Quatre jours pour faire vibrer Nîmes au rythme des Vendanges

À la mi-septembre, Nîmes ne range pas encore l’été. Elle ressort les cuivres, ouvre les bodegas et laisse les sabots battre le pavé. Du jeudi 17 au dimanche 20 septembre, la Feria des Vendanges reprend possession du centre-ville avec une édition que la nouvelle municipalité veut « conviviale, pour toutes et tous et apaisée ».

Le premier toast sera littéraire. Jeudi à 12h30, au Temple de Diane, Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014, prononcera le traditionnel brindis. Puis les fanfares gagneront les boulevards avant l’abrivado de la manade Leron, rue Sully. Vendredi, la ville montera franchement le volume : vendanges du Clos de la Fontaine à 11h, guinguette au pôle Antoine-Castelnau, corrida à 17h30, puis grande parade de quelque 320 musiciens depuis la Maison Carrée jusqu’aux arènes. À la Placette, Mario & les Gypsies puis Son Yuma prolongeront la soirée.

Cette année, les cuivres retrouvent une place centrale. Les abrivados, eux, quittent les allées Jean-Jaurès pour se rapprocher de l’Écusson : rue Sully jeudi, rue de la République vendredi, boulevard Amiral-Courbet samedi pour la cabestria, puis rue Notre-Dame dimanche, avec une abrivado menée par des cavalières. La Ville assume ainsi une feria plus resserrée sur le cœur de Nîmes.

Samedi sera le jour le plus dense. Dès 10h, une visite « Histoires de feria » remontera aux origines du rendez-vous dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Aux Jardins de la Fontaine se succéderont danses, spectacle équestre et becerrada, tandis que le square Antonin accueillera de 13h30 à 19h un espace prévention pour les adolescents, avec musique, mousse, détente et buvette sans alcool. Le soir, Tino Flamenco puis le collectif nîmois Eswell feront vibrer la Placette.

Une fête à partager sans peur

La prévention est justement l’un des marqueurs de cette édition, dans le prolongement d’une Feria de Pentecôte au bilan sécuritaire particulièrement favorable. Malgré 1,1 million de participants, les forces de l’ordre n’avaient recensé que 31 interpellations, contre 41 en 2025, et surtout 16 bagarres de rue, quatre fois moins que les 61 de l’année précédente. Aucun accident mortel n’avait été déploré sur les routes. Reste l’inquiétude autour de l’alcoolisation de très jeunes participants : pour les Vendanges, des espaces dédiés seront donc déployés et des sifflets « anti-relou » distribués gratuitement afin de signaler un comportement insistant ou une situation d’agression. Une manière de rappeler qu’une fête populaire ne peut l’être vraiment que si chacun peut y circuler sans peur.

Dans les arènes, quatre corridas et une novillada rythmeront le week-end. Samedi après-midi, Sébastien Castella, José María Manzanares et Tomás Rufo seront à l’affiche ; dimanche matin, Marco Pérez affrontera seul six toros avant Juan Leal, Adriano et El Rafi en clôture. L’office de tourisme proposera aussi « Expliquez-moi la corrida », avec des commentaires pour les néophytes.

Sous les gradins, un autre lieu a été préparé loin des lumières. L’infirmerie des arènes, installée dans 9 m², vient d’être rénovée pour 56 000 euros : murs, éclairage et aménagement intérieur ont été repris, avec deux postes de travail distincts. Une dizaine de soignants bénévoles s’y relaient pour prendre en charge toreros et raseteurs avant, si nécessaire, un transfert vers le CHU. « C’est un lieu que l’on inaugure en espérant qu’il ne soit pas utilisé », a résumé Vincent Bouget.

Dimanche, la Feria prendra des airs de grand final : déjeuner au pré aux Jardins de la Fontaine, ban des Vendanges, fanfare géante devant la Maison Carrée, abrivado rue Notre-Dame et spectacles équestres. Jusqu’aux derniers cuivres, Nîmes cherchera son équilibre familier : entre héritage et fête de rue, ferveur et précaution, tradition et volonté de faire évoluer la manière de la partager.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *