Tag: Pâte à papier

  • [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Audience décisive le 17 juin

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise est revenue à la barre du tribunal le 3 juin mais l’audience décisive est fixée au mercredi 17 juin « afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. » Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! » Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. » Jeudi, l’intersyndicale en appelé au Premier ministre pour maintenir l’ensemble de la filière bois.

  • Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise doit revenir deux fois devant le tribunal pendant cette période : « Le mercredi 3 juin à 9h, munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin à 9h, afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    « Il faut y aller ! »

    En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. »

    Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! »

    Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. »

  • Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Dans sa décision datée de ce lundi matin, le tribunal de commerce décide d’ouvrir une procédure de «redressement judiciaire» à l’égard de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines de pâtes à papier, à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. « Les conditions légales étant réunies, il y a lieu dans ces conditions d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire », justifie le tribunal. Qui explique notamment « qu’il est établi que la SAS FIBRE EXCELLENCE est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements ».

    Toutefois, le tribunal estime aussi que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». D’où un redressement judiciaire assorti d’une large période d’observation. Le tribunal « fixe à 6 mois la durée de la période d’observation pendant laquelle sera établi un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise dans le cadre d’un redressement ». Notons que l’entreprise devra revenir deux fois au tribunal pendant cette période. « La SAS FIBRE EXCELLENCE SAS devra se présenter au tribunal devant le juge-commissaire (2ème étage), le mercredi 03 juin 2026 à 09H00 munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin 2026 à 09H00, […] afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    Une nouvelle en demi-teinte pour la Filpac-CGT du site. Si elle se dit rassurée « à moitié » , elle note surtout que cette période d’observation est « 6 mois avec le couteau sous la gorge, à la vue de la trésorerie, on ne sait pas si on va tenir d’ici là ».

  • L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’avenir de Fibre excellence s’écrit ce lundi 27 avril. Après des mois d’inquiétudes sur la pérennité financière de l’entreprise et ses usines de pâte à papier, une cessation de paiements, le 15 avril, puis un abandon du groupe par l’actionnaire principal, le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer aujourd’hui sur un potentiel redressement judiciaire. Le tout, à la suite d’une audience tenue le 21 avril, où direction comme représentants des salariés ont plaidé en faveur d’une poursuite d’activité. « L’audience ne s’est pas trop mal déroulée au regard des résultats de l’entreprise. La procureure a requis deux mois d’observation », relate Laurent Quinto, de la Filpac CGT.

    De quoi laisser le temps pour trouver un sauf-conduit ? L’équation reste complexe, alors que l’État avait proposé 150 millions d’euros d’aides à moyen et long terme, puis une revalorisation du tarif de vente d’électricité produite sur les sites, avant que l’actionnaire n’annonce ne plus mettre d’argent supplémentaire dans sa holding française. « La direction a rappelé que l’entreprise serait viable à plusieurs conditions, les salariés ont aussi des projets industriels sérieux », développe le syndicaliste, qui a pris la parole à la barre du tribunal au nom de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT). Justement, la direction a sollicité « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin de « permettre d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Si les salariés gardent donc espoir, plusieurs questions se posent en cas de redressement. « Il manque 20 millions d’euros pour tenir l’année. Mais si l’on ferme, le coût social sera bien plus important », note Laurent Quinto, qui rappelle que de nouveaux plans d’économies ou de suppressions d’emplois ne seront pas tenables sur les sites de Haute-Garonne et de Tarascon.

    Vers un arrêt des usines

    « Est-ce qu’un autre industriel peut reprendre l’activité d’ici deux mois ? », interroge-t-il. Avant d’émettre quelques idées : « L’État pourrait se porter garant, mettre sous tutelle… » L’idée d’une nationalisation a aussi été mise sur la table par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, quand la Région Occitanie affirme se mobiliser pour le maintien de l’activité.

    En bref, quelle que soit la décision prise par le tribunal, le chemin sera encore sinueux pour assurer une viabilité à l’entreprise. Et l’urgence est bien là : « Les usines s’arrêtent cette semaine car l’on n’a plus de bois, les fournisseurs ont logiquement peur de ne pas être payés. »

  • Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Fibre Excellence est lâchée par son actionnaire

    Nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au groupe. » Dans une lettre adressée au ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, en date de ce jeudi 16 avril, l’un des dirigeants de Paper Excellence, qui a pris le nom de Domtar, propriétaire de Fibre Excellence, scelle, ou presque, l’avenir des usines françaises de pâte à papier. Après des mois de négociations entre le groupe et l’État sur des mesures de sauvetage de l’entreprise, puis un dépôt de bilan, ce mercredi 15 avril, voilà que la maison-mère annonce de mauvaises nouvelles.

    Pour rappel, en grande difficulté financière, Fibre Excellence réclamait un vaste soutien du gouvernement pour remettre ses comptes dans le vert, notamment une revalorisation du prix de vente de l’électricité produite sur ses sites, notamment à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Un point sur lequel l’État s’était engagé à procéder à une « réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité, jusqu’à +20% », en complément d’un premier « paquet de soutien », d’un ordre de 150 millions d’euros. Le tout face à l’urgence d’un potentiel redressement judiciaire et suite à une déclaration en cessation de paiements, cette semaine.

    « Nous tenons à vous remercier de votre courrier ainsi que des mesures de soutien que vous y exposez », débute le courrier de Peter Wardhana, l’un des directeurs de Domtar. Lequel note positivement que l’État « prenne en considération le niveau de consommation de trésorerie des sociétés du Groupe Fibre Excellence et reconnaît la nécessité d’une révision à la hausse du tarif d’achat de l’électricité ». Des politesses qui ne masquent pas le terrible constat de l’actionnaire : « Toutefois, au vu des projections financières, qui intègrent l’effet de l’ensemble des mesures de soutien envisagées par l’État (…), le Groupe continuerait d’enregistrer des pertes annuelles très substantielles. »

    Des salariés « dévastés »

    Jean-François Guillot, président du groupe Fibre Excellence, est d’ailleurs en copie de ce courrier. Concrètement, l’actionnaire principal de Fibre excellence lâche sa branche française : « En l’absence de démonstration de l’existence d’une trajectoire crédible vers une rentabilité durable, nous ne sommes pas en mesure d’octroyer un financement additionnel au Groupe. »

    Une position qui a été confirmée directement par Jean-François Guillot aux représentants des salariés, lors d’une réunion, ce vendredi après-midi. « Le PDG nous a confirmé que c’était fini avec l’actionnaire, qu’il nous lâche, il ne mettra pas un sou de plus dans le groupe », relate Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur l’usine tarasconnaise. Puis par l’entreprise directement, dans un communiqué de presse : « Il n’a pas été trouvé de solution permettant d’éviter au groupe Fibre Excellence la procédure de mise sous protection du Tribunal de commerce. »

  • La Région Sud aide Fibre Excellence

    La Région Sud aide Fibre Excellence

    « La Région Sud avait accordé un prêt de 3 millions d’euros, dont 2,3 millions restent aujourd’hui à rembourser. Elle est prête à y renoncer pour soutenir la continuité de l’activité », annonce la collectivité, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi, à propos de la situation de Fibre Excellence, l’entreprise produisant de la pâte à papier dont un de ses sites est situé à Tarascon. Notons que cette créance avait été prise lors de la reprise de l’entreprise en 2021 et que la proposition de la Région se fait « dans le cadre d’une solution de reprise crédible et durable ». « La Région Sud est pleinement mobilisée pour défendre les emplois et préserver ce site, un acteur important de la souveraineté industrielle de notre pays. Fidèles à nos engagements depuis 2021, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », développe le président du conseil régional, Renaud Muselier (Ren.).

    « Merci pour le coup

    de pouce »

    Côté CGT, on accueille cette mesure positivement mais sans sauter au plafond non plus. Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site de Tarascon « remercie la Région pour le coup de pouce » et loue un acte « qui n’est pas rien ». Mais il déplore surtout que « l’intersyndicale n’ait pas été reçue par la Région Sud malgré plusieurs demandes » et décrit cette aide régionale comme « pas suffisante au regard des enjeux ». Le syndicaliste prend exemple sur la Région Occitanie dirigée par Carole Delga (PS) : « On aurait aimé que la Région Sud s’engage autant que l’Occitanie, qui propose une entrée au capital. »

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    L’étau se resserre sur les usines de pâte à papier Fibre Excellence. La menace d’une mise en redressement judiciaire, qui inquiète les salariés depuis des mois, semblait s’éloigner avec l’annonce du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, d’un potentiel soutien, et sous conditions, à hauteur de 150 millions d’euros, la semaine dernière. Mais rien n’est acté pour l’heure et l’urgence est toujours bien présente : « On n’a plus de bois, juste de quoi tourner jusqu’à lundi. À partir de là, on s’arrête », s’inquiète Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT du site tarasconais. En bref, la promesse ministérielle n’a rien réglé : « La proposition du gouvernement, c’est de l’étalement de dettes, des garanties de prêts… Il n’y a pas de soutien direct ou structurel. » Une réunion se tient ce jeudi à Berçy avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) à laquelle participe l’intersyndicale. « Tout ce qu’on discutait au Ciri depuis des semaines tombe à l’eau, puisque les travaux sur la renégociation des tarifs de vente de l’électricité et le travail avec la filière bois passent au second plan et ne sont pas dans l’annonce du ministre », dénonce Laurent Quinto. Contactée, l’entreprise explique être toujours en train d’étudier la proposition du ministre délégué.

    Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, s’est emparé de la question et va prochainement « faire une question écrite au ministre Roland Lescure ». Il travaille également à une table ronde en préfecture.

  • L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    Une nouvelle qui tombe à pic ? Alors que l’entreprise Fibre Excellence et ses deux usines, dont celle de Tarascon, était au bord d’un gouffre financier et menacée de fermeture, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce la possible arrivée de 150 millions d’euros pour renflouer les caisses. Une annonce faite chez nos confrères de La Dépêche, qui se découperait en deux parties de 75 millions d’euros chacune. La première serait composée notamment d’un « abandon des dettes publiques et sociales » et d’intégration aux quotas carbone. La seconde porterait sur « une garantie de l’État sur la moitié des investissements du plan industriel ».

    Le conditionnel reste de mise car le ministère demande à l’actionnaire de l’entreprise des contreparties et qu’il apporte « des fonds ». « Les propositions apportées par l’État sont un premier pas dans la bonne direction », réagit l’entreprise, par communiqué de presse ce vendredi. « Nous allons étudier, dans les jours à venir, avec le plus grand soin ces propositions, avec leurs effets immédiats et ceux à moyen-long terme », développe son PDG, Jean-François Guillot.

    Un sursis mais…

    En bref, rien d’acté pour l’heure. Dans cette lignée, la CGT du site tarasconnais accueille la nouvelle positivement mais l’analyse comme « un sursis ». « Ce qui est présenté est très bien. C’est un beau geste. On est satisfaits mais pas rassuré », explique Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT. « Ce sont des soins palliatifs. Même avec cette injection, le problème structurel n’est pas réglé. D’autres mesures sont nécessaires pour qu’on soit dans le positif financièrement », développe-t-il. Il a dans le viseur le prix du bois, nécessaire au site pour sa production de pâte à papier et une « revalorisation du prix de revente de l’électricité ». Cette dernière revendication est jugée par l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT) comme essentielle à « la pérennité du site ». « Sans travail avec la filière du bois, sans renégociation du prix du Mégawattheure, la pérennité des sites n’est pas assuré », martèle Laurent Quinto. D’autant que ces points étaient l’objet de discussion au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis plusieurs mois. « Au Ciri, on nous a pas du tout discuté des mesures annoncées. À part cette annonce dans la presse, nous n’avons pas de détails », conclut la CGT. Suite au prochain épisode donc.

  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».