Des diplômes « colorés » pour les entreprises

Vendredi après-midi, le ciel est bleu et le soleil brille sur La Ciotat. Perché au sommet du grand portique du chantier naval, à une centaine de mètres de hauteur, Jean-Pierre Farandou se penche sur la barrière. De l’index, le ministre du Travail et des Solidarités cherche sa maison dans le magnifique paysage ciotaden.

En cette veille de week-end, sa visite dans les Bouches-du-Rhône avec la Marseillaise, Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’Enseignement, la formation professionnelle et l’apprentissage, s’achève. Passés par Mallemort en matinée, pour une visite de l’École de la construction, des infrastructures et réseaux, les deux membres du gouvernement ont ensuite mis le cap sur La Ciotat Shipyards.

« On veut agir pour que les jeunes aient un avenir dans ce pays et on pense que l’avenir, c’est l’industrie. On veut promouvoir ces métiers qui créent de la valeur, de la production, de la richesse », explique Sabrina Roubache. « On veut promouvoir l’apprentissage, cette capacité des jeunes à se former dans les entreprises », poursuit son ministre de tutelle.

L’entreprise donne le la

Le déplacement sans véritable annonce, se voulait suivant « la note aux rédactions » consacré à la formation professionnelle et aux besoins de main-d’œuvre, avec un accent particulier à La Ciotat sur les recrutements nécessaires à la montée en puissance de l’industrie de défense. De cela, il n’aura été que très peu question.

En dessous d’eux, sur le chantier ciotaden, l’activité bat son plein à cette période de l’année. Parmi les leaders mondiaux de la maintenance des gros yachts, le chantier compte 1 500 salariés. 40 métiers y sont référencés et 80 annonces d’emploi publiées en permanence. On y recherche des soudeurs, des chaudronniers, des mécaniciens, des électriciens, des électrotechniciens…

Quelques instants plus tôt, Olivier François, le directeur général de La Ciotat Shipyard et ses équipes ont présenté leurs axes de développement, et notamment leur volonté de repérer de jeunes élèves pour les incorporer dans des cursus leur permettant de découvrir les métiers, de se former et de travailler sur les chantiers. « On a voulu encourager cette initiative qui illustre de la volonté que nous avons au plan national », reprend le ministre.

Fervente partisane d’une « coloration des diplômes », Sabrina Roubache partie à la chasse aux « formations qui ne donnent pas de sortie en emploi » -elle pointe notamment le marketing digital- entend tenir un discours de vérité : « Il faut leur dire “vous n’aurez pas de travail là mais en revanche, il y a des entreprises et des bassins d’emploi qui ont besoin de compétences” », détaille la ministre. « On transforme la carte des formations en fonction du bassin d’emploi et pas l’inverse. Ce sont les entreprises qui donnent le la. »

Elle balaie au passage l’éventualité de la création d’une école de formation dédiée aux chantiers. « ça ne sert à rien de se démultiplier et de créer des CFA pour les créer (…) Quand je parle de coloration de diplômes, ça veut dire qu’on prend un Bac pro et qu’on rajoute une spécialité qui permet aux lycées pros de fournir aux entreprises locales une spécialité dont ils ont besoin. Et ça, ça ne coûte rien. » Tout est dit.

Le bâtiment d’armement va s’ouvrir

L’ancien bâtiment d’armement des chantiers navals, emblématique du patrimoine industriel d’inspiration Eiffel, va s’ouvrir sur le Port-Vieux de La Ciotat autour d’un projet culturel. Édifié après-guerre et dédié aux finitions des navires à flot jusqu’à la fermeture des chantiers en 1988,il a ensuite abrité le restaurant « Au Chantier ». Aujourd’hui, intégré au pôle de haute technologie gérépar La Ciotat Shipyards, il servait jusqu’ici de vitrineet accueillait des événements économiques locaux. L’inauguration est prévue le 11 décembre a indiqué vendredi, son directeur général. Ch.C.

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