Tenant en titre de l’Euro Cup, le Cercle des nageurs de Marseille (CNM) court, ou plutôt nage, après un deuxième titre européen.
Face aux Catalans de Barceloneta, vainqueurs de la Ligue des Champions au terme d’une campagne invaincue, les poloïstes phocéens disputent ce mercredi à Barcelone (à 19h30) la finale de la Supercoupe d’Europe, trophée réunissant les vainqueurs des deux compétitions continentales. « C’est un titre rare dans une carrière à avoir dans sa collection, parce qu’il faut soit avoir la chance de gagner une Coupe d’Europe ou intégrer l’équipe qui l’a gagnée la saison précédente », lance Ugo Crousillat, le capitaine de la formation marseillaise.
Vainqueur de la Ligue des champions en 2017 avec le club hongrois de Szolnok, l’international français n’a pourtant pas eu l’occasion de disputer la finale de la Supercoupe d’Europe quelques mois plus tard. Après son premier sacre européen, il avait rejoint le Pays d’Aix Natation (PAN), avant de finalement vivre avec le Cercle des nageurs de Marseille en 2019, son premier rendez-vous à ce stade de la compétition, alors qu’il n’avait pas été membre de l’équipe championne d’Europe la même année. « Ce n’est pas le match le plus important de la saison, mais en même temps, quand tu as des opportunités comme ça de gagner des trophées, il ne faut pas les rater », souligne Crousillat, conscient que leurs adversaires du jour n’ont pas été défaits depuis le 29 novembre 2025, toutes compétitions confondues (défaite en championnat 14-15 contre Sabadell).
Barceloneta reste sur une série de 34 victoires consécutives depuis, avec des succès notables contre les Grecs de l’Olympiakós, les Hongrois de Ferencváros et les Italiens de Pro Recco. « Comme au football, les Espagnols sont très fort tactiquement. Et dès que tu fais la moindre connerie, ils te punissent direct », reconnaît le capitaine marseillais, titulaire lors des dernières confrontations très serrées au tableau d’affichage. L’un de ses coéquipiers actuels était il y a encore deux saisons dans l’autre camp : Marc Larumbe. Le défenseur espagnol a porté le bonnet de bain catalan durant neuf saisons avant de rejoindre la plage des Catalans. Il ne sera toutefois pas sur la feuille de match ce mercredi, suite à son carton rouge écopé lors de la finale retour de l’Euro Cup à Split, en Croatie, au mois de mai.
« Je suis très déçu de ne pas jouer, d’autant plus que ça se passe à Barcelone, dans ma ville. Quand j’ai appris ma suspension, j’ai passé la semaine la plus difficile depuis mon arrivée à Marseille », confie le double champion du monde avec la Roja. Selon lui, le CNM doit « rester fidèle à lui-même » pour éviter de tomber dans le piège de Barceloneta. Côté absent, la pointe néerlandaise Bilal Gbadamassi est toujours blessé. Mais pour cette finale, les Marseillais ont un atout supplémentaire dans leur manche.
Recruté durant l’intersaison aux côtés du gardien australien Nic Porter et l’international monténégrin Vasilije Radovic, l’Espagnol Marc Rodriguez a été formé à Mataró, une commune de la province de Barcelone. « Barceloneta est le leader incontesté en Espagne depuis pas mal d’années et figure parmi les meilleures équipes d’Europe », estime le jeune catalan de 20 ans, considéré comme l’un des plus grands espoirs du water-polo espagnol.
Avec ses anciens coéquipiers, il n’est jamais parvenu à vaincre la bête noire des Phocéens. « Leur plus grande force, c’est que la plupart des internationaux espagnols jouent ensemble toute l’année, avec le club et en sélection », insiste Larumbe, persuadé que le système de jeu entre Barceloneta et l’équipe nationale d’Espagne est sensiblement identique.

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