Tag: économie sociale et solidaire

  • Dans les Hautes-Alpes, une cellule de veille pour aider le secteur associatif

    Dans les Hautes-Alpes, une cellule de veille pour aider le secteur associatif

    C’est une avancée que l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess), attendait depuis longtemps. Alors qu’à l’échelle nationale, le monde associatif subit fermetures, licenciements, ou passage contraints au temps partiel, les données restent difficiles à comptabiliser de manière précise, tant de nombreuses associations disparaissent ou doivent licencier sans bruit, dans un secteur « habitué » à faire avec presque rien. C’était tout l’enjeu de la rencontre du 8 juin, entre les représentants de l’Udess et la sous-préfète Hélène Dargon. Dans un communiqué paru la semaine dernière, l’Udess affirme que la préfecture a acté la mise en place d’une cellule de veille départementale sur l’emploi ESS, comme proposé durant l’entrevue.

    « Les structures de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles) dans notre pays et plus particulièrement dans les Hautes-Alpes, (…) rencontrent d’importantes difficultés en raison de la diminution ou du décalage dans le paiement des financements que les pouvoirs publics lui accordent », pose le communiqué. Face à cela, le secteur associatif des Hautes-Alpes a déjà mis en place des dispositifs solidaires innovants, comme un fonds de mutualisation alimenté par les structures ESS. « Mais ce n’est pas suffisant pour aider les entreprises en difficulté structurelle », alerte l’Udess. Si « de nombreux dispositifs nationaux et régionaux de soutien existent en fonction du degré de difficulté », l’Udess rappelle que « la plupart des entreprises de l’ESS ne les connaissent pas ». La cellule de veille aura donc pour but, « après repérage des situations de structures en difficultés », de leur proposer « des solutions visant à les aider à traverser la situation de tension qu’elles traversent ».

    Enrayer l’abandon

    du monde associatif

    La dernière note d’étude du CRESS de la région Paca le rappelle : « L’ESS des Hautes-Alpes ne s’effondre pas. Mais ses bases tremblent. » Si l’ESS dans les Hautes-Alpes a vu le nombre d’emploi augmenter en 2025 (+0,8%), le nombre d’établissements employeurs recule
    (-2,8%), tandis que l’augmentation des salaires (+0,1%) a été inférieure à l’inflation. Dans ce contexte, la cellule de veille départementale sera mise en place « dans les semaines à venir », affirme l’Udess. La mission de son organisation et de son fonctionnement a été confiée à Dalila Raïs, inspectrice à la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). La prochaine se tiendra le 7 octobre, et d’ici la mise en place formelle de la structure, les entreprises et associations de l’ESS sont invitées à faire connaître leurs difficultés à l’adresse suivante : udess05@udess05.org.

  • À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    Après l’Hôtel de Caumont, le bâtiment d’Austerlitz de l’Espace Forbin, la Ville cède désormais l’ancien Hôtel de Venel. Un appel à candidature, ouvert jusqu’au 21 août, vient d’être diffusé sur le site de la Ville.

    Dans la foulée, Stéphane Salord, délégué Génération écologie pour le Pays d’Aix, qui se définit comme « citoyen, acteur engagé en faveur de l’économie sociale et solidaire », veut proposer une « solution » pour conserver ce bout de patrimoine du XVIIe siècle, pour éviter une « vente sèche ». « Le scénario est toujours le même : d’un côté, une municipalité qui invoque le coût de l’entretien, la lourdeur de la rénovation, la nécessité d’équilibrer son budget ; de l’autre, des habitants et des amoureux du patrimoine qui redoutent qu’un bien commun, transmis de génération en génération, ne bascule définitivement dans des mains privées et ne se ferme au public », constate Stéphane Salord, par voie de « tribune grand public ».

    Lui, propose un bail emphytéotique administratif « plutôt qu’une vente, un projet d’avenir plutôt qu’une transaction ». Selon lui, ce dispositif permettrait à un opérateur de financer la restauration et l’entretien du monument, en amortissant son investissement, sans que la commune n’en perde la propriété. La solution préserverait le patrimoine communal tout en évitant à la Ville de supporter le coût des travaux. Il demande « une réflexion publique sur une solution alternative ».

  • Les 90 ans des congés payés célébrés à la Belle de Mai

    Les 90 ans des congés payés célébrés à la Belle de Mai

    L’événement a investi, ce jeudi 16 juillet, le deuxième étage de la Friche la Belle de Mai. Les panneaux de l’exposition sur les premiers congés payés instaurés en 1936 par le Front populaire ont attiré les curieux. Coordinateur régional du programme et président d’honneur du Mouvement Associatif Sud-Paca, Frédéric Rosmini a rappelé la dimension culturelle du Front Populaire avec un spectacle musical en soirée, intitulé Les jours heureux.

    La campagne nationale de célébration a été rejointe par nombre d’acteurs du tourisme inclusif, comme Vacances Léo Lagrange. Pascal Carrano, son directeur, souligne l’évidence de cette greffe : « En portant le nom du sous-secrétaire d’état aux loisirs en 1936, il y a un lien naturel à fêter les 90 ans des congés payés », rappelle-t-il. « Nous sommes dans cette logique d’éducation populaire », ajoute celui qui coordonne en parallèle le programme d’animation de cet anniversaire dans 350 villages vacances en France.

    La rencontre du jour a été pensée pour rappeler le chemin parcouru mais aussi prévenir d’un contexte politique qui pourrait menacer ces acquis sociaux historiques, et qui résonne auprès des participants. « Ça fait partie de l’histoire, c’est un point important pour tous les travailleurs », fait remarquer un membre bénévole du Mouvement associatif. « Maintenant ils auraient du mal à proposer ce qu’ils ont fait à l’époque », réagissent Agnès et Roxanne au sujet du programme de Léon Blum. Respectivement fille et petite-fille d’ouvriers, la plus jeune avoue ses inquiétudes face au panorama politique ambiant : « c’est dur de continuer à garder espoir donc ça fait du bien de se replonger dans cette époque. »

  • L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    Ce mercredi 1er juillet, la loi de 1901 sur la liberté d’association fêtait ses 125 ans. Pourtant, l’heure n’est pas à la célébration pour les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), même si elles peuvent être soulagées de garder la tête hors de l’eau. Le 9 juin dernier, le ministre chargé de l’Économie sociale et solidaire, Serge Papin, annonçait une réduction de 30% des crédits alloués à l’ESS. Il est finalement revenu sur cette décision le 22 juin.

    « Une excellente nouvelle », pour la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand (PS), qui avait interpellé le gouvernement par une question écrite. « Le gel des crédits destinés à l’économie sociale et solidaire aurait fragilisé des milliers d’associations, de coopératives et d’entreprises qui jouent un rôle indispensable dans nos territoires, notamment en milieu rural », affirme-t-elle. L’Association des maires de France (AMF) s’était également positionnée dans un courrier adressé le 16 juin au Premier ministre, dans lequel elle faisait part de sa vive inquiétude face à ces baisses de crédits touchant des acteurs qui rendent des services essentiels dans de nombreuses communes et intercommunalités.

    « Il y a eu une forte mobilisation, explique Jean-Claude Eyraud, président de l’union départementale de l’ESS dans les Hautes-Alpes. La lettre ouverte d’ESS-France au premier ministre a été cosignée par 4 000 dirigeants de l’économie sociale et solidaire. Le résultat, c’est que le ministre Papin est revenu sur la baisse de 30% des crédits. » Mais, selon lui, cette victoire n’est qu’un sursis. « Nos associations ont très peu de fonds propres, quand on les prive de subventions, elles sont obligées de licencier ou de disparaître. On est quand même très inquiets. D’autant qu’on fait aussi face à un vieillissement de nos militants, qui ne sont pas remplacés, regrette-t-il. Pour l’instant, on respire un peu, mais jusqu’à quand ? Ce n’est qu’un répit, à l’automne, le projet de loi de finances va revenir, on va être à nouveau sur la sellette. »

    Moins d’aides que le privé

    Ce recul ne suffit pas à dissiper les inquiétudes d’un secteur confronté à une situation structurellement préoccupante. Pour ses représentants, l’économie sociale et solidaire est engagée dans un lent déclin. « On nous reproche d’être trop dépendants des subventions, pourtant, la Cour des comptes indique clairement que les associations sont moins bien subventionnées que le secteur privé », rappelle Jean-Claude Eyraud. D’après l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire (Oness), le secteur associatif a perdu 12 305 emplois en un an, entre la fin 2024 et la fin 2025. Un recul aux conséquences importantes dans un département comme les Hautes-Alpes, où l’ESS représente près de 20% des emplois privés.

    Ange Fabre

  • Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Dans le contexte actuel de baisse des financements publics, les subventions européennes peuvent être un levier de diversification du modèle économique, pour autant c’est des financements qui peuvent être complexes », explique Mathilde L’Hôte, directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress).

    C’est la raison pour laquelle la Chambre a organisé, vendredi, une matinée pour aider les entreprises, associations ou coopératives sociales et solidaires des Alpes du Sud à identifier et demander des subventions européennes adaptées à leur structure. Ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ont des projets « d’utilité sociale, avec des modes de gouvernance démocratiques (un homme = une voix) et un principe de lucrativité limité », précise Mathilde L’Hôte.

    Thibault Dingreville, qui accompagne ces structures dans leur recherche de fonds européens, a expliqué que cela pouvait être pour certains « un enfer administratif ». Il a cependant appelé à « ne pas les essentialiser : ils ne sont pas tous complexes ».

    « Travailler ensemble pour trouver des solutions »

    Il existe deux catégories d’appels à projets européens : les projets de développement local, avec des gestionnaires provençaux ; et les projets de coopération internationale, qui incitent à travailler avec des homologues européens. « L’idée est de travailler ensemble pour trouver des solutions à des enjeux communs de part et d’autre de la frontière et échanger des pratiques », avance Thibault Dingreville.

    Certains fonds, comme le Fonds européen de développement régional (Feder), visent à réduire les écarts de développement entre les différentes zones de l’UE en fonction du PIB (produit intérieur brut) par habitant, a expliqué le chargé de mission Europe. D’autres soutiennent notamment les projets pour les quartiers prioritaires de la ville, les communes rurales, les familles monoparentales ou encore contre le décrochage scolaire et la pauvreté.

    Un autre projet européen appelle à revitaliser les territoires ruraux. « Les Français sont en retard par rapport à d’autres pays. L’Italie prend la moitié des enveloppes de l’UE », a lancé Thibault Dingreville. Le programme européen Citoyenneté, égalité, droits et valeurs (Cerv) permet lui de financer des projets luttant contre les violences faites aux femmes ou encore les discriminations homophobes. Un appel à projets en cours appelle à soutenir la charte des droits fondamentaux de l’UE.

  • Précarité alimentaire : les associations fixent les besoins dans les Hautes-Alpes

    Précarité alimentaire : les associations fixent les besoins dans les Hautes-Alpes

    En 2026, la précarité alimentaire concerne 16% des Français, soit 8 millions de personnes. Or 78% des personnes en situation de précarité ne demandent pas d’aide par peur de la stigmatisation ou par manque d’information. Autant dire qu’il s’agit d’une urgence nationale. C’était d’ailleurs l’objet des Rencontres solidaires de ce vendredi, organisées par le Département des Hautes-Alpes et l’Agence de développement. Deux acteurs qui ont identifié cette urgence, puisqu’a été lancé un observatoire de la précarité alimentaire en décembre dernier.

    « Chaque association

    est dans son couloir »

    L’observatoire a déjà glané des premiers chiffres pour les Hautes-Alpes : 17% de la population, soit une personne sur six, y est en situation de précarité alimentaire. Encore jeune, le but de cet observatoire va être de continuer à récolter des chiffres et à faire le lien et donner une direction de travail aux différents acteurs : pouvoirs publics, services sociaux, associations, etc.

    Le moment a aussi permis au monde associatif de pointer les manques ou les progrès à faire dans la lutte contre la précarité alimentaire. Ainsi, au moment d’évoquer les dispositifs de formation, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire, a regretté un manque de coordination entre les structures : « Chaque association est dans son couloir. C’est normal que chacun fasse ses formations, vous défendez votre culture », a-t-il d’abord plaidé. « Mais on n’a pas parlé d’un sujet qui est préoccupant, c’est qu’on n’a pas de Banque alimentaire sur le territoire. On ne peut pas continuer comme ça, pour une raison simple : la pauvreté gagne du terrain et on nous signale encore des demandes d’aides supplémentaires. Si on n’arrive pas à casser les cloisons entre nous, on ne sortira pas de cette situation. »

    Le manque de logement sur le territoire complique aussi l’implantation des structures d’aide alimentaire. Robert Durand, de l’association Alisol, a rapporté que son collectif cherche depuis un an et demi un local à Veynes pour y implanter une épicerie solidaire, sans succès. « Soit les propriétaires veulent bien louer mais à condition qu’on fasse les travaux, soit, on entend des échos, que ça provoque de l’inquiétude dans l’environnement immédiat. En d’autres termes, on a peur des pauvres, ça dérange, ça gêne », a-t-il alerté. Face à cette impasse, il en appelle à revoir les conditions d’aides publiques : « Soit les pouvoirs publics nous louent un local, soit, l’autre cas, c’est d’avoir des subventions, mais elles nous sont refusées parce qu’on n’a pas de local, mais on n’a pas de local parce qu’on n’a pas d’argent. Peut-être la puissance publique devrait s’interroger sur la façon dont les subventions sont données », a-t-il proposé.

  • [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    [Entretien] Denis Philippe, Cress Paca : « Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros »

    La Marseillaise : Pouvez-vous rappeler les missions de la Cress ?

    Denis Philippe : La Cress est la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Sa mission a été fixée par la loi de 2014, qui reconnaît et encadre les organisations représentatives de l’économie sociale et solidaire (ESS). En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’ESS représente près de 200 000 emplois. On compte également 12 000 entreprises et 14 000 établissements. Nous avons donc pour mission de représenter ce modèle économique et les entreprises qui le portent.

    Dans votre lettre, vous appelez à soutenir l’initiative de l’ESS France, qui demande au gouvernement de « maintenir les crédits ». Pourquoi cette démarche ?

    D.P. : La loi de finances pour 2026 a été votée en début d’année avec l’article 49.3. Dans ce cadre, nous avons appris qu’une réduction des crédits liés à l’économie sociale et solidaire allait être appliquée. Pourtant, l’État s’était engagé à maintenir le financement de l’ESS au même niveau que celui de 2025. Le 5 juin dernier, nous avons appris que le gouvernement, par une décision subite et incompréhensible pour nous, voulait diminuer de 30% ces crédits dédiés à l’ESS. En parallèle, ce qui nous pose problème, c’est qu’aujourd’hui, on ne sait toujours pas quelle est la stratégie de la France concernant l’économie sociale et solidaire. À un moment, il faut se positionner.

    Quelles vont être les conséquences d’une réduction de 30% des financements pour l’ESS ?

    D.P. : Cette amputation de crédits représente 4 millions d’euros. Imaginez les conséquences pour les organisations qui portent ces dispositifs sociaux, au moment où nous allons leur dire qu’on ne peut pas les financer.

    Tout cela va participer à une dégradation beaucoup plus rapide de la situation de nos concitoyens, notamment les plus pauvres.

    Qu’attendez-vous de l’État désormais ?

    D.P. : Nous, la Chambre régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous ne voulons pas que ce soit l’État qui nous finance alors qu’il n’est pas au rendez-vous quand nous avons besoin de lui. Nous considérons que ce serait à nos entreprises de financer la Chambre régionale, via une taxe perçue par l’État et qui devrait donc nous être reversée directement. Cela éviterait que, lorsque l’État fait face à des difficultés économiques, il ne soit obligé de raboter le budget pour remédier à sa dette abyssale.

    Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur ?

    D.P. : Moi, je partage la position de l’ESS France. C’est-à-dire que nous n’allons plus nous asseoir autour de la table du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) tant que l’État n’a pas de stratégie pour ce modèle. J’entends qu’il y ait des difficultés économiques dans notre pays, elles sont réelles. Mais, quand nous faisons des propositions concrètes, comme le fait de nous financer par nous-mêmes, c’est refusé. Quel choix nous laisse-t-on ?

    Il faut qu’on s’organise par nous-mêmes, parce que je ne crois pas à la capacité de l’État, demain, de pouvoir continuer à soutenir l’économie sociale et solidaire.

  • Dans les Hautes-Alpes, l’économie sociale et solidaire tire la sonnette d’alarme

    Dans les Hautes-Alpes, l’économie sociale et solidaire tire la sonnette d’alarme

    « Ce qui se passe actuellement, c’est un plan social silencieux dans le monde associatif. » C’est le constat que fait Jean-Claude Eyraud, vice-président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess 05), réunie en assemblée générale, ce mercredi à Baratier. L’organisation déplore la perte de plus de 6 000 structures de l’ESS (économie sociale et solidaire) dans la région Paca, principalement des associations (5 700). Au total, ce sont 31 000 emplois concernés par la disparition de ces structures. Une économie fonctionnant sur l’apport de services sans recherche de profit, souvent en lieu et place des services publics, est mise en danger par les coupes de subventions décidées dans le budget 2026.

    L’ESS, reconnue par la loi « Hamon » de 2014, regroupe plus de 150 000 structures (associations, coopératives, mutuelles, fondations, entreprises commerciales) et représente 2,6 millions d’emplois, soit 13,7% de l’emploi privé. D’après un rapport paru en septembre dernier, la Cour des comptes estime que l’ESS reçoit un soutien public bien en deçà de sa contribution à l’économie, avec seulement 16 milliards d’euros d’aides en 2024, soit 7% des aides aux entreprises (211 milliards), alors que le secteur représente près de 14% de l’emploi privé. D’autant plus que seules 4% des structures bénéficient de subventions.

    Un « printemps silencieux des associations »

    L’Udess 05 a été créée en 2008 pour fédérer les structures dans les Hautes-Alpes. Parmi ses projets en cours, elle organise chaque année un forum de l’ESS et travaille à la création de quatre projets de sécurité sociale alimentaire dans les Hautes-Alpes, ou a encore récemment créé un système de prêts interassociatif pour soutenir les associations qui ont besoin d’un apport financier.

    Il s’agit de la seule structure de ce type au niveau départemental en France, là où, habituellement, ces organismes se constituent à l’échelle régionale. Un besoin né des problématiques propres au département, selon Jean Horgues-Debat, président de l’Udess. « L’ESS, c’est 20% des emplois dans les Hautes-Alpes. Pourquoi ? Parce que nous sommes un petit département, où il y a une carence d’économie privée et de services publics. Alors, les citoyens se prennent en charge et créent des associations pour répondre aux besoins : gardes enfants, ADMR, médico-social… Ce sont des associations ! Le secteur privé ne prend pas en charge car ce n’est pas rentable. On ne le fait pas parce qu’on répond mieux au besoin, on ne le fait parce que personne d’autre ne répond. »

    Malgré l’apport de cette économie non-lucrative au territoire, il estime qu’elle est sous‑considérée par l’État. « On n’est pas des associations de joueurs de pétanque, contre qui je n’ai rien, mais on développe l’économie, on participe à la création de richesse, poursuit-il. On assiste à des licenciements à bas bruit, des fermetures, et personne ne dit rien. C’est une forme printemps silencieux des associations. »

    Parmi les mesures adoptées pour répondre à l’urgence, l’Udess 05 a rendez-vous, le 8 juin, avec la sous-préfète des Hautes-Alpes pour travailler à la création d’une cellule de veille de l’ESS à échelle départementale, afin de disposer d’une visibilité chiffrée sur la situation du secteur dans les Hautes-Alpes.

  • Les mutuelles alertent sur un accès dégradé aux soins

    Les mutuelles alertent sur un accès dégradé aux soins

    Face à la presse, ce mercredi midi, le président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (ESS) Denis Philippe regrette : « Dans les programmes des municipales, je n’ai pas vu beaucoup de sujets qui traitaient de l’économie sociale et solidaire. » Dans ce scrutin pourtant, la question de la santé s’est glissée au milieu du débat public, de Port-Saint-Louis aux villages alpins.

    « C’est n’est pas une prérogative directe des communes, mais nous sommes dans une crise de l’accès aux soins qui s’aggrave », alerte le président de la Mutualité française en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jean-Paul Benoît. En déplorant que le gouvernement fasse porter les frais des reculs de la Sécurité sociale sur les épaules des mutuelles, entraînant une hausse des cotisations de leurs adhérents, comme cela a été le cas pour les frais d’hospitalisation. Résultat : « Une part croissante de la population est en difficulté pour accéder à une complémentaire », partage Jean-Paul Benoît.

    « Mais il faut aussi des professionnels disponibles, précise-t-il. Dans les Alpes du Sud, nous avons un problème d’accès aux soins dentaires. Dans toute la région, nous avons une difficulté d’accès aux soins auprès des spécialistes. » Et cela même si la région est mieux dotée que la moyenne nationale.

    Dans ce contexte, il salue les propositions de campagnes volontaristes, qui ont laissé une large part au système mutualiste. « Les candidats ont parlé de mutuelles communales, de centres et de maisons de santé, souligne-t-il. Dans les Alpes du sud, les regroupements des professionnels ont permis de répondre aux difficultés d’accès aux soins. » Un travail engagé aussi à Marseille. Même s’il reconnaît que dans la région, « le modèle économique n’est pas pérenne ». « Mais nous avons toujours fait en sorte de les maintenir parce qu’ils sont trop importants. » Quant aux mutuelles communales, « ce n’est pas la panacée, on ne va pas aboutir à des mutuelles à moitié prix. Mais cela permet de développer une véritable politique de santé locale ». Et notamment de garantir l’accès aux complémentaires santés solidaires. Le président de la Mutualité française Paca rappelant que contrairement au secteur privé, les mutuelles n’ont pas de but lucratif.

  • [Entretien] Benoît Hamon à Nîmes : « L’économie sociale et solidaire est un modèle solide »

    [Entretien] Benoît Hamon à Nîmes : « L’économie sociale et solidaire est un modèle solide »

    La Marseillaise : Nîmes en commun souhaite faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) un pilier de son programme. En quoi est-ce pertinent ?

    Benoît Hamon : Construire aujourd’hui ou donner une priorité au développement de l’économie sociale et solidaire c’est répondre à des besoins des populations qui ne sont pas satisfaits par l’économie conventionnelle ou les services publics. L’ESS se situe dans cet intervalle.

    L’ESS peut-elle répondre aux besoins de création d’emplois dans une ville comme Nîmes frappée par le chômage, la pauvreté ?

    B.H. : Souvent les villes et dans les élections municipales des candidats aux mairies font des grandes déclarations sur le développement économique, sur les grandes entreprises qui pourraient s’installer, etc. La réalité c’est qu’on met souvent beaucoup d’argent public pour des emplois qui peuvent partir aussi vite qu’ils sont arrivés. La force de l’économie sociale et solidaire, ce sont les emplois non délocalisables. Ils n’iront jamais à Singapour, en Chine ou aux États-Unis. Ce sont des emplois qui répondent à des besoins sur un territoire et qui sont portés par des entreprises privées de l’ESS mais qui ont un modèle non lucratif. Cela ne veut pas dire qu’elles perdent de l’argent mais tout simplement qu’elles ne distribuent pas d’argent aux actionnaires. Cet argent reste dans l’entreprise. C’est cela qu’il faut comprendre, la force de l’ESS.

    Un exemple ?

    On observera qu’il y a dans l’ESS des entreprises qui sont en concurrence avec d’autres, pas de l’ESS, par exemple les crèches. Vous avez des crèches lucratives avec des actionnaires et des crèches non lucratives. La différence c’est que la non lucrative ne distribue pas de dividendes donc l’argent reste dans la crèche, ce qui permet un meilleur taux d’encadrement des tout-petits.

    L’ESS est donc un modèle économique solide ?

    B.H. : En étudiant l’espérance de vie des entreprises en coopérative et celles en économie conventionnelle, sur un même marché, le ministère de l’économie et des finances a observé que les entreprises, comme les SCOP, avaient une espérance de vie plus longue que les entreprises conventionnelles. À partir du moment où les bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise, la consolident, l’espérance de vie est plus longue. Et à partir du moment aussi où les décisions importantes de l’entreprise sont partagées et discutées, elles sont plus tempérantes, plus fiables, plus solides pour préparer l’avenir.

    L’ESS est victime d’idées reçues. Que répondez-vous ?

    B.H. : L’ESS, c’est 14% de l’emploi privé en France et contrairement à une idée reçue, ce n’est pas une économie subventionnée. La Cour des comptes a mis cela au clair : seulement 7% des aides publiques aux entreprises, dont les subventions aux associations, concernent l’ESS. Notre modèle, qui pourtant concourt à l’intérêt général, reçoit moins que les entreprises conventionnelles. Pour résumer : on fait 10% du PIB, 14% de l’emploi privé et 7% des aides publiques. L’économie la plus soutenue, c’est l’économie capitaliste.

    Nîmes est politiquement à la croisée des chemins avec la possibilité d’un changement avec Nîmes en commun, une droite divisée mais une extrême droite qui menace. Quel message avez-vous pour convaincre d’aller voter le 15 mars ?

    B.H. : L’extrême droite et le RN déposent des amendements pour supprimer l’économie sociale et solidaire. Ils ne comprennent certainement rien à ce que l’on fait mais en voulant supprimer ESS France, c’est leur obsession de mettre au pas l’économie sociale qui produit de l’intérêt général. C’est intéressant de regarder Trump, c’est l’extrême droite. Il avait un grand programme sur le pouvoir d’achat, d’emploi, de salaire. On observe qu’il est en échec sur tous ces sujets. La seule chose où il garde un lien fort avec sa base c’est qu’il leur propose de partager sa joie de faire mal à d’autres. C’est là-dessus que l’extrême droite « honore » son programme. Elle ne rate jamais une occasion de faire mal à une catégorie de la population. Là où vous élirez l’extrême droite, vous aurez le lendemain plus de désordre. On doit mettre en face des projets politiques qui revendiquent la joie au sens de la fête, de la culture !

    *Vendredi 13 février à .18h30, local des cheminots, 15 rue Benoît Malon, Nîmes.

    Les mesures

    Nîmes en commun propose la création d’une École de la coopération « Charles Gide ». Objectifs : créer un centre de recherche et d’innovation sociale. Autre mesure : créer un Fonds indépendant pour sécuriser les financements associatifs et faire des SCIC, qui est l’entreprise de la coopération, un outil de développement local pour les Places Communes (tiers-lieux de quartier), la gestion des Halles, la transition énergétique, la mobilité solidaire , l’ alimentation durable, la culture et l’éducation populaire.