Tag: conseil municipal

  • [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    Après une journée à débattre d’incidents de nullité, le président de la cour Fabrice Naudé a invité les prévenus à « jeter les bases de leur ligne de défense ».

    Premier à s’exprimer, Xavier Cachard, avocat du syndic de copropriété et propriétaire au numéro 65 rue d’Aubagne. Il s’en est d’abord pris à la « presse qui titrait lundi “le procès de la cupidité et du mépris” ». « Je ne peux pas entendre que j’étais indifférent aux parties civiles ni que j’ai tout fait pour retarder les travaux et que je me suis enrichi sur la misère ! Il n’y a ni cupidité ni enrichissement », a clamé M. Cachard qui a réfuté aussi que son appartement fut un taudis. Sa maladresse éclate pour expliquer qu’il n’a jamais empêché la prise d’un arrêté de péril. « Je tutoie Julien Ruas. Si je veux empêcher un arrêté, je l’appelle, mais ça n’existe pas, je ne le ferai jamais. » On a vu meilleure entrée en matière.

    « Je veux démontrer que je n’ai commis aucune faute pénale », susurre l’architecte Richard Carta qui a constaté le péril grave imminent mais a abandonné les habitants dans l’immeuble, pour vite aller dans un avion pour Copenhague. « Le 18 octobre, il ne m’est apparu aucun élément me permettant d’envisager un effondrement pour décider l’évacuation des habitants. »

    Julien Ruas se livre tout en douceur à ses juges. L’ancien adjoint en charge de la gestion des risques s’incline sur les huit morts. « Je ne peux pas venir devant vous sans une pensée pour les victimes de la rue d’Aubagne et le fait que j’ai fait appel n’y enlève rien. » Il souligne à la cour qu’il a été relaxé en première instance sur quatre manquements mais condamné pour n’avoir pas lancé de travaux d’office. « Mais nous ne pouvions pas mobiliser les fonds disponibles sur le 65 », assure-t-il.

    En marge du procès, le maire de Marseille a répondu lundi soir au Collectif du 5 novembre et aux autres associations qui dans une tribune parue le 8 octobre dans La Marseillaise, lui demandaient d’encadrer la protection fonctionnelle accordée à Julien Ruas. Selon nos informations, la Ville a versé plus d’un demi-million d’euros à la défense de M. Ruas : 209 000 euros partagés entre les trois premiers avocats de M. Ruas au cours des quatre années de la phase d’information judiciaire. Puis la Ville s’est acquittée de 156 000 euros d’honoraires pour les deux avocats du procès de première instance. Le même montant a été versé pour le procès en appel, ce qui porte à ce jour l’ardoise totale de cette protection fonctionnelle décriée à plus de 521 000 euros.

    « Je partage votre colère face à l’indécence des sommes en jeu », reconnaît le maire qui dit ne pas se résoudre « à ce que l’argent des Marseillaises et des Marseillais doive financer les sommes exorbitantes destinées à la défense de celles et ceux qui, par le passé, n’ont pas été à la hauteur de leur mission ». Le maire dit s’être employé à « limiter autant que possible les frais pris en charge en écartant plusieurs factures d’honoraires présentés par l’ancien élu qui étaient manifestement excessives ». Selon nos informations, la Ville a réduit non pas d’un tiers, mais de la moitié les montants des factures initialement présentées.

    Benoît Payan s’en remet au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour réformer par décret le régime de la protection fonctionnelle en fixant un « plafond national » et pour que ne soient pris en charge que des « montants strictement nécessaires et proportionnés à l’exercice effectif des droits de la défense ».

    « Que l’on arrête de nous balader avec des éléments de langage compassionnel et onctueux, et que l’on mette en place les outils réels et la transparence de l’administration pour rétablir un peu d’équité devant la justice », lui ont répondu lundi les associations. « Un plafonnement sur simple décision du conseil municipal peut suffire. »

  • Le conseil municipal de Fos se prononce contre l’extension de l’incinérateur

    Le conseil municipal de Fos se prononce contre l’extension de l’incinérateur

    Trois délibérations étaient à l’ordre du jour de ce conseil municipal express de Fos-sur-Mer, jeudi soir. Seule la troisième a suscité le débat, puisqu’elle portait, une nouvelle fois, sur la question des déchets.

    « Je souhaite réaffirmer notre opposition à tout projet d’augmentation de la capacité d’incinération de Fos », expose le maire (Exd) Philippe Maurizot à l’assemblée au moment de voter un vœu du conseil municipal en ce sens. En sus, l’édile demande par ce vœu « la communication par la Métropole des études et tout élément concernant l’évolution du site » de l’incinérateur dont elle est gestionnaire, d’étudier prioritairement une solution de traitement des déchets hors du territoire et exige que la Ville soit associée à la prise de décision.

    « Une étude avec l’institut écocitoyen »

    Sans surprise, le « non » est unanime… avec nuances. « Les Fosséens ont voté à 98% contre l’incinérateur en 2006 et notre conseil municipal avait voté à l’unanimité contre en 2011 », rappelle Anne-Caroline Walter-Cipreo (PP). L’opposante de gauche estime que l’extension envisagée de l’incinérateur « rapporterait des milliers d’euros par an, mais si l’on demande aux Fosséens, la réponse sera toujours non ». Elle propose quatre ajouts au vœu initial.

    « Demander à la Métropole le cahier des charges de sa mission, consulter les Fosséens avant décision, affirmer qu’aucune recette fiscale ne justifiera jamais cette augmentation, et demander une étude sanitaire indépendante financée par la Métropole et l’État avec l’institut écocitoyen », en difficulté financière.

    Le vœu est partagé par Jean-Michel Leroy (ex-PS). Mais l’élu pointe le fait que « Fos-sur-Mer enfouit ses déchets ailleurs » et estime que « la Métropole a la responsabilité d’anticiper les besoins du territoire après 2030, qu’on ne peut nier ». L’élu a une autre solution : « Produire moins de déchets, développer le tri sélectif et faire évoluer nos modes de consommation. » « Je regrette que ça n’ait pas été fait par votre majorité quand vous y étiez », répond Philippe Maurizot à l’ancien adjoint. Tout en admettant que « le dossier est plus complexe que simplement dire non, car si on perd le combat, d’autres villes viendront incinérer à Fos et nous continuerons à traiter nos déchets ailleurs pour un coût supérieur à l’incinération ici. C’est une réflexion à avoir ». La Ville brûlera-t-elle bientôt ses déchets sur place ?

  • Les femmes élues encore sous-représentées aux postes clés

    Les femmes élues encore sous-représentées aux postes clés

    Si 47% des conseillers municipaux sont des femmes, elles ne représentent que 23% des maires dans les Alpes-de-Haute-Provence, souligne une étude du collectif féministe départemental 8 mars toute l’année. La loi parité, qui impose de présenter des listes composées alternativement d’un homme et d’une femme sous peine de rejet ou de sanctions, a été étendue cette année aux communes de moins de 1 000 habitants, mais « n’a absolument pas fait évoluer le nombre de femmes maires », regrette Jeanne Walter, membre du collectif. En effet, dans le département, il y a le même nombre de femmes maires qu’en 2020, soit 46, selon le collectif.

    64,4% des communes du département, soit près des deux tiers, ont par ailleurs deux hommes comme maire et comme premier adjoint. « Autrement dit, dans près de deux communes sur trois, les deux postes de pouvoir les plus élevés de la commune sont occupés par des hommes », relève le collectif. À l’inverse, « il y a un binôme entièrement féminin, donc une femme maire et une première adjointe, dans seulement 4,6% des communes », avance Jeanne Walter.

    Des conséquences nationales

    71% des femmes maires ont un homme comme premier adjoint, tandis que seulement 23% des hommes maires ont une première adjointe. « Ces chiffres révèlent que les femmes gouvernent dans un espace encore largement masculin, tandis que les hommes restent beaucoup plus souvent entre eux aux postes clés », avance le collectif féministe départemental.

    Selon Jeanne Walter, cette sous-représentativité des femmes dans les mairies est due « au sexisme ordinaire et au sexisme intériorisé ». « Les femmes ne se sentent pas capables, légitimes et disponibles, parce qu’elles s’occupent encore majoritairement des tâches domestiques. »

    Cette sous-représentativité « a des répercussions au-delà de la commune, puisque dans la foulée des élections municipales, il y a l’élection des présidents de communautés de communes, et les délégations. Si on a plus d’hommes dans les postes d’adjoints dans les communes, on aura plus d’hommes aussi dans les conseils communautaires », souligne Jeanne Walter.

    Dans le département, le président et les cinq premiers vice-présidents de la DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération), l’intercommunalité de Manosque, sont par exemple tous des hommes.

    De plus, « si les postes exécutifs dans les communes sont occupés par des hommes, ça va être aussi très souvent des hommes qui vont être désignés grands électeurs » pour les élections sénatoriales, ajoute Jeanne Walter, qui est également militante LFI.

  • La taxe sur les logements vacants en débat au conseil municipal de Sisteron

    La taxe sur les logements vacants en débat au conseil municipal de Sisteron

    Nous ne croyons pas en l’efficacité d’une fiscalité punitive » : le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a défendu lundi soir son choix de ne pas mettre en place la nouvelle taxe sur les logements vacants, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition de la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron !, Olivier Jourdan. « Cette mesure enverrait un signal négatif aux propriétaires et aux investisseurs, à un moment où le secteur immobilier traverse déjà des fortes tensions », a justifié l’édile. Cette nouvelle taxe est pour lui « un outil particulièrement inefficace dans les zones non tendues » et représente une « charge de travail disproportionnée au regard du rendement fiscal ». « Plutôt que de punir les habitants, notre municipalité fait le choix pragmatique de la main tendue et du partenariat », a affirmé Jean-Pierre Templier.

    Olivier Jourdan l’avait questionné à ce sujet en soulevant « l’enjeu majeur » que représente la remise sur le marché des logements vacants. La nouvelle taxe permet « d’inciter les propriétaires à faire les travaux nécessaires pour remettre leurs logements sur le marché », a-t-il souligné. « Pour moi, ce n’est pas une fiscalité punitive, mais incitative. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens de faire les travaux d’un logement qu’ils n’habitent pas. Pour nous, il faut les encourager à remettre en vente. Faire confiance et attendre ne marche pas », a-t-il expliqué à la sortie du conseil municipal.

    Pour appliquer la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation à partir de 2027, le conseil municipal devait adopter une délibération avant le 1er octobre, ce qui n’a pas été fait à Sisteron.

    Les élus se sont par ailleurs prononcés en faveur de l’ouverture d’une micro-crèche privée, qui s’installerait dans le parc d’activités Val de Durance, avec l’abstention des deux conseillers municipaux de la liste d’opposition d’union de la gauche. « La petite enfance est pour nous un service qui ne doit pas être géré par le privé lucratif », a expliqué Olivier Jourdan, craignant des « dérives » récurrentes dans les grands groupes de crèches privées.

    Jean-Pierre Templier a de son côté insisté sur les besoins criants de places en crèche, particulièrement depuis la fermeture de la crèche Les p’tits Babadins après des arrêts maladie à la chaîne et une grève dénonçant un « management toxique » (lire notre édition du 11 juin).

    Cet avis voté en conseil municipal ne signifie pas que la commune finance ou autorise le projet, qui reste encore conditionné à l’obtention de l’ensemble des autorisations nécessaires, a précisé le maire.

  • La réponse du maire de Marseille aux magistrats financiers

    La réponse du maire de Marseille aux magistrats financiers

    Si la France n’a pas raflé l’or aux Mondiaux de judo, le maire de Marseille a bien suivi les préceptes de la « voie de la souplesse », ce vendredi matin. Face au rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la gestion municipale, Benoît Payan (DVG) a pris soin de retourner la force de cette attaque contre elle-même, sur les tatamis du conseil municipal.

    Tandis que les magistrats reprochaient « des charges de gestion qui augmentent fortement » avec les recrutements de la municipalité, l’édile, lui, ironisait : « Il faut les aider à avoir des moyens. J’ai recruté parce que je manquais de moyens, poussons le gouvernement pour dire que nous avons besoin d’avoir des gens qui nous éclairent et nous font avancer. » Une attaque dans l’attaque, pour l’édile, qui regrettait « qu’ils n’aient pas eu le temps de vérifier le contradictoire, qui est l’élément le plus consubstantiel de la justice ». Même si plusieurs éléments de réponse sont bien cités au fil du rapport.

    Mais c’est dès l’ouverture du conseil municipal que le maire est venu apporter une réponse politique à ces magistrats qui estimaient que la Ville « ne fait pas de la maîtrise de l’évolution des charges de personnel une priorité ». Face aux colères de la jeunesse qu’il refuse de balayer – « on est parfois très sérieux quand on a 17 ans », glisse-t-il – il énumère les actions sociales mises en place par la municipalité. Et annonce : « Je souhaite que nous allions plus loin encore, nous continuerons d’augmenter les effectifs, quoi qu’en pensent certains. »

    L’Himalaya de 2027

    Une défense du service public martelée au fil d’une séance menée tambour battant. Lorsque l’opposition d’extrême droite monte à la charge pour demander au maire ce qu’il compte faire pour protéger les marins-pompiers après l’incendie d’un véhicule, le 1er octobre, Benoît Payan remonte la chronologie de la journée. « Nous avons vu sur nos caméras les premiers heurts arriver vers 7h10, nous avons alerté immédiatement l’État. La première intervention de la CRS a eu lieu à 8h56 », décrit-il. Avant d’enfoncer : « Cela raconte l’état de délabrement. Quand l’État en est à me demander la police municipale pour faire du maintien de l’ordre, ce qui est strictement illégal, c’est qu’il y a un vrai problème ».

    Le rappel est d’autant plus nécessaire face aux coupes supplémentaires inscrites dans le prochain projet de loi de finances, en débat à l’Assemblée nationale. La veille, le conseil métropolitain avait affiché un front unanime pour refuser les baisses de dotation, avec un appel qui doit faire tache d’huile dans toute la région. « C’est 48 millions d’euros que l’État va prendre directement aux Marseillais, l’intégralité de la paie de toute la police municipale plus toute la cantine scolaire », illustre Benoît Payan. Lui qui avait poussé pour refuser de voter le budget métropolitain, charge la chambre régionale des comptes et ceux qui prônent des économies supplémentaires. « On a vu à la Métropole ce que cela donne, c’est un plan social qui commence, des milliers de personnes au chômage. Bravo les économies. »

    « Comme le feuilleton métropolitain qui s’est terminé hier le laisse à prévoir, l’année 2027 s’annonce himalayesque », résume de son côté l’adjoint (PS) aux finances Joël Canicave, au moment de présenter le budget supplémentaire de la municipalité. La veille, le conseil métropolitain évoquait un Himalaya budgétaire à gravir.

    L’éclipse de 2026

    Dans l’opposition, c’est Thibaut Charpentier qui monte à la charge pour le RN sur la présentation du rapport de la chambre régionale des comptes et vient dénoncer les embauches réalisées par la municipalité. « Vous êtes allés chercher l’argent dans la poche des Marseillais », déplore-t-il, en demandant si cela a amélioré les services publics de la ville. « Oui », lui répond en chœur la majorité. Mais quand il en vient à parler de déontologie, c’est l’adjoint Pierre Huguet (G.s) qui l’interpelle : « Qui fait campagne avec un bracelet électronique ? »

    « Un rapport de la chambre régionale des comptes est beau comme une éclipse solaire, on sait quand ça va arriver et, quand ça arrive, on n’en rate pas une miette », sourit de son côté Romain Simmarano (Ren.). Il passe vite sur « une explosion des dépenses de ressources humaines et de la fiscalité ». « Ce n’est pas un problème de recruter des policiers municipaux, des personnes dans les crèches et les écoles, le problème, c’est les chargés de mission qu’on ajoute », défend-il en s’inquiétant d’un sous-investissement persistant. Mais c’est surtout la réponse du maire aux magistrats financiers qu’il cible. L’ancien directeur de cabinet à la Région cite le même Benoît Payan, face au précédent rapport, interpellant Jean-Claude Gaudin : « Le rapport de la chambre, c’est le thermomètre qui indique la fièvre, pas la maladie. » Et appelle à voir dans ce nouveau rapport « une source d’espoir ». « Il peut nous donner des indications, ne cédez pas à la tentation de vous enfermer dans cette mentalité d’assiégé. »

    « Il y a des préconisations, nous sommes passés de 28 dans le dernier rapport, avec de graves irrégularités, à 7, qui nous permettent d’avancer sur un certain nombre de sujets », répond Benoît Payan. En évoquant six réponses déjà engagées à ces recommandations, dont quatre presque terminées. Il rappelle ainsi que suivant les recommandations de l’Agence française anticorruption, il n’y a plus de recrutement direct par les élus ou l’administration. Et de se poser même en garant de la chambre régionale des comptes, « qui ne fait pas de politique ». « Je connais l’intention de quelques-uns de remettre en cause l’indépendance de la justice », glisse-t-il, le jour même où le Rassemblement national s’attaquait au Conseil constitutionnel. Sans répondre plus précisément au rapport. Quand on fait du beau judo, encore faut-il ne pas trop se dérober, au risque de s’exposer aux pénalités.

  • Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    À l’issue des différentes commissions et de conseils d’arrondissement particulièrement orageux, dans les couloirs de l’hôtel de ville, chacun s’accorde à dire que le conseil municipal de rentrée, qui se tient ce vendredi matin, s’annonce long. Et animé.

    Au-delà d’un ordre du jour chargé, avec quelque 167 délibérations inscrites à l’ordre du jour, les élus d’extrême droite dans les différents secteurs de la ville ont déjà exprimé leur réticence, voire leur opposition, à toute construction de logements sociaux, et surtout à une série de subventions de solidarité. Parmi elles, la Ville de Marseille renouvelle son soutien à SOS Méditerranée, qui a son port d’attache dans la cité phocéenne. Pour la première fois, ce soutien ne sera pas accueilli par les outrances haineuses de l’ex-sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier.

    Mais, dans ces délibérations, le rapport de la chambre régionale des comptes consacré à la gestion de la municipalité marseillaise de 2018 à 2024 a beau être relégué à la fin de l’ordre du jour, il est déjà au cœur de toutes les attentions. Tandis que l’opposition de droite est déjà montée au créneau, c’est le maire (DVG), Benoît Payan, qui devrait y apporter une réponse politique. La réponse technique, elle, est déjà en partie inscrite dans le budget supplémentaire. Face aux reproches d’une fiabilité des comptes insuffisante, la municipalité opère « des régularisations nécessaires sur les écritures très anciennes datant du début des années 2010 ». Mais il faut aussi ajouter 16,5 millions de dépenses supplémentaires en fonctionnement, dont 5 millions d’euros seulement pour les dépenses d’énergie face aux canicules respectives.

    Des bambins aux étudiants

    Face à cet ordre du jour chargé, le conseiller d’opposition (Ren.) Romain Simmarano tiquait, face à la presse : « Il y a des absences qui pèsent plus que des présences. » En reprochant à la majorité de ne pas inscrire d’ores et déjà ses promesses de campagne phares. Les dossiers pourtant ne manquent pas. À commencer par le logement (notre édition du 15/10) avec la présentation d’un plan de lutte contre la vacance à Marseille et la validation, après celle en bureau de la Métropole, des conventions pour les opérations d’intérêt national de requalification de quatre copropriétés dégradées, à Marseille. S’y ajoute aussi la relance de l’assurance logement, avant des tarifs renégociés encore à la baisse.

    Au-delà du renouvellement des gratuités d’activités pendant les prochaines vacances scolaires et de la prise en charge par le centre communal d’action sociale des gratuités du périscolaire, la municipalité doit approuver les financements d’une nouvelle crèche municipale à Malpassé (13e), d’une trentaine de berceaux, pour 1,8 million d’euros. En même temps qu’elle fixe ses orientations en matière d’accueil du jeune enfant face aux carences dans les quartiers populaires et la multiplication des très lucratives micro-crèches privées.

    Le projet d’un deuxième réseau de chaleur doit aussi être présenté, d’abord dans le 13e arrondissement pour raccorder les résidences de la Rose et de Frais-Vallon à la copropriété du parc Corot, pour une première phase prévue à l’horizon 2031. Un réseau qui atteindrait à terme, en 2036, quelque 46 km pour desservir 195 bâtiments en récupérant la chaleur de l’usine de potabilisation de Sainte-Marthe, des industries locales et d’une centrale biomasse. Enfin, l’ordre du jour rejoint l’actualité des mobilisations, avec une nouvelle aide en soutien aux étudiants, avec pour l’instant une amorce de 100 000 euros.

  • La droite marseillaise dans les pas des magistrats financiers

    La droite marseillaise dans les pas des magistrats financiers

    Les échanges promettent d’être animés en fin de séance, ce vendredi, lorsque le rapport de la chambre régionale des comptes consacré à la gestion de la Ville de Marseille sera présenté en conseil municipal (notre édition du 14/10). « Le maire a indiqué qu’il répondra lui-même », glisse le conseiller d’opposition Romain Simmarano (Ren.). Mais lui-même n’a pas attendu les débats au sein de l’hémicycle municipal pour livrer face à la presse, ce mercredi après-midi, sa lecture du rapport.

    « Objectivement, les questions de probité et de déontologie sont sérieuses », avance-t-il, en réclamant des explications sur l’embauche d’un déontologue qui avait signé un appel à voter pour le Printemps marseillais. « La vérité, c’est que quand vous n’avez pas de contre-pouvoir, vous dérapez systématiquement », avertit l’ancien directeur de cabinet à la Région. « Au niveau de l’inspection générale des services, il y a eu une division par deux des effectifs, on diminue les contrôles », pointe à ses côtés l’ex-maire (LR) des 11-12, Sylvain Souvestre.

    Mais comme les magistrats financiers, c’est davantage l’augmentation de la masse salariale, à hauteur de 570 millions d’euros depuis 2018, qu’ils ont dans le viseur. « Cela concerne majoritairement des cadres de catégorie A, très bien payés, dans les bureaux », tance Romain Simmarano. En posant : « Il faut avoir l’humilité de dire qu’il faut moins de fonctionnement et plus d’investissements ». Même s’il concède que ses critiques sur les chantiers de l’éducation ont été infirmées par les magistrats et que la dette a été réduite sur la période étudiée. Quant au ton de la réponse du maire à la chambre, « c’est significatif d’un état d’esprit dans la gouvernance de la Ville, moi seul contre le monde entier, le vieux costume rapiécé des maires de Marseille ».

    De son côté, le président des Républicains dans les Bouches-du-Rhône, Ludovic Perney, rappelait dans un communiqué, la veille, la hausse de la taxe foncière. « Si les recettes fiscales ont augmenté de 274 millions d’euros depuis 2018, ce n’est pas pour financer de nouveaux équipements sportifs, culturels ou de santé, mais essentiellement pour supporter les nouvelles embauches », critique-t-il. Interpellant la municipalité sur le contrôle des casiers judiciaires pour chaque personne travaillant avec des enfants, sur le respect des délais de paiement, la présentation d’un plan chiffré d’investissements ou la mise en place d’un dispositif complet de lutte contre la corruption.

  • Marseille s’attaque au logement vacant

    Marseille s’attaque au logement vacant

    Un outil de plus dans l’arsenal municipal pour le logement. Ce vendredi matin, la majorité marseillaise profite de la présentation de son plan de lutte contre la vacance pour soumettre au vote de l’hémicycle municipal le doublement de la taxe sur les logements vacants. Une évolution rendue possible dans le dernier projet de loi de finances, et qui s’inscrit dans les dix actions listées par la municipalité pour remettre sur le marché ces habitations.

    « Nous menons des actions en soutien de la production et de la réhabilitation de logements sociaux, mais quand plus de 100 000 personnes sont en attente d’une attribution, il y a une nécessité de maintenir un parc privé abordable », insiste l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino. Si elle met en avant l’action de la municipalité face aux meublés touristiques et réclame toujours au gouvernement un encadrement des loyers, les plus de 14 137 logements vacants depuis plus de deux ans à Marseille – soit environ 3,5% des logements – représentent un gisement non négligeable. Aujourd’hui à 17% pour la première année, et à 34% à partir de la deuxième année d’inoccupation, les taux passeront respectivement à 30 et 60%. De quoi amener jusqu’à 9 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires. « Le bâton ne suffit pas, il faut aussi mobiliser l’ensemble des dispositifs », précise cependant l’adjointe communiste.

    Au mois de juin déjà, une convention avec la Fondation pour le logement des défavorisés avait ainsi été votée pour avoir une meilleure connaissance des motifs de la vacance. La municipalité rappelle aussi les travaux d’office, les aides mobilisées pour remettre en location des logements vacants, son soutien à l’intermédiation locative, la mobilisation du patrimoine public libre (un tiers de la vacance) pour de l’hébergement. Une campagne Zéro logement vacant a été lancée dans les quartiers de Lodi et Notre-Dame-du-Mont, et le conseil municipal doit aussi se prononcer sur la mise en œuvre d’un diagnostic structurel décennal, une autre évolution législative récente, dans les opérations programmées d’amélioration de l’habitat. La municipalité travaille également à l’acquisition de bâtiments « en état d’abandon manifeste », afin de les réhabiliter.

    Copropriétés à rénover

    Après le bureau de la Métropole ce jeudi, le conseil municipal doit aussi passer un cap dans les opérations d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées à Marseille, avec la signature des conventions qui définissent les périmètres d’intervention des pouvoirs publics au Mail, les Rosiers et Super Belvédère, la Maurelette et Consolat. « C’est la déclinaison opérationnelle des arrêtés publiés par le Conseil d’État en décembre 2025, pour que l’on puisse rentrer dans une phase opérationnelle au début de l’année prochaine », décrit Audrey Garino. Ne restera qu’à boucler le tour de table pour réunir les 536 millions d’euros nécessaires (dont environ 66 millions de la municipalité), avec l’approbation du projet de loi de finances et la réunion du conseil d’administration de l’établissement public foncier, qui porte ces opérations.

  • À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    « Notre devoir est d’écouter et de comprendre, et à la jeunesse mobilisée je veux dire simplement que je vous ai entendu, que je vous comprends et que je vous soutiens », lance Didier Jau, maire écologiste des 4e et 5e arrondissements de Marseille en préambule de la séance, mardi soir. Il confirme par ailleurs que des espaces municipaux seront ouverts, à la demande, durant les vacances d’automne. L’édile a glissé un mot pour Enzo, élève du lycée Marie Curie « blessé mercredi dernier alors qu’il se mobilisait pacifiquement aux côtés des enseignants ».

    Face aux élus et aux habitants présents, Antonin prend la parole au nom de ses camarades : « nos attentes sont les mêmes que les élèves de Saint-Exupéry dans le 15e arrondissement de Marseille, de Saint-Denis en banlieue parisienne, de Lyon, ainsi que de tous les autres établissements mobilisés dans ce mouvement : travailler dans des conditions dignes et saines ». C’est en ce sens que vient la question de la rénovation du bâti : « Que devons-nous attendre ? Que des élèves fassent des malaises de chaleur dans les classes l’été ? Que nos toits perforés finissent par nous tomber sur la tête ? Que des étudiants tombent malades dans des classes dépourvues de quelque chaleur que ce soit l’hiver ? ». Et demande, à la mairie d’arrondissement d’accorder des subventions à son lycée.

    Lycéens, enseignants et personnels de l’établissement ont déjà arraché une première victoire et pas des moindres. La vice-présidente de la Région en charge des lycées s’est engagée, la veille, à faire voter une enveloppe de 53 millions d’euros pour la restructuration de l’établissement. « Je ne sais pas si vous mesurez ce que ça représente dans le budget lycée de la Région. C’est à peu près la moitié. C’est la preuve que seule la lutte paye ! », pousse Imrane Trocmé, élu insoumis du secteur. « Si nous voulons que ce mouvement authentiquement social puisse porter et faire aboutir ses revendications, nous devons l’accompagner », renchérit William Leday, adjoint Génération.s, au maire. Les élus d’extrême droite n’ont, quant à eu, pas adressé un mot aux lycéens

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »