Tag: gestion des déchets

  • [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    Ce mercredi 30 septembre, en conseil municipal, le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, s’inquiétait d’un « bruit qui court ». « L’incinérateur actuel bénéficie encore de foncier à proximité et nous avons des petits signaux faibles qui laisseraient entendre que sa capacité arrive à saturation et que, peut-être, il faudrait réfléchir à son extension », expliquait-il (notre édition du 01/10). Mais alors que l’édile marquait son opposition, le moment des signaux faibles est déjà bien dépassé.

    La Métropole a en effet d’ores et déjà décidé de lancer une série d’études dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public du centre de traitement de Fos, avec dans le viseur « la conception et la réalisation d’une éventuelle 3e ligne d’incinération permettant de sécuriser les exutoires métropolitains ».

    Déchets sans débouchés

    Approuvé le 4 juillet 2005, le contrat historique de délégation de service public, qui avait abouti à la construction de l’incinérateur pour traiter les déchets des 18 communes de l’agglomération marseillaise, s’achève en effet le 30 novembre 2030, après vingt ans de fonctionnement effectif marqué par une succession de bras de fer judiciaires. Avec lui se pose la question de l’avenir du site de traitement multi-filières de déchets qui, pour la seule année 2024, avait traité plus de 400 000 tonnes de déchets, dont 356 000 tonnes ont été incinérées sur les deux lignes de l’unité de valorisation énergétique.

    Face à ces enjeux et à la complexité du dossier, la Métropole Aix-Marseille a donc lancé le 5 septembre dernier une assistance à maîtrise d’ouvrage juridique, technique et financière pour préparer le nouveau contrat d’exploitation de la totalité du centre de traitement, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre 2030 pour une durée encore à déterminer. Un dossier d’autant plus important face à la bombe à retardement de la gestion des déchets. « Un déficit de capacité de traitement en maîtrise d’ouvrage publique mais aussi privée est à noter dès 2028 malgré les efforts réalisés en termes de prévention des déchets », s’alarme l’intercommunalité dans son cahier des charges.

    Réutilisation du CO2

    C’est que selon le dernier rapport annuel métropolitain, la quantité de déchets ménagers et assimilés collectés en 2024 n’a baissé que de 0,7% par rapport à l’année précédente, uniquement grâce aux déchetteries, tandis que seules 285 000 tonnes ont été recyclées. À peine plus d’un quart du tonnage collecté. Alors la Métropole enfouit. La décharge de l’Arbois a déjà été agrandie et doit accueillir 1,4 million de tonnes de déchets jusqu’en 2039 (notre édition du 03/12/2024). Un marché public a été lancé cet été pour en faire de même pour la décharge du Vallon de Fou à Martigues, avec la création de deux nouvelles alvéoles. Des solutions dont le coût s’envole avec l’augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes.

    « Le centre de traitement multifilière métropolitain de Fos-sur-Mer constitue, dans ce cadre, une opportunité de traitement pour les déchets ménagers produits sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence », explique donc l’institution. Qui en fait le premier enjeu technique pour le renouvellement de la délégation de service public, en s’interrogeant déjà sur la possibilité d’utiliser les futures capacités disponibles pour des déchets d’activités économiques.

    À cela s’ajoute l’ambition d’adaptations « nécessaires à l’atteinte des seuils d’émission atmosphériques les plus bas techniquement possibles », et la séquestration de CO2 qui pourrait être réemployé sur la zone industrielle ou être séquestré en profondeur. Pour peu que ces ambitions ne se heurtent pas à la fronde des riverains.

  • Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Martigues : la gestion des déchets est toujours un sujet à Croix-Sainte

    Les déchets, le tri sélectif et leur gestion par la Métropole sont devenus des sujets incontournables des assemblées citoyennes. Le conseil de quartier de Croix-Sainte, mercredi soir, en a une nouvelle fois apporté la preuve lorsque plusieurs riverains ont signalé différentes difficultés.

    Cet habitant du quartier fidèle au tri sélectif se demande s’il « ne serait pas possible d’inverser les passages pour en avoir deux de tri sélectif et un d’ordures ménagères », contrairement à ce qui se fait actuellement. Le chef du service déchets de la Métropole à Martigues, Thomas Fian, rapporte qu’« on a encore des quantités d’ordures ménagères » justifiant cette organisation. Il rappelle que les fréquences ne sont pas sectorisées et sont « une décision d’envergure métropolitaine votée par les conseillers ». « Si vous avez de trop grosses quantités, demandez des bacs plus grands, 140 litres, c’est suffisant pour une fois par semaine », estime l’agent.

    L’adjointe (PCF) et conseillère métropolitaine, Valérie Baqué, n’est pas convaincue : « Quand on fait le tri sélectif, on est censé n’avoir que l’emballage en définitif. Là où j’habite, les bacs ne sont pas assez grands et, du coup, le tri sélectif n’est pas fait. » Thomas Fian objecte à l’idée d’un grand bac collectif que « les bacs de tri sélectif sont pollués à 50 voire 70% » quand ils sont collectifs. Selon lui, « le refus de tri est plus bas quand les résidents ont des bacs individuels ».

    Transfert de compétence ?

    Le sujet soulève une question plus politique chez un habitant. « Il était question de rétrocession des compétences métropolitaines durant la campagne », se souvient-il. L’adjoint et élu métropolitain, Pierre Dharréville, explique que « le débat n’a pas été engagé au regard du budget qui occupe la totalité des séances du conseil depuis notre élection ». « Nous devons gérer un budget en partie consommé, espérons que cela pousse l’institution à la réorganisation. Les rétrocessions font partie des sujets qui préoccupent les élus, mais certaines demandent une intervention législative. »

    Le même habitant demande si la gestion des ordures ménagères fait partie des compétences susceptibles d’être rétrocédées. Pierre Dharéville estime qu’« il y a peut-être un cadre, au moins pour la gestion opérationnelle que nous avons demandé à récupérer sans avoir eu de réponses, alors qu’on paye le service deux à trois fois tout en étant moins bien rendu que lorsqu’on le gérait nous-mêmes », avant d’éloigner le centre de décision.

    En attendant, des moyens de signaler les désagréments existent. Pour la majorité des cas, l’application « Adoptez le réflexe » de la Métropole permet de saisir les services compétents. D’autre part, l’application « Allô Martigues » donne lieu à un ticket consulté par les services de la Ville. « On est aussi là pour vous aider à la mise en relation avec la Métropole », insiste l’agent du service Développement des quartiers dédié à Croix-Sainte.

  • Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.

    Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.

    En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».

    Qui a la compétence ?

    L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».

    Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».

    À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.

  • Les bords de la Durance dépollués, certains accès fermés

    Les bords de la Durance dépollués, certains accès fermés

    Alors qu’elles effectuaient une patrouille aux abords de la Durance, les équipes de la Société Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) ont constaté « une barrière communale vandalisée avec, pour conséquence directe, plusieurs véhicules abandonnés en bord de Durance dont un volé, la présence d’un squat ainsi que d’importants dépôts de déchets dans le secteur », indique la SMAVD sur ses réseaux sociaux. Des faits régulièrement rencontrés, notamment à Châteaurenard.

    En réponse, la SMAVD a mené une action de dépollution, récoltant ainsi 2,3 tonnes de déchets avant de fermer plusieurs accès à la Durance, pour éviter les dépôts de déchets sauvages.

  • Le Grand Avignon assouplit son règlement des déchetteries

    Le Grand Avignon assouplit son règlement des déchetteries

    « Cela nous a donné du fil à retordre mais on est arrivé à un consensus entre nous. » Ce lundi soir en séance du conseil communautaire du Grand Avignon, Grégoire Souque, maire (RN) de Morières, n’évoque pas le vote du budget. Le vice-président en charge des déchets fait état de la révision du règlement d’accès aux déchetteries du territoire. Un document pourtant modifié en février dernier qui visait « à améliorer l’accueil, la fluidité et l’équité d’accès aux équipements », exposait alors le Grand Avignon.

    Mais, à l’usage et face aux nombreuses complaintes des particuliers, la collectivité a revu sa copie. « Toujours à l’écoute de ses usagers, le Grand Avignon fait évoluer les conditions d’accès à ses déchetteries pour proposer un service public plus souple et mieux adapté aux réalités du quotidien », indique pudiquement, dans un communiqué, l’agglo ce mardi. La norme reste le plafonnement à 18 passages par an dans la limite de 3 m3 par jour. Un seuil jugé trop faible, notamment pour l’évacuation de végétaux.

    Ainsi, à compter du 1er octobre, 10 passages supplémentaires par an sont autorisés pour les végétaux. Et même 10 encore de plus pour les « personnes soumises à une obligation légale de débroussaillement, sur présentation d’un justificatif », précise le Grand Avignon. Attention, ces 10 passages en sus « ne sont pas automatiques : ils doivent faire l’objet d’une demande anticipée auprès du Grand Avignon, afin de permettre l’enregistrement et le traitement du dossier ». Second changement notable, une dérogation exceptionnelle peut être accordée pour des apports volumineux, au-delà des 3 m3 quotidiens. Et ce en cas de décès, sinistre ou déménagement. Là encore, il faudra montrer patte blanche en prévenant au moins 96 heures avant, une offre uniquement valable sur le site d’Avignon Courtine.

    Enfin, les particuliers pourront accéder aux déchetteries avec un utilitaire jusqu’à 3,5 tonnes, style camionnette et grand fourgon. Interpellé par Annick Dubois (PS) sur le fait que cette disposition pouvait inciter les professionnels à se faire passer pour des particuliers et éviter de payer, le président Olivier Galzi, président (DVD) assume ce « risque et ne pas pénaliser l’usager », qui serait moins tenté par un dépôt sauvage.

  • L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    Les entreprises de l’association des Chalus ont mis en avant les problématiques qui leur tenaient à cœur lors de leur réunion de rentrée, vendredi. Certains adhérents ont par exemple exprimé leurs craintes concernant le projet d’extension de la zone d’activité, redoutant que des concurrents viennent s’y installer. Thomas Cherbakow, conseiller municipal de Forcalquier et vice-président de la communauté de communes en charge des finances, les a rassurés en affirmant que cela ne serait pas le cas. La directrice de la crèche s’est également inquiétée de la gestion des déchets, expliquant devoir rentrer chez elle avec sa poubelle de couches, faute de place.

    L’association d’entreprises a également décidé de travailler conjointement avec les commerçants du centre-ville pour organiser des animations ensemble. L’association a profité de cette réunion de rentrée pour présenter son nouveau bureau : Jean-Michel Grès, ferronnier et ancien candidat DVG aux municipales, président ; Thomas Evrard, directeur des opérations de la chocolaterie, secrétaire ; et Christine Anterote, gérante du garage Peugeot et ancienne présidente de l’association, trésorière. « L’objectif est de lancer une nouvelle dynamique, après la démission brutale de l’ancienne présidente qui a été suivie d’un gros flottement », explique Thomas Evrard.

    La CCI met à disposition de l’association une chargée de mission parcs d’activités, Yasmina Kara, qui les aide à s’organiser. Le prochain atelier de l’association sera sur le thème de l’autoconsommation collective, en présence d’Enedis.

  • Le Sittomat remet un chèque de 13 790 euros à la Ligue contre le cancer

    Le Sittomat remet un chèque de 13 790 euros à la Ligue contre le cancer

    Depuis 15 ans, le Sittomat, établissement public en charge de la gestion des déchets dans l’aire toulonnaise, s’associe au Comité Var de la Ligue contre le cancer pour une opération caritative annuelle. Le principe : pour chaque tonne de verre collectée, l’organisme reverse 1,30 euro au comité. Et avec 10 608 tonnes sur la dernière année écoulée, un chèque de 13 790 euros a été remis mercredi au président du Comité Var de la Ligue contre le cancer Jean-Louis Wendling.

    Une somme qui vient s’ajouter aux 125 418 euros déjà reversés depuis le lancement du partenariat en 2011. « C’est un apport suffisamment important pour qu’il soit dans notre budget prévisionnel d’environ 700 000 euros chaque année. On distribue beaucoup d’argent, y compris dans l’action sociale, et donc il faut en rentrer », explique Jean-Louis Wendling.

    1 bouteille sur 2 recyclée

    Pour autant, la somme pourrait être doublée si l’ensemble du verre ménager était collecté : « On a environ 10 000 tonnes de verre dans les déchets ménagers dans l’aire toulonnaise par an, soit une bouteille sur deux qui n’est pas recyclée. La moitié vient des commerçants, l’autre des habitants », déplore Gilles Vincent, président du Sittomat, qui souhaiterait voir le recyclage rendu obligatoire, ou au moins encouragé par un retour de la consigne. « C’est pour cela qu’on associe le tri à la ligue contre le cancer, pour dire à l’usager que son geste est positif pour l’environnement et aide également la ligue contre le cancer », explique Christophe Deligny, directeur du Sittomat.

  • Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Pendant longtemps, la question des ordures ménagères s’est résumée à la mise en équation de leur production avec la collecte, le transport et l’« élimination ». Sauf que derrière chaque poubelle se cache une chaîne de coûts considérable pour la collectivité et, in fine, pour les contribuables. Sans parler du coût environnemental. Avec, en parallèle, beaucoup de profits pour les acteurs privés qui gèrent le secteur.

    Une réalité qui vient se rappeler depuis quelques jours aux habitants de la Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), qui découvrent la hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. La section du PCF monte au créneau en pointant les responsabilités politiques de cette augmentation de 30% qui vient grever encore un peu plus le budget des ménages, les amputant en moyenne de 150 euros supplémentaires.

    « Cette pression fiscale qui s’exerce indistinctement sur toute la population s’explique par une gestion des déchets catastrophique par l’agglomération », dénonce la secrétaire de section Hélène Blanc, en mettant en avant le manque d’anticipation de la fin du traitement des déchets au Vallon des Pins à Bagnols-en-Forêt. « Le fiasco du projet de Pôle de transition environnementale (PTE) a également coûté du temps et de l’argent », ajoute-t-elle.

    Profits colossaux

    Une double peine pour les administrés qui ont vu, dans le même temps, « le service d’enlèvement des ordures ménagères se dégrader considérablement ». Avec, entre autres, la mise en place des points d’apport volontaire, qui oblige certains usagers à parcourir jusqu’à 1 km pour déposer leurs déchets. Une contrainte lourde pour les personnes âgées et à mobilité réduite. « Ce qui a pour conséquence une augmentation des dépôts sauvages portant atteinte à l’environnement », insiste le PCF. Tout cela étant le résultat « des politiques libérales des gouvernements macronistes », qui ont drastiquement diminué les dotations aux collectivités.

    Et pendant ce temps, le groupe Pizzorno Environnement a vu, lui, ses bénéfices passer entre 2015 et 2025 de 5,2 millions à 23,5 millions. « Cela signifie que les usagers du service public financent le capital », s’indignent les communistes.

    Ils demandent la mise en place d’une réelle stratégie de réduction des déchets, l’implantation sur le territoire d’un site industriel pour leur traitement, ainsi que la création d’un service de collecte en régie intercommunale, dès l’échéance du marché public de services en 2032.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.