Une vingtaine de représentants issus de trois organisations lycéennes (Refondation lycéenne, l’association Les Lycéens ! et l’Union syndicale lycéenne) sont arrivés à 15h à l’Élysée, à l’invitation du chef de l’État. Ce dernier annonçait, en amont de cette rencontre, sa volonté « d’écouter leurs revendications et inquiétudes ».
Emmanuel Macron a ainsi devancé le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui les recevra lundi, aux côtés des organisations enseignantes, syndicales, patronales, mais aussi des collectivités territoriales et des parlementaires « pour que le dialogue et le travail se poursuivent ».
la vigilance de mise
Les lycéens, dont plusieurs avaient exprimé leurs doutes vis-à-vis de cette invitation, ont pu obtenir quelques avancées à l’issue de cet entretien. « On a obtenu des promesses notamment sur la refonte de Parcoursup, ainsi que celle du bac Blanquer », avance Nathanaël Combary, président de Refondation lycéenne et, par ailleurs, militant au sein du parti Renaissance.
Louis Letoublon, membre de l’association Les Lycéens !, a de son côté évoqué « une brèche » ouverte par le président, dans laquelle « il faut que nous nous engouffrions » afin d’obtenir « de meilleures conditions d’études et d’apprentissage ».
Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL), s’est lui montré plus mitigé : « C’est déjà une petite victoire d’avoir été reçu, mais il n’y a pas de volonté d’abroger Parcoursup, seulement de faire des corrections. »
Les différentes organisations lycéennes convergent néanmoins sur la nécessité de poursuivre la mobilisation et appellent à participer aux manifestations, ce samedi. « On appelle à manifester car conserver ce rapport de force est malheureusement nécessaire pour avoir un dialogue », considère Nathanaël Combary, tandis que Ryad Rani insiste, plus incisif : « Rendez-vous dans la rue samedi, puis lundi avec le Premier ministre, on attend désormais des actions concrètes, plus du vent. »
Lors de cette rencontre avec Sébastien Lecornu, prévue ce lundi 26 octobre, les organisations étudiantes (Unef, la Fage et l’USL) comptent faire valoir une liste de dix mesures construites collectivement, estimées à 10 milliards d’euros, dont l’abrogation de Parcoursup et de la sélection à l’université, mais aussi une revalorisation des bourses étudiantes et la création de 250 000 places à l’université.
L’entretien des représentants des lycéens avec le chef de l’État a pris de nombreuses directions. La question des violences policières est venue sur la table. Les représentants de l’USL, dont Ryad Rani, ont jugé important de rappeler au président de la République « qu’il est garant de la Constitution et, par conséquent, du droit à manifester ».
Ces propos font écho aux divers arrêtés d’interdiction de manifester et au dispositif annoncé par le gouvernement pour encadrer les mobilisations, ce samedi : 70 000 membres des forces de l’ordre déployés, avec des unités d’élite comme le RAID, le GIGN ou encore la BRI.
Le jeune bachelier a conclu son intervention par un message d’encouragement au mouvement lycéen : « Ni la pluie, ni les vacances ne nous arrêteront. Le rapport de force est de notre côté, nous allons les faire céder. »

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