Face aux militants rassemblés ce jeudi soir, à la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, Natacha Malet, membre de la direction départementale et nationale du PCF, le répète : « Nous sommes tous dans une volonté de conquête, dans une volonté de nous mettre en action pour mettre fin à dix ans de macronisme destructeur. » En ce mois de septembre, face à un calendrier de mobilisations déjà bien fourni et à la veille d’une année d’élection présidentielle, l’assemblée de rentrée de la fédération du PCF dans les Bouches-du-Rhône prenait un sens particulier.
Après les vacances estivales, « nous sommes tous conscients des inégalités face au véritable droit aux congés, à ces millions d’enfants qui ne partent pas en vacances », soulignait la cheminote. Un droit entamé par la cherté de la vie, d’autant plus dans un département où la pauvreté touche 18,5% de la population – bien plus que la moyenne nationale – et concerne plus de 200 000 Marseillais. « Sans nul doute, nombreux sont les patrons qui aimeraient voir disparaître cette conquête sociale », pointe-t-elle. Pourtant, alors même que 46% des étudiants se privent de repas, les moyens ne manquent pas, explique la responsable politique. « La commission d’enquête parlementaire menée par le sénateur communiste Fabien Gay mettait en avant la niche fiscale dont bénéficie le groupe CMA-CGM, plus de 5 milliards d’euros. Cela prouve une fois de plus que nous pourrions mettre les plus grandes fortunes à contribution », défend Natacha Malet.
Face à la « boule puante » lancée sur le salaire des enseignants, « une manipulation politique d’une bassesse incroyable », elle alerte sur la réalité des rémunérations basses, des difficultés de la rentrée. « Quels constats faisons-nous ? Manque de classes, de professeurs, d’AESH, des écoles qui sont de vrais fours en période de canicule. » Et de refuser l’épouvantail de la dette dressé au moment où sont entamées les discussions budgétaires. « On devrait accepter le gel des salaires, des pensions, du point d’indice, pour préserver l’intérêt des plus riches, leur permettre de poursuivre l’assèchement des richesses de la planète ? », interpelle la responsable politique. En insistant sur les moyens nécessaires, d’autant plus face aux évènements climatiques extrêmes de l’été. « L’inaction a un prix, ceux qui le payent sont ceux qui travaillent dehors, ceux qui vivent dans des passoires thermiques », accuse-t-elle en rappelant le plan climat proposé par le PCF, conjugué à un pacte d’avenir de 500 milliards d’euros sur cinq ans pour financer une transition juste. Et de s’en prendre aux discours libéraux : « Ceux qui disent vouloir réindustrialiser la France ne sont même pas capables de protéger l’industrie qui existe ! » Elle prend l’exemple de la fermeture de Fibre Excellence à Tarascon, qui conduit à des risques environnementaux, et salue les mobilisations des salariés de Haribo pour leur salaire, de la centrale de Gardanne pour l’avenir du site : « L’action politique n’est rien sans la pression exercée par les travailleurs ».
Alors elle dénonce la banalisation des discours de l’extrême droite, « qui prospèrent sur la colère sociale, mais la retournent contre les travailleurs eux-mêmes », et énumère les mobilisations annoncées en septembre. « Les communistes ne désertent aucun terrain, qu’il soit local ou au-delà de nos frontières. C’est dans cet esprit que la candidature de Fabien Roussel a été validée lors de notre dernier congrès », appuie Natacha Malet. En appelant les militants à se prononcer dans leurs sections, d’ici à dimanche soir.
LES MILITANTS MOBILISÉS
Hugo Honde, portuaire
« Nous devons mobiliser les travailleurs sur les questions de l’emploi et de l’industrie, défendre les salaires. Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle où il est important d’élever le rapport de force face aux enjeux futurs, d’autant plus dans un département de moins en moins industrialisé. »
Ghislaine Cotelle, retraitée
« On entend beaucoup parler de réarmement, mais face à des répartitions de budget inégales, c’est sur l’éducation, la santé, la petite enfance que nous devons mettre des moyens. Nous avons besoin de plus de justice sociale et de moins de guerre, et pour cela, il faut nous renforcer, faire entendre notre parole. »
Patrick Magro, retraité
« Ce n’est plus le moment d’opposer le social et l’écologie. Nous avons vécu un moment de bascule cet été, je me demande comment il est possible de rester climatosceptique. Mais 80% des efforts dépendent des grandes décisions politiques, la première restant la paix dans le monde. »
Chloé Barbey, lycéenne
« Les lycées doivent se mobiliser. Nous avons été fouillés à la rentrée, même les policiers ne voulaient pas être là ! Nous serons présents le 29 septembre pour soutenir nos professeurs, mais aussi toute la fonction publique. Et nous voulons lutter contre Parcoursup et le manque de sécurité des stages. »

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