La garantie de sécurité du site dépend des salariés ! » Ce dimanche, Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site, réaffirme la volonté des travailleurs de Fibre Excellence de poursuivre la mise sous protection du site le temps nécessaire à sa sécurisation complète.
Pour rappel, après sa liquidation judiciaire c’est un mandataire judiciaire qui a pris la main sur la gestion de l’usine de pâte à papier, et le site devait officiellement fermer, vendredi 28 août, avec la fin du contrat de travail des salariés. Mais nombreux sont les travailleurs qui s’inquiétaient de la manière dont la transition allait se faire et pointaient des risques industriels (lire nos articles du 29/08 et du 27/08) pour le site classé Seveso. « On veut tout faire pour éviter un déversement accidentel de produits chimiques dans le Rhône, un incendie ou autre… Il faut donc que les mesures nécessaires pour maintenir l’intégrité du site soient prises avec les concernés », rappelle Jean-Michel Bulinge.
D’où des tensions avec le mandataire judiciaire la semaine passée, jusqu’à un gros coup de chaud le jour de la fermeture où la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) est venue constater la situation. « On connaît le site comme personne. Il y a de l’acide, de la soude, des produits alcalins, des bactéries, de l’acide phosphorique pour le traitement des eaux dans les bassins d’aération… On leur demande le temps de sécuriser avec notre expertise », expliquait, ce vendredi, Yohan, opérateur aux 24 ans d’usine.
nous donne raison »
Et visiblement, les travailleurs n’étaient pas dans le faux puisque la préfecture des Bouches-du-Rhône s’est fendue d’un arrêté inédit dans la foulée de la visite des services de l’État. Cet arrêté prescrit « des mesures d’urgence » à l’adresse du mandataire-liquidateur. Ce dernier, que La Marseillaise a pu consulter, constate que « la mise en sécurité du site n’a pas été initiée » par ledit mandataire et « qu’il convient de maintenir au-delà du 28 août 2026 une présence humaine adaptée sur site ».
Plus que ça, la préfecture va dans le sens de la CGT et tacle l’action du mandataire : « Le liquidateur est mis en demeure d’assurer la surveillance du site et le maintien des dispositifs de sécurité […] sur la base d’une organisation comprenant […] l’équipe proposée par la CGT. » En clair, les salariés ont pu rester tout le week-end sur l’usine, comme le préconisait l’organisation syndicale. « Cet arrêté est une victoire. Il nous donne raison, on voit bien que l’action du mandataire ne tient pas la route », réagit Jean-Michel Bulinge. « Fermer sans plus de sécurité c’est de l’inconscience… L’arrêt, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On n’arrête pas une usine à papier comme une boulangerie », abonde Jaïr Flor-Pachi, délégué FO et mécanicien atelier qui est entré à Fibre Excellence en 2003 en intérim puis salarié en 2012.
des opérations »
D’où un week-end apaisé avant une nouvelle semaine qui s’annonce chargée pour les travailleurs papetiers. « On a une réunion ce lundi avec le secrétaire général de la préfecture et les représentants des différents services de l’État concerné par le dossier », développe le syndicaliste. Une rencontre où les enjeux sont grands pour l’avenir du site : « Nous allons demander le maintien des salariés sur site, a minima pour les postes nécessaires pour qu’il y ait une garantie environnementale et sécuritaire. » Cette revendication concerne une quarantaine de salariés. Reste à savoir combien de temps cette situation de mise en sécurité va durer et si la préfecture accède aux demandes des travailleurs. « Dans tous les cas, il faut le maintien des travailleurs jusqu’au bout des opérations », conclut Jean-Michel Bulinge.

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