En 2026, la précarité alimentaire concerne 16% des Français, soit 8 millions de personnes. Or 78% des personnes en situation de précarité ne demandent pas d’aide par peur de la stigmatisation ou par manque d’information. Autant dire qu’il s’agit d’une urgence nationale. C’était d’ailleurs l’objet des Rencontres solidaires de ce vendredi, organisées par le Département des Hautes-Alpes et l’Agence de développement. Deux acteurs qui ont identifié cette urgence, puisqu’a été lancé un observatoire de la précarité alimentaire en décembre dernier.
est dans son couloir »
L’observatoire a déjà glané des premiers chiffres pour les Hautes-Alpes : 17% de la population, soit une personne sur six, y est en situation de précarité alimentaire. Encore jeune, le but de cet observatoire va être de continuer à récolter des chiffres et à faire le lien et donner une direction de travail aux différents acteurs : pouvoirs publics, services sociaux, associations, etc.
Le moment a aussi permis au monde associatif de pointer les manques ou les progrès à faire dans la lutte contre la précarité alimentaire. Ainsi, au moment d’évoquer les dispositifs de formation, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire, a regretté un manque de coordination entre les structures : « Chaque association est dans son couloir. C’est normal que chacun fasse ses formations, vous défendez votre culture », a-t-il d’abord plaidé. « Mais on n’a pas parlé d’un sujet qui est préoccupant, c’est qu’on n’a pas de Banque alimentaire sur le territoire. On ne peut pas continuer comme ça, pour une raison simple : la pauvreté gagne du terrain et on nous signale encore des demandes d’aides supplémentaires. Si on n’arrive pas à casser les cloisons entre nous, on ne sortira pas de cette situation. »
Le manque de logement sur le territoire complique aussi l’implantation des structures d’aide alimentaire. Robert Durand, de l’association Alisol, a rapporté que son collectif cherche depuis un an et demi un local à Veynes pour y implanter une épicerie solidaire, sans succès. « Soit les propriétaires veulent bien louer mais à condition qu’on fasse les travaux, soit, on entend des échos, que ça provoque de l’inquiétude dans l’environnement immédiat. En d’autres termes, on a peur des pauvres, ça dérange, ça gêne », a-t-il alerté. Face à cette impasse, il en appelle à revoir les conditions d’aides publiques : « Soit les pouvoirs publics nous louent un local, soit, l’autre cas, c’est d’avoir des subventions, mais elles nous sont refusées parce qu’on n’a pas de local, mais on n’a pas de local parce qu’on n’a pas d’argent. Peut-être la puissance publique devrait s’interroger sur la façon dont les subventions sont données », a-t-il proposé.

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