    Le programme nocturne n’est pas en reste. De 19h30 à 20h30, des humoristes s’essaieront pour la première fois au stand-up, sur réservation et rémunération au chapeau. La soirée se prolongera avec des festivités dont un spectacle de danse à 20h40, puis une programmation musicale composée d’une scène de rap et d’un DJ set brésilien.

    Au vu de l’application du couvre-feu ce samedi soir, dont le périmètre n’inclut pas la Cômerie, l’événement a été raboté d’une heure pour qu’il puisse se conclure à 23h. Des dispositions ont ainsi été prises pour « que chacun et chacune puisse rentrer sereinement chez soi ».

    Billetterie sur Helloasso

  • Les minots ont le choix dans les Bouches-du-Rhône

    Les minots ont le choix dans les Bouches-du-Rhône

    Alors que les minots tournent parfois en rond pendant les vacances de la Toussaint, de nombreuses structures proposent des spectacles destinés à la jeunesse. Autant de parenthèses artistiques émanant par exemple d’En Ribambelle !. Au menu de ce festival de théâtre d’objets et de marionnettes, Les petites variations imaginées par le Théâtre l’Articule qui racontent de tendres souvenirs d’enfance et des histoires de transmission au Mucem, sur la scène de l’Astronef ainsi qu’au Théâtre municipal de Fontblanche, à Vitrolles.

    Le Musée de société marseillais accueillera aussi Le grand Kami, « marionnette géante qui investit nos jardins pour rappeler l’urgence climatique et environnementale », situe Cécile Dumoulin responsable des publics du Mucem dont le Centre de conservation et de ressources, situé à la Belle de Mai, dévoilera également aux familles ses trésors dans les pas de la marionnette Raoul Lala, un petit rat aventureux. À voir aussi, au Forum de Berre, Neige, « réunion des destins d’un poète, d’un funambule et d’un samouraï » au Japon.

    Sorcière et chamallows

    Du côté du Badaboum Théâtre, à Marseille, les minots auront l’occasion d’assister à des représentations de Lilith, la guerre des récits, Adam et Eve revisitée façon féministe, puis du Roi Grenouille, d’après les frères Grimm et Alphonse Daudet. À la Ciotat, le Conservatoire Zino Francescatti accueillera, samedi, Lili. Accessible dès 4 ans, un spectacle gratuit autour d’une petite fille qui part « à la rencontre du vivant » à dos de girafe. Niveau tout-petits, la ville d’Aix ne sera pas en reste avec La sorcière caca prout, qui mêle chansons et marionnettes au Théâtre Le Flibustier, ou le spectacle culinaire et tendrement terrifiant Chocottes et chamallows, programmé à la Fontaine d’Argent.

  • « La chute des anges » tombe sur Martigues

    « La chute des anges » tombe sur Martigues

    Au son d’une bande originale à la fois martiale et rédemptrice composée par Arthur Bison, six interprètes et danseurs s’envolent, tournoient, se débattent sur scène dans une obscure clarté pendant plus d’une heure. À l’image du « langage chorégraphique », mêlant danse, théâtre, cirque et cinéma, développé par Raphaëlle Boitel, à l’origine de La chute des anges qui se prend ses quartiers vendredi 16 et samedi 17 octobre aux Salins. Comme des morts vivants, ils « s’accrochent à la vie » dans un « univers sans contrôle », indique le programme de la scène nationale de Martigues.

    « Grain de sable »

    « Que deviendrait notre monde si même les anges ne pouvaient plus voler ? », interroge Raphaëlle Boitel dans ce spectacle où elle met en scène « un groupe d’hommes et de femmes, manœuvrés, survivants d’un monde sans silence et sans soleil », qui « se regardent sans se voir ». Une dystopie aux relents hélas actuels déployés au milieu d’un décor fait de structures métalliques et mât chinois qui impriment le rythme d’un Big Brother dont six âmes en peine doivent se défaire. Parmi le groupe, « un grain de sable, un personnage qui cherche sans le savoir, la lumière enfouie en chacun de nous », est-il mentionné dans les intentions de ce spectacle clin d’œil à « l’allégorie de la caverne. Et si rien n’était irrévocable ? ».

    Vendredi 16 octobre à 20h30 et samedi 17 octobre à 19h. Entre 10 et 20 euros. www.les-salins.net

  • Comédie de troupe familiale à Martigues et Aix

    Comédie de troupe familiale à Martigues et Aix

    C’est l’histoire de Louise, qui a plaqué ses études pour se lancer dans une carrière humoristique. Si bien que l’un de ses sketchs épicés lui a valu une fâcherie avec sa mère. Trois ans plus tard, là voilà de retour dans le foyer familial à l’occasion de la Fête des mères qui va se transformer progressivement en « un règlement de comptes aussi cruel que salvateur ». Le point de départ de Fête des Mères : diptyque familial, qui prend ses quartiers lundi 12 et mardi 13 octobre au Théâtre des Salins, et dont la trame narrative s’étire jusqu’au mariage de l’héroïne, cinq ans plus tard.

    Sel tragicomique

    Le cœur de l’action de cette comédie de troupe se déroule dans la maison familiale où le sel tragicomique est aussi assaisonné grâce à ses frères, Gabriel et Ziggy, mais aussi avec leur compagnon Arthur et Florence, « dont les excès d’alcool enveniment autant qu’ils détendent l’atmosphère. Étant moi-même issue d’une famille de quatre enfants, c’est un sujet que je connais bien et qui me paraît propice à des situations à la fois drôles et sensibles », rappelle Adèle Royné auteur et interprète de la pièce. Selon elle, Fête des Mères : diptyque familial lui « permet d’aborder des questions vitales et plus larges sur l’amour, l’engagement et la place qu’on occupe les uns vis-à-vis des autres ». Écrite avec Guillaume Vincent, une pièce en deux volets qui passera également les 14 et 15 octobre à Aix, sur la scène du Jeu de Paume.

    www.les-salins.net et www.lestheatres.net
  • À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    « Ce show musical n’a rien de neutre. Il revisite l’histoire française à travers une grille conservatrice et réactionnaire », peut-on lire sur l’un des tracts distribués devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Ce dimanche soir, La Dame de Pierre était à l’affiche. À l’appel de la CGT Spectacles, une trentaine de militants issus d’organisations antifascistes, syndicales et associatives se sont donc mobilisés deux heures avant le début de la représentation afin d’« informer » les spectateurs du « révisionnisme » qu’ils estiment véhiculé par le spectacle.

    Cette représentation musicale, qui propose de revivre « les grandes heures » de la cathédrale Notre-Dame de Paris, est en partie soutenue par le Fonds du Bien Commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. Selon le tract distribué par les manifestants, son metteur en scène serait par ailleurs « réputé proche de l’Action française ».

    « Ce n’est pas un spectacle comme les autres, ça distille des idées d’extrême droite, une ode à Marie. Ce n’est pas neutre », affirme Magali Braconnot, de la CGT Spectacles. Un second volet motive la mobilisation : celui du respect du « droit du travail ».

    « Fragilisés »

    L’an passé, une mobilisation avait déjà été organisée au même endroit pour dénoncer ce spectacle. Un signalement de la CGT Spectacles avait alors été transmis à l’Urssaf et à l’Inspection du travail. « 120 bénévoles étaient présents. Mais la loi l’interdit sur des spectacles dont l’entrée est payante. Au mois de juin dernier, on s’est rendu compte que ça avait fonctionné : il n’y a plus que des pros maintenant », précise Magali Braconnot.

    Elle poursuit : « Ils sont fragilisés. Ils ont 2,5 millions de déficit et ne savaient pas s’ils allaient continuer la tournée », selon la CGT, une seule tournée est programmée en octobre, trois dates auraient été annulées et une seule représentation, contre deux l’an dernier, est prévue à Aix-en-Provence.

    Le tout dans un contexte de restriction budgétaire dans le secteur culturel. « Là où le service public se rétrécit, les privés s’engouffrent : ils mettent leurs sous, mais avec leur idéologie. Ce n’est pas possible. »

    L’action de l’année dernière « avait été éclairante. Certains découvraient ce qu’ils allaient voir », souligne Claudie Hubert, pour le Collectif aixois contre l’extrême droite. À l’issue de la représentation de l’an dernier, une spectatrice avait adressé un témoignage aux organisations mobilisées. Elle y dénonçait notamment une représentation de la Révolution française qu’elle jugeait historiquement trompeuse, en contradiction avec ce que son enfant avait appris à l’école. « Aujourd’hui, il voyait un spectacle où la Révolution française détruit les églises dans la violence en disant : “Dieu n’existe plus”. C’est une déformation de l’histoire ! »

  • Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Une « tentative de récupération de l’Histoire au service d’un récit nauséabond et dangereux », selon le Collectif aixois contre les idées et violences de l’extrême droite. Un spectacle « qui distille une idéologie nauséabonde et des pratiques problématiques quant au respect du droit des salariés, comme souvent avec ces shows portés par des militants d’extrême droite », pour la CGT Spectacles. Les deux organisations, ainsi que Visa 13 et le Syndicat français des artistes (SFA), rejoints par d’autres associations, seront mobilisés devant l’Aréna du Pays d’Aix, ce dimanche 11 octobre, dès 16h.

    En cause : La Dame de Pierre, présentée sur le site de l’Aréna comme un « récit légendaire du plus célèbre monument du monde », actuellement en tournée et programmée à 18h. Comme un air de déjà-vu, puisque le 16 novembre dernier, date de programmation de ce même spectacle, une mobilisation s’était déjà tenue. Ils étaient à cette époque, plusieurs dizaines à manifester.

    Pour cause, le spectacle, mis en scène par Corentin Stemler, est en partie financé par le Fonds du Bien commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. « Dans le contexte de remise en cause du financement du service public de la culture que nous connaissons aujourd’hui, les milliardaires de l’extrême droite française ne cachent plus leurs ambitions d’investir massivement dans le secteur culturel (…). Pierre-Édouard Stérin lui, avance tous les jours les pions de son projet Périclès, acronyme pour “Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes”. Son projet a pour objectif d’assurer une victoire idéologique et politique à une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice de France », résume la CGT des Spectacles.

    Des tracts seront distribués aux spectateurs, pour « alerter » à propos d’un spectacle qui, selon les organisateurs de la manifestation, distille une « idéologie réactionnaire ».

  • Les rois présidentiels sur les planches de Châteauvallon

    Les rois présidentiels sur les planches de Châteauvallon

    On les appelle les rois présidentiels, ou les monarques républicains. Favorisés par une constitution qui leur confère de (trop) larges prérogatives, les présidents de la Ve République n’ont, de De Gaulle à Macron, jamais cessé d’être remis en question par les observateurs de la vie politique et les citoyens pour leur dimension autocratique, plus ou moins assumée, plus ou moins revendiquée.

    C’est ce « régime très vertical », qui a pour effet « d’imprimer la figure présidentielle dans l’inconscient collectif », qui a donné à Léo Cohen-Paperman l’idée d’en faire une série de spectacles : « Le fil rouge de ma carrière, c’est la question du théâtre populaire. Et je me suis dit que les présidents, c’était un support génial pour ça, parce que tout le monde a un affect. On les déteste, on les adore, on a éprouvé des choses pour ces gens », décrit le metteur en scène de 38 ans. Deux autres motivations plus personnelles : la « forte volonté » d’écrire avec l’acteur Julien Campani [qui incarne Jacques Chirac], et celle de rendre hommage à son père, « décédé il y a une petite quinzaine d’années. Il était journaliste, et c’est une manière de poursuivre les discussions que j’avais avec lui », précise-t-il.

    Un projet débuté en 2019 avec le spectacle sur Jacques Chirac, et qui doit s’achever d’ici deux ans par une œuvre finale dédiée à Charles De Gaulle et Georges Pompidou.

    « Traduire l’incarnation du pouvoir en esthétique »

    Cet ensemble prévu pour 2028 racontera l’histoire de « Pompidou jouant sur les ruines de De Gaulle, qui se casse la gueule (sic) en mai 1968. Il y a l’idée que Pompidou a été le premier président après le Général, et qu’il doit donc porter ce costume trop grand ». Si l’Élysée a compté « huit rois » depuis 1958, la série ne comptera, ainsi, que six pièces. « Je mets aussi Hollande et Sarkozy ensemble », explique Léo Cohen-Paperman. « Je trouve qu’ils se répondent bien. Ils n’ont pas été réélus, ce sont les derniers présidents de l’alternance gauche-droite, avant les dix ans de Macron. Et parce que je trouve qu’ils ont tous deux ouvert la page de la question identitaire sur le plan politique. »

    Chaque pièce, indépendante des autres, même s’il existe « des échos entre chacune d’entre elles », possède son propre style, dans une volonté de « traduire une incarnation du pouvoir en esthétique artistique », appuie l’auteur. « J’ai choisi, de manière très instinctive, car ça correspondait à leurs mandats selon moi, l’opéra pour De Gaulle et Pompidou, la tragi-comédie pour Mitterrand, le stand-up pour Sarkozy, le clown pour Hollande, la comédie onirique pour Chirac, le théâtre de vaudeville pour Giscard, la science-fiction pour Macron. Ce sont des genres populaires, des comédies accessibles et humoristiques. »

    La dernière citée, intitulée La thérapie d’Emmanuel Macron, connaîtra ses premières représentations du 3 au 9 novembre à Toulon, où l’artiste et ses comédiens seront en résidence jusqu’à la fin du mois d’octobre. Avant cela, La Vie et la mort de J. Chirac, roi des Français et Génération Mitterrand sont jouées au théâtre Liberté en cette fin de semaine, avec une intégrale, ce samedi (18h). En espérant que le neuvième roi (ou reine) élu en 2027 puisse aussi nous faire rire.

    Programmations et réservations sur chateuvallon-liberte.fr