Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

Les projets monographiques ne sont pas courants au Musée international des arts modestes (Miam) de Sète. Pourtant, peu après la mort de l’artiste Adrien Fregosi en 2024, sa directrice Françoise Adamsbaum et son fondateur Hervé Di Rosa ont décidé d’inviter l’ancienne compagne de l’artiste, Marine Lang, à créer une exposition consacrée à sa vie et à son œuvre. Elle s’intitule « Les Moyens du bord » et est visible jusqu’au 7 mars prochain.

Une exposition vivante et généreuse

« L’idée de l’exposition est de révéler les conditions matérielles et biographiques avec lesquelles il a développé son œuvre très prolifique », explique Margaux Bonopera, co-commissaire de l’exposition aux côtés de Marine Lang. « Adrien a été diagnostiqué d’un cancer en 2013 et jusqu’à sa disparition, il n’a jamais cessé de travailler. » Né à Grenoble en 1980, Adrien Fregosi est entré dans la pratique artistique par le dessin, la culture punk, le graffiti et le fanzinat, avant de s’engager dans une pratique plus picturale à son arrivée à Sète, où il a passé les dix dernières années de sa vie.

L’exposition réunit 130 de ses créations, dont des peintures, des dessins, des photos ou encore des collages sculpturaux. Celles-ci sont accompagnées d’une vingtaine d’œuvres d’autres artistes, dont certaines ont été réalisées spécialement pour l’occasion. « Adrien pensait les choses de manière très collective, poursuit Margaux Bonopera. Nous exposons donc aux côtés de ses œuvres des artistes qui étaient un peu des modèles pour lui, comme Robert Crumb, Derek Jarman ou Miriam Cahn. D’autres sont des amis avec qui il co-créait parfois, tels que Paul Loubet, Safia Bahmed-Schwartz ou Julie Béna, entre autres. »

La volonté des deux commissaires avec cette exposition est avant tout de « révéler toute la vitalité de l’œuvre d’Adrien en termes de palette, de personnages, de gestualité et de force ». Margaux Bonopera l’affirme : « Il y a une alliance entre le souhait d’adresser les questions de la vie de l’artiste, dont celle de la maladie bien sûr, et de proposer une exposition généreuse et joyeuse, dans laquelle on retrouve, à travers le travail d’Adrien, beaucoup d’humour, de malice et parfois même de cynisme. » Selon elle, l’exposition révèle aussi de nombreuses problématiques liées à l’aspect validiste du monde de l’art. C’est dans cette logique que l’équipe a demandé à la Ville d’installer, dans les murs du musée, des bancs urbains sur lesquels les visiteurs peuvent venir s’asseoir, se reposer et accepter l’idée que nous ne sommes pas tous égaux face à la santé, aux douleurs et à la fatigue : « J’ai eu la chance de travailler avec lui de son vivant, confie Margaux Bonopera. Il a toujours eu cette volonté de créer une œuvre lisible, appréciable et qui puisse être réceptionnée par un maximum de personnes. »

En parallèle de celle du Miam, une autre exposition consacrée à l’œuvre d’Adrien Fregosi s’ouvre au Centre national d’art contemporain – Le Magasin, à Grenoble. Le projet est également accompagné d’un ouvrage monographique et collectif édité par le Miam et FP&CF éditions, dont le graphisme a été confié à Jad Hussein. « Il s’agit d’un objet magnifique, se réjouit Margaux Bonopera. C’est important, quand on sait à quel point le format éditorial lui tenait à cœur. »

* 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny à Sète. Tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Entrée : 5,60 €

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