Les communistes unis face aux futurs combats

Une légère brise rafraîchit le barnum dressé devant la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, ce vendredi après-midi. « On a souvent tendance à dire que lorsque les cerveaux phosphorent, cela crée une chaleur particulière, sourit le secrétaire départemental réélu à la tête du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Au regard de la chaleur dans la salle, vous avez bien travaillé ! »

Pendant trois jours ce week-end, les délégués des sections du Parti communiste ont débattu sur les plus de 900 amendements destinés à enrichir le texte choisi pour leur 40e congrès, qui viendront nourrir les débats nationaux à Lille, du 3 au 5 juillet. « J’avais ouvert mon discours en disant que la vocation du congrès est de trouver une voie commune au rassemblement de tous les communistes, partage Jérémy Bacchi. Avec un texte approuvé à 97,6%, le rassemblement des communistes a été pleinement respecté. »

Contre l’extrême droite

À l’issue de cette conférence fédérale, le conseil départemental a aussi été renouvelé de moitié, et largement rajeuni, avec 71% de ses membres âgés de moins de 55 ans. « Ce futur conseil départemental devra être un collectif capable d’impulser des initiatives, un outil capable de renforcer notre présence dans les luttes », précise Sophie Celton, de la section de Septèmes.

« Nous sommes la première force politique du département, aussi bien en nombre d’élus qu’en nombre d’adhérents, insiste de son côté Jérémy Bacchi. Cela implique de lourdes responsabilités : nous devons réussir collectivement à nous hisser à la hauteur des enjeux. » Et de lancer : « Nous avons une volonté forte, d’avoir un Parti communiste à l’offensive. »

Parmi les priorités, la lutte contre l’extrême droite, « qui partout où elle arrive au pouvoir entraîne des guerres, des conflits, la montée des nationalismes, le rejet de l’autre », énumère le sénateur. Alors il veut dénoncer sa supercherie sociale, rappelant que le député RN Emmanuel Fouquart s’est ainsi refusé à soutenir la proposition communiste d’une nationalisation d’ArcelorMittal, pourtant implanté sur sa circonscription. « L’extrême droite a une visée culturelle qui est une visée identitaire, prévient aussi l’ancien député Pierre Dharréville, qui a porté cet enjeu dans le débat. Ils sont dans une logique d’atteinte à la liberté de création, ils veulent formater les esprits et instrumentaliser le geste culturel dans la bataille culturelle qui est la leur. Nous avons besoin d’être au rendez-vous de cette bataille culturelle. »

Pour les militants, celle-ci s’entremêle avec les combats sociaux menés sur le territoire. « Sur les questions industrielles, sur le service public, nous avons intérêt à monter d’un cran, à mener des batailles d’ampleur, appelle Jérémy Bacchi. C’est au cœur de l’entreprise que nous arriverons au mieux à mener la bataille idéologique. »

La présidentielle en vue

Au cœur de cette bataille, c’est la défense d’un socialisme aux couleurs de la France qui a largement animé les débats. « La perspective, c’est le communisme, l’idée qu’il faut changer radicalement le rapport des hommes entre eux pour les fonder sur une culture de connaissances, d’échanges, une bataille du bonheur, défend Luc Foulquier, de la section d’Aix. Mais cela ne se fera pas comme ça, il faut toute une série de conditions, dont le passage par le socialisme, une société qui change la nature de l’état et place comme perspective la réponse aux besoins. » En prenant en compte un contexte national, une histoire de luttes.

Au-delà des débats sur l’écologie ou la protection de l’enfance, les échanges ont aussi majoritairement défendu la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle, qui doit être approuvée en septembre. « Je suis très conscient du danger que représente l’extrême droite, mais face à un danger imminent, il ne faut pas faire n’importe quoi, défend le conseiller national Anthony Gonçalves. Je ne crois pas que le ralliement sans discussion, sans contenu, à une candidature qu’on nous propose comme la seule manière de faire reculer le RN soit une hypothèse raisonnable, elle a toutes les chances de nous envoyer dans le mur. »

Mais avant les échéances électorales, les communistes veulent continuer à faire vivre la solidarité internationale. « Nous aurons l’honneur de recevoir à notre initiative Fadwa Barghouti [avocate et femme du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti, Ndlr] le 2 juillet, pour poursuivre
le rapprochement avec l’Organisation de libération de la Palestine
 », annonce Jérémy Bacchi.

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