Tag: Sabrina Roubache

  • Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    « Un fait grave qui a créé une grosse émotion au sein de la ville, du pays tout entier et de la communauté éducative ». Devant les grilles du collège Lakanal à Aubagne, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur pèse ses mots et veut « témoigner du soutien de l’ensemble du gouvernement au personnel éducatif du collège et signaler la gravité de ces faits ». Accompagné par Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale et Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’enseignement et l’apprentissage, le gouvernement a réagi au quart de tour suite aux évènements survenus dans la matinée dans le collège et les tirs d’un jeune de 14 ans qui a blessé deux fonctionnaires de l’établissement. « C’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité de ce fait », martèle le ministre de l’Intérieur. Quand Sabrina Roubache loue « le courage remarquable de la communauté éducative ». Son homologue de l’éducation va dans le même sens : « Il faut mesurer ce que ça fait quand un de vos élèves commet un acte criminel ».

    Édouard Geffray note surtout que : « Cet acte a une résonance particulière, dans la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard. Ce contexte n’a rien à voir mais cela résonne particulièrement. Et cela s’inscrit dans un phénomène sociétal de violence globale, singulièrement à l’encontre de l’institution scolaire ». Plus tôt dans la journée, Martine Vassal (DVD), présidente du département a annoncé élargir le dispositif « 100% sécurité » dans tous les collèges de sa collectivité comme réponse aux évènements de Lakanal, « avec des tourniquets à l’entrée et de la vidéoprotection ».

    « Une réponse collective »

    « La principale précédente avait refusé le dispositif. Maintenant, nous avons décidé de le faire pour tous, quel que soit l’avis du conseil d’administration des établissements », a-t-elle développé. Elle s’est aussi lancée dans une diatribe contre « certains corps enseignants qui refusent cette sécurité par idéologie ». Justement questionné sur la sécurité de l’établissement, Édouard Geffray lui répond indirectement : « L’école repose sur une confiance réciproque, c’est un refuge. On ne peut pas demander à un chef d’établissement de surveiller tous les sacs tous les jours ». Et tacle : « Les portiques sont faits pour empêcher les intrusions extérieures, pas les entrées régulières des élèves ». Avant de conclure : « Nous devons avoir une réponse collective ».

  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • Des lycéens récompensés pour leurs projets solidaires

    Des lycéens récompensés pour leurs projets solidaires

    Dans la cour du lycée Le Chatelier, les élèves brandissent fièrement leur diplôme encadré, le « Prix Édith Arnoult-Brill du Projet Solidaire », et lancent leur toque en l’air. Cette réussite est la leur : deux ans au sein du programme « Lycées Pro’Solidaires », durant lesquelles ils ont pu développer des projets concrets. Huit classes, douze groupes de lycéens de La Viste, La Calade, l’Estaque et Le Chatelier à Marseille, mais aussi de Jean-Monnet, à Vitrolles. Quand l’une des classes a organisé des sorties pour des petits placés au sein d’une maison d’enfants à caractère social (Mecs), d’autres ont appris à des femmes précaires la couture.

    Face aux élèves, Amine Kessaci, adjoint EELV au maire en charge de la Jeunesse, évoque son propre parcours, étant lui-même titulaire d’un bac pro : « C’est la preuve que tout est possible ». « Un déclic suffit à déplacer une frontière et changer un destin », abonde Sabrina Roubache, ministre déléguée en charge de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, rappelant qu’elle a grandi à quelques mètres d’ici, rue Félix-Pyat. Les élèves ont par la suite présenté, devant un jury, un projet pour un voyage pédagogique. C’est ainsi qu’ils se sont rendus à Montréal, Copenhague, Stockholm et Amsterdam. « Vous êtes fiers de vous et ça, il faut le revendiquer, ce que vous avez fait est assez extraordinaire », pousse Charles Lantieri, directeur général délégué de FDJ United, devant les élèves chaleureusement applaudis.

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.

  • À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    Attirer, former et recruter. C’est l’objectif poursuivi par la Halle immersive, inaugurée en novembre dernier au sein du Centre de formation des apprentis (CFAI) istréen de l’Union des industries et métiers de la métallurgie. Depuis l’ouverture, plus de 1 000 visiteurs sont passés dans ce lieu. Derrière, les Missions locales et France Travail se mobilisent pour présenter les parcours proposés par les organismes partenaires.

    Dans la région, les enjeux sont grands : 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, soit, possiblement, 10 000 emplois supplémentaires dans l’industrie. Sans oublier 60 000 recrutements pour remplacer les départs à la retraite.

    Pour relever le défi, le « jeu d’acteurs qu’on a réussi à mettre en place avec l’ensemble d’un collectif qui réunit les branches, l’État, le rectorat, France Travail, les Missions locales » est essentiel, confie le directeur du CFAI d’Istres, Jean-Pierre Dos Santos. « Il faut se focaliser sur ce que veut le demandeur, sinon, on passe à côté. » À propos de la visite de Sabrina Roubache, le directeur affirme : « C’est important d’avoir un relais au plus haut niveau de l’État qui comprend ces mécanismes-là et qui va être capable d’encourager l’ensemble des acteurs à continuer de faire ce travail de concertation, de collaboration au service du bénéficiaire. »

    Du côté des formations en alternance, « l’offre n’est pas un problème », assure-t-il. D’autant que « le secteur, particulièrement la chaudronnerie et la soudure, recrutent énormément » d’après la chargée de mission Céline Longobardi.

    Un point d’interrogation subsiste néanmoins pour la rentrée prochaine : les effets de la baisse des aides à l’apprentissage allouées aux entreprises. La ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels précise : « Les aides à l’apprentissage ont été diminuées pour les entreprises de plus de 250 employés, passant de 6 000 à 2 000 euros. (…) On a réajusté. Je pense que les grandes entreprises qui ont besoin de recruter sont capables de le faire et n’ont pas besoin de l’aide de l’état pour investir dans les compétences. » Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide est maintenue à 5 000 euros pour la première année, contre 6 000 auparavant.

  • Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Dernière étape de la visite de la ministre déléguée Sabrina Roubache, ce lundi : la section professionnelle du lycée Fourcade de Gardanne, site du lycée de l’Étoile. Celui-ci regroupe plus de 300 élèves contre 1950 sur la totalité du site. Après ses visites à Istres et Salon-de-Provence, Sabrina Roubache a rencontré les équipes pédagogiques avant d’échanger avec les élèves en formation dans les services d’aide à la personne.

    Une problématique bien spécifique a été portée à sa connaissance par le proviseur, Jean-Paul Peyrache. Il y a 9 ans, le lycée professionnel de l’étoile a été rattaché au lycée général et technologique (LGT) de Fourcade. « Une fusion qui demeure insatisfaisante à ce jour. Les professionnels que nous sommes ont su s’adapter. Mais, là ou l’école doit œuvrer à la mixité sociale et l’intégration, nos élèves de la Section d’enseignement professionnel (SEP) vivent leur scolarité à un kilomètre de leurs camarades du LGT », a expliqué le proviseur. Il a aussi rappelé que « le LGT affiche un IPS [indice de position sociale] de 126,8, quand celui de la SEP est de 92,3, soit 34 points de moins. Quand le recrutement des filières générale et technologique s’effectue à 75% sur un secteur résidentiel privilégié, celui de la SEP a le même taux sur des quartiers marseillais défavorisés et éloignés. Ce qui pourrait n’être qu’un constat classique des différences habituelles entre enseignement pro, général et technologique, prend une dimension bien plus stigmatisante dans ce lycée ». Une seule solution pour Jean-Paul Peyrache : implanter l’étoile sur le site du lycée général et technologique. Le foncier, selon lui, est disponible.

    « La voie pro attire »

    « Vous avez une ministre qui a été choisie par le président pour reprendre ce portefeuille qui, depuis 2024, n’existait plus trop, rappelle Sabrina Roubache. Je suis venue vous voir pas seulement pour visiter, mais pour prendre votre dossier, travailler et vous apporter le maximum de solutions. » La ministre a précisé que, sur ce dossier, « ce qu’on nous demande, c’est d’avoir quelque chose qui ressemble plus à une cité scolaire, plutôt que deux pans de formation qui ne se croisent pas. C’est un problème de bâti, de structure, de foncier ».

    Ce point local abordé, la ministre a élargi les échanges aux enjeux plus globaux de la voie professionnelle, qu’elle affirme toujours attractive. Et rappelle que « 650 000 lycéens professionnels représentent un tiers des lycéens ». En apprentissage, les apprentis seraient passés de 300 000 en 2017 à un million à ce jour. « Que la voie professionnelle n’attire pas, ce n’est pas vrai », assure la ministre, qui souhaite « déployer les internats, donner des possibilités d’hébergement aux familles pour que chaque enfant qui a envie de faire une formation [puisse la faire] ».

    Elle réitère son projet de « réforme de carte des formations professionnelles » articulée autour d’une question : « Comment créer, dans des bassins d’emploi, notamment chez nous avec Gardanne, Istres, Fos et Berre, des formations qui vont donner d’ici 2030 entre 6 000 et 10 000 emplois ? » Et assure, sur les baisses des aides aux entreprises pour le recrutement en alternance : « Il n’y a pas de baisse drastique, il y a un réajustement à la maille, mais c’est une politique qui a démarré il y a 9 ans. »

  • La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    En déplacement dans le département, Sabrina Roubache revient sur les traces de sa famille. « Ma mère a grandi là » s’émeut la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage face à Jérémy, un jeune salonais qui lui présente son travail d’archives destiné à faire vivre la mémoire du quartier des Canourgues, alors qu’une opération de renouvellement urbain y est en cours. Le vingtenaire mène ce projet en partenariat avec la Mission locale de la ville.

    Cette structure a déménagé en septembre dernier dans de nouveaux locaux, boulevard Pasquet, là où était autrefois installé Pôle emploi. Racheté par la municipalité pour 1,5 million d’euros, cet espace de 1 000m2 a été rénové pour rassembler en un lieu unique les quatre bureaux de la commune et permettre un meilleur accompagnement des 2 300 jeunes, âgés de 16 à 25 ans, suivis chaque année. « Il y a plein de dispositifs, un peu essaimés, qui ont été relocalisés, glisse le maire de Salon, Nicolas Isnard (LR). Ça nous permet aussi de rouvrir une antenne de Centre d’information et d’orientation à la rentrée prochaine pour faire une véritable Maison de la promotion des métiers. »

    Parmi les autres innovations de la Mission locale : la Gaming House. Romuald, son référent, explique : « Les jeunes font une simulation qui dure de 45 minutes à une heure. À l’issue, ils sont évalués sur dix compétences psychosociales comme la planification, la gestion du stress, la gestion du temps, le leadership, etc. Ce qui est vrai dans les jeux vidéo peut être transposé dans la vie réelle. » L’an passé, 56 jeunes ont bénéficié de ce dispositif. Autant depuis janvier.

    Avec ces outils numériques et la réunion d’une multiplicité d’acteurs, la structure poursuit un objectif : « Que ce lieu soit un lieu pour la jeunesse et pas seulement des locaux professionnels », affirme son directeur, Jean-François Bruneau. « Ça va être un modèle du genre », s’émerveille Sabrina Roubache.

    Un budget en baisse

    Pourtant, le budget alloué aux Missions locales est en baisse dans la loi de finances 2026. Initialement annoncée à 13%, la baisse devrait finalement se situer entre 7% et 8%. Parallèlement, les structures du réseau constatent une hausse significative de la demande d’accompagnement. Depuis septembre 2025, le nombre de premiers accueils aurait ainsi augmenté d’environ 8% et même de 10% pour les mineurs, selon l’Union nationale des Missions locales.

    « Ça n’a échappé à personne qu’on est en période de discipline budgétaire et qu’on ne peut pas imaginer, quel que soit le secteur ou le segment, qu’on n’essaie pas de réajuster à la marge, justifie la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’Apprentissage. Mon combat est de ne pas faire de coupe brutale. On m’a déjà interpellée, notamment sur les premiers équipements pour les apprentis, et on regardera à la maille des territoires, là où on peut aider et là où on peut faire des péréquations. Quand on voit une mission locale comme celle de Salon, tout le monde en rêve. Ça veut dire une chose : quand vous avez des pouvoirs publics qui travaillent ensemble, avec des élus locaux qui s’emparent de la question, l’État et des jeunes qui sont en demande, ça fonctionne. Et on va appuyer ça. (…) On sait aller chercher des crédits là où c’est utile. »

    Sabrina Roubache assure rentrer à Paris « en s’en inspirant » : « Je vais demander que l’on m’aide à en faire le modèle de ce que peut être une Mission locale, quand il y a une volonté municipale. »

  • L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    D’ordinaire loquace, Sabrina Agresti-Roubache s’est retranchée dans son ministère depuis que les résultats du premier tour sont tombés.

    L’entourage de la ministre chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnels et de l’Apprentissage justifie son silence par le « devoir de réserve gouvernemental », mais laisse filtrer son état d’esprit.

    « La ministre est très en colère devant le naufrage du bloc central », indique-t-on. Avant le scrutin, Sabrina Agresti-Roubache s’était démarquée de Martine Vassal à plusieurs reprises, considérant que l’orientation de sa campagne n’était pas assez compatible avec celle d’une « macroniste de la première heure ». Comprendre : la candidate et sa liste penchaient trop à droite pour rassembler, même si l’une de ses proches, Sandra Blanchard, figurait en 13e position.

    « Chacun doit prendre ses responsabilités, ceux qui ont désigné et investi la candidate doivent prendre leurs responsabilités à ses côtés », souffle-t-on du côté du ministère. Un coup de griffe implicite à Renaud Muselier, président de Région et « pilote municipal » de Renaissance, le parti présidentiel, pour la commune de Marseille ? « C’est vrai au plan local comme national », renchérit l’entourage de la ministre, visiblement agacée par le quitus donné par Gabriel Attal à la stratégie menée à Marseille.

    « La ministre s’était retirée sans sourciller »

    « C’est un échec pour la droite et le centre, un désastre même, dans une ville où cet espace politique pesait 40% il n’y a pas si longtemps », poursuit un autre proche de Sabrina Agresti-Roubache.

    « Face à la menace RN, la ministre s’était retirée sans sourciller lors des législatives, avant tout le monde, sans que personne n’ait besoin de lui téléphoner », rappelle l’entourage de la ministre. Une manière de désavouer en creux la volonté de se maintenir de la candidate de la droite et du centre.

  • La Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache nommée ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnelle

    La Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache nommée ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnelle

    C’est un mini-remaniement qui intervient à l’occasion du départ de plusieurs ministres engagés dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales

    Catherine Pégard, conseillère d’Emmanuel Macron, est nommée à la Culture en remplacement de Rachida Dati .

    Outre cette nomination attendue, l’ex-ministre macroniste marseillaise, Sabrina Agresti-Roubache, fait son retour en tant que ministre déléguée chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage.

    La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon devient aussi ministre déléguée chargée de l’Energie.

    Le chef de l’Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq, qui souhaitait retrouver son siège à l’Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez.