Tag: déchets ménagers

  • Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    L’addition passe d’autant moins face aux difficultés budgétaires de la Métropole Aix-Marseille. Selon nos informations, le délégataire de l’incinérateur de déchets de Fos-sur-Mer, la société EveRé, filiale du groupe espagnol Urbaser, a refusé cet été de payer une somme de 15,9 millions réclamée par l’intercommunalité. Et a décidé, le 14 août dernier, de saisir le tribunal administratif de Marseille pour contester les deux titres exécutoires émis par l’institution.

    Le contrat de délégation de service public du centre de traitement multi-filières des déchets ménagers prévoyait en effet une clause d’intéressement sur les recettes issues de la valorisation énergétique « correspondant au versement d’un montant de 30 euros par tonne de déchets industriels et commerciaux banals traitée sur les installations ». C’est que l’incinération des déchets peut être particulièrement lucrative. Ainsi pour la seule année 2024, la société a vendu pour 144 gigawattheures d’énergie électrique – l’équivalent de la consommation annuelle de 30 000 foyers – en incinérant quelque 356 000 tonnes de déchets. De quoi lui rapporter 31,9 millions d’euros, après les 24,5 millions collectés l’année précédente. Et conforter ses bénéfices après plusieurs années de pertes : la société présentait ainsi un résultat net de 8,8 millions d’euros en 2023, puis de 9 millions d’euros en 2024.

    Ce n’est pourtant que le 28 juillet dernier que la Métropole a réclamé les montants de sa clause d’intéressement pour les deux années, soit 6,7 millions d’euros pour 2023 et 9,2 millions pour 2024. Elle devra désormais passer par le tribunal administratif pour les obtenir. Sollicitées, ni l’intercommunalité ni la société EveRé n’ont donné suite.

  • [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    Ce mercredi 30 septembre, en conseil municipal, le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, s’inquiétait d’un « bruit qui court ». « L’incinérateur actuel bénéficie encore de foncier à proximité et nous avons des petits signaux faibles qui laisseraient entendre que sa capacité arrive à saturation et que, peut-être, il faudrait réfléchir à son extension », expliquait-il (notre édition du 01/10). Mais alors que l’édile marquait son opposition, le moment des signaux faibles est déjà bien dépassé.

    La Métropole a en effet d’ores et déjà décidé de lancer une série d’études dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public du centre de traitement de Fos, avec dans le viseur « la conception et la réalisation d’une éventuelle 3e ligne d’incinération permettant de sécuriser les exutoires métropolitains ».

    Déchets sans débouchés

    Approuvé le 4 juillet 2005, le contrat historique de délégation de service public, qui avait abouti à la construction de l’incinérateur pour traiter les déchets des 18 communes de l’agglomération marseillaise, s’achève en effet le 30 novembre 2030, après vingt ans de fonctionnement effectif marqué par une succession de bras de fer judiciaires. Avec lui se pose la question de l’avenir du site de traitement multi-filières de déchets qui, pour la seule année 2024, avait traité plus de 400 000 tonnes de déchets, dont 356 000 tonnes ont été incinérées sur les deux lignes de l’unité de valorisation énergétique.

    Face à ces enjeux et à la complexité du dossier, la Métropole Aix-Marseille a donc lancé le 5 septembre dernier une assistance à maîtrise d’ouvrage juridique, technique et financière pour préparer le nouveau contrat d’exploitation de la totalité du centre de traitement, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre 2030 pour une durée encore à déterminer. Un dossier d’autant plus important face à la bombe à retardement de la gestion des déchets. « Un déficit de capacité de traitement en maîtrise d’ouvrage publique mais aussi privée est à noter dès 2028 malgré les efforts réalisés en termes de prévention des déchets », s’alarme l’intercommunalité dans son cahier des charges.

    Réutilisation du CO2

    C’est que selon le dernier rapport annuel métropolitain, la quantité de déchets ménagers et assimilés collectés en 2024 n’a baissé que de 0,7% par rapport à l’année précédente, uniquement grâce aux déchetteries, tandis que seules 285 000 tonnes ont été recyclées. À peine plus d’un quart du tonnage collecté. Alors la Métropole enfouit. La décharge de l’Arbois a déjà été agrandie et doit accueillir 1,4 million de tonnes de déchets jusqu’en 2039 (notre édition du 03/12/2024). Un marché public a été lancé cet été pour en faire de même pour la décharge du Vallon de Fou à Martigues, avec la création de deux nouvelles alvéoles. Des solutions dont le coût s’envole avec l’augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes.

    « Le centre de traitement multifilière métropolitain de Fos-sur-Mer constitue, dans ce cadre, une opportunité de traitement pour les déchets ménagers produits sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence », explique donc l’institution. Qui en fait le premier enjeu technique pour le renouvellement de la délégation de service public, en s’interrogeant déjà sur la possibilité d’utiliser les futures capacités disponibles pour des déchets d’activités économiques.

    À cela s’ajoute l’ambition d’adaptations « nécessaires à l’atteinte des seuils d’émission atmosphériques les plus bas techniquement possibles », et la séquestration de CO2 qui pourrait être réemployé sur la zone industrielle ou être séquestré en profondeur. Pour peu que ces ambitions ne se heurtent pas à la fronde des riverains.

  • Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.

    Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.

    En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».

    Qui a la compétence ?

    L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».

    Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».

    À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.

  • Le Sittomat remet un chèque de 13 790 euros à la Ligue contre le cancer

    Le Sittomat remet un chèque de 13 790 euros à la Ligue contre le cancer

    Depuis 15 ans, le Sittomat, établissement public en charge de la gestion des déchets dans l’aire toulonnaise, s’associe au Comité Var de la Ligue contre le cancer pour une opération caritative annuelle. Le principe : pour chaque tonne de verre collectée, l’organisme reverse 1,30 euro au comité. Et avec 10 608 tonnes sur la dernière année écoulée, un chèque de 13 790 euros a été remis mercredi au président du Comité Var de la Ligue contre le cancer Jean-Louis Wendling.

    Une somme qui vient s’ajouter aux 125 418 euros déjà reversés depuis le lancement du partenariat en 2011. « C’est un apport suffisamment important pour qu’il soit dans notre budget prévisionnel d’environ 700 000 euros chaque année. On distribue beaucoup d’argent, y compris dans l’action sociale, et donc il faut en rentrer », explique Jean-Louis Wendling.

    1 bouteille sur 2 recyclée

    Pour autant, la somme pourrait être doublée si l’ensemble du verre ménager était collecté : « On a environ 10 000 tonnes de verre dans les déchets ménagers dans l’aire toulonnaise par an, soit une bouteille sur deux qui n’est pas recyclée. La moitié vient des commerçants, l’autre des habitants », déplore Gilles Vincent, président du Sittomat, qui souhaiterait voir le recyclage rendu obligatoire, ou au moins encouragé par un retour de la consigne. « C’est pour cela qu’on associe le tri à la ligue contre le cancer, pour dire à l’usager que son geste est positif pour l’environnement et aide également la ligue contre le cancer », explique Christophe Deligny, directeur du Sittomat.

  • [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux de cette 4e édition de « Nettoyons le Sud » qui se déroule ce samedi 30 mai ?

    Christophe Madrolle : Nous avons créé cette opération parce qu’il y avait beaucoup d’associations qui organisaient leurs propres nettoyages et on s’est dit, vis-à-vis de l’urgence de protéger notre belle région, que mobiliser l’ensemble des associations autour d’une date que nous avons fixée au 30 mai serait beaucoup plus impactant pour la population. Nous avons eu plus de 100 tonnes de déchets ramassés l’année dernière, une mobilisation de 400 collectivités et de 22 000 bénévoles qui se sont mobilisés ce jour-là. C’est une opération qui est construite avec les associations environnementales, les associations de défense de l’environnement, celle de l’espace marin, des collectivités et des entreprises. Nous espérons atteindre et doubler le nombre de bénévoles pour cette année.

    Cette opération porte aussi sur les enjeux autour des déchets sur le territoire ?

    C.M. : Absolument, elle a un rapport sur un véritable point, un point politique puisque cette opération permet de sensibiliser nos citoyens sur les moyens que met en place la région en matière de protection de l’environnement. On veut aussi rappeler que la Région Sud s’est dotée du premier budget vert européen, donc toute aide donnée par la région à une entreprise, une collectivité ou une association est acceptée à une seule condition : répondre à un cahier des charges avec la baisse d’émissions de carbone sur leur traitement de déchets.

    Au-delà de la sensibilisation, est-ce que cette opération peut donner un message d’espoir aux habitants ?

    C.M. : C’est ce qu’on cherche en tout cas, si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète, grosso modo. On a une action à la région que nous portons pour que les entreprises réduisent les déchets à la source, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi continuer à amener nos concitoyens à faire le tri sélectif et avoir de la transparence dans la chaîne de traitement des déchets. C’est un message qui nous amène à prendre conscience qu’un déchet, depuis sa fabrication jusqu’à sa destruction, c’est quelque chose que nous devons traiter.

    Selon l’Insee, en 2021, la quantité de déchets dans la région s’élevait à plus de 638 kg par habitant, soit 16% de plus qu’en France métropolitaine, on peut donc faire mieux.

    C.M. : Exactement, cette opération permet de porter un discours : que l’on habite dans une grande ou petite ville, le tri sélectif se fait différemment. Il faut alors une vraie sensibilisation et permettre à tous de pouvoir réduire ses déchets ménagers.

    Entretien réalisé par Noa Armony

  • Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Un incinérateur qui ne chauffe pas assez fort pour détruire les Pfas. Entendre les composés « per » et « polyfluoroalkylés », présents notamment dans les textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs. Pour Sébastien Barles, conseiller communautaire écologiste, responsable du collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, et Paul Poulain, ingénieur prévention, le centre Évéré, basé depuis 15 ans à Fos-sur-Mer, n’est pas adapté à l’élimination de certains déchets devenus omniprésents dans les ordures ménagères.

    « En chauffant à 850 degrés, il ne prend pas en compte la résistance au feu des Pfas qui, pour être détruits, doivent brûler entre 1 100 et 1 400 degrés », pose Paul Poulain. De quoi garantir une minéralisation de ce genre de déchets, précise une étude de l’Ineris parue en 2023.

    L’ingénieur prévention dans les assurances et auteur de Tout peut exploser, Enquête sur les risques et les impacts industriels (Fayard), insiste sur la dangerosité de ce polluant méconnu. « 4 700 substances au total listées par l’OCDE », précise-t-il, citant une étude de 2018, mise à jour en février 2025. Si un plan d’action interministériel sur les Pfas a été mis en place en 2024, la réglementation au niveau national et européen de ces substances reste embryonnaire.

    Des bases de données limitées

    Paul Poulain entend alerter et sensibiliser le grand public aux risques sanitaires de ce genre d’installation et au-delà des émissions des zones industrielles. « Ce n’est pas comme si on avait des doutes », considère-t-il, se basant sur une étude de Santé publique France, parue ce 4 décembre, sur l’état de santé des populations autour des grands bassins industriels où la zone de Berre, Fos et Marseille a été prise en compte. Les conclusions de l’établissement public ne sont pas aussi tranchées. Ce dernier indiquant que « des résultats ont montré une association entre une exposition liée à des industries (…) et des surrisques pour certains indicateurs de santé », mais qu’ils sont à « mettre en perspectives, au vu des limites identifiées des bases de données utilisées et du design même de l’étude, qui ne permet pas d’établir de lien causal entre l’exposition industrielle et l’apparition des pathologies étudiées ». Il souligne néanmoins « l’importance de maintenir et renforcer la surveillance environnementale des installations industrielles ».

    Concrètement, « nous avons écrit au préfet de région sur la question du contrôle et de l’accès à l’information », indique Sébastien Barles, pour qui cette question s’inscrit également dans un contexte électoral. « Ce sera un sujet de l’élection métropolitaine, niveau auquel nous comptons organiser des états généraux des déchets », espère l’élu. Paul Poulain ne cache pas non plus ses ambitions. « Je vais rejoindre Vaï pour les municipales, je serai sur la liste dans les 15e et 16e arrondissements, secteur de Marseille le plus impacté » par la pollution estime-t-il, dénonçant au passage une « inégalité territoriale ».