Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.

Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.

En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».

Qui a la compétence ?

L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».

Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».

À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.

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